Tuesday, April 30, 2013

L'éducation



La contre-révolution conservatrice (de Thatcher, Reagan et consorts) a instauré un nouveau féodalisme que Jean Ziegler appelle « l'ordre cannibale du monde ».

Krishnamurti aurait certainement dénoncé cette effroyable régression de l'humanité, mais il décéda avant le grand cataclysme social des années 1990 qui suivit la chute du mur de Berlin et déchaîna l'hydre capitaliste.

L'argent roi s'accompagne de l'endoctrinement des populations et du retour du religieux. La docilité des nouveaux serfs est assurée par les médias qui répandent la pensée unique. Les enfants ne sont pas épargnés, ils sont soumis au conditionnement religieux et scolaire (le 29 avril 2013, François Hollande a franchi une étape de plus dans la dégradation de la société en décidant de faire inculquer la cupidité entrepreneuriale aux enfants dès la sixième).

L'éducation

Pour comprendre le sens de la vie, de ses conflits et de ses douleurs, il nous faut penser indépendamment de toute autorité, y compris celle des religions organisées. Mais si, dans notre désir d'aider l'enfant, nous plaçons devant lui des exemples impressionnants, nous n'éveillons en lui que la peur, l'imitation et différentes formes de superstitions.

Les personnes de tendance religieuse essayent d'imposer à leurs enfants les espoirs et les craintes qu'elles ont reçus de leurs propres parents ; et les personnes antireligieuses sont également désireuses d'influencer leurs enfants et de leur faire accepter leur façon particulière de penser. Nous voulons tous que nos enfants adoptent notre forme de culte et qu'ils prennent à cœur les idéologies que nous avons choisies. Il est si facile de s'embourber dans des images et des formulaires, inventés par nous-mêmes ou par d'autres ! C'est pourquoi il est nécessaire d'être toujours attentif et en éveil.

Ce que nous appelons religion n'est que croyance organisée, avec accompagnement de dogmes, de rituels, de mystères et de superstitions. Chaque religion a ses livres sacrés, ses médiateurs, ses prêtres et ses façons de menacer et de dominer. Nous avons, pour la plupart, été conditionnés en fonction de tout cela, et c'est ce que l'on appelle une éducation religieuse. Mais ce conditionnement dresse l'homme contre l'homme et engendre l'antagonisme, à la fois parmi les croyants et contre les autres appartenances. Bien que toutes les religions affirment rendre un culte à Dieu et proclament que nous devons nous aimer les uns les autres, elles instillent la peur, se servant de leurs doctrines basées sur la récompense et le châtiment. Et leurs dogmes rivaux perpétuent les suspicions et les luttes.

Dogmes, mystères, rituels : rien de tout cela ne conduit à une vie spirituelle. L'éducation religieuse, dans le vrai sens de ce mot, consiste à encourager l'individu à comprendre les rapports qu'il entretient avec ses semblables, avec les objets, avec la nature. Il n'y a pas d'existence sans relations ; et sans la connaissance de soi, toutes les relations, personnelles et collectives, sont des causes de conflits et de douleurs. Certes, il est impossible d'expliquer pleinement tout cela à l'enfant ; mais si l'éducateur et les parents saisissent profondément tout ce que comportent les relations humaines, ils pourront, par leur attitude, leur comportement et leur langage, faire comprendre à l'enfant, sans trop de mots et d'explications, ce qu'est une vie spirituelle.

Notre prétendue culture religieuse décourage l'interrogation et le doute, et pourtant ce n'est qu'en examinant le sens et la portée des valeurs que la société et la religion ont établies autour de nous que nous commençons à découvrir le vrai. La fonction de l'éducateur est d'être profondément conscient de ses propres pensées et de ses sentiments ; il peut ainsi abandonner les valeurs qui lui ont donné la sécurité et le réconfort, et aider les autres à prendre conscience d'eux-mêmes et à connaître leurs aspirations et leurs craintes.

C'est pendant la période de croissance qu'il faut veiller à empêcher les déformations. Et si nous, qui sommes plus âgés, avons assez d'entendement, nous pouvons aider les jeunes à s'affranchir des entraves que la société leur impose, ainsi que des obstacles qu'ils projettent au-devant d'eux-mêmes. Si les jeunes n'ont pas l'esprit et le cœur façonnés par des préconceptions religieuses et des préjugés, ils demeurent libres de découvrir, par la connaissance d'eux-mêmes, ce qui est au-dessus et au-delà d'eux-mêmes.

La vraie religion n'est pas un ensemble de croyances et de rituels, d'espérances et de craintes. Et si nous permettons à l'enfant de grandir sans ces influences gênantes, alors, peut-être, en mûrissant, commencera-t-il à s'enquérir de la nature de la réalité, de Dieu. Voilà pourquoi, en élevant l'enfant, il est nécessaire d'avoir une grande pénétration d'esprit.

La plupart des personnes qui ont une tendance à être religieuses parlent de Dieu et de l'immortalité, ne croient pas profondément à la liberté individuelle et à l'intégration. La vraie religion est pourtant la culture de la liberté dans la recherche de la vérité. Il ne peut pas y avoir de compromis avec la liberté. Pour l'individu, une liberté partielle n'est pas une liberté du tout. Un conditionnement, de quelque sorte qu'il soit, politique ou religieux, n'est pas la liberté et n'apportera jamais la paix.

La vraie religion n'est pas une forme de conditionnement. C'est un état de tranquillité en lequel est la réalité, Dieu. Mais cet état créatif ne peut entrer en existence que lorsqu'il y a connaissance de soi et liberté. La liberté engendre la vertu, et sans vertu il n'y a pas de tranquillité. L'esprit immobile n'est pas un esprit conditionné, il n'est pas discipliné ou entraîné à être immobile. L'immobilité ne survient que lorsque l'esprit comprend son propre processus, qui est le processus du moi.

Les religions organisées sont les pensées congelées des hommes, avec lesquelles ils construisent des temples et des églises. Elles sont devenues la consolation des timorés et l'opium de ceux qui sont dans la détresse. Mais Dieu, mais la vérité, est bien au-delà de la pensée et des sollicitations émotionnelles. Les parents et les éducateurs, qui découvrent et réalisent le processus psychologique de la peur et de la souffrance, devraient pouvoir aider les jeunes à observer et à comprendre leurs propres conflits et leurs épreuves.

Si nous, qui sommes plus âgés, pouvions aider les enfants, au fur et à mesure qu'ils grandissent, à penser clairement et sans passion, à aimer et à ne pas provoquer d'animosité, qu'y aurait-il de plus à faire ? Mais si nous nous sautons constamment à la gorge, si nous sommes incapables d'instaurer l'ordre et la paix dans le monde en nous changeant nous-mêmes profondément, quelle est la valeur des livres sacrés et des mythes des diverses religions ?

Krishnamurti, De l'éducation.







Monday, April 29, 2013

Masques & dissimulation dans les sociétés secrètes




Comme les incantations et chants du film Eyes Wide Shut, extraits d'une liturgie roumaine orthodoxe jouée en sens inverse, le maître du sabbat émet des sons gutturaux. « Loquebatur marmotando, avoua Thomas Bègue, sorcier dauphinois (Archives de l'Isère B. 4356, fol. 85). Bardonnèche, sa commère, fait également allusion à une voix rauque (même source, fol. 86).

Cette sorte d'élocution, disait déjà Psellos, est voulue. Elle permet au Diable de déguiser ses pensées, de couvrir ses ruses et ses mensonges. On se déguise, en effet, beaucoup au sabbat, au propre comme au figuré. Ces sons étouffés, cette voix caverneuse pourraient sortir d'un simulacre de visage, en bois, en cuir ou en métal.

Le masque — très à la mode au XVIe siècle — apparaît non seulement au Carnaval, au bal, mais encore dans la rue. Tenant au mystère et à la discrétion, Satan en recommandait infiniment l'usage. De là provient aussi le port d'habits retournés, de linges et de voiles, de chapeaux à large bord ou à franges pendantes, qui déroutaient les espions éventuels. Il est permis d'imaginer que le représentant du Diable portait un masque horrible à contempler. Peut-être s'agit-il du masque que l'on brûlait à la fin des cérémonies, afin que les traces disparussent aux yeux des magistrats ?

On peut encore supposer que les curés, les seigneurs, les grands bourgeois amateurs de sensations fortes et d'orgies crapuleuses, aient parfois recouru à l'usage d'un masque pour assister au sabbat en toute quiétude... « Les moines, qui abusaient de la crédulité publique, pour faire diversion à leur oisiveté, ont pu prendre des déguisements ridicules, et faire toutes les extravagances qu'ils attribuaient aux diables. Une chose du moins est certaine et incontestable, c'est que, dans les procès criminels faits aux sorciers et sorcières, le lieu de la scène du sabbat est toujours indiqué dans un endroit voisin de quelque abbaye. » Voilà ce que, très mauvaise langue, Garinet suggère dans son Histoire de la Magie en France. Le bibliophile Jacob (alias Paul Lacroix) remplacera le mauvais moine par un scélérat émérite, « qui abusait de ce rôle affreux en vue de satisfaire ses horribles caprices, et qui prélevait un tribut obscène sur les misérables soumis à sa domination » (Curiosités de l'Histoire des croyances populaires au Moyen Age, p.223).

L'anonymat des riches et des puissants : rien de plus hiérarchisé que le sabbat, se trouvait autant que possible respecté. Il est curieux, en tout cas, de constater que des personnages masqués assistent au déroulement du rituel satanique sur certains tableaux et gravures des XVIe et XVIIe siècles : nous songeons en particulier aux œuvres de Ziarnko et de Michel Herz. Aucun cependant ne porte de masque taurin ou ovin rappelant, même de loin, les rituels de fertilité. Ces personnages n'appartiennent pas au vulgum pecus. Il semble qu'on leur réserve les morceaux de choix. Ils sont plus que des spectateurs, puisque Gaufridy déclare que l'on rencontre trois ordres au sabbat : les masques, les sorciers et les magiciens.

A peine assis, le Diable (ou son représentant) invitait à sa droite la Reine du Sabbat, la plus jeune ou la plus belle fille de l'assemblée. A sa gauche venait se placer une sorcière experte en maléfices et dans l'art de manier les poisons. En chaque village du Labourd, prétend de Lancre, on pouvait trouver, vers 1609, « une Reine du Sabbat que Sathan tenait en délices comme une épouse privilégiée » (Incrédulité, p. 36). Madeleine de Demandolx changea le nom en celui de Princesse de la Synagogue. A l'une d'elles, Martha Carrier, le Diable aurait même promis la place de Reine de l'Enfer. « Maid Marian » en Angleterre, « Wanne Tecla » en Flandre maritime, la Reine du Sabbat était tenue d'offrir sa virginité au maître de céans. Des femmes mariées et des filles ordinaires il exigeait, disons, des plaisirs réservés. En un temps où dans les hameaux subsistait le jus primae noctis, il ne pouvait s'agir que d'une substitution. Le Diable, en somme, passait juste avant le seigneur. Mais le sacrifice du pucelage n'était pas regardé comme un affreux malheur. Les nobles en réclamaient l'offrande et certains religieux (les évêques d'Amiens et les moines de Saint-Etienne, de Nevers, notamment) maintenaient très strictement l'exercice de leur « droit de cullage ». En l'espèce, ils perpétuaient la tradition des prêtres d'Astarté, d'Anubis et de Dionysos.

Roland Villeneuve


Saturday, April 27, 2013

Le scandale du DSM 5



La dictature soviétique envoyait les dissidents dans les hôpitaux psychiatriques. Le totalitarisme marchand va plus loin, il enferme une grande partie de la population dans une camisole chimique.

La nouvelle édition du DSM (Diagnostic and statistical manuel of mental disorders), la bible de la psychiatrie, la référence unique et mondiale en matière de pathologies mentales depuis les années 1980, a considérablement augmenté la liste des maladies psychiatriques.

Avec la complicité de l'Association des psychiatres américains, qui a établi le DSM 5, les laboratoires vendent impunément de dangereux psychotropes à un nombre considérable de faux malades.

« En trente ans, le nombre de maladies mentales répertoriées dans le DSM a été multiplié par presque trois (moins de 150 dans le DSM III à 400 prévues dans le DSM V)", dénonce le docteur Patrick Landman, psychanalyste et psychiatre, président de l'initiative Stop DSM. "Cette augmentation vertigineuse n'est liée ni à des progrès dans la connaissance scientifique ni à une aggravation des conditions de vie qui pourraient expliquer la survenue de nouveaux troubles mentaux, mais à la méthode du DSM qui induit une pathologisation extensive des comportements et des émotions humaines avec pour conséquences des pratiques de sur-diagnostic, de surmédicalisation et de sur-prescription. »

« Le champ de la normalité se réduit et nous devenons tous des consommateurs de psychotropes, voire des fous, potentiels », s'indigne Patrick Landman qui s'attaque au DSM, soi-disant paroles d’Évangile, dans son livre « Tristesse business - Le scandale du DSM 5 » :


« La nouvelle édition de cette bible médicale, en plus des 421 troubles mentaux déjà répertoriés, intègre 200 nouvelles maladies psychiques et modifie leur appréhension médicale. En 10 chapitres, cet ouvrage dénonce les effets pervers et les absurdités du DSM : Collusion entre la communauté scientifique et l'industrie pharmaceutique. Pression des laboratoires pharmaceutiques à visées financières. Risques de précarisation des malades. Médicamentation à outrance et dangerosité pour le patient. Exclusion des fondements de la psychologie. - Sur les 175 rédacteurs du DSM 95 ont des liens financiers avec l'industrie pharmaceutique. - Depuis Le DSM IV, 15 jours de symptômes de l'état dépressif suffisent pour une prescription de psychotrope. Auparavant les délais étaient de 2 mois. - Avec le DSM V, 45 millions d'Américains seront atteints de troubles mentaux, le nombre d'enfants bipolaires sera multiplié par 40, les cas d'autisme par 20. - En France, la sécurité sociale, les caisses d'allocations se basent sur le DSM pour établir les droits des malades. L'évolution des catégories entraînera la perte de ressources pour certains. - Sous couvert d'hyperactivité, de nombreux enfants ont été médicalisé aux amphétamines. - La plupart des étudiants en médecine n'auront pas d'autre approche de la psychologie que ce manuel. »


Tristesse business 

Le scandale du DSM 5 




Friday, April 26, 2013

Le racisme anti-blanc




Ce vendredi 26 avril 2013, un homme est jugé à Paris pour une agression accompagnée d'insultes racistes.

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) a décidé de se positionner aux côtés de la victime. "Sale blanc, sale Français, c'est quelque chose qui n'est pas acceptable dans la société française", explique au micro d'Europe 1 le président de la LICRA, Alain Jacubowicz. 

« Il y a quelques années, dit Bruno Gheerbrant, alors que je vivais aux États-Unis, je me promenais sur un marché aux puces et, intéressé par une pile de 78 tours, je m’arrêtais devant le bric-à-brac d’un vendeur, avec qui j’engageais conversation. Lorsqu’il entendit mon accent étranger, et voyant devant lui un blond, aux yeux bleus, il cru d’abord que j’étais allemand. Je lui appris que j’étais français et il s’excusa précipitamment avant d’ajouter en me lançant un clin d’œil « Quand même, on peut pas blâmer les allemands pour ce qu’ils ont fait aux Juifs ». Je lui répliquait aussitôt: « Mec, tu es un raciste… ». L’homme me regarda surpris puis, pour rattraper le coup, en quelque sorte, il s’empressa de me fournir sa bonne excuse: « c’est pas de ma faute, vous savez, mon peuple vient de l’esclavage… ».

Cet incident a sans doute été un des plus marquants qui me soit arrivé car la première fois de ma vie, et en contradiction totale avec une éducation qui m’avait toujours présenté les Blancs comme le seul groupe ethnique capable de racisme envers les autres, j’avais dit à cet homme qu’il était raciste. Une fois ce pas franchi, je n’allais pas tarder à admettre que j’avais souvent été victime de racisme. A mesure que je réfléchissais à ce sujet, je réalisais deux faits encore plus surprenant que l’existence de ce racisme. D’une part, si j’avais été outré par l’antisémitisme de cet homme, alors que je n’en étais pas la cible, je n’avais pas relevé tout ce qu’il y avait d’insultant pour moi dans ses propos, car il considérait qu’ayant un physique Blanc très typé, j’allais « forcément » me réjouir du massacre de 6 millions d’êtres humains. D’autre part, cet homme avait immédiatement avancé la bonne excuse de l’esclavage pour se dédouaner, insinuant par là que la responsabilité de sa faute revenait au groupe ethnique auquel j’appartenais. J’étais donc amené à me poser de nouvelles questions.

Pourquoi étais-je si prompt à identifier et à lutter contre le racisme dont les membres d’autres groupes ethniques, les Juifs, les Noirs, les Arabes, les Asiatiques peuvent être victimes, et si incapable d’identifier celui qui me visait ?

Pourquoi étais-je toujours prêt à me laisser marcher sur les pieds par les individus appartenant à d’autres groupes ethniques par peur de passer pour « raciste » ?

Si le racisme ne se limitait pas à une agression physique ou à des insultes, pourquoi m’était-il si difficile d’identifier, de dénoncer et de combattre le racisme dont j’étais fréquemment victime, à des degrés divers ?

Au terme d’une réflexion personnelle, j’ai fini par comprendre qu’il existait un racisme très particulier dans ses croyances et dans ses modes opératoires : Le racisme Antiblanc. Revenu en France j’ai commencé à constater que ce racisme était de plus en plus présent, de plus en plus virulent, se traduisant par des agressions, des insultes, de fréquentes émeutes raciales, et un climat violemment raciste à l’égard des Blancs s’était installé sans que personne ne le dénonce. Dans la France d’aujourd’hui, les Blancs sont les principales victimes des crimes inter-ethniques, dont une bonne part sont, ou présentent tous les signes, des crimes et des agressions racistes.

Lorsque j’ai commencé à chercher des informations sur le racisme Antiblanc, je n’ai trouvé aucune littérature dans les bibliothèques municipales ou dans les librairies grand public, quant à mes recherches sur Internet, elles menaient quasi systématiquement à des sites néo-nazis ou a des sites « antiracistes » car si concernant le racisme des Blancs, la traite des Noirs aux Amériques, le génocide indien et l’antisémitisme, il y a redondance d’informations, les bibliothécaires n’hésitant pas à acheter dix livres sur le même sujet, alors qu’un ou deux auraient suffit, sur le racisme Antiblanc, on ne trouve absolument rien. »

Finalement, au bout de quelques années, Bruno Gheerbrant écrit « Le racisme Antiblanc »

« J’ai divisé mon travail en quatre parties, explique l'auteur. J’ai essayé, dans un premier temps, de décrire, de définir et de nommer les manifestations et les mythes du racisme Antiblanc. Je présente ensuite une analyse du livre de Tahar Ben Jelloun « Le racisme expliqué à ma fille » pour montrer de quelle façon, dans un ouvrage grand public destiné aux enfants, sous un verni de bonnes intentions, se transmettent des stéréotypes du racisme, essentiellement au détriment des Blancs. Je rappelle en troisième partie quelques faits peu connus sur l’esclavage, pour décrire ce phénomène dans toute sa complexité: les quelques vérités que j’expose, régulièrement passées sous silence, donneront au lecteur une idée plus précise de ce que j’appelle le silence sélectif. Enfin, dans une quatrième partie, j’ai essayé de comprendre qui profite du racisme Antiblanc, pourquoi les questions raciales sont devenues l’objet incontournable de la politique française et pourquoi une famille politique a décidé de racialiser le débat social dans notre pays. »


Télécharger gratuitement le texte de Bruno Gheerbrant, Le racisme Antiblanc :



Thursday, April 25, 2013

Délit d'obsolescence programmée




Le sénateur Jean-Vincent Placé, d'Europe Ecologie Les Verts, est le principal instigateur d'un projet de loi visant à faire inscrire l'obsolescence programmée comme un délit.

« L’obsolescence programmée peut être définie comme suit : « c’est le concept selon lequel la durée de vie des produits serait prédéterminée et fixée à l’avance et délibérément par les fabricants afin d’inciter le consommateur à les remplacer plus rapidement ».

Bien que les définitions de l’obsolescence programmée ne soient pas toutes les mêmes - certaines évoquent franchement un raccourcissement de la durée de vie des produits, d’autres ne prononcent pas les adverbes « délibérément » ou « volontairement » - toutes affirment que l’objectif premier de l’obsolescence programmée est d’inciter le consommateur à acheter de nouveaux produits pour remplacer les anciens.

Pour atteindre l’objectif premier qui est d’inciter l’acheteur à consommer, il faut planifier, programmer la durée de vie du produit, il faut fixer la fin de vie, la mort du bien après une certaine période déterminée. Les détracteurs de l’obsolescence programmée avancent qu’il est impossible pour les ingénieurs, aussi talentueux soient-ils, de fixer la durée de vie d’un produit. Ils sont incapables de calculer la période après laquelle le bien « doit » tomber en panne. En effet, les conditions d’utilisation et d’autres variables entrent en compte, ce qui rend impossible une telle estimation et a fortiori une telle programmation.

Pourtant, nombre sont ceux qui, luttant contre l’obsolescence programmée, affirment que cela est possible en changeant les matériaux des appareils.

A l’instar de la société de réparation « La Bonne Combine » situé à Lauzanne et qui a reçu le prix de l’éthique pour son combat contre « le tout jetable ». En effet, le but de cette société de réparation est de contourner les astuces qu’utilisent des fabricants d’appareils (le plus souvent électriques ou électroniques comme des appareils électroménagers) pour les condamner à une mort certaine après une période déterminée. Evidemment, les fabricants ou du moins leurs ingénieurs ne peuvent pas donner une date précise quant à la survenance d’une panne fatale mais il s’agit d’un choix stratégique que de mettre des produits plus fragiles : par exemple des cordons d’alimentation plus fin pour les aspirateurs. Le fabricant est ainsi pratiquement sûr de vendre un nouvel aspirateur plus tôt que prévu.

L’ingénieur Jean Michel Raibaut a travaillé pour de grandes marques d’appareils électroménagers. Il affirme que les machines à laver (par exemple) sont programmées pour tomber en panne avant 10 années d’utilisation. Il s’agira d’une panne fatale, obligeant le consommateur à en racheter une neuve. En effet, les machines à laver sont prévues, sont programmées pour durer 2000 à 2500 cycles de lavage. A raison de cinq lavages par semaine, l’appareil tombera en panne au bout de 8 à 9 ans. Il faut savoir que 8 machines à laver sur 10 sont dotées de cuves en plastique qui remplacent celles en inox. Il suffit d’une seule pièce de monnaie pour qu’elles se cassent (à cause de la vitesse de rotation au moment de l’essorage) ou même d’une trop haute température de l’eau pour que la cuve se déforme. Ce genre d’accidents n’existait pas avec les cuves en inox. Cela signifie que les fabricants, en changeant certaines pièces maîtresses de leurs biens, font en sorte d’amener l’appareil vers une mort certaine après une durée d’utilisation prédéterminée.

Les propos allégués par Jean Michel Raibaut sont confirmés par Kayvan Mirza, ingénieur concepteur de télévision. Ce dernier affirme également que la durée de vie des télévisions est fixée à 10 années d’utilisation. Les téléviseurs sont prédestinés à fonctionner 20 000 heures ce qui fait une moyenne de 9 années d’utilisation donc de vie car dès qu’un composant tombe en panne c’est le téléviseur entier qui cesse de fonctionner afin de maintenir un taux de renouvellement assez régulier. Selon Kayvan Mirza : « il faut que le produit soit suffisamment fiable mais pas trop ». Suffisamment fiable pour que les consommateurs ne se tournent pas vers la concurrence mais pas trop pour qu’ils achètent régulièrement un nouveau produit sur un marché qui est déjà en saturation depuis plusieurs années. Il faut admettre que cela est curieux et même étonnant de voir que les achats d’équipement électriques ou électroniques ont été multipliés par six depuis le début des années 1990. Comme pour étayer les propos de Jean-Michel Raibaut et Kayvan Mirza, le rapport des Amis de la Terre et du CNIID avance que la durée de vie des anciens téléviseurs équipés des tubes cathodiques était entre 10 et 15 ans en moyenne alors que l’écran plat avoisine les 5 ans. Ce constat aggrave même les estimations des deux ingénieurs (cités ci-dessus) qui étaient de donner une durée de vie inférieure à 10 ans mais qui en resterait proche. […]

Un des arguments avancés pour lutter contre l’obsolescence programmée est le gaspillage de masse que ce type de pratique engendre tandis que, malgré les efforts des fabricants pour maintenir un certain niveau de consommation, les consommateurs prennent conscience petit-à-petit de l’enjeu que représentent les ressources naturelles face à l’obsolescence programmée notamment en raison des problèmes sanitaires qu’elle engendre .

L’obsolescence programmée à l’origine du gaspillage de masse entraînant l’épuisement des ressources naturelles.

Un lien, que beaucoup jugent indirect, peut être fait entre l’obsolescence programmée et les problèmes écologiques et environnementaux.

En effet, parmi les produits les plus renouvelés se trouvent les appareils électriques ou électroniques : un Français achète environ six fois plus d’équipements électriques ou électroniques qu’au début des années 1990. Et ces derniers nécessitent énormément de terres rares (c’est-à-dire des minerais et métaux difficiles à extraire) qui sont présents dans la plupart des produits électriques ou électroniques en raison de leur propriété magnétique permettant la miniaturisation. Ce genre de métaux fait partie des composants des téléphones portables, qui est à l’heure actuelle l’appareil le plus fabriqué et qui est également le plus touché par l’obsolescence programmée : les téléphones portables sont changés tous les 20 mois environ par la population et même tous les 10 mois dans la tranche d’âge des 12-17 ans. Il est sidérant de remarquer que les téléphones portables peuvent contenir jusqu’à 12 métaux différents à hauteur de 25% du poids total des appareils.

L’OCDE (Organisation et coopération de développement économiques) en partant des niveaux connus en 1999 a affirmé qu’en maintenant un taux de croissance annuel de 2%, les réserves de cuivre, plomb, nickel, argent, étain et zinc ne dépasseraient pas 30 années et celles d’aluminium et de fer se situeraient entre 60 et 80 ans en moyenne. L’obsolescence programmée a un impact direct sur l’environnement car, pour produire toujours plus d’appareils électriques et électroniques, pour répondre à une demande créée artificiellement par la réduction volontaire de la durée de vie, il faut pratiquer l’excavation de grandes quantités de terre engendrant le défrichage des sols, l’élimination de la végétation et la destruction des terres fertiles.

Le mode de consommation, qui ressemble plus à une surconsommation, affaiblit les ressources de la Terre. Le fait de jeter des produits qui, pourtant, fonctionnent encore ou même le fait de mettre en œuvre l’obsolescence programmée sont des causes de cette surconsommation. Le problème auquel il faut faire face est celui de notre économie qui, à la recherche perpétuelle d’un taux de croissance positif, repose sur le « consommer plus ». Et pour consommer plus, il faut réduire la durée de vie des produits afin d’inciter le consommateur à remplacer le produit prématurément mort.

Malheureusement, une telle politique a des conséquences non négligeables sur le « capital naturel » qui peut être défini ainsi : « Le capital naturel fait référence aux ressources telles que minéraux, plantes, animaux, air, pétrole de la biosphère terrestre, vus comme un moyen de production d'oxygène, de filtration de l'eau, de prévention de l'érosion, ou comme fournisseur d'autres services naturels. Le capital naturel constitue une approche d'estimation de la valeur d'un écosystème, une alternative à la vue plus traditionnelle selon laquelle la vie non-humaine constitue une ressource naturelle passive ». Cette estimation de la valeur d’un écosystème est utilisée par WWF (World Wide Fund for Nature) pour son rapport Planète Vivante paru en avril 2012. Il s’agit d’un rapport alarmant, repris plusieurs fois par la presse notamment sur Internet.

Le rapport met l’accent sur le lien existant entre le mode de consommation actuel et le tarissement des ressources naturelles. Ezzedine Mestiri en 2003 écrivait déjà : « La planète est définitivement peuplée de consommateurs : Elle produit aujourd’hui en moins de deux semaines l’équivalent de la production matérielle de toute l’année 1900. La production économique double environ tous les 25 ans ». Et c’est ce que confirme la WWF dans son rapport d’avril 2012. Aujourd’hui, il faut une année et demie à la planète pour régénérer l’intégralité des ressources renouvelables que les êtres humains consomment en une seule année. Plus grave encore, si le mode de consommation de la population, qui s’apparente plus à de la surconsommation, ne change pas de façon significative, il faudra l’équivalent de deux planètes pour répondre à nos besoins annuels à l’horizon de 2030.

Pourtant, ce n’est pas comme si nous n’avions pas été prévenus il y a déjà plus de quatre décennies. Alors que les Trente Glorieuses battaient leur plein et que la croissance dans les pays les plus développés atteignait des chiffres impressionnants, le Club de Rome s’interrogeait sur les conséquences d’une telle croissance sur les ressources naturelles non renouvelables de la Terre.

Le Club de Rome était un groupe de réflexion crée le 8 avril 1968 qui réunissait une poignée d'hommes, occupant des postes relativement importants dans leurs pays respectifs (un recteur d'université allemande, un directeur de l'OCDE, un vice-président d'Olivetti, un conseiller du gouvernement japonais...), et qui souhaitaient que la recherche s'empare du problème de l'évolution du monde pris dans sa globalité pour tenter de cerner les limites de la croissance.

Ce club est surtout connu pour le rapport demandé à une équipe de chercheurs du Massachussetts Institute of Technology (ou MIT) et rendu public en 1972 sous le nom plus connu de Rapport Meadows & al (du nom du directeur de l’équipe : Dennis Meadows). Il a été publié par la suite sous le titre The Limits to Growth chez Universe Books et traduit en français par le titre Halte à la croissance ?

Ce rapport se base sur des données scientifiques pour dénoncer le pillage que subit la planète en raison de sa surexploitation expliquée par le mode de consommation de la population notamment des pays développés. A l’époque de ce rapport, les chercheurs n’avaient pas été réellement pris au sérieux, jugés comme « catastrophistes ». En effet, si les tendances de croissance des pays développés restent inchangées, les limites de la croissance seront atteintes un jour ou l’autre dans les cent prochaines années en raison de la disparition des ressources naturelles sans lesquelles il est impossible de subvenir aux besoins de l’humanité. Cela se traduira par un « effondrement ». Ce terme n’est pas à entendre comme un synonyme de la fin du monde mais plutôt comme « la diminution brutale de la population accompagnée d'une dégradation significative des conditions de vie (baisse importante du produit industriel par tête, du quota alimentaire par tête, etc.) de la fraction survivante » d’après Jean-Marc Jancovici, auteur de la préface du livre publiant le rapport Meadows. Pourtant, en 1972, la situation n’était pas la même : consommateurs et industriels croyaient encore aux ressources infinies et illimitées de la planète, la population mondiale n’avait pas encore atteint le nombre de 4 milliards d’êtres humains, les pays qui n’étaient pas en voie de développement le sont aujourd’hui et utilisent énormément de métaux et autres minerais pour maintenir leur taux de croissance afin de pouvoir continuer leur développement. Les marchés des pays développés sont arrivés depuis des années à saturation. De peur de voir la consommation de la population reculer et ainsi affaiblir le taux de croissance, les fabricants ont mis en pratique l’obsolescence programmée, ce qui leur permet un travail en amont (l’extraction des ressources naturelles) et en aval (la vente des produits touchés par l’obsolescence programmée). Alors pourquoi changer ? Quand bien même le rapport Meadows ou même celui de la WWF qui annonce que, si la population mondiale vivait comme la population américaine, il faudrait quatre planètes pour régénérer les besoins annuels de l’humanité, il semble évident que l’obsolescence programmée satisfasse le plus grand nombre : les fabricants, les distributeurs, les vendeurs, les réparateurs après-vente voire même certains consommateurs qui y voient l’opportunité de changer régulièrement d’appareils électriques ou électroniques (pour ne citer que ceux-là)... »


Lydie TOLLEMER

Télécharger le mémoire de Lydie TOLLEMER « Obsolescence programmée » :




Wednesday, April 24, 2013

Un guérisseur français en Russie




Anthelme, Nizier, Philippe Vachod (1849-1905), plus connu à l'époque sous le nom de "Monsieur Philippe", repose au cimetière de Loyasse (Lyon). « J’ai fait un petit tour au cimetière de Loyasse pour me recueillir sur sa tombe et quelle ne fût pas ma surprise et ma joie de voir qu’encore de nos jours des gens viennent lui demander des miracles (des petits papiers étant accrochés sur la grille qui entoure sa tombe), et le nombre de plaques de remerciement pour ces guérisons en témoignage... », écrit Cendrine dans son blog

Philippe, le thaumaturge de Lyon, ressuscite un enfant

« En 1870, alors âgé de 21 ans, « Monsieur Philippe » se rend au chevet d’un enfant de sept ans, Jean Chapas, dont deux médecins viennent de constater la mort. Jean-Baptiste Ravier, l’ébéniste qui a confectionné le petit cercueil, est témoin de la scène : au pied du jeune Chapas, et devant toute l’assistance, Monsieur Philippe dit : « Jean, je te rends ton âme ! ». Immédiatement, l’enfant reprend ses couleurs et lui sourit. Jean Chapas deviendra par la suite « le disciple préféré » de Monsieur Philippe qui l’appellera « le Caporal ». Jean Chapas héritera des dons de son Maître et continuera son œuvre jusqu’en 1926 environ, avec autant d’éclat. » (Nexus n° 48)

Les exploits de « Monsieur Philippe » ont-ils été exagérés par les membres des sociétés secrètes qui entouraient le guérisseur, comme Papus, alias Gérard Encausse (franc-maçon et martiniste) ? Ce dernier disait, à qui voulait l'entendre, que « Monsieur Philippe » commandait à la foudre.

Vladimir Fédorovski rappelle les circonstances de l'arrivée du mage français à la cour impériale de Russie :

« Les tsars furent souvent de grands mystiques. Nicolas II et la tsarine s'étaient ainsi pris d'amitié pour un certain Philippe, mage et guérisseur français. Le journaliste Alexis Souvorine, témoin privilégié de cette époque, évoqua cet engouement avec une certaine ironie :

La grande-duchesse Anastasia de Monténégro s'était passionnée, à Nice, pour les tables tournantes. Elle recommanda Philippe à la souveraine. On le manda, on fit tourner les tables, on entreprit de faire venir le spectre d'Alexandre III qui se mit à conseiller Nicolas II...

La rencontre de Philippe avec Nicolas et Alexandra eut lieu en septembre 1901, à Compiègne, durant le séjour du couple impérial en France. La cour de Russie avait déjà entendu vanter les extraordinaires pouvoirs de ce mage par le fameux Papus, auteur d'innombrables traités ésotériques, qui venait régulièrement à Saint-Pétersbourg.

Cette réunion avec Philippe produisit une profonde impression sur les souverains russes. Mais le guérisseur n'était pas bien vu par la justice française, car il pratiquait illégalement la médecine. Le tsar demanda alors au ministre des Affaires étrangères, Delcassé, qu'un diplôme fût délivré au « faiseur de miracles ». Désireux d'entretenir de bons rapports avec la Russie, le ministre s'adressa lui-même au président de la République, Loubet. Mais rien n'y fit : en France, même avec la bénédiction du président de la République, on ne pouvait pas devenir médecin sans passer les concours requis. L'empereur convia donc Philippe en Russie, où il se vit octroyer un titre de médecin militaire, avec le grade de colonel.

Pourtant, le représentant de l'Okhrana — les services secrets russes — à Paris le dépeignait, dans ses rapports, comme un « charlatan » et un « brigand ». La presse révolutionnaire allait dans le même sens, dénonçant :

Tandis que le pays traverse une crise profonde et pénible, dans les labyrinthes de son palais, le tsar russe attend la révélation d'un occultiste international qu'on lui a fourré entre les pattes. Quant à la Cour, elle est également opposée au « charlatan français » !

L'indignation fut telle que Philippe ne put effectuer de nouveaux séjours à Saint-Pétersbourg.

De son vrai nom, l'homme s'appelait Nizier Anthelme. Originaire de Lyon, il se revendiquait voyant et guérisseur. Il prétendait communiquer avec les morts et vivre à la frontière des deux mondes. Le grand-duc Constantin Constantinovitch le décrivit ainsi dans son Journal :

Un homme d'une cinquantaine d'années, petit, aux cheveux et à la moustache noirs, avec un effroyable accent du sud de la France. Il parlait de l'effondrement de la religion en France et plus généralement en Occident... Quand nous nous sommes séparés, il a voulu nie baiser la main, et j'ai eu bien du mal à la lui arracher.

Philippe perçut immédiatement la peur qui habitait l'âme de la tsarine Alexandra. En observateur avisé, l'éminent poète de l'époque, Volochine, expliquait ainsi le « grand et compliqué mystère de la tsarine » :

Elle appartenait à une famille luthérienne passionnément religieuse et honnête. En se convertissant à l'orthodoxie, Alexandra avait assimilé d'un coup toutes les traditions de la Russie éternelle, des fols en Christ aux prophètes, des vieux sages aux premiers martyrs de l'Église orthodoxe. Cette conversion fut d'abord un véritable choc, mais sa foi en sortit renforcée.

Ayant jaugé sa ferveur religieuse, Philippe s'arrangea pour marier habilement magie et Saintes Écritures. Pour Alexandra, il apparut d'emblée comme un homme de Dieu envoyé pour venir en aide à la dynastie. Il sut aussi satisfaire sa soif de surnaturel, n'hésitant pas à recourir aux recettes des grands voyageurs partis à la découverte de la Russie insolite au XVIIIe siècle, comme Casanova ou Cagliostro.

Le tsar, gagné par la foi passionnée de son épouse, finit par partager son exaltation. La Cour observait, moqueuse, le mage parisien, consciente qu'il n'était qu'un jouet entre les mains des groupes rivaux de l'entourage du tsar. Et tandis qu'un autre témoin, Polovtsev, membre honoraire du Conseil d'État, consignait dans son Journal : « Philippe a promis à la tsarine qu'elle aurait un garçon et non une fille », le ventre d'Alexandra prenait des rondeurs prometteuses... Hélas, il s'agissait d'une grossesse nerveuse ». Mais cela n'ébranla pas pour autant la confiance du couple.

La société grondait et les rumeurs les plus folles circulaient. Ainsi, le prince Ioussoupov (le père du futur assassin de Raspoutine) racontait que, se promenant au bord de la mer lors d'un séjour en Crimée, il avait rencontré la grande-duchesse Militsa de Monténégro, qui n'avait pas répondu à son salut. Elle se trouvait en compagnie d'un homme. La croisant de nouveau le lendemain, seule cette fois-ci, il demanda à la jeune femme pourquoi elle l'avait ignoré ainsi la veille. « Mais vous ne pouviez pas me voir, lui aurait-elle répondu, puisque j'étais avec le Dr Philippe ! Lorsqu'il porte son chapeau, il est invisible ainsi que les gens qui se trouvent avec lui. »

Tel était le genre d'histoires colportées par la Cour, quand il ne s'agissait pas de grasses plaisanteries : Philippe dormait dans la chambre du couple impérial, où « il faisait de la sorcellerie, afin que la tsarine donne naissance à un héritier »... Jusqu'à sa mort en 1905, le mage français entretint une correspondance assidue avec celle qui, dans ses lettres, l'appelait « cher ami ». Alexandra évoquait d'ailleurs le Dr Philippe en des termes analogues à ceux qu'elle emploierait plus tard pour Raspoutine : « Comme la vie est riche depuis que nous le connaissons, et tout semble plus facile... »

Perturbé, le grand-duc Constantin remarqua qu'après leurs rencontres avec le Dr Philippe, le tsar et Alexandra se trouvaient « dans un état d'exaltation, comme en extase, le visage rayonnant et les yeux brillants »...


Fils de Papus et filleul de Philippe de Lyon, le docteur Philippe Encausse, grand maître de l'ordre martiniste, est l'auteur du livre Le maître Philippe de Lyon. Thaumaturge et homme de Dieu.

 

Tuesday, April 23, 2013

La conscience Une



Le dernier roi socialiste Flamby 1er, prétendue marionnette de néo-illuminés, la sexualité débridée des moines bouddhistes (Shingon), le nouvel ordre mondial et tout le reste, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, ne seraient qu'un jeu (Lîlâ) de l'esprit naturel, les « ornements » du non-mental. Selon des philosophies non-dualistes orientales, Lîlâ est une façon de décrire toute la réalité, y compris le cosmos, comme le résultat du jeu créatif de Brahma.

Autrement dit, dans notre vie quotidienne et indépendamment des écoles philosophiques :

« La conscience une manifeste des milliards de corps mentaux qui se présentent sous les formes d'individualités, apparemment autonomes, avant pour mode d'emploi la recherche du plaisir et l'évitement de la souffrance.

C'est le moteur basique qui agite les humains dans le grand théâtre de la vie, avec comme inconvénient majeur que le simple fait d'exister les place en situation d'entrer automatiquement en conflit avec ses semblables.

Krishnamurti a décrit d'une façon géniale les turpitudes du mammifère humain qui cultive ses divisions à l'aide d'opinions, d'idéologies contradictoires, de conceptions fragmentées qui font de la planète un lieu où les factions discordantes en arrivent à s'entretuer pour des idées.

Beau, laid, positif, négatif, bien, mal, heureux, malheureux, sujet, objet, attraction, répulsion, plaisant, déplaisant, moi et l'autre, etc, etc... représentent les facteurs qui donnent l'impression d'un agir personnel où chacun détient la vérité.

Lorsqu'est adopté et confondu avec soi-même la croyance d'être séparé, ce qui est le cas de la majorité, un pseudo centre se construit et ne peut agir qu'en fonction de conditionnement qu'il prend pour lui-même.

Une fois encastré dans le psychisme, la gamme des scénarios dualistes, le primate humanoïde va répéter encore et encore les mêmes caractéristiques et comportements, aussi bien les assassinats collectifs que les actions compassionnelles.

Par contre, la dualité peut devenir la voie royale qui est tant cherchée à l'extérieur.

Quels que soient les phénomènes qui se produisent en soi, négatifs ou positifs, lorsqu'ils sont vus sans commentaires, nous restons au milieu des extrêmes et nous n'adhérons plus à aucun, fulgurant aperçu d'une liberté inconcevable.

Mais alors, pourrait-on dire, si les conditionnements ne sont plus utilisés pour répondre aux provocations de la vie, comment vais-je pouvoir les gérer ?

Laisser la vie être sera la réponse, une action se fera ou ne se fera pas, mais cela jaillira d'une tranquillité impersonnelle en phase avec la situation ; il n'y a donc rien à gérer ni personne pour le faire.

Un nouveau fonctionnement se met en place, la pensée abstraite, grande productrice d'analyses erronées des situations, s'affaiblit de plus en plus, laissant la place à des actions pragmatiques et fonctionnelles.

Il ne faudrait pas croire qu'un être ayant reconnu l'état naturel soit épargné par la survenue de ses programmes dualistes ingérés depuis l'enfance ; ceux-ci surgissent sans demander la permission, très incrustés dans le psychisme.

La seule différence est que l'être lucide en est le témoin non-impliqué alors que l'individu encore identifié croit être ce qu'il vit et ressent, piège maléfique qui condamne l'espèce à reproduire sans fin les mêmes turpitudes, aussi inappropriées, désuètes et décalées soient-elles. »

Henry Damay

Dans son livre L'empreinte de Krishnamurti, Henry Damay, jette « un regard sur les répercussions, dans le temps et l'espace, qui ont pu se produire chez un fervent admirateur inconditionnel, en son temps, de cette nouvelle et puissante forme de pensée, émanant du personnage (de Krishnamurti) ».

« Il s'agit, dit Henry Damay, du cheminement d'un disciple de ce maître, bien que ce dernier réfutât ce terme, qui a fait l'objet de ce livre, dont les modalités d'exploration pourront surprendre. »


« Krishnamurti est un éveilleur de conscience. Mais de quelle conscience s’agit-il ?

En apparence, il y avait un orateur et des auditeurs mais s’il est vu que la source de vie est tout ce qui est, cela implique qu’il n’y a ni auditeurs ni orateur mais la conscience une qui joue avec elle-même.

La conscience mémoire va-t-elle vouloir appliquer les puissants concepts de Krishnamurti ou les paroles vont-elles couler en soi-même dans une écoute où il n’y a pas besoin de réfléchir pour comprendre.

Le paradoxe de celui qui cherche l’illumination, c’est d’être confronté à une mission impossible du fait que c’est le chercheur lui-même qui est amené à se dissoudre dans le non savoir de la source silencieuse.

Si cela est vu, ce dernier peut goûter le nectar d’être libéré du connu, la compréhension de surface et l’accumulation de connaissances n’ayant plus aucun intérêt. »


L'empreinte de Krishnamurti
Les mystères de la transmission








Monday, April 22, 2013

Homosexualité & bouddhisme japonais




Un autel du bouddhisme Singhon (bouddhisme tantrique japonais) expliqué en langue des signes (une langue d'actualité depuis que des opposants à la loi mariage pour tous font renaître le préjugé judéo-chrétien : l'homosexualité est une maladie et la masturbation rend sourd). 


Une tradition attribue l'introduction de l'homosexualité au Japon à Kûkai (alias Kôbô Daishi), le fondateur de la secte Shingon : "Depuis l'époque de l'empereur Kammu, lorsque Kôbô Daishi revint de Chine, l'amour des hommes a fleuri. Dans les monastères de Kyôto, les "Cinq Montagnes" de Kamakura, les quatre grands temples de Washû et Kôshû [Yamato et Edo], et dans tous les temples de la capitale, la Voie des éphèbes s'est répandue. Par la suite, non seulement les bouddhistes, mais aussi les nobles, les guerriers, et tous, sans distinction de rang ou de richesse, sont devenus intimes avec elle."

Selon une variante, l'homosexualité fut révélée par le Bodhisattva Mañjusrî en Inde et par Kûkai au Japon. Une autre tradition fait remonter ses origines jusqu'au temps mythologiques, avec la légende des deux divinités Otake no mikoto et Amano no mikoto, décrits comme des « amis très intimes » — si intimes qu'ils furent enterrés ensemble.

Il faut souligner l'importance de la légende de Kôbô Daishi, car c'est à travers elle que les missionnaires jésuites découvrirent l'homosexualité bouddhique japonaise. Dans une lettre datée du 20 février 1565, le père Louis Frois écrit : « Dans un lieu appelé Kôya, il y a de nombreux cloîtres de bonzes. On appelle leur fondateur Kôbô Daishi. A en juger par ce que celui-ci a fait, ce bonze n'était pas homme mais plutôt diable. » De même Villela, dans une lettre datée du 18 août 1561, note : « Les gens sont terriblement trompés par un bonze appelé Kôbô Daishi. Je trouve, d'après ce qu'on m'a appris, qu'il était tout à fait le diable incarné. Il a inventé, et enseigne au peuple, de nombreux péchés ». Comme le montre Schalow, cette légende fut utilisée au XVIIe siècle pour affirmer les relations homosexuelles entre hommes et garçons, tant dans les monastères que dans le monde séculier des guerriers et des marchands. Une des premières mentions de cette légende se trouve dans un poème du maître Zen Ikkyû : « Monju, le saint, fut le premier à ouvrir cette voie ; Kôbô du Kongô [buji] ensuite la fit revivre. Sans mâle et femelle, ses plaisirs sont comme un cercle sans fin ; les hommes crient de plaisir lorsqu'ils atteignent l'entrée. » 

Schalow décrit trois ouvrages du XVIIe siècle en relation avec cette légende : le Livre de Kôbô Daishi, apocryphe dont l'un des premiers manuscrits date de 1598 ; Les azalées de roche de Kitamura Kigin (1624-1705) ; et Le grand miroir de l'amour mâle de Saikaku. Le Livre de Kôbô Daishi est divisé en trois parties, dont la première élucide dix signes de la main qui permettent aux acolytes d'exprimer leurs sentiments aux prêtres ; la seconde fournit à ceux-ci les indices permettant de déchiffrer les émotions de leurs jeunes amants ; la troisième décrit les positions de l'acte homosexuel, en s'inspirant des postures de méditation tantrique. On apprend ainsi que, dans la première méthode dite de « l'envol de l'alouette », « le cul se soulève comme une alouette s'élevant dans le ciel », ce qui rend la pénétration aisée. Par contre, d'autres méthodes comme « insertion sèche » sont réputées douloureuses. Le reste est du même venant. En conclusion, l'auteur attribue ces enseignements à Kûkai lui-même, et donne quelques conseils de physiognomonie pour évaluer les qualités amoureuses des jeunes garçons.

Dans Les azalées de roche, Kitamura déclare : « Prendre plaisir dans une belle femme a été dans le cœur des hommes depuis l'âge des dieux mâles et femelles, mais prendre plaisir à la beauté d'un autre homme va contre la nature. Néanmoins, comme les rapports entre sexes avaient été interdits par le Bouddha, les prêtres de la Loi — n'étant ni de pierre ni de bois — ne trouvèrent d'autre exutoire à leurs sentiments que de pratiquer l'amour des garçons. Tout comme les eaux qui plongent et s'écoulent au-dessus de la passe de Tsukibane forment les bassins profonds de la rivière Mino, de même cette forme d'amour s'est avérée plus profonde que l'amour entre hommes et femmes ».

Pour Kitamura, l'homosexualité masculine n'est donc à l'origine qu'un pis-aller, une manière de tourner l'interdit bouddhique contre les rapports hétérosexuels. Néanmoins, ce « dangereux supplément » se révèle plus durable et profond que l'original.

Pour Saikaku, par contre, l'homosexualité masculine est la réalité fondamentale. Parmi les quarante histoires qui constituent son recueil et qui traitent le plus souvent des amours des guerriers et des marchands, certaines ont trait à des prêtres et moines bouddhiques — et l'on voit que ce sont leurs tendances homosexuelles qui poussèrent nombre d'entre eux à entrer dans les ordres — et non l'inverse. Si « Kôbô Daishi ne prêcha pas les profonds plaisirs de l'amour des garçons en dehors des monastères », suggère ironiquement Saikaku, « c'est parce qu'il craignait l'extinction de l'humanité » et qu'il « prévoyait sans doute la popularité de l'amour des garçons durant cette période finale de la Loi ».

En tout état de cause, il est indéniable que l'amour homosexuel était étroitement associé dans l'esprit des japonais de l'époque Edo avec le bouddhisme ésotérique et, dans une moindre mesure, avec le Zen. Il faudra un jour reconsidérer sous cet angle l'esthétisme Zen.

L'homosexualité était apparemment perçue comme une caractéristique du bouddhisme, si l'on en croit un texte intitulé Yakeiyu shamisen [1628] selon lequel « L'amour entre femmes est le mystère de la Voie des Kami, l'amour entre hommes, le mystère de la Loi du Bouddha.

Selon un autre dicton, le Bodhisattva Jizô préfère « amour des femmes (nyoshoku) », le Bouddha Yakushi l'« amour des hommes (nanshoku) ». Notons au passage que la terminologie reflète une vision typicalement mâle puisque nanshoku renvoie clairement à l'« amour entre hommes », tandis que nyoshoku semble indiquer l'attraction de l'homme pour la femme plutôt que le lesbianisme. Quoi qu'il en soit, le principal patron des homosexuels bouddhistes n'est pas le Bouddha de la médecine Yakushi, mais le Bodhisattva Mañjusrî (en raison apparemment d'un jeu de mots sur la prononciation japonaise de son nom, Mañjusrî, shiri signifiant « les fesses »). Dans un roman de Saikaku, l'héroïne dit à Mañjusrî : « Sans doute pouvez-vous, Seigneur Monju, comprendre l'amour entre les hommes, mais pour ce qui est de la passion féminine, vous n'en avez pas la moindre idée ».

Une autre histoire, rapportée dans le Konnan shigusa de Hiraga Gennai, explique comment le roi Yama, l'un des roi infernaux, avait décidé d'interdire l'homosexualité lorsqu'un autre roi, le « Roi Tournant la Roue », la défendit en déclarant qu'elle était moins néfaste que l'hétérosexualité.

La plupart des auteurs semblent s'accorder sur le fait que l'homosexualité mâle était relativement bien acceptée dans la société japonaise et constituait l'un des traits caractéristiques de la vie monastique. Elle était perçue comme une sorte de compensation pour la prohibition des femmes dans les monastères, prohibition particulièrement stricte sous les Tokugawa. Dans l'« Histoire de Gengobei », Saikaku fait dire à son héros : « Lorsque je me fis moine..., je fis le vœu au Bouddha de renoncer entièrement à l'amour des femmes ; mais, à cette occasion, je m'excusai auprès de tous les Bouddhas en les priant de me permettre ce qu'en mon cœur je ne pouvais abandonner, ma passion pour les beaux garçons qui portent les cheveux sur le devant de la tête. Si bien que personne ne peut aujourd'hui m'en faire grief ». Toutefois, lorsque le jeune novice auquel s'adressait Gengobei se révèle être son ancienne amante, il transcende bien vite la « différence entre l'envers et l'endroit », « la volupté avec les hommes et celle que donnent les femmes. » Et Saikaku de conclure : « Tout bien considéré, il était tombé dans un piège dont le trou n'avait rien de détestable. Le Maître Çakya [Shâkyamuni] lui-même y laisserait volontiers prendre l'un de ses pieds ».

Bernard Faure   

Sunday, April 21, 2013

Des francs-maçons préparent-ils un Mai 2013 ?


Appel à la révolution d'un tribun franc-maçon.

Les Français sont exaspérés par le reniement des promesses électorales, l'incapacité des socialistes à lutter contre le chômage, la nomination au poste de ministre d'un franc-maçon corrompu (Cahuzac), la loi sur le mariage pour tous adoptée sans consultation nationale...

Selon le sondage IFOP du 21 avril 2013, les socialistes obtiennent le record absolu d'impopularité sous la Ve République. A peine 25% des Français leur font confiance pour améliorer la situation du pays. Le gouvernement de François Hollande ne semble doué que pour une chose : provoquer l'explosion populaire et la révolution.

François Hollande est entouré de francs-maçons. Or, durant la Révolution française de 1789, une partie de la franc-maçonnerie était réceptive aux idées d'Adam Weishaupt, le fondateur des Illuminés de Bavière.

L'histoire des illuminés, l'un des épisodes les plus sombres de l'histoire secrète, a terni la réputation des sociétés secrètes. En 1776, un professeur de droit bavarois, Adam Weishaupt, fonda une organisation appelée les illuminés (Illuminati), qui recrutait ses adeptes parmi les étudiants.

De même que les jésuites, la confrérie des illuminés était gérée de façon militaire. Ses membres devaient abandonner tout jugement individuel et toute volonté. Comme les anciennes sociétés secrètes, les illuminés promettaient de révéler une sagesse ancienne. Weishaupt promettait à ses initiés qu'à mesure qu'ils s'élèveraient dans l'initiation, ils auraient accès aux secrets les plus importants et les plus puissants. Les initiés travaillaient en petites cellules et la connaissance était partagée entre ces cellules sur la base de ce que les services de sécurité modernes appellent le « principe de l'accès sélectif aux informations » — tant cette connaissance redécouverte était dangereuse.

Weishaupt rejoignit les francs-maçons en 1777 et, peu après, de nombreux illuminés le suivirent, en infiltrant les loges. Ils s'élevèrent rapidement aux plus hauts échelons.

Mais un jour de 1785, un homme appelé Jacob Lanz, qui se rendait en Silésie, mourut frappé par la foudre. Lorsqu'on l'étendit sur le sol de la chapelle la plus proche, les autorités bavaroises découvrirent sur lui des papiers qui révélaient les plans secrets des illuminés. D'après ces documents, dont certains écrits de la main même de Weishaupt, ainsi que d'autres saisis lors de perquisitions dans tout le pays, on put dresser un tableau de ce qui était en train de se passer.

Ces papiers révélaient que la sagesse ancienne et les pouvoirs secrets surnaturels promulgués au sein de la confrérie des illuminés avaient toujours été une frauduleuse et cynique invention : l'aspirant progressait grade par grade pour enfin découvrir que les éléments spirituels des enseignements n'étaient qu'un écran de fumée. La spiritualité était tournée en dérision, bafouée ; on y disait que les enseignements de Jésus-Christ avaient surtout un contenu politique, qu'ils appelaient à l'abolition de la propriété, du mariage, de tous les liens familiaux et de toute religion. Le but de Weishaupt et de ses acolytes était de mettre en place une société gérée sur des bases purement matérialistes, une nouvelle société révolutionnaire — et ils avaient décidé que le pays où ils allaient tester leurs théories serait la France.

À la fin de l'initiation, on soufflait dans l'oreille du candidat que le secret ultime est qu'il n'y a pas de secret.

C'est ainsi qu'il était introduit à une philosophie nihiliste et anarchiste qui faisait appel à ses pires instincts. Weishaupt prévoyait avec joie la destruction de la civilisation, non pas pour libérer les gens, mais pour le plaisir d'imposer sa volonté aux autres.

Ses écrits montrent l'étendue de son cynisme : « [...] notre force réside en grande partie dans la dissimulation. Pour cela, nous devons nous couvrir sous le nom d'une autre société, les loges franc-maçonniques sont le meilleur manteau pour dissimuler notre objectif supérieur ».

« Cherchez la compagnie des jeunes gens », conseillait-il à un de ses conspirateurs. « Observez-les et, si l'un d'eux vous plaît, mettez-lui la main dessus. »

« Comprenez-vous vraiment ce que veut dire diriger — diriger une société secrète ? Non seulement régner sur le peuple dans son ensemble, mais sur les hommes les meilleurs, des hommes de toutes les races, nations ou religions, de régner sans force visible... le but final de notre société n'est autre que de prendre le pouvoir et les richesses... et d'avoir la maîtrise du monde. »

Suite à la découverte de ces écrits, l'ordre fut dissous — mais il était trop tard.

En 1789, il y avait près de trois cents loges en France, dont soixante-cinq à Paris. D'après les francs-maçons français d'aujourd'hui, il y avait plus de soixante-dix mille francs-maçons en France. Le but d'origine avait été d'imprégner les gens de l'espoir et de la volonté de changement, mais l'infiltration massive des loges laisse penser que le programme qui fut mis en place par l'Assemblée en 1789 avait été conçu par des illuminés allemands en 1776. Danton, Desmoulins, Mirabeau, Marat, Robespierre, Guillotin et d'autres « meneurs » avaient été « illuminés ».

Le roi tarda à accepter les réformes et Desmoulins appela à la révolte armée. En juin 1789, Louis XVI tenta de dissoudre l'Assemblée et rappela ses troupes à Versailles. S'ensuivit une désertion massive. Le 14 juillet, une foule en colère prit la Bastille et Louis XVI fut guillotiné en janvier 1793. Quand il voulut parler à la foule, un roulement de tambour l'interrompit. On l'entendit dire : « Je meurs innocent des crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez verser ne retombera pas sur la France. » Qu'un tel acte puisse arriver au cœur de la nation la plus civilisée du monde ouvrit la porte à l'impensable. […]

Dans l'anarchie qui succéda à cette exécution, la France se trouva menacée de l'intérieur comme de l'extérieur. Les maîtres des loges franc-maçonniques prirent le pouvoir. Bientôt, nombreux furent accusés d'être des traîtres à la Révolution et ainsi commença la Terreur.

Les estimations sur le nombre d'exécutions diffèrent. La force directrice de cet événement, l'homme le plus austère et le plus incorruptible, était l'avocat Maximilien de Robespierre. En tant que chef du Comité de salut public et en charge de la police, il envoyait à la guillotine des centaines de personnes par jour et le nombre total d'exécutions finit par s'élever à 2 750. De ce nombre, seulement 650 étaient des aristocrates, le restant n'étant que de simples travailleurs. Robespierre finit même par exécuter Danton. Saturne dévorait ses propres enfants.

Comment tout cela fut-il possible ? Comment des hommes si éclairés pouvaient-ils justifier un tel bain de sang ? Dans une philosophie idéaliste, la fin ne justifie jamais les moyens, car [...] les intentions affectent le résultat, aussi dissimulées soient-elles. Robespierre répandit le sang par devoir sinistre, pour protéger les droits des citoyens et leurs propriétés. D'un point de vue rationnel, il agit de la sorte pour le bien commun. Cependant, ce désir d'être pleinement raisonnable semble l'avoir rendu fou.

Le 8 juillet 1794, une curieuse cérémonie eut lieu devant le Louvre, aux Tuileries. Les membres de la Convention étaient tous assis dans un grand amphi-théâtre improvisé et chacun tenait un épi de blé à la main, symbolisant la déesse Isis. En face d'eux se tenait Robespierre, sur une estrade, enveloppé d'un manteau bleu, les cheveux poudrés. Il dit : « L'univers est ici rassemblé, Ô Nature, que ta puissance est sublime et délicieuse ! Comme les tyrans doivent pâlir à l'idée de cette fête ! » Puis il en appela à l'Être suprême et se lança dans un discours qui dura plusieurs heures et se termina par : « Demain, reprenant nos travaux, nous combattrons encore les vices et les tyrans. »

Les membres de la Convention qui espéraient le début d'une ère d'apaisement durent être extrêmement déçus.

Il s'approcha d'un bûcher auquel il mit le feu, révélant ainsi la statue de la Sagesse, au visage noirci par la fumée, ce qui fit rire la foule. Le décor avait été conçu par le franc-maçon illuminé Jean-Jacques David, qui voulait que la statue de la déesse Sophie semble émerger des flammes, tel un Phénix.

Le poète Gérard de Nerval affirma par la suite que Sophie représentait Isis. Cependant, l'esprit souverain à l'époque n'était pas Isis, qui cache, derrière ses voiles, le monde des esprits ; ni celui de Mère Nature, la douce déesse nourricière de la dimension végétale du cosmos. C'était plutôt celui de la Mère Nature rouge sang, armée de griffes et de dents.

Afin de compromettre le chef sanguinaire, Marc Guillaume Alexis Vadier dénonça la vieille prophétesse Catherine Théot devant l'Assemblée : cette dernière était à la solde de l'aspirant dictateur depuis qu'il avait institué le culte de l'Être suprême. L’écœurement que provoquait ce bain de sang perpétuel était arrivé à son maximum et la foule fit le siège de l'Hôtel de Ville. Robespierre était enfin cerné. Il tenta de se tirer dessus, mais ne réussit qu'à déchiqueter la moitié de sa mâchoire. Quand il se rendit à la guillotine, toujours habillé de son costume bleu, il voulut s'adresser à la foule, mais ne réussit à émettre qu'un cri étranglé.

Jonathan Black