Monday, August 31, 2015

Les sept routes du Dajjal



D'après René Guénon et Jean Robin, une chaîne contre-initiatique, constituée de 7 centres, des « tours » de projection des influences sataniques, enserre l’Europe. Ces « tours du diable » seraient situées au Niger, Soudan, Asie mineure, Syrie, Irak, dans l'Oural et dans la région du fleuve Ob. Les 7 « tours », si elles existent, sont-elles en corrélation avec les 7 routes de migration des peuples majoritairement musulmans qui confluent actuellement vers l'Europe ? 

L'islam est dénaturé par le puissant courant wahhabite, dont les imams et les sergents recruteurs disposent de moyens considérables pour faire le djihad.


« Le Wahhabisme, dit Hosein Himran Nazar, dénonce tous ses rivaux Musulmans comme Mushrikūn (c.a.d. un peuple qui a blasphémé contre l’Unicité de Dieu), et continue à déclarer obligatoire de tuer tous ses rivaux. Les membres de cette secte Najdi Wahhabite ont créé une alliance avec le clan des Saoud (famille régnante d'Arabie Saoudite) en vue de contrôler le Najd, puis la terre Arabe du cœur de l’Islam qu’est le Hedjaz. Ils ont cherché a gagner le contrôle de la plaine du Hedjaz dans le but de la purifier de ce qu’ils considèrent comme du Chirk (« association » d’autres divinités à Dieu), et donc de restaurer l’Islam authentique. Lorsqu’ils ont réussi à gagner ce contrôle, ils ont procédé au massacre de milliers de Musulmans innocents.

La raison d’être de l’émergence de cette mystérieuse alliance Saoudo-Wahhabite a été clairement dévoilée au moment ou le clan Saoudien et la secte Wahhabite ont conspiré pour créer un état client Anglo-américano-saoudien en Arabie qu’ils ont audacieusement nommé Arabie Saoudite. Par ce procédé de création d’État client, ils ont détruit Dar al Islam (la terre d’Islam)... […] Ils ont été dupé par le Dajjal (l'Antéchrist)... »


1) Route de la Méditerranée occidentale
Migrants syriens, guinéens, ivoiriens...

2) Route de l'Afrique occidentale
Migrants guinéens, marocains, gambiens...

3) Route de la Méditerranée centrale
Migrants érythréens, nigériens, subsahariens...

4) Route des Balkans occidentaux
Migrants afghans, syriens, kosovars...

5) Route de la Méditerranée orientale
Migrants syriens, afghans, pakistanais...

6) Route circulaire entre l'Albanie et la Grèce
Migrants macédoniens, géorgiens, albanais... De nombreux migrants musulmans, des turcophones originaires d'Asie centrale partent vers l'Europe depuis la Turquie.

7) Route de la frontière orientale de l'UE
Migrants géorgiens, tchétchènes, afghans, asiatiques (migrants vietnamiens, chinois, ouïghours...)

Devant ce phénomène migratoire sans précédent, les politiciens n'ignorent pas que l'Europe déliquescente ne peut rien faire. Ils s'efforcent donc de présenter les migrants comme des victimes. Les médias doivent utiliser le terme « réfugiés » pour désigner les centaines de milliers de personnes (l'avant-garde d'une migration de plusieurs millions d'êtres humains) qui entrent actuellement en Europe.


Le nombre de véritables réfugiés que nous devons accueillir et aider est infime. Ceux qui ne sont pas reconnus comme des demandeurs d'asile légitimes ne repartent pas. Ainsi, se réalisent, là sous nos yeux, les prédictions d'antiques textes hindous :

« Il y aura beaucoup de personnes déplacées, errant d'un pays à un autre. […] Il y aura beaucoup de mendiants et de sans-travail. […] Des groupes de bandits s'organiseront dans les villes et les campagnes. […] Ceux qui devraient assurer la protection des citoyens ne le feront pas. Nombreux seront les voleurs. Les viols seront fréquents. Beaucoup d'individus seront perfides, lubriques et risque-tout. » (Lingä Purânä, chap. 40.)

Saturday, August 29, 2015

Géopolitique infernale, d'après l'œuvre de René Guénon



La géopolitique infernale de la contre-initiation est-elle à l'origine du Califat dévié de Daesh, du Saint-Empire contrefait et vindicatif de Poutine et de l'islamisme guerrier qui s'étend du delta du Niger au Soudan ?

L'origine de la contre-initiation

« [...] ce qui permet que les choses puissent aller jusqu’à un tel point, c’est que la “ contre-initiation ”, il faut bien le dire, ne peut pas être assimilée à une invention purement humaine, qui ne se distinguerait en rien, par sa nature, de la “pseudo-initiation” pure et simple ; à la vérité, elle est bien plus que cela, et, pour l’être effectivement, il faut nécessairement que, d’une certaine façon, et quant à son origine même, elle procède de la source unique à laquelle se rattache toute initiation, et aussi, plus généralement, tout ce qui manifeste dans notre monde un élément “non humain”, mais elle en procède par une dégénérescence allant jusqu’à son degré le plus extrême, c’est-à-dire jusqu’à ce “renversement” qui constitue le “satanisme” proprement
dit [...] ». (Guénon)

Si cette contre-initiation revêt sous un certain aspect le caractère « providentiel » que nous savons, en accélérant la dissolution d’un monde, et donc d’une illusion, le règne éphémère de la contre-tradition, but ultime de son action dans l’Histoire, n’en sera pas moins redoutable pour les êtres qui traversent ce monde. C’est pourquoi Guénon mit en garde contre les dangers inhérents à la « Grande Parodie » dont il prophétisa l’imminence. [...]

Si l’on récapitule toutes les données que nous a fournies à ce sujet le « Témoin de la Tradition », on peut retracer schématiquement la « filiation » suivante : selon lui, la première manifestation de la contre-initiation doit être recherchée dans la perversion d’une civilisation ayant appartenu à un continent disparu. Or, il nous invite aussitôt à nous reporter au chapitre VI de la Genèse, qui écrit effectivement la déchéance de certains anges, les fameux « Veilleurs » du « Livre d’Hénoch », qui apportent aux hommes des secrets d’ordre inférieur, relatifs, selon toute vraisemblance, au monde intermédiaire.

Furent-ils de ces anges du Pardes, qui, selon la Kabbale, « ravagèrent le jardin » et « coupèrent les racines des plantes » ? Il est loisible de le penser, puisque selon le symbolisme inversé de l’Arbre du Monde, les racines sont en haut, dans le Principe, et que les couper (d’une façon tout illusoire bien sûr) revient à invoquer les anges en question non plus comme les intermédiaires célestes ou les attributs divins qu’ils sont en réalité, mais comme des puissances indépendantes, « associées » dès lors à la Puissance divine (ce qui constitue en Islam le crime du shirk) et non plus dérivées de celle-ci :

« On pourrait dire, et peu importe que ce soit littéralement ou symboliquement, que, dans ces conditions, celui qui croit faire appel à un ange risque fort de voir au contraire un démon apparaître devant lui. »

C’est là l’archétype de cette dégénérescence de la théurgie en vulgaire magie, et, à l’échelle d’une tradition, de cette déviation, par retrait de l’Esprit, qui ne laisse finalement subsister qu’un cadavre psychique – comme ce fut le cas en Égypte.

Quoi qu’il en soit, et toujours selon la Genèse, c’est la corruption issue de cette chute des anges qui provoqua le déluge. Comme Guénon nous dit encore que le déluge biblique doit être très vraisemblablement assimilé au cataclysme qui engloutit l’Atlantide, la conclusion s’impose : les crimes des géants nés du péché des « anges déchus » réfèrent à la corruption de la tradition atlantéenne – prenant la forme d’une révolte des kshatriyas – et c’est donc bien à ce moment que s’incarna la force centrifuge dès lors connue comme la « contre-initiation ».

Le dieu à tête d'âne

Cette révolte « nemrodienne » de la caste guerrière contre l’autorité spirituelle, ajoute Guénon, est inspirée par Set, qui fut en Egypte, entre autres, le « dieu à la tête d’âne », et qui, sous la forme de l’âne rouge :

« était représenté comme une des entités les plus redoutables parmi toutes celles que devait rencontrer le mort au cours de son voyage d’outre-tombe, ou, ce qui ésotériquement revient au même, l’initié au cours de ses épreuves ; ne serait-ce pas là, plus encore que l’hippopotame, la “ bête écarlate ” de l’Apocalypse ?

[...] En tout cas, un des aspects les plus ténébreux des mystères “ typhoniens ” était le culte du dieu à la tête d’âne, auquel on sait que les premiers chrétiens furent parfois accusés faussement de se rattacher [...] nous avons quelques raisons de penser que, sous une forme ou sous une autre, il s’est continué jusqu’à nos jours, et certains affirment même qu’il doit durer jusqu’à la fin du cycle actuel. »

Cette part obscure de l’héritage atlantéen échut d’autant plus facilement à l’Égypte que, selon Guénon, la tradition égyptienne avait vraisemblablement servi d’intermédiaire entre l’Atlantide et la tradition hébraïque, dont la base était précisément le cycle atlantéen.

L'Europe et les « tours du diable » 

Passant de l’« histoire » à la « géographie », la connaissance directe, discrètement évoquée par Guénon, des mystères typhoniens, lui permit de dresser une carte assez étonnante des centres contre-initiatiques, qu’il confia à un correspondant le 25 mars 1937. Il faut auparavant préciser que les « tours » dont il est question ne sont autres que les « tours du diable », telles que les décrivit W. B. Seabrook, c’est-à-dire des centres de projection des influences sataniques à travers le monde.

« Celles-ci (les “tours”) semblent plutôt disposées suivant une sorte d’arc de cercle entourant l’Europe à une certaine distance : une dans la région du Niger, d’où l’on disait déjà, au temps de l’Égypte ancienne, que venaient les sorciers les plus redoutables ; une au Soudan, dans une région montagneuse habitée par une population “ lycanthrope ” d’environ 20 000 individus (je connais ici des témoins oculaires de la chose) ; deux en Asie Mineure, l’une en Syrie et l’autre en Mésopotamie ; puis une du côté du Turkestan […] ; il devrait donc y en avoir encore deux plus au nord, vers l’Oural ou la partie occidentale de la Sibérie, mais je dois dire que, jusqu’ici, je n’arrive pas à les situer exactement. » (Guénon)

Grâce à des éléments en provenance d’une autre source, nous pouvons compléter en partie ces indications. L’un au moins des deux « maillons manquants » de la chaîne contre-initiatique enserrant l’Europe – et qui réfèrent évidemment au chamanisme ouralo-sibérien – doit être localisé dans la région du fleuve Ob, forme géographique constituant pour certains « démons » un support d’activité permanent. Par une curieuse « coïncidence » Gaston Georgel y situe le « pôle d’évolution » de l’Eurasie, centre originel de la race indo-européenne avant sa “ descente ” cyclique vers les pays méridionaux ». Cette « Terre des Vivants » à l’origine fertile et peuplée, devenue une « Terre des Morts » glaciale et déserte, offre un nouvel exemple d’un centre relevant de la géographie sacrée, mais qui ne subsiste plus qu’à l’état résiduel et maléfique.

Ce n’est pas le lieu, ici, d’insister sur la parfaite continuité qui unit, dans l’arc de cercle emprisonnant l’Europe, les « tours du diable » situées en terre d’Islam et les centres « bolchevisés ». Libre à chacun d’en tirer certaines conclusions, relativement aux déviations du « Khalifat », parallèles à la corruption de l’idée du Saint-Empire, dont Moscou, la Troisième Rome des pan-slavistes, incarne partiellement l’héritage. Ces deux contrefaçons – orientale et occidentale – de l’Imperium pérenne, doivent être selon Guénon « l’expression de la “ contre-tradition ” dans l’ordre social ; et c’est aussi pourquoi l’Antéchrist doit apparaître comme ce que nous pouvons appeler, suivant le langage de la tradition hindoue, un Chakravartî (ou “monarque universel”) à rebours ».

Jean Robin, « Le problème du mal dans l’œuvre de René Guénon » (extraits), « René Guénon », Cahiers de l'Herne, 1985.




Friday, August 28, 2015

Eric Laurent et Catherine Graciet, maîtres chanteurs ou victimes ?


Deux journalistes français, Eric Laurent et Catherine Graciet, « ont été arrêtés jeudi à Paris, soupçonnés d'avoir fait chanter le royaume du Maroc en demandant 3 millions d'euros pour ne pas publier un livre contenant des informations compromettantes ». 

Le journaliste Eric Laurent, classé parmi les auteurs complotistes, a-t-il comploté, avec la complicité de la journaliste Catherine Graciet, contre la monarchie marocaine ? Les deux journalistes sont-ils victimes d'un complot revanchard ?

Le roi du Maroc n'avait pas apprécié le livre « Le roi prédateur », écrit par Eric Laurent et Catherine Graciet.

« Depuis son accession au trône, écrivent les journalistes dans « Le roi prédateur », Mohammed VI a pris le contrôle de l’économie du Maroc dans l’arbitraire le plus absolu. Une stratégie d’accaparement marquée par la corruption effrénée de ses proches. » [...]

« Le revenu annuel par tête d’habitant au Maroc était en 2009 de 4 950 dollars, soit moitié moins que celui des Tunisiens et des Algériens. Pourtant, ce pays pauvre doté d’un État faible est une source inépuisable de satisfaction pour le roi. En s’octroyant la plus grande partie de l’économie du pays, il accroît une fortune personnelle déjà immense, tandis que le budget (modeste) de l’État prend en charge toutes ses dépenses. Règle numéro un : le souverain et sa famille ne paient aucun impôt. Règle numéro deux : sur ce sujet, l’opacité et le silence sont la règle, et cette très généreuse « couverture sociale » octroyée au monarque et à ses proches ne souffre aucun débat.

La première Constitution, élaborée en 1962 par Hassan II, mentionnait pudiquement : « Le roi dispose d’une liste civile. » Près de cinquante ans plus tard, le projet de la nouvelle Constitution, élaboré par son fils, reprend, en son article 45, les mêmes termes lapidaires. Une discrétion à laquelle les membres du Parlement sont sensibles. Toutes tendances politiques confondues, ils votent chaque année sans discuter, et à l’unanimité, le budget annuel octroyé à la monarchie. Pour expliquer cette touchante passivité, un député confia un jour à un journal marocain : « Généralement, on n’ose même pas prononcer les mots “budget royal” au moment du débat sur la loi de finances. »

Mohammed VI se voit ainsi verser chaque mois 40 000 dollars, un salaire royal dans tous les sens du terme, puisqu’il est deux fois plus élevé que celui du président américain et celui du président français. Les pensions et salaires royaux, d’un montant annuel de 2,5 millions d’euros, englobent les émoluments versés au frère du roi ainsi qu’à ses sœurs et aux princes proches. Le tout sans qu’il soit dit un mot de la ventilation entre eux. Tous les membres de la famille royale perçoivent en outre leur propre liste civile, versée par l’État marocain en contrepartie de leurs activités officielles ; le plus souvent bien modestes. La générosité du contribuable marocain, mis ainsi à contribution, sert à financer celle du roi. Sous la rubrique « Subventions du roi et de la Cour », 31 millions d’euros (310 millions de dirhams) sont en effet octroyés au souverain afin qu’il les redistribue, selon son bon vouloir, en dons et subventions. Une somme dont l’usage échappe naturellement à tout contrôle, mais on sait qu’au temps d’Hassan II elle servait en partie de caisse noire pour s’assurer les faveurs de certaines personnalités politiques, marocaines ou étrangères, et récompenser pour sa fidélité l’étrange tribu française des « amis du Maroc », composée de journalistes, d’académiciens, de médecins, d’avocats et d’anciens responsables des services de renseignements…

Chaque année, tous ces « bénéficiaires » recevaient un carton d’invitation frappé aux armoiries royales, les conviant à la fête du Trône, ainsi que des billets d’avion de première classe. Dans la cour du palais, inondée de soleil, où se retrouvaient tous les corps constitués, ils formaient une masse sombre, distincte. La Légion d’honneur à la boutonnière, pour la plupart d’entre eux, ils respiraient la satisfaction et la respectabilité. Manifestement honorés de faire partie des « élus », ils attendaient avec impatience le moment où ils pourraient enfin s’incliner devant le roi en lui baisant la main. »


Ce livre a produit de redoutables inimitiés des deux côtés de la Méditerranée.



Thursday, August 27, 2015

Amour & états égotistes




L'amour, l'altruisme et l'Ego selon la « psychologie » traditionnelle du Chan/Zen

Résumé de la « psychologie » Chan 

« Au centre de moi, en ce centre encore inconscient aujourd'hui, réside l'homme primordial, uni au Principe de l'Univers et par lui au tout de l'Univers, se suffisant totalement, Un principiel, ni seul ni non seul, ni affirmé ni nié, en amont de tout dualisme. C'est l'Etre Primordial, sous-jacent à tous les « états » égotistes qui le recouvrent dans ma conscience actuelle.

Parce que je suis ignorant aujourd'hui de ce que sont en réalité mes états égotistes, ces états constituent une sorte d'écran qui me sépare de mon centre, de mon Moi réel. Je suis inconscient de mon identité essentielle avec le Tout et je ne me considère qu'en tant que distinct du reste de l'Univers. L'Ego, c'est moi en tant que je me considère comme distinct. L'Ego est illusoire, puisque je ne suis pas en réalité en tant que distinct ; et tous les états égotistes sont également illusoires.

Dans l'état égotiste fondamental, je me sens comme Moi opposé au Non-Moi, un organisme dont l'« être » est opposé à l'« être » des autres organismes. Dans cet état fondamental, tout ce qui n'est pas mon organisme est Non-Moi. J'aime mon Moi, c'est-à-dire que je veux mon existence, et je hais le Non-Moi, c'est-à-dire que je veux la disparition de son existence. Je suis avide de l'affirmation de mon Moi en tant que distinct et de la négation du Non-Moi en tant qu'il prétend « être » en marge de mon Moi distinct. Dans cet état égotiste fondamental, « vivre » c'est affirmer mon Moi en vainquant le Non-Moi : victoire matérielle par l'acquisition de biens matériels, victoire subtile par l'acquisition de la renommée (reconnaissance par le Non-Moi de l'existence du Moi ; acquisition de la gloire qui « immortalise » le Moi distinct).

L'état affectif fondamental de l'homme ordinaire est donc simple ; cet homme aime son Moi en opposition avec le Non-Moi, et il hait le Non-Moi en opposition avec son Moi.

Sur cet état fondamental égotiste-égoïste peuvent se construire cinq états égotistes-altruistes comportant des apparences d'amour d'autrui.

1. — Amour apparent d'autrui par projection de l'Ego.

C'est l'amour idolâtrique, où l'Ego est projeté sur un autre être. La prétention à la divinité « en tant que distinct » a quitté mon organisme et se trouve maintenant fixée sur l'organisme de l'autre. La situation affective ressemble à celle de tout à l'heure, à ceci près que l'autre a pris ma place dans mon échelle de valeurs. Je veux l'existence de l'autre-idole, contre tout ce qui lui est opposé. Je n'aime plus mon propre organisme qu'en tant qu'il est le fidèle servant de l'idole ; à part cela je n'ai plus de sentiments envers mon organisme, il m'est indifférent, et, s'il le faut, je puis donner ma vie pour le salut de mon idole (je puis sacrifier mon organisme à mon Ego fixé sur l'idole tel Empédocle se jetant dans l'Etna pour immortaliser son Ego). Quant au reste du monde, je le hais s'il est hostile à mon idole ; s'il ne lui est pas hostile et si ma contemplation de l'idole me comble de joie (c'est-à-dire d'affirmation égotiste), j'aime indistinctement tout ce reste du monde (nous verrons plus loin pourquoi, avec la 5ème variété d'amour apparent).

2. - Amour apparent d'autrui par extension localisée de l'Ego.

Par exemple : l'amour attaché d'une mère pour son enfant, l'amour attaché d'un homme pour sa Patrie. etc...

C'est l'amour possessif. Dans l'amour idolâtrique, il y avait d'abord projection de l'Ego, et ensuite besoin de posséder l'Ego projeté dans une possession matérielle ou subtile de l'idole. Ici il y a d'abord possession de l'autre (il se trouve fortuitement que cet enfant est mon enfant, ce pays mon pays). La situation affective qui en résulte ressemble beaucoup à celle de l'amour idolâtrique : cependant les joies y sont moins conscientes, et on voit souvent dominer la crainte de perdre. L'amour idolâtrique donne ce que l'homme appelle « un sens » à sa vie ; l'amour possessif aussi, mais c'est souvent un sens moins positif, moins rassasiant.

3. - Amour apparent d'autrui parce que cet autrui nous aime de l'un des deux amours précédents.

L'autre aime son Ego en moi, niais il me donne l'impression qu'il aime mon Ego. Aussi je veux son existence comme je veux l'existence de tout ce qui veut mon existence.

4. - Amour apparent d'autrui parce que mon image idéale de moi-même le comporte ou parce que mon amour idolâtrique le comporte.

J'aime autrui parce que j'ai besoin de me voir esthétique pour m'aimer et qu'aimer autrui est esthétique.

Ou bien j'aime autrui parce que j'aime mystiquement une image divine sur laquelle mon Ego est projeté, que je considère cette image divine comme voulant que j'aime autrui, et que je veux ce que veut cette image divine (identifiée à mon Ego).

5. - Amour apparent du Non-Moi parce que mon Ego est momentanément rassasié.

L'homme que comble momentanément une intense affirmation égotiste aime tout l'univers. Cet amour sans particularisme ne correspond pas à une apparition momentanée de l'amour primordial universel, mais à une inversion momentanée de la haine fondamentale égotiste envers le Non-Moi à l'occasion d'une détente de la revendication égotiste. Cet état ne dure d'ailleurs que peu de temps. C'est comparable à la sensation voluptueuse de ne plus souffrir ; cette volupté n'est que comparative et elle cesse dès que disparaît le terme de comparaison.

Ces cinq sortes d'apparent amour d'autrui représentent autant de jouissances de mon Ego ressenties dans des situations qui m'affirment en tant que distinct. A toute diminution d'une de ces situations correspond l'apparition de l'angoisse et de l'agressivité.

Plus un homme donné est appelé à la réalisation intemporelle, plus il a besoin de vivre ces sortes d'amour : ces états ressemblent en effet plus ou moins à l'état affectif de l'homme réalisé (qui aime tout) en paraissant le relier à quelque chose d'autre que lui-même.

Plus cet homme pourtant avance dans la connaissance de lui-même, plus ces amours se dévalorisent à ses yeux et perdent leur efficacité compensatrice. Cet homme perd peu à peu ses sentiments « positifs », « altruistes ». Sa compréhension perce à jour ces habiles simulacres et le ramène, bon gré mal gré, vers l'état fondamental égotiste où il a toujours haï ce qui n'est pas son Moi ; état de « nuit » et de solitude. Il éprouve l'angoisse, à cause de son refus de combattre le Non-Moi.

Cet homme, dépouillé peu à peu de toute possibilité de tricher intérieurement, se voit traqué vers le travail réalisateur. Il s'adressera de plus en plus souvent à sa pensée impartiale pour remettre en doute la légitimité de la revendication égotiste, de cette prétention à « être » distinct qui engendre la solitude et la peur. L'Ego se trouve contracté de façon de plus en plus pure, de plus en plus comprimé dans ses derniers retranchements. Il y a une limite à cette compression, limite au delà de laquelle l'Ego explose dans le satori. Alors l'Ego se diffuse dans le tout, s'accomplissant et s'anéantissant à la fois. »


Hubert BENOIT, « La doctrine suprême ».



La version anglaise de « La doctrine suprême », « The Interior Realization », est téléchargeable gratuitement :




La doctrine suprême



D'après le prix, le livre en français est devenu rare.


Commentaire d'un lecteur :

"Si je ne devais emporter qu'un seul livre dans une île déserte, ce serait celui-ci. Que je sache, rien n'a été écrit d'aussi clair sur le Zen que ce magnifique livre qui n'aurait peut être pas dû s'intitulé "La Doctrine Suprême" car n'est en rien doctrinal, mais plutôt "l'Eveil de l'Intelligence Indépendante". Ce livre étudie l'homme "normal", l'état de l'homme qui, à travers l'expérience du Satori est devenu normal et renferme un certain nombre de notions essentielles visant à améliorer notre compréhension de la condition humaine. Ce n'est certainement pas un "Digest" exposant "ce qu'il faut savoir sur le Zen", mais une sorte d'autobiographie d'un penseur occidental, psychanalyste de surcroit, qui pendant de longues années réfléchit au problème de la destinée humaine, développant devant nous une doctrine métaphysique traditionnelle."

Wednesday, August 26, 2015

Les transferts internationaux de populations

 "karma européen", dirait le lama tibétain Gyatrul.

« Le droit international distingue entre transfert facultatif et transplantation forcée.

Lorsqu'il s'agit du transfert facultatif, c'est-à-dire lorsque l'individu se réclame lui-même, de sa propre volonté, d'une faculté stipulée par un acte, inter-étatique, la morale et le droit n'ont qu'à s'incliner et à en prendre acte. Il en est différemment lorsqu'il s'agit de la transplantation forcée ou même du transfert facultatif quand interviennent la propagande, les promesses, les pressions, les menaces dont les autorités assaillent généralement l'individu en vue du but qu'elles cherchent à atteindre par les accords de transplantation, car alors l'individu ne peut être considéré comme pouvant agir librement. Sa volonté, son appréciation sont entravées à tel point que juridiquement, l'acte ne peut être considéré comme étant l'expression d'une volonté librement réfléchie. [...]

Le transfert international des populations tel que nous l'entendons, est un produit de l'époque moderne, puisque la manifestation sur le plan politique de la conscience ethnique des peuples l'est également.

On peut y distinguer trois périodes: la première va jusqu'au début de la première guerre mondiale ; la deuxième de 1919 à 1939 ; enfin, la troisième de 1939 à nos jours.

La première période n'a connu que deux transferts de populations qui furent mal réglementés, mal préparés et mal exécutés.

La deuxième période est celle des transferts de populations minutieusement réglés; elle constitue l'époque expérimentale. Le transfert n'est que sporadique et de longue durée.

La troisième époque est dominée par l'impulsion que l'Allemagne a donnée au transfert de populations mis au service de ses visées impérialistes. Le transfert des minorités ethniques est systématique et d'une exécution rapide.

Du point de vue territorial, on constate que, tandis que les transferts exécutés dans les première et deuxième périodes intéressaient uniquement les Balkans, ceux de la troisième période concernent principalement l'Europe centrale et orientale.[...]


Quelques exemples

Le transfert international conventionnel des populations proprement dit débute en 1913, il est dû aux guerres balkaniques. En 1912, en effet, environ 100.000 Turcs fuient devant l'avance des armées des Etats alliés balkaniques. En 1913, à la suite de la deuxième guerre balkanique, on estima que les déplacements suivants de populations eurent lieu :

a) 15.000 Bulgares de Macédoine fuirent devant l'armée grecque ;

b) 10.000 Grecs quittèrent la Macédoine adjugée à la Serbie et à la Bulgarie par le traité de paix de Bucarest du 10 août 1913 ;

c) 70.000 Grecs furent obligés de quitter la Thrace occidentale occupée par la
Bulgarie.

Devant une telle migration de peuples, il était naturel que l'on pensât à résoudre les questions que posaient l'enchevêtrement des peuples balkaniques et l'animosité qu'ils ressentaient les uns pour les autres. […]

Pendant la guerre de 1914-1918, les Bulgares ont déporté 36.000 Grecs et les Turcs des Grecs et des Arméniens. Après l'armistice de 1918, un mouvement inverse des peuples se produisit : environ 51.000 Grecs retournèrent en Thrace occidentale, 83.000 en Thrace orientale et 100.000 en Asie mineure.

A la Conférence de la paix de 1919, lors de l'élaboration du statut des minorités, la délégation grecque proposa à la Conférence l'établissement d'une commission mixte pour contrôler l'émigration réciproque entre la Bulgarie et la Grèce des minorités ethniques respectives. La commission des nouveaux Etats estima désirable d'étendre ce principe à tous les Etats balkaniques. […]

Le 10 mars 1939 fut conclu l'arrangement italo-yougoslave, relatif au transfert des personnes d'origine ethnique italienne et demeurant dans le village de Mahovljani ou originaires de Mahovljani et demeurant dans les villages voisins. [...]

L'Allemagne adopta en 1939 une politique de transplantations massives et étendues des minorités allemandes se trouvant au Sud, à l'Est, et au Sud-Est de l'Europe. [...]

C'est pour assurer la bonne entente avec le partenaire de l'Axe que le Reich accepta d'engager des pourparlers avec l'Italie, pourparlers qui aboutirent à un accord de principe signé à Berlin le 23 juin 1939, concernant toutes les questions de caractère minoritaire existant entre l'Allemagne et l'Italie... […]

Le 8 octobre de la même année, le Reich avisa les Gouvernements estonien et letton qu'il désirait procéder le plus rapidement possible au transfert des ressortissants estoniens et lettons d'ethnie allemande... […]

Le 16 novembre 1939, un accord fut conclu entre l'Allemagne et l'URSS concernant la transplantation, d'une part des Allemands résidant en Ukraine occidentale et en Russie blanche occidentale et, d'autre part, des Ukrainiens, Russes blancs, Russes et Ruthènes résidant dans les anciens territoires polonais qui appartenaient désormais à la sphère d'intérêt de l'Empire allemand.

En application de ce traité, 134.950 personnes abandonnèrent leurs demeures en plein hiver — le mouvement commença vers le 20 décembre 1939 et fut terminé le 26 janvier 1940 – et partirent vers l'Ouest, tandis qu'environ 30 à 40.000 Russes blancs et Ukrainiens prirent le chemin de l'Est. [...]

Durant la seconde guerre mondiale, les transferts obligatoires de populations sont nombreux. En 1942, il avait été transféré à la suite d'un accord international plus d'un million sept cent mille personnes. [...] »



Source : INSTITUT NATIONAL DE LA STATISTIQUE ET DES ÉTUDES ÉCONOMIQUES (1946)

Tuesday, August 25, 2015

Immigration & karma



Selon l'enseignement de certains lamas tibétains, les migrations des peuples s'expliquent par la loi du karma.

Gyatrul Rinpoché, un lama de haut rang,  rappelle la notion de karma en ces termes : « La relation entre les actes et leurs effets, est appelée loi du karma, le résultat de la non-vertu est la souffrance et celui de la vertu, le bonheur ». 

Ainsi, suivant cet enseignement un peu simpliste, les peuples ne peuvent échapper à la loi du karma. Gyatrul Rinpoché ajoute :

« Si les Tibétains n'avaient pas commis dans leurs vies passées certaines actions pernicieuses, ils n'auraient pas eu à éprouver les souffrances que leur inflige à présent le gouvernement chinois. Sans la non-vertu, il ne saurait y avoir de souffrance subséquente. Il en est de même pour les Amérindiens : lorsque ces immigrants blancs sans foi ni loi débarquèrent d'Angleterre, de France, etc., pour les déposséder et commettre contre eux toutes sortes d'atrocités, n'auraient-ils commis des actions négatives dans leurs vies passées que ces Amérindiens non plus n'auraient pas eu à éprouver la souffrance qui leur a été infligée par ces immigrants venus d'Europe. » (La clé du sens profond du Livre des morts tibétain)

La dette karmique des Européens à l'égard de beaucoup de peuples est importante, notamment à cause de l'impérialisme colonial. Par exemple, d'après l'historien Marc Ferro, l'évolution démographique de l'Afrique coloniale a été marquée par un recul de 150 millions à 95 millions de personnes entre 1860 et la fin du XIXe siècle. 

De la traite négrière aux horreurs perpétrées par les colons européens, il existerait une dette karmique effrayante. Le temps du paiement du passif colonial est-il arrivé ?

Ce qui est certain, l'arrivée de millions d'immigrés en Europe modifiera considérablement le niveau de vie des Européens, comme l'a annoncé Jacques Attali :

« L’Afrique de demain ne ressemblera pas à l’Occident d’aujourd’hui ; c’est bien plutôt l’Occident de demain qui ressemblera à l’Afrique d’aujourd’hui. »




Gyatrul Rinpoché, un lama de la lignée Peyul de l'école Nyingma, décida d'enseigner le sens profond du « Livre des morts tibétain » de Padmasambhava à un groupe composé à la fois de bouddhistes et de non-bouddhistes au centre bouddhiste d'Orgyen Dorje Den à San Francisco (Californie).

Gyatrul Rinpoché, né en 1925 dans la région du Gyalrong dans le Tibet oriental, « fut reconnu très jeune par Jamyang Khyentsé Tchokyi Lodro comme l'incarnation de Sampa Kiinkhyap, un méditant de la lignée Peyul qui passa sa vie en retraite avant de dispenser moult transmissions de pouvoirs et enseignements à une foule de disciples depuis sa retraite. [...]
Après avoir fuit le Tibet pour l'exil en Inde en 1959, Gyatrul Rinpoché poursuivit son entraînement spirituel et soutint la communauté tibétaine en Inde de diverses manières jusqu'en 1972, date à laquelle Sa Sainteté le Dalaï-lama l'envoya offrir sa direction spirituelle aux Tibétains installés au Canada. Depuis lors, il n'a cessé d'enseigner dans toute l'Amérique du Nord, établissant des centres bouddhistes dans l'Oregon, en Californie, au Nouveau-Mexique et au Mexique... »
B. Alan Wallace








Monday, August 24, 2015

Thalys, le retour de l'héroïsme



Le massacre des voyageurs du Thalys évité grâce au retour du courage individuel, à l'héroïsme du citoyen ordinaire.

Alain Marsaud, député (Les Républicains) des Français établis hors de France, souhaite que les citoyens entrent en guerre contre la terreur. Il estime que François Hollande devrait symboliquement décréter la « levée en masse » contre le terrorisme.

« Hier, dit Alain Marsaud, le terrorisme était le fait d’organisations d’une vingtaine de personnes, qu’il s’agisse d’Action directe ou du Groupe islamiste armé. L’État était capable, avec ses propres moyens, de faire face. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Nous sommes face à un phénomène de masse, avec une évaluation de 2 000 Français en Syrie, susceptibles de revenir et potentiellement de commettre de grandes opérations terroristes. L’État n’est plus capable, seul, d’y répondre. Il doit donc sonner la mobilisation générale tous azimuts – forces de l’ordre, agents de la sûreté ferroviaire ou aéroportuaire, sociétés de sécurité privée – mais aussi faire appel au devoir des citoyens. »

En réalité, le citoyen doit reprendre en main sa destiné en combattant tout système qui enferme l'homme pour le tenir à sa merci (religion, politique ou ordre marchand).

En ce début du 21ème siècle, nous sommes en guerre. Les terroristes, les fanatiques religieux, les politiciens fascistes, le système marchand veulent nous asservir. « La guerre – dit-on – offre à l’homme l’occasion de réveiller le héros qui sommeille en lui. Elle casse la routine de la vie commode, et, à travers les épreuves les plus dures, favorise une connaissance transfigurante de la vie en fonction de la mort. L’instant où l’individu doit se comporter en héros, fut-il le dernier de sa vie terrestre, pèse, infiniment plus dans la balance que toute sa vie vécue monotonement dans l’agitation des villes. C’est ce qui compense, en termes spirituels, les aspects négatifs et destructifs de la guerre que le matérialisme pacifiste met, unilatéralement et tendancieusement, en évidence. La guerre, en posant et faisant réaliser la relativité de la vie humaine, en posant et faisant aussi réaliser le droit d’un « plus que la vie », a toujours une valeur anti-matérialiste et spirituelle. »


La Bhagavad Gîtâ, texte sacré des héros 

La Bhagavad Gîtâ est rédigée sous forme de dialogue entre un guerrier, Arjuna et un dieu, Krishna son maître spirituel. Le dialogue a lieu à l’occasion d’une bataille où Arjuna hésite à se lancer, arrêté par des scrupules humanitaires. Interprétées en clef de spiritualité, les deux figures d’Arjuna et de Krishna ne sont, en réalité, qu’une seule et même personne car elles représentent les deux parties de l’être humain : Arjuna le principe de l’action, Krishna celui de la connaissance transcendante. Le dialogue se transforme en une sorte de monologue, d’abord clarification intérieure, puis résolution héroïque autant que spirituelle du problème de l’action guerrière qui s’était imposé à Arjuna au moment de descendre sur le champ de bataille.


Or, la pitié qui retient le guerrier quand, au moment de combattre, il découvre dans les rangs ennemis les amis de jadis et certains de ses parents, est qualifiée par Krishna ( le principe spirituel ) de « trouble indigne des Aryas qui ferme le ciel et procure la honte » (Bhagavad Gîtâ II, 2, Burnouf). Ainsi revient le thème que nous avons déjà si souvent rencontré dans les enseignements traditionnels de l’Occident : « tué, tu gagneras le ciel ; vainqueur, tu posséderas la terre. Lève-toi donc, fils de Kunti pour combattre bien résolu » Bhagavad Gîtâ II, 37). En même temps se dessine le thème d’une « guerre intérieure » guerre qu’il faut mener contre soi-même : « sachant donc que la raison est la plus forte, affermis-toi en toi-même, et tue un ennemi aux formes changeantes, à l’abord difficile ». (Bhagavad Gîtâ III, 43). L’ennemi extérieur a pour pendant un ennemi intérieur, qui est la passion, la soif animale de la vie. Voici comment est définie la juste orientation : « Rapporte à moi toutes les œuvres, pense à l’Âme suprême ; et sans espérance, sans souci de toi-même, combats et n’aie point de tristesse ». (Bhagavad Gîtâ III, 30).

Il faut noter l’appel à une lucidité, supra-consciente et supra-passionnée d’héroïsme, comme il ne faut pas négliger ce passage qui souligne le caractère de pureté, d’absolu que doit avoir l’action et qu’elle peut avoir en termes de « guerre sainte » : « Tiens pour égaux plaisir et pleine, gain et perte, victoire et défaite, et sois tout entier à la bataille : ainsi tu éviteras le péché » ( Bhagavad Gîtâ II,38).

Ainsi s’impose l’idée d’un « péché », qui ne se réfère qu’à l’état de volonté incomplète et d’action, intérieurement encore éloignée de l’élévation, par rapport à laquelle la vie signifie si peu, la sienne comme celle des autres, et où aucune mesure humaine n’a plus cours. 

Si l’on reste sur ce plan, ce texte offre des considérations d’un ordre absolument métaphysique, visant à montrer comment, à un tel niveau, finit par agir sur le guerrier une force plus divine qu’humaine. L’enseignement que Krishna (principe de « connaissance ») dispense à Arjuna (principe « d’action ») pour mettre fin à ses hésitations, vise surtout à réaliser la distinction entre ce qui est incorruptible comme spiritualité absolue, et ce qui existe seulement d’une manière illusoire comme élément humain et naturel : « Celui qui n’est pas ne peut être, et celui qui est ne peut cesser d’être. (...) Sache-le il est indestructible, Celui par qui a été développé cet univers (...) Celui qui croit qu’elle tue ou qu’on la tue (l’Ame) se trompe ; elle ne tue pas, elle n’est pas tuée (...) elle n’est pas tuée quand on tue le corps (...) Combats donc, ô Bharata. » ( Bhagavad Gîtâ II 16 17, 19, 20 et 18).

Mais ce n’est pas tout. A la conscience de l’irréalité métaphysique de ce que l’on peut perdre, ou faire perdre, comme vie caduque et corps mortel (conscience qui trouve son équivalence dans des […] traditions où l’existence humaine est définie comme « jeu et frivolité »), s’associe l’idée que l’esprit, dans son absolu, sa transcendance devant tout ce qui est limité et incapable de dépasser cette limite, ne peut apparaître que comme une force destructrice. C’est pourquoi se pose le problème de voir en quels termes dans l’être, instrument nécessaire de destruction et de mort, le guerrier peut évoquer l’esprit, justement sous cet aspect, au point de s’y identifier.

La Bhagavad Gitâ nous le dit exactement. Non seulement le Dieu déclare : « Je suis... la vertu des forts exempte de passion et de désir (...); dans le feu la splendeur ; la vie dans tous les êtres ; la continence dans les ascètes (...) la science des sages ; le courage des vaillants » (Bhagavad Gîtâ VII, 11, 9, 10).

Puis, le Dieu se manifeste à Arjuna sous sa forme transcendantale, terrible et fulgurante lui offrant une vision absolue de la vie tels des lampes soumises, à une lumière trop intense, des circuits investis d’un potentiel trop haut, les êtres vivants tombent et trépassent seulement parce qu’en eux brûle une puissance qui transcende leur perfection, qui va au-delà de tout ce qu’ils peuvent et veulent. C’est pour cela qu’ils deviennent, atteignent un sommet et, comme entraînés par les ondes auxquelles ils s’étaient abandonnés et qui les avaient portés jusqu’à un certain point, ils enfoncent, se dissolvent, meurent, retournent dans le non-manifesté. Mais celui qui ne redoute pas la mort , sait assumer sa mort devenant par là tout ce qui le détruit, l’engloutit, le brise, il finit par franchir la limite parvient à se maintenir sur la crête des ondes, n’enfonce pas, au contraire ce qui est au-delà de la vie se manifeste en lui. C’est pourquoi, Krishna, la personnification du « principe esprit », après s’être révélé dans sa totalité à Arjuna, peut dire: « Excepté toi, il ne restera pas un seul des soldats que renferment ces deux armées. Ainsi donc, lève-toi, cherche la gloire ; triomphe des ennemis et acquiers un vaste empire. J’ai déjà assuré leur perte : sois-en seulement l’instrument ; (...) tue-les donc ; ne te trouble pas ; combats et tu vaincras tes rivaux. » (Bhagavad Gîtâ XI, 32, 33, 34).



J. Evola




Ci-dessus Hit Girl, jeune super-héroïne du film Kick-Ass.
François Hollande fait penser à un Mother Fucker mou du film Kick-Ass 2, mais aussi malsain que Chris d'Amico, alias The Mother Fucker.

Friday, August 21, 2015

L'avenir selon Attali



« Le temps des hommes sera de plus en plus utilisé à des activités marchandes qui remplaceront les services gratuits, volontaires ou forcés. »

« La durée de vie des immeubles sera de plus en plus brève. »

« L’âge de la retraite s’élèvera jusqu’à 70 ans. »

« Plus de la moitié des travailleurs changeront de résidence tous les 5 ans. »

« La peur d’être lié, la fuite devant l’attachement, l’indifférence apparente deviendront des formes de séduction. »

« Les formes les plus diverses de sexualité seront tolérées. »

« La sédentarité sera l’ultime privilège des enfants, qui vivront souvent avec
leurs grand parents, dans des lieux stables et protégés, où les parents, pour l’essentiel séparés, viendront alternativement passer un moment avec eux. »

« […] se généralisera le travail de nuit et du dimanche. »

« […] l’ubiquité nomade, s’inversera, vers 2030, en une hyper-surveillance qui sera, la caractéristique de la forme suivante de l’ordre marchand. »

« L’objet nomade unique sera intégré au corps… il servira de capteur et de contrôleur. »

« Les services d’éducation, de santé… seront remplacés par des machines produites en série. »

« Plus rien ne sera caché ; la discrétion, jusqu’ici condition de la vie en société, n’aura plus de raison d’être. »

« Des objets industriels permettront à chacun d’auto-surveiller sa propre conformité aux normes, des auto-surveilleurs apparaîtront. »

« Puis le marché, par nature planétaire, transgressera les lois de la démocratie, par nature locale. »

« Les plus riches…considérerons leur séjour dans tout pays (y compris celui de leur naissance…) comme un contrat individuel excluant toute loyauté et
toute solidarité avec leurs compatriotes. »

« L’Afrique de demain ne ressemblera pas à l’Occident d’aujourd’hui ; c’est bien plutôt l’Occident de demain qui ressemblera à l’Afrique d’aujourd’hui. »

« Le capitalisme ira alors à son terme : il détruira tout ce qui n’est pas lui. Il transformera le monde en un immense marché, au destin déconnecté de celui des nations, et dégagé des exigences et servitudes d’un « cœur ». »

« Plus l’homme sera seul, plus il consommera, plus il se surveillera et se distraira afin de meubler sa solitude. »

« Encore moins cherchera-t-on son bonheur dans celui de l’autre. Toute action collective semblera impensable, tout changement politique, de ce fait,
inconcevable. »

« la fin de la liberté au nom de la liberté »

« La sexualité sera le règne du plaisir, la reproduction celui des machines. »

« L’être humain sera alors devenu un objet marchand. »

« Puis l’homme, fabriqué comme un artefact ne pourra plus mourir, puisqu’il ne sera jamais né. »

« Les maîtres de l’hyper-empire : les hyper-nomades. Ils seront quelques dizaine de millions…Arbitres… Maîtres des richesses et des médias, ils ne reconnaîtront aucune allégeance, ni nationale, ni politique, ni culturelle… leur culture sera plus que jamais labyrinthique… Ils exerceront une influence déterminante sur le mode de vie de ceux qui s’évertueront à l’imiter. »…

Source : « Une brève histoire de l’avenir », de Jacques Attali, Fayard, 2006.

Jérusalem capitale mondiale

En 2011, dans un entretien sur la chaîne du Sénat, Jacques Attali a déclaré :
« On peut rêver d’un Jérusalem devenant capitale mondiale de la planète qui sera un jour unifiée autour d’un gouvernement mondial, c’est un joli lieu pour un gouvernement mondial… »

Pour Hamed Raivelot, Jacques Attali est un talmudiste totalement impliqué dans l'avènement d'un « Nouvel Ordre Mondial sioniste, dont la capitale mondiale serait Jérusalem reconstituée autour du Grand Israël s’étendant du Nil à l’Euphrate, conformément au projet biblique. » « A ta descendance, je donnerai ce pays, à partir du fleuve d’Egypte, jusqu’au grand fleuve, le fleuve Euphrate. » Genèse 15 :48.





Thursday, August 20, 2015

René Guénon et la politique



La politique n'a pas de sens pour Guénon : « Nous n'avons que la plus parfaite indifférence pour la politique et tout ce qui s'y rattache de près ou de loin, et nous n'exagérons rien en disant que les choses qui ne relèvent pas de l'ordre spirituel ne comptent pas pour nous. » Cette position était particulièrement remarquable à une époque où les passions politiques étaient d'une rare violence, avec d'un côté les Camelots du roi, les Jeunesses patriotes de Taitinger, les Croix de Feu et les Volontaires nationaux du colonel de La Rocque, et de l'autre, les socialistes, les communistes, la CGT, les anarchistes. La société était profondément polarisée et la démocratie impuissante face à la montée des totalitarismes.

L'indifférence de Guénon à la politique lui aura permis de ne pas tomber dans les pièges des prises de position partisanes, à la différence de nombreux intellectuels de l'époque. Dans Orient et Occident, il considère le mouvement bolchevique comme « nettement anti-traditionnel, donc d'esprit entièrement moderne et occidental ». Dès 1931, il ne manque pas une occasion de parler avec mépris des « racistes allemands » à propos des nazis. Pour lui la notion de « race » est « une concession plutôt fâcheuse à certaines idées courantes, qui sont assurément fort éloignées de toute spiritualité », écrit-il dans la critique d'un article de Julius Evola paru dans la Vita italiana en septembre 1938. Dans Le Symbolisme de la croix, il écrit : « Nous laissons entièrement de côté, cela va sans dire, l'usage tout artificiel et même anti-traditionnel du swastika par les "racistes allemands" qui, sous l'appellation fantaisiste et quelque peu ridicule de hakenkreuz ou "croix à crochets", en firent très arbitrairement un signe d'antisémitisme, sous prétexte que cet emblème aurait été propre à la soi-disant "race aryenne". alors que c'est au contraire [...] un symbole réellement universel. » De même, à propos du fascisme, il affirme dans une lettre à R. Schneider datée du 6 janvier 1937 : « Il y a de singulières ressemblances entre les emblèmes du fascisme et ceux d'une certaine "Maçonnerie noire" qui, n'avait d'ailleurs de maçonnique que le nom. »

À propos de l'Action française, s'il lui arrive de citer Jacques Bainville, et d'approuver certaines idées de Léon Daudet, il est très éloigné de la pensée maurrassienne xénophobe, raciste et antisémite. Il affirme nettement à plusieurs reprises que « le nationalisme est anti-traditionnel » et il consacre de nombreuses pages dans Orient et Occident ou dans La Crise du monde moderne à réfuter avec virulence les thèses anti-orientalistes et pro-occidentales de ce parti. À l'époque où il écrivait Orient et Occident, qui dénonce les méfaits de la présence occidentale en Orient, seuls les communistes et quelques groupes libertaires étaient fondamentalement anticolonialistes. Ce n'est pas pour autant que Guénon était anarchiste. Il ne l'était pas plus que partisan de l'Action française, et il jugeait l'agitation et le bruit faits à son époque par les différents partis avec hauteur, distance, et rapportés à la pensée traditionnelle, comme autant d'illusions.

D'une manière plus générale, c'est la démocratie elle-même qu'il remettait en cause. Elle lui semblait une expression parfaite du « règne de la quantité » : « Il nous faut encore insister sur une conséquence immédiate de l'idée "démocratique", qui est la négation de l'élite entendue dans sa seule acception légitime […] Celle-ci, par définition en quelque sorte, ne peut être que le petit nombre, et son pouvoir, son autorité plutôt, qui ne vient que de sa supériorité intellectuelle, n'a rien de commun avec la force numérique sur laquelle repose la "démocratie", dont le caractère essentiel est de sacrifier la minorité à la majorité, et aussi, par là même, [...] la qualité à la quantité, donc l'élite à la masse. »

Le système démocratique favorise les plus ambitieux, les plus agressifs. ceux qui veulent « réussir » et sont prêts à toutes les compromissions. « Comme l'égalité est impossible en fait, et comme on ne peut supprimer pratiquement toute différence entre les hommes, en dépit de tous les efforts de nivellement, on en arrive, par un curieux illogisme, à inventer de fausses élites, d'ailleurs multiples, qui prétendent se substituer à la seule élite réelle [...]. On peut s'en apercevoir aisément en remarquant que la distinction sociale qui compte le plus, dans le présent état de choses, est celle qui se fonde sur la fortune, c'est-à-dire sur une supériorité tout extérieure et d'ordre exclusivement quantitatif, la seule en somme qui soit conciliable avec la "démocratie", parce qu'elle procède du même point de vue. » Et c'est bien ce qui se passe dans notre monde qui privilégie, en réalité, les valeurs les plus basses, celles du profit, tout en nous faisant croire que ce sont les plus méritants qui « gagnent ». C'est ainsi que l'on se retrouve gouverné par des êtres monstrueux d'avidité et de duplicité — et les grands discours humanitaires ne servent qu'à camoufler ce fait.

A l'inverse, « une élite véritable [...] ne peut être qu'intellectuelle ; et c'est pourquoi la "démocratie" ne peut s'instaurer que là où la pure intellectualité n'existe plus, ce qui est effectivement le cas du monde moderne ». Cela signifie qu'une société harmonieuse doit être dominée par des êtres de spiritualité. Ils constituent la seule véritable élite car une société « normale », traditionnelle, doit se fonder sur le spirituel, comme c'était le cas dans beaucoup de villages afghans avant l'invasion soviétique. Les artisans du bazar faisaient souvent partie de tariqas soufies et le Sheikh (le maître spirituel) représentait l'autorité suprême, même s'il ne participait en rien à la vie de la communauté villageoise. Il était souvent une simple « présence », à l'image du roi taoïste dont le pouvoir ne s'exerce pas, ne se voit pas, qui demeure inconnu des hommes, mais qui est, par son rayonnement, la source d'une continuelle bénédiction pour le peuple. Il est l'expression du ciel sur la terre. Il reflète le Tao et maintient l'harmonie de l'univers dans son royaume.

Dans l'ancien Tibet nous retrouvons cette prééminence du spirituel avec l'institution des Dalaï Lamas. Ces derniers représentaient « l'autorité spirituelle ». alors que les khans de Mongolie étaient le « pouvoir temporel », et chacun demeurait à sa place. Du vivant du Ve Dalaï Lama, qui réunifia le Tibet, le dirigeant mongol Goushri Khan siégeait sur un trône plus bas que le chef spirituel du pays des neiges pour bien marquer le rapport de hiérarchie entre les deux hommes. Goushri Khan ne demanda comme récompense, pour avoir largement participé à l'unification du pays, que la seule bénédiction du chef spirituel des Tibétains.

Chez les anciens Celtes, les druides étaient entourés d'un très grand respect et tout le inonde leur obéissait, y compris les rois. Ce sont eux, d'ailleurs, qui veillaient à ce que le choix du roi se fasse dans les meilleures conditions et soit « régulier et bénéfique ». Comme le dit Françoise Le Roux : « La royauté celtique a vécu à l'ombre et pour ainsi dire sous la protection du sacerdoce druidique. » Le recrutement des druides n'était pas héréditaire et tous ceux qui le désiraient et en avaient la capacité pouvaient suivre l'enseignement pour devenir druide.

On a caricaturé le système des castes de l'Inde ancienne. On a oublié que « plus le rang est élevé dans la société, plus les obligations morales et les restrictions sont sévères ». Un brahmane, la caste la plus élevée, celle qui détient la connaissance, « ne peut posséder que très peu de biens matériels [...] En revanche, un membre de la caste artisanale, un shudra, a beaucoup plus de liberté. À tel point que les bateliers du Gange, quand ils se disputent, se menacent mutuellement : "Par ma malédiction tu renaîtras brahmane..." »

Cependant, toutes les sociétés traditionnelles sont loin d'avoir un système de castes aussi rigide qu'en Inde ancienne. Dans la société pharaonique. un « fils de paysans peut prétendre aux plus hautes fonctions de l'État ». C'est ainsi qu'un personnage aussi important qu'Imhotep, grand prêtre d'Héliopolis et organisateur de tous les grands chantiers de l'époque, était un simple fils d'agriculteur. Amenhotep, l'un des plus grands sages reconnus de l'ancienne Égypte, qui fut l'éminence grise du roi et de la reine Tiyi, était le fils d'un petit fonctionnaire. Senmout, ministre et architecte de la reine Hatcheptout, était l'enfant d'un modeste artisan. Des prêtres étaient même chargés de repérer les enfants aptes à suivre l'enseignement sacré des Temples. Ces derniers devenaient médecins, officiers, scribes, prêtres. etc., en fonction de leurs qualités, de leurs aptitudes, pour que se perpétue l'enseignement sacré sur lequel était fondée la civilisation de l'ancienne Égypte.

Dans ces sociétés traditionnelles, la caste sacerdotale dûment choisie était donc la gardienne de la Tradition. Les prêtres étaient l'axe autour duquel gravitait la vie sociale, ils étaient la source de l'harmonie du royaume. Sans leur présence, les individus ne pouvaient que s'égarer, et la société sombrer dans le chaos.

Toute société humaine se retrouve finalement gouvernée par une élite. Même le communisme, qui voulait abolir la hiérarchie du monde bourgeois, se retrouva dirigé par une caste de privilégiés, peut-être plus tyrannique et violente que celle qu'ils avaient bannie. Le problème est simplement de savoir quelle élite nous voulons avoir. Est-ce celle de la finance, de la noblesse, de penseurs médiatiques, de techniciens. ou même de l'apparence, comme on le voit avec l'importance actuelle des acteurs, des actrices et des mannequins?

Les sociétés traditionnelles, au sens où l'entendait Guénon. ont toujours privilégié les personnes consacrées à la quête du spirituel. Une élite que nous avons oubliée depuis longtemps et qui n'appartient même plus à nos références scolaires.

Une expression populaire parle de « marcher sur la tête ». Nous pouvons dire que la modernité « marche sur la tête ». Elle a renversé la hiérarchie véritable et les valeurs de sagesse qui en découlent. Ce qui doit être normalement en haut se retrouve en bas, et le bas domine, pour le plus grand malheur de l'être humain.


Erik Sablé, « René Guénon »