Wednesday, February 13, 2013

L'abdication de Benoît XVI & la religion mondiale




Le départ de Benoît XVI pourrait favoriser l'instauration d'une nouvelle religion magique mondiale synthèse des diverses religions préexistantes.


« Francesco Brunnelli, Grand maître de l’Ordre Martiniste et du Rite de Memphis-Misraïm, dans son livre “ Principes et méthodes de maçonnerie opérationnelle ” écrivait : “ L’initiation prêche et enseigne : mort à la raison. C’est seulement quand la raison sera morte, qu’alors naîtra l’homme nouveau de l’Etre à venir, le véritable initié. C’est alors seulement que les murailles des temples pourront s’écrouler (et donc toutes les religions s’unifier, n.d.r) parce que l’aube d’une nouvelle humanité aura pointé à l’Orient ” (Francesco Brunnelli “ Principi e metodi di massoneria operativa ”, Bastogi, Ed. 1982, pp. 60-66). De cette nouvelle religion magique mondiale, unifiée et unifiante, synthèse des diverses religions préexistantes, découlera — Brunnelli l’affirme — un nouvel ordre où, les disputes religieuses ayant cessé, tous les peuples pourront se fondre ensemble, sous un gouvernement mondial. 


L’ère à venir ne serait pas du tout une ère de liberté, mais plutôt d’esclavage universel, parce que tout le pouvoir sur une masse asservie reviendra à ceux que Pike, dans l’« instruction » luciférienne du 14 juillet 1889 appelle « Rois Théurgistes Optimates », à savoir les mages. Ceux-ci, se considérant comme les véritables dieux et seigneurs des mystères (“ la maçonnerie — écrit Pike — s’identifie avec les anciens mystères ” A. Pike, op. cit., vol. 1, p. 88), détenteurs du savoir ésotérique, transformeraient à leur gré le concept de bien et de mal, de juste et d’injuste et, puisque tout est permis aux dieux, ils agiraient en maîtres absolus d’une foule abrutie, étrangère aux “ grands mystères ”. 

Ce nouvel âge tant attendu, le nouvel ordo saeculorum du Gouvernement mondial n’est autre, à la lumière de la kabbale, que l’époque messianique rêvée par les juifs, l’époque dans laquelle Israël “ héritera du monde d’un bout à l’autre ” (A. Cohen, “ Il Talmud ”, p. 420) et où les autres royaumes de la terre lui seront asservis. 

Soulignons que les doctrines cabalistico-maçonniques, qui nient la logique et le principe de non-contradiction, sont exactement le contraire des doctrines chrétiennes. Jésus, en fait, déjà peu après sa naissance, fut présenté aux siècles à venir par le vieillard Siméon comme un “ signe de contradiction ” (Lc ii, 34). Qui nie cette logique, nie Jésus. Ce n’est pas pour rien qu’Albert Pike écrit dans son commentaire fameux que les mystères maçonniques sont l’ “ exact contraire du dogme catholique ” (Albert Pike, vol. 6 p. 154). 

La maçonnerie enseigne, en fait, que “ n’importe quel Dieu qui damne est un démon ” parce que “ l’idée de Dieu rémunérateur de l’ordre moral librement violé serait une croyance immorale ou, pour le dire plus logiquement, c’est l’immoralité même ” . Nous nous trouvons, donc, en conformité avec l’enseignement panthéiste et maçonnique, au-delà du bien et du mal, et donc avec la devise du satanisme militant “ Fais ce que tu veux ”. 

Et donc, de même qu’il n’y a pas de distinction entre le bien et le mal, ainsi il n’y a pas non plus de distinction entre le vrai et le faux ». 

« Si tout est Dieu, tout est vrai, il ne peut plus y avoir de distinction entre vrai et faux, et donc, par conséquent, puisque le bien est la pratique du vrai et le mal la pratique de l’erreur, entre le bien et le mal. C’est le principe fondamental magique de la “ coincidentia oppositorum ” ». On comprend dès lors, qu’une fois admis l’abandon de toute distinction entre le mal et le bien par le Concile, puis par le Vatican, « on ait abouti à la bénédiction des “ droits de l’homme ” » (Docteur Carlo Alberto Agnoli, op. cit.). 

Anonyme, "L'Eglise éclipsée".





Télécharger gratuitement "L'Eglise éclipsée" :
http://proposition.hautetfort.com/files/eglise.pdf

Tuesday, February 05, 2013

Un supremus magister buddhistarum tibetanorum au Vatican





Reçu au Vatican en 2007 par le pape Benoît XVI, le chef spirituel du bouddhisme tibétain n'était plus le « Dalaï-lama », son titre fut transformé en « Supremus magister buddhistarum tibetanorum ».

« Pour Monseigneur Egger, lexicologue à Rome, le latin n'est pas une langue morte, puisque c'est la langue officielle du Vatican ; et quand un cardinal colombien rencontre un cardinal chinois, qu'est-ce qu'ils se racontent ? Des histoires de cardinaux (mais en latin !). C'est pourquoi il a concocté un dictionnaire de latin moderne », explique Jean-Loup Chiflet.

Extraits :

Bidet : Ovata pelve

Cache-sexe : Parvum subligaculum

CD : Orbis lasericus

Dalaï-lama : Supremus magister buddhistarum tibetanorum

Décaféiné ) Cafeinum ablatum

Dollar : Nummus americanus

Jazz : Nigritorum musica

Mac Donald's : Filius Donaldi

Nymphomane : Virosa mulier

Photocopieur : Polygraphio editus

Porte-clés : Clavicularium

Préservatif : Tegumembra

Répondeur : Capedictum

Rock'n'roll : Nuta et volve saltationis

Scooter : Biroluta motoria

Télévision : Vetravisio

Western : Fabula americanae occidentalis

(Mgr Carlo Egger, 1992.) 


D'après l'extrait ci-dessus (probablement des termes les plus utilisés par les religieux) on peut comprendre ceci :

Quand un membre de l’épiscopat est agacé par les ricanements du Supremus magister buddhistarum tibetanorum (Dalaï-lama), au lieu de regarder la vetravisio (télévision) du Vatican, il prend sa Biroluta motoria (scooter) pour aller dans un cinéma où l'on projette une fabula americanae occidentalis (western), ou bien, il se rend au Filius Donaldi (Mac Donald's) pour y consommer un cafeinum ablatum (décaféiné) en attendant une virosa mulier (nymphomane). Ensuite, prétextant sa collection d'orbis lasericus (CD) de nigritorum musica (jazz) et de nuta et volve saltationis (Rock'n'roll), la femme l'invite dans son appartement. La belle n'a pas de parvum subligaculum (cache-sexe) 
ni de tegumembra (préservatif) mais elle dispose d'un ovata pelve (bidet). Plus tard, l'ecclésiastique recevra une lettre anonyme, reproduite avec un polygraphio editus (photocopieur), lui réclamant un paquet de nummus americanus (dollars)...



Monday, February 04, 2013

Du plaisir de la bestialité



Retrouvé dans les archives André Breton, un texte nous renseigne sur la diversité des attitudes des membres du groupe surréaliste quant aux problèmes sexuels. Attitudes qui feront peut-être naître de nouvelles revendications et divertiront les jean-foutres du parlement.

6 mai 1928, 7ème séance.

Participants : Jean Baldensperger, Jacques Boiffard, André Breton, Jean Canpenne, Marcel Duhamel, Marcel Noll, Jacques Prévert, Georges Sadoul, Pierre Unik et Y. (non identifié).

 
ANDRÉ BRETON : —  NOUS avons discuté très brièvement au cours d'une séance précédente sur la question de la bestialité. Toutes les personnes présentes s'y sont déclarées hostiles, ont affirmé qu'elles n'avaient jamais manifesté aucun penchant de ce genre et qu'il n'y avait pas lieu d'insister.

JEAN BALDENSPERGER : — Je trouve au contraire qu'il y a lieu d'insister, parce que cela est à l'origine de la jouissance chez moi. J'avais une ânesse qui vit toujours avec laquelle pendant un an j'ai eu des rapports très étroits.

JACQUES PRÉVERT : — Quel âge avait-elle ?

JEAN BALDENSPERGER : — 2 ans.

JACQUES PRÉVERT : — Et vous ?

JEAN BALDENSPERGER : — 14.

ANDRÉ BRETON : — Voulez-vous caractériser aussi exactement que possible les rapports en question ?

JEAN BALDENSPERGER : — Ils se passaient à travers une chemise. En général, je l'attelais, puis je l'emmenais dans la forêt, puis j'enlevais la partie du harnachement qui est derrière avec la sensation très nette de déshabiller quelqu'un puis je me livrais à mes petites passions. Je la rattelais et je rentrais chez moi.

JACQUES PRÉVERT : — Quelle était l'attitude de l'ânesse ?

JEAN BALDENSPERGER : — Voilà ce qui devient très intéressant. Les premiers temps elle était toujours disposée, niais plus tard elle ne se laissait faire que lorsqu'elle était en chaleur.

JEAN CAUPENNE : — Quelle position adoptais-tu ? Montais-tu sur une pierre ?

JEAN BALDENSPERGER : — Non, parce qu'elle était assez petite et que j'étais assez grand. Ce n'est qu'après que j'ai découvert qu'on pouvait se branler tout seul.

ANDRÉ BRETON : — Quel genre d'émotion éprouviez-vous à la suite de cet acte ?

JEAN BALDENSPERGER : — Les premiers temps du dégoût, avec la peur qu'on s'en aperçoive chez moi.

ANDRÉ BRETON : — Qu'est-ce qui avait présidé au choix de cet animal plutôt qu'à tout autre ?

JEAN BALDENSPERGER : — C'est lui que je voyais le plus souvent. C'était toujours,le mardi et le samedi avant la classe d'histoire parce que j'étais libre à ces moments-là.

ANDRÉ BRETON : — Que penseriez-vous maintenant de recommencer ?

JEAN BALDENSPERGER : — Cela ne me ferait rien. Mais cela ne me dégoûterait pas.

PIERRE UNIC : — Vous n'avez jamais eu aucune attirance pour d'autres animaux ?

JEAN BALDENSPERGER : — Il y avait une chèvre. Mais c'était très rare. Je ne l'enculais pas. Cette zoophilie est très fréquente à la campagne.

JEAN CAUPENNE : — Il serait curieux de savoir si même des personnes à qui cela déplaît actuellement n'ont jamais eu des rapports avec les animaux.

MARCEL DUHAMEL : — Le seul plaisir que j'aie jamais éprouvé avec des animaux, c'est avec des petits chiens, en me faisant mordiller la main. Cela n'allait pas jusqu'à la jouissance.


Collectif, "Recherches sur la sexualité", présenté et annoté par JOSÉ PIERRE, Archives du surréalisme, 4, Éditions Gallimard.




Sunday, February 03, 2013

« Les Hommes me dégoûtent »





Un jour, j'ai trouvé un livre dans la bibliothèque de mon grand-père, un livre de 1939, tout jaune et sentant le vieux papier, un livre dédicacé pour mon grand-père par l'auteur lui-même (André Lorulot). Un livre au titre choc : « Les Hommes me dégoûtent ». En le feuilletant, je vis que chacun y passait, un chapitre pour chaque classe de la société française.

Les prêcheurs de résignation

La religion est une vieille guenille ; elle n’abrite plus guère que l’émoi des éternels déficients, le radotage des crétins irrémédiables, ou le calcul roublard des charlatans hideux, des tyrans durs et froids, des imposteurs répugnants. Ceux-là me dégoûtent, qui enseignent le mensonge, sciemment, volontairement, pour en tirer des subsides, et conserver une situation tranquille, privilégiée même...

« Pour mériter le Paradis, mes frères, il faut accepter la souffrance ici-bas. Patience ! Docilité ! Résignation ! La vie est une rude épreuve. Mais le bon Dieu, au prorata des larmes que vous aurez versées, ne manquera pas de vous récompenser ». Ayant ainsi parlé, l’Imposteur va se mettre à table, en galante et joyeuse compagnie. Vins fins et succulents perdreaux. Fruits savoureux. Ratatouilles raffinées. Liqueurs incendiaires. Pendant que le croyant pleurniche en regardant le ciel. Pendant que les larves d’église égrènent un chapelet illusoire. Pendant que la servitude et la pauvreté courbent les misérables dupes sous la cravache des maîtres enrichis. […]

Quand ils se drapent dans leur soutane et dans les dogmes du Vatican pour effrayer les enfants avec de ridicules légendes, agitant l’Enfer et ses tourments, un Démon qui voudrait être effrayant et un Purgatoire imbécile. […]

Ils me dégoûtent ceux qui, sachant que la religion est fausse, continuent, par intérêt, à l’enseigner. Quand aux croyants sincères, je me contente de les plaindre. Je me ficherai volontiers en colère quand on me rabâche que la religion adoucit les mœurs. La religion, c’est le fanatisme – la chose la plus contraire à l’esprit de fraternité. La religion, c’est l’intolérance, la haine poussée jusqu’à la fureur. Au nom de Dieu, on a fait couler des fleuves de sang. Que de massacres, de croisades, de persécutions ! Et les guerres de religion ? Et l’Inquisition ? La curaille n’aime guère qu’on lui rappelle ces « gloires » féroces de l’Eglise... Et cela continue. Aux Indes, Musulmans et Bouddhistes s’égorgent à toute occasion. En Palestine, les Arabes et les Juifs donnent le spectacle d’une haine enragée [...]

Les andouilles

"Serai-je chrétien, parce que je serai de Londres ou de Madrid ? Serai-je musulman, parce que je serai né en Turquie ? Je ne dois penser que par moi-même et pour moi-même, le choix d’une religion est mon plus grand intérêt. Tu adores un dieu par Mahomet ; et toi par le Grand Lama ; et toi par le Pape. Eh ! malheureux... adore un dieu par ta propre raison. Un homme qui reçoit sa religion, sans examen, ne diffère pas d’un bœuf qu’on attelle." Voltaire

Ce n’est pas un chapitre, c’est un volume entier, et un gros volume, qu’il faudrait écrire, si l’on voulait énumérer les différentes catégories de tourtes et de nouilles qui évoluent sur la planète, pour le plus grand profit des astrologues, évêques, cartomanciennes, sorcières, ratichons et aigrefins de tout acabit.

Il me suffirait d’ouvrir quelques bulletins paroissiaux catholiques pour donner à nos lecteurs un aperçu de la superstition des masses. En plein XXe siècle, il y a encore des dizaines de milliers d’andouilles qui adhèrent et qui cotisent à une foule d’associations guignolesques, pour sauver leur âme, échapper à Satan, tirer leur belle-mère du Purgatoire ou baiser (moralement) la Vierge Marie dans l’éternité du Paradis. […]

Il y a même une Archiconfrérie de Sainte Barbe, pour éviter la mort subite. […]

« Reconnaissance à Sainte Barbe, pour avoir converti M. A., qui ne pratiquait pas ».

« Cinq francs à Sainte Barbe, pour avoir guéri plusieurs personnes et obtenu succès à un examen » […]

C’est un vrai fleuve de pognon que les andouilles superstitieuses font couler dans les poches et dans les panses de ces voraces ensoutanés. […]

« II. – On peut aussi demander de faire brûler des cierges ou des lampes devant les reliques, la statue et l’autel de Sainte Barbe.

« Lampes : un jour, 0 fr. 75 ; - neuf jours, 5 fr. ; un mois, 15 fr.

« Cierges : 1 franc et au-dessus.

« III. – Des médailles de Sainte Barbe, vierge et martyre, frappées spécialement pour les associés, sont vendues :

« Aluminium : 0 fr. 20 l’une ou 2 fr. la douzaine – Argent : 1 fr. 75 l’une ou 13 fr. la douzaine.

« IV. – Petites images en couleurs (très belles), avec prière des Associés au verso, franco : 0 fr. 50 l’une, 5 fr. la douzaine [...] »

Voyez la Sainte Enfance :

« Venez au secours de vos petits frères païens.

« Rachetez un bébé moribond, qui en votre nom sera baptisé (5 francs).

« Rachetez un enfant abandonné (15 francs) qui, grâce à vous, sera baptisé et élevé dans la religion catholique.

« Inscrivez-vous à la Légion de Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus : offrande 52 francs. [...] »

Ah ! ces petits Chinois ! Ce qu’ils ont pu en rapporter des millions au Vatican, avant que celui-ci ne favorise le massacre de la Chine par le Japon, pour embêter les Soviets... […]

« Pour tout versement de 1000 fr., il sera envoyé la reproduction, sur très grand format d’un merveilleux pétale de rose, contenant l’image de la Sainte Face. »

Et dans les Annales de la Sainte Enfance (avril 1938), je lis : « Savez-vous que vous pouvez aider nos missions en nous envoyant les vieux bijoux, pendentifs, médailles d’or, montres, etc., qui sont au fond d’un tiroir ? De ces dons peut dépendre le salut de beaucoup d’âmes ! Envoyez-nous vos vieux bijoux : 44, rue du Cherche-Midi, Paris. » […]

Il faut évidemment maintenir les poires dans la crédulité. Les charlatans s’efforcent, par tous les moyens, de tromper la clientèle. Les religions reposent uniquement sur des fausses reliques, des miracles inventés, des prodiges truqués, des légendes idiotes forgées de toutes pièces. L’ouaille est abêtie systématiquement, plongée dans l’imposture et le mensonge. Un simple exemple : le 28 juin 1938, 250 personnes ont été intoxiquées, à Jauldes (Charente), pour avoir mangé du « pain bénit » le jour de la première communion. Le lendemain, La Croix annonçait froidement que ces personnes avaient été empoisonnées par des gâteaux achetés à des forains, dans une fête locale. Or, ce n’était pas des forains, c’était un pâtissier d’Angoulême qui avait fourni le pain bénit (et non pas des gâteaux) et les badauds avaient avalé cette camelote coliqueuse, non pas sur le champ de foire, mais dans l’église, après la bénédiction du ratichon. […]

L’exemple de La Croix [...] montre que ces messieurs [les journalistes] sont capables de tous les mensonges pour essayer de conserver à la religion son prestige d’autrefois – qui fout le camp de plus en plus. Car enfin, du pain bénit ne devrait pas donner la colique et rendre malade ! […]

Quand une automobile ornée d’un « Saint Christophe » roule dans un ravin, quand une église brûle, [...] n’avons-nous pas la preuve que la protection divine n’est qu’une vaste blague ? La prétraille pratique la plus honteuse des escroqueries en dépouillant des nigauds, auxquels on a eu le soin de bourrer le crâne à fond quand ils étaient tout petits. […]

Le règne du « clinquant » et des cabotins

« C’est avec des hochets que l’on conduit les hommes. C’est avec un élixir de pompeuses fariboles et de breloques symboliques que l’on mène les hommes, comme l’on veut, jusqu’où l’on veut, au bout du monde...Soigner le cérémonial...des uniformes éblouissants, afin de frapper l’imagination de la foule imbécile » Napoléon Ier. […]

Les idoles que vous contemplez ne vous en imposent que par le chiqué, la mise en scène. [...]

Moi je ferme les yeux. Et je me la représente [la vedette] sur son pot de chambre, le lendemain matin. Adieu, ton auréole, ô mon impératrice ! […]

Eblouir les autres ! Mâles ou femelles, ils ne pensent qu’à cela ; ils ne vivent que pour cela. En boucher un coin aux copains et surtout aux copines, avec une robe neuve, un chapeau dernier cri. Quand ils vont visiter des amis, ce n’est pas par amitié, c’est pour les faire bisquer en étalant un manteau « qu’ils n’avaient pas encore vu », des bottines et un sac à main inédits. Et les autres seront obligés d’admirer, ou de faire semblant, la mort dans l’âme. [...] Ils se rattraperont après votre départ, à belles dents, la crâneuse ! […]

Quel plaisir peut-on éprouver à éblouir des imbéciles ? Des esprits superficiels, dont l’opinion ou le jugement n’ont absolument aucune importance et aucune valeur ? C’est au fond pour les dominer, leur faire croire qu’on a du pèze en masse et qu’on ne se refuse rien, se griser d’une supériorité factice – et souvent même inexistante. [...] Vous ne vivez pas pour vous-mêmes, mais pour les autres. […]

Badauds, suiveurs et moutons

Parmi les actions quotidiennes de l’homme combien sont vraiment libres, spontanées, sincères ? Pas beaucoup. On obéit à la routine, à l’habitude, à la mode. [...] La servitude de la mode, jusqu’à présent, pesait surtout sur les femmes. Mais les hommes d’aujourd’hui, les jeunes surtout, se montrent aussi stupides, aussi moutons. Cela tient sans doute à leur médiocrité mentale, au vide désolant de leur cerveau ; à leur manque absolu de personnalité. Nos contemporains sont complètement privés d’originalité : L’humanité ressemble à un grand troupeau. On pense en série. On agit de même. [...]

André Lorulot

Lire la suite :




Le sentiment religieux des foules





Quand on examine de près les convictions des foules, aussi bien aux époques de foi que dans les grands soulèvements politiques, tels que ceux du dernier siècle, on constate, que ces convictions revêtent toujours une forme spéciale, que je ne puis pas mieux déterminer qu'en lui donnant le nom de sentiment religieux.

Ce sentiment a des caractéristiques très simples : adoration d'un être supposé supérieur, crainte de la puissance magique qu'on lui suppose, soumission aveugle à ses commandements, impossibilité de discuter ses dogmes, désir de les répandre, tendance à considérer comme ennemis tous ceux qui ne les admettent pas. Qu'un tel sentiment s'applique à un Dieu invisible, à une idole de pierre ou de bois, à un héros ou à une idée politique, du moment qu'il présente les caractéristiques précédentes il reste toujours d'essence religieuse. Le surnaturel et le miraculeux s'y retrouvent au même degré. Inconsciemment les foules revêtent d'une puissance mystérieuse la formule politique ou le chef victorieux qui pour le moment les fanatise.

On n'est pas religieux seulement quand on adore une divinité, mais quand on met toutes les ressources de l'esprit, toutes les soumissions de la volonté, toutes les ardeurs du fanatisme au service d'une cause ou d'un être qui devient le but et le guide des pensées et des actions.

L'intolérance et le fanatisme constituent l'accompagnement nécessaire d'un sentiment religieux. Ils sont inévitables chez ceux qui croient posséder le secret du bonheur terrestre ou éternel. Ces deux traits se retrouvent chez tous les hommes en groupe lorsqu'une conviction quelconque les soulève. Les Jacobins de la Terreur étaient aussi foncièrement religieux que les catholiques de l'Inquisition, et leur cruelle ardeur dérivait de la même source.

Les convictions des foules revêtent ces caractères de soumission aveugle, d'intolérance farouche, de besoin de propagande violente qui sont inhérents au sentiment religieux ; et c'est pourquoi on peut dire que toutes leurs croyances ont une forme religieuse. Le héros que la foule acclame est véritablement un dieu pour elle. Napoléon le fut pendant quinze ans, et jamais divinité n'eut de plus parfaits adorateurs. Aucune n'envoya plus facilement les hommes à la mort. Les dieux du paganisme et du christianisme n'exercèrent jamais un empire plus absolu sur les âmes qu'ils avaient conquises.

Tous les fondateurs de croyances religieuses ou politiques ne les ont fondées que parce qu'ils ont su imposer aux foules ces sentiments de fanatisme qui font que l'homme trouve son bonheur dans l'adoration et l'obéissance et est prêt à donner sa vie pour son idole. Il en a été ainsi à toutes les époques. Dans son beau livre sur la Gaule romaine, Fustel de Coulanges fait justement remarquer que ce ne fut nullement par la force que se maintint l'Empire romain, mais par l'admiration religieuse qu'il inspirait.

“ Il serait sans exemple dans l'histoire du monde, dit-il avec raison, qu'un régime détesté des populations ait duré cinq siècles... On ne s'expliquerait pas que trente légions de l'Empire eussent pu contraindre cent millions d'hommes à obéir. ” S'ils obéissaient, c'est que l'empereur, qui personnifiait la grandeur romaine, était adoré comme une divinité, du consentement unanime. Dans la moindre bourgade de l'Empire, l'empereur avait ses autels. “ On vit surgir en ce temps-là dans les âmes, d'un bout de l'Empire à l'autre, une religion nouvelle qui eut pour divinités les empereurs eux-mêmes. Quelques années avant l'ère chrétienne, la Gaule entière, représentée par soixante cités, éleva en commun un temple, près de la ville de Lyon, à Auguste... Ses prêtres, élus par la réunion des cités gauloises, étaient les premiers personnages de leur pays... Il est impossible d'attribuer tout cela à la crainte et à la servilité. Des peuples entiers ne sont pas serviles, et ne le sont pas pendant trois siècles. Ce n'étaient pas les courtisans qui adoraient le prince, c'était Rome. Ce n'était pas Rome seulement, c’était la Gaule, c'était l'Espagne, c'était la Grèce et l'Asie. ”

Aujourd'hui la plupart des grands conquérants d'âmes n'ont plus d'autels, mais ils ont des statues ou des images, et le culte qu'on leur rend n'est pas notablement différent de celui qu'on leur rendait jadis. On n'arrive à comprendre un peu la philosophie de l'histoire que quand on est bien pénétré de ce point fondamental de la psychologie des foules. Il faut être dieu pour elles ou ne rien être.

Et il ne faudrait pas croire que ce sont là des superstitions d'un autre âge que la raison a définitivement chassées. Dans sa lutte éternelle contre la raison, le sentiment n'a jamais été vaincu. Les foules ne veulent plus entendre les mots de divinité et de religion, au nom desquelles elles ont été pendant si longtemps asservies mais elles n'ont jamais autant possédé de fétiches que depuis cent ans, et jamais les vieilles divinités ne firent s'élever autant de statues et d'autels. Ceux qui ont étudié dans ces dernières années le mouvement populaire connu sous le nom de boulangisme ont pu voir avec quelle facilité les instincts religieux des foules sont prêts à renaître. Il n'était pas d'auberge de village, qui ne possédât l'image du héros. On lui attribuait la puissance de remédier à toutes les injustices, à tous les maux ; et des milliers d'hommes auraient donné leur vie pour lui. Quelle place n'eût-il pas pris dans l'histoire si son caractère eût été de force à soutenir tant soit peu sa légende !

Aussi est-ce une bien inutile banalité de répéter qu'il faut une religion aux foules, puisque toutes les croyances politiques, divines et sociales ne s'établissent chez elles qu'à la condition de revêtir toujours la forme religieuse, qui les met à l'abri de la discussion. L'athéisme, s'il était possible de le faire accepter aux foules, aurait toute l'ardeur intolérante d'un sentiment religieux, et, dans ses formes extérieures, deviendrait bientôt un culte. L'évolution de la petite secte positiviste nous en fournit une preuve curieuse. Il lui est arrivé bien vite ce qui arriva à ce nihiliste, dont le profond Dostoïevsky nous rapporte l'histoire. Éclairé un jour par les lumières de la raison, il brisa les images des divinités et des saints qui ornaient l'autel d'une chapelle, éteignit les cierges, et, sans perdre un instant, remplaça les images détruites par les ouvrages de quelques philosophes athées, tels que Büchner et Moleschott, puis ralluma pieusement les cierges. L'objet de ses croyances religieuses s'était transformé, mais ses sentiments religieux, peut-on dire vraiment qu'ils avaient changé ?

On ne comprend bien, je le répète encore, certains événements historiques − et ce sont précisément les plus importants − que lorsqu'on s'est rendu compte de cette forme religieuse que finissent toujours par prendre les convictions des foules. Il y a des phénomènes sociaux qu'il faut étudier en psychologue beaucoup plus qu'en naturaliste. Notre grand historien Taine n'a étudié la Révolution qu'en naturaliste, et c'est pourquoi la genèse réelle des événements lui a bien souvent échappé. Il a parfaitement observé les faits, mais, faute d'avoir étudié la psychologie des foules, il n'a pas toujours su remonter aux causes. Les faits l'ayant épouvanté par leur côté sanguinaire, anarchique et féroce, il n'a guère vu dans les héros de la grande épopée qu'une horde de sauvages épileptiques se livrant sans entraves à leurs instincts. Les violences de la Révolution, ses massacres, son besoin de propagande, ses déclarations de guerre à tous les rois, ne s'expliquent bien que si l'on réfléchit qu'elle fut simplement l'établissement d'une nouvelle croyance religieuse dans l'âme des foules. La Réforme, la Saint-Barthélemy, les guerres de Religion, l’Inquisition, la Terreur, sont des phénomènes d'ordre identique, accomplis par des foules animées de ces sentiments religieux qui conduisent nécessairement à extirper sans pitié, par le fer et le feu, tout ce qui s'oppose à l'établissement de la nouvelle croyance. Les méthodes de l'inquisition sont celles de tous les vrais convaincus. Ils ne seraient pas des convaincus s'ils en employaient d'autres.

Les bouleversements analogues à ceux que je viens de citer ne sont possibles que lorsque l'âme des foules les fait surgir. Les plus absolus despotes ne pourraient pas les déchaîner. Quand les historiens nous racontent que la Saint-Barthélemy fut l’œuvre d'un roi, ils montrent qu'ils ignorent la psychologie des foules tout autant que celle des rois. De semblables manifestations ne peuvent sortir que de l'âme des foules. Le pouvoir le plus absolu du monarque le plus despotique ne va guère plus loin que d'en hâter ou d'en retarder un peu, le moment. Ce ne sont pas les rois qui firent ni la Saint-Barthélemy, ni les guerres de religion, pas plus que ce ne fut Robespierre, Danton ou Saint-Just qui firent la Terreur. Derrière de tels événements on retrouve toujours l’âme des foules, et jamais la puissance des rois.

Gustave Le Bon



Télécharger gratuitement « Psychologie des foules » de Gustave Le Bon :




Cliquer sur la vignette pour feuilleter le livre.


Saturday, February 02, 2013

Églises à vendre




Le Christ était pauvre : naissance dans une grotte, formation d'apprenti menuisier et carrière de chômeur-prêcheur itinérant aux propos subversifs qui lui valurent une position cruciale mais fort douloureuse au sommet du Golgotha. 

Plus tard, la puissante Église, appréciée et récompensée par les exploiteurs argentés, renia ce Messie qui disait à l’homme riche : « Va, vends tout ce que tu possèdes, donne le produit de la vente aux pauvres et tu auras un capital au ciel. Puis viens et suis-moi. »

Aujourd'hui, beaucoup de personnes tirent le diable par la queue pour vivre, alors Dieu, l'Église, les liturgies et les sermons, les fables divines font moins recette. Même les grenouilles de bénitier sont résignées, elles ne croient plus qu'un jeune prêtre en soutane viendra les écouter dans la pénombre du confessionnal.

Faute de fidèles, de vocations et de donations, les diocèses et les collectivités doivent vendre une partie de leur patrimoine religieux.

Acheter une église et la transformer en résidence permet à des snobs de faire savoir qu'ils habitent dans la maison de Dieu. C'est donc très chic. Et les personnes qui désirent vivre sous des voûtes gothiques ou romanes auront le choix, 5 à 10% des églises pourraient être vendues, détruites ou abandonnées d’ici à 2030.

« Selon l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR), le pays compte près de 100 000 monuments (en moyenne 2,5 par commune), à 95% catholiques et dont environ 45 000 sont des églises paroissiales. 5 à 10 000 édifices sont menacés dans les 15 prochaines années. Après 6 mois sans utilisation pour le culte une église peut perdre son affectation. Or, les curés de campagne, en charge de dizaines d’églises ne pourront bientôt plus courir de l’une à l’autre.

Les collectivités (propriétaires d’environ 40 000 églises) sont en crise. Quant à l’Église (qui possède les 5000 restantes), elle est dans une situation financière critique. Moins de fidèles, c’est moins de finances. Or, la maçonnerie, la toiture, l’électricité et le chauffage, sont à rénover régulièrement. Sans parler de la restauration des œuvres. »

source :

Friday, February 01, 2013

L’appel de Bruxelles





Le luciférien Jean-Paul Bourre appartient à la mouvance européenne identitaire et néo-païenne de l'extrême droite. « Dès 1965, écrit-il, j’ai fait la connaissance psychédélique du diable, en quelque cinq cents microgrammes d’acide. L’expérience des hallucinogènes - comme le L.S.D. - avait ouvert une brèche dans les vieilles habitudes. On croyait que tout était possible, que l’univers était un bouillonnement de forces, d’énergies, que rien n’existait, en dehors de cette danse incroyable, et que les dieux et les démons nous offraient d’autres voyages, plus haut, plus loin. »


Création de l'internationale luciférienne

« Les temps sont venus de faire une UNION SOLIDE de toutes nos sociétés, il est grand temps que les fils et les filles de l’Hyperborée dressent la flamme des temps nouveaux et du surhomme divin, héritier du Graal et de la couronne boréale. De Samballah, la cité sainte de l’Agartha, arrive ce message Polaire : UNISSEZ-VOUS !… »

Cet appel, explique Jean-Paul Bourre, lancé de Bruxelles en 1975 par l’Ordre vert en vue de préparer l’avènement d’une Internationale Luciférienne, eut des répercussions qui dépassèrent de loin le monde de l’Occulte.

Si nous tracions la ligne souterraine partie de Bruxelles un jour de l’année 1975, nous assisterions à de curieuses rencontres, tant occultes que sociales, liées entre elles par l’ordre impénétrable de Lucifer : unification des loges d’obédience luciférienne, camps d’entraînement de militants néo-nazis quelque part dans les monts d’Auvergne, réunions occultes à Paris, rue d’Assas, où l’on retrouve le mercenaire J.K. en croisade pour l’Occident, et certains amis autour d’une table tournante, puis la mort de Franco et le départ d’un petit groupe de nostalgiques vêtus de noir quittant leur siège parisien, la rencontre dans une banlieue de Madrid du mage Lopez Rega, alors en exil, ancien bras droit de Juan Perron et spécialiste de la magie sexuelle… Tout cela sous la bannière noire de Lucifer, même si pour certains des acteurs de ce drame, cette bannière porte parfois d’autres couleurs... [...]

Pour l'Ordre vert, il est indispensable d’unir toutes les forces polaires et solaires avant l’ère du Verseau, et il faut que l’homme nouveau – le surhomme – se tienne prêt à prendre le destin de l’humanité en main, car lorsque le moment le plus critique de l’Âge noir sera venu, il n’y aura plus qu’un peuple porteur de la flamme : NOUS. Il faut créer un ordre de chevalerie aryen, et former une élite de Supérieurs détenant les secrets que possédaient nos ancêtres de l’Empire polaire.

Pour R.L., grand maître de l’Ordre vert (dit encore R. Lug), la naissance de l’homogalacticus ne peut se faire que par une intense préparation tant sociale que magique. Dès lors, la prise du pouvoir politique, chimérique aux yeux de l’homme de la rue, semble s’annoncer évidemment logique.

Il y a quelques années, poursuit Jean-Paul Bourre, R.L. m’écrivait personnellement afin de me convier à la grande assemblée luciférienne. Je ne répondis pas à sa lettre, car pour moi Lucifer, l’Ange prométhéen, ne pouvait descendre au cœur des petits intérêts personnels où l’initiation véritable n’est plus qu’une couverture littéraire pour transporter les armes, physiques celles-là, d’une autre subversion.

« Nous devons lutter, m’écrivait-il, contre les fils du Dragon noir, communistes, matérialistes, tarés, etc, pour que revienne le temps de notre race et son culte solaire, et si nous portons aussi, cher frère, le nom d’Église de Mithra, en réalité nous vénérons le Grand Lug, car Lug = Mithra = Râ = Lucifer : le même porte-emblème de la flamme sous divers noms à travers les âges, Lug étant celui du Verseau. » Lucifer revenait sous le nom de Lug, divinité du feu chez les anciens Celtes, et l’Ordre vert déclarait la guerre à l’humanité ordinaire, à l’homme de tous les jours appelé, dans les dossiers secrets de l’Ordre, humain type II, et cela au nom d’un Ordre supérieur et racial lorsque la roue solaire flottait sur Nuremberg.

« Historiquement, affirme L. en créant sa légende, j’ai fondé l’Ordre vert la nuit du 6 décembre 1970, avec quelques courageux adhérents. L’Ordre resta dans l’ombre pour des raisons ésotériques internes et ne fut rendu public qu’à partir du mois de septembre 1972. Depuis, de nombreuses adhésions nous arrivent de partout et divers mouvements celtes bretons sont entrés en contact avec l’Ordre vert. Qu’est-ce que l’Ordre vert ? C’est la tradition luciférienne des Celtes (!); c’est aussi le culte du dieu solaire mazdéen Mithra; la nature qui se dresse contre les tares de la pseudo civilisation, et contre les faux dogmes des Églises et des religions d’imitation! » Et de conclure, dans la langue celte : Mar n’ouzez-te te ket me oar ! (« Si tu ne sais pas, moi je sais) [...]

Le 14 mai 1975, les représentants des diverses associations lucifériennes étaient présents à Bruxelles, au temple de l’Ordre vert, afin de sceller la charte d’unification des Légions de Mithra (fer de lance de l’Ordre vert). [...]


Julius Evola, ce philosophe italien qui connaissait très bien la pensée prométhéenne, affirmait qu’au-delà des polémiques raciales qui agitent de nombreux mouvements traditionalistes seule existait pour lui la race mentale des Éveillés. Cette théorie n’est pas du tout celle de l’Ordre vert, dont le racisme ne s’exprime pas à mots couverts. R.L. déclare sans ambiguïté : « La Pureté du sang et des coutumes est l’une des choses à défendre, car le sang biologique peut influencer le comportement d’un individu; il faut bien admettre que les chromosomes d’un Aryen diffèrent de ceux d’un Bantou… » [...]

Les commandos du diable.

Ma tentative de réhabilitation du luciférisme peut s’expliquer par la démystification de certaines organisations satanistes qui n’ont rien à voir avec l’aristocratie mentale du dépassement de soi, avec la véritable ascèse luciférienne.

Comme je l’écrivais dans un magazine ésotérique (l’Autre Monde, le magazine de l’étrange, n° 11) en prenant comme exemple le nazisme, qu’un auteur moderne rattache à Lucifer (André Brissaud : « Les Agents de Lucifer ») :

Lucifer (Lux – Fer), le Porteur de Lumière, est l’incarnation d’une magie du feu, de type prométhéen, qui n’a rien à voir avec la déviation sataniste du nazisme. C’est vouloir confondre l’aigle et le charognard, faire de Prométhée, le Voleur de Feu, un fantoche rêvant les sommets qu’il n’atteindra jamais. Mais il existe dans la déviation magique des erreurs commises par des personnalités tentées par la volonté de puissance personnelle.

Ce fut ce qui arriva à J.B. alors dirigeant du mouvement Les fils du Feu et signataire de la charte de l’Internationale luciférienne. Pour les inspecteurs des Renseignements généraux du Puy-de-Dôme Les Fils du Feu étaient avant tout les maîtres doctrinaires de nombreuses organisations d’extrême-droite. Mais l’initiation ne s’arrêtait pas à la conférence ou à la table ronde sur les origines mythologiques de l’Occident ou sur la manière de vaincre la peur… L’initiation, du moins la pseudo – initiation, avait aussi lieu sur le terrain, tout près du camp d’entraînement militaire de la Fontaine du Berger, à quelque dix kilomètres de Clermont-Ferrand.

C’est dans ce lieu réservé, inaccessible pour le simple touriste ou le promeneur du dimanche, que se réunissaient au cours de l’été 1975 une trentaine de jeunes portant treillis et rangers, la matraque et la lance de bois à la main, afin de subir un entraînement digne des commandos militaires.

Dirigés par d’anciens mercenaires parachutistes, ce groupe d’action se préparait, au delà de la guérilla urbaine, au renouvellement magique annoncé par Les Fils du Feu présents sur le terrain.

Chemise bleue ornée du casque spartiate, J.B. et ses adeptes étaient là pour « réveiller dans chaque militant l’âme antique et prométhéenne de l’Empire polaire »…

Ce discours, identique à celui de l’Ordre vert qui avait aussi ses Légions de Mithra, se traduisait en actes précis au cours de rituels guerriers. Par exemple avant l’entraînement, les lances de bois (qui servirent aux militants d’Ordre nouveau à la Mutualité) étaient marquées des runes magiques du combat à l’aide du sang de chaque militant. Cette innovation luciférienne n’était pas pour déplaire aux nostalgiques du nazisme ivres d’un lyrisme guerrier anachronique. Trois figures runiques revenaient constamment sur les armes d’entraînement : Odin, le combat et le Pouvoir, tracée au sang à l’endroit précis où la main se referme sur le manche de l’arme. [...]

Allées et venues mystérieuses, liaisons constantes entre Bruxelles, Cologne et Paris… les lucifériens préparaient dans l’ombre les accords secrets qu’ils allaient signer à Madrid, avec Lopez Rega, mage et ancien ministre de Juan Peron. [...]

Pour les traditionalistes, lorsque les sociétés économiques se seront effondrées, resteront seulement les valeurs occultes qui se partageront la suprématie du globe… Alors l’homme devra choisir entre la Voie luciférienne et les Voies mystiques.

C’est à travers de nombreux bouleversements, des remises en question violentes, les tentatives magiques les plus folles, que l’aventure occulte, apparemment inextricable, laissera passer au grand jour les pionniers du Nouvel Âge, la race mentale dont parlais Julius Evola, celle qui osera enfin regarder le soleil en face.

Alors le « petit homme », celui qui s’accroche encore à l’égalitarisme, à la chaude promiscuité, aux délires génétiques sécurisant la race qui meurt, à sa minuscule volonté de puissance, ce petit homme ne sera plus qu’un rêve sans importance, une ombre qui passe, privée de la noblesse intérieure qui fera l’homme futur. Dans l’enseignement luciférien, il est dit que « la foudre préservera seulement ce qui lui ressemble ».

Jean-Paul Bourre