Tuesday, July 31, 2012

Les réseaux occultes du Dalaï-lama





Les hiérarques lamaïstes, agents de la CIA, ont toujours bénéficié du soutien de réseaux proches de l'extrême droite.

Le 30 septembre 1972, le XIVe Dalaï-lama est reçu par le pape Paul VI. La photo de la rencontre paraît dans la revue Question de dirigée par Louis Pauwels. Louis Pauwels appartient à la Nouvelle Droite Française dont l'objectif est d'entraîner par tous les moyens, légaux ou illégaux, la chute de l’État républicain et égalitaire afin d'imposer un régime hiérarchique qui n'est pas sans rappeler le féodalisme tibétain.

Dans le numéro 3 de Question de, Joël Bouëssée, de la Fondation européenne, signe l'article intitulé « Le Dalaï-lama chef temporel, souverain spirituel ». Bouëssée, qui rédige son article d'après des notes envoyées par un prétendu tibétologue, le prince Pierre de Grèce expulsé du territoire indien à cause de sa haine viscérale du communisme chinois, n'hésite pas à affirmer que les fonctions du Dalaï-lama, sacerdoce et royauté, sont octroyées par la grâce divine. Il écrit :

« C'est le cinquième Dalaï-lama, connu sous le nom de Gaden-Phodrang, qui, le premier, a assumé le pouvoir temporel pour tout le Tibet, dotant son pays d'une forme de gouvernement qui se perpétua jusqu'à l'invasion chinoise.

Depuis plus de trois cents ans, dix Dalaï-lamas successifs ont été souverains temporels et spirituels, leur minorité étant assurée par des régents laïques ou moines qui gouvernèrent en leur nom. Ainsi le Dalaï-lama est-il le chef spirituel du bouddhisme tibétain, également révéré par des bouddhistes d'autres pays, le Père supérieur de l'ordre des moines Gelougpas et, encore il y a quelques années, le roi temporel d'une nation ; il demeure pour la plupart des Tibétains le souverain de son peuple.

Des fonctions de grâce divine : sacerdoce et royauté. En effet, essayer de séparer la fonction spirituelle du Dalaï-lama de sa fonction temporelle, prétendant que l'on peut reconnaître l'une sans l'autre, est difficilement concevable à l'intérieur de cette culture ancienne. Depuis le règne du « Grand Cinquième », les Tibétains reconnaissent que leur « dieu-roi » gouverne en vertu du fait qu'il est le porteur de la « compassion divine », ce qui l'habilite à agir sur les affaires humaines. La présence du Dalaï-lama est, pour ses sujets, une invitation permanente à la recherche de la lumière du Bouddha. C'est en fonction de cette grâce qu'il règne. Pour le bouddhiste tibétain, en effet, toutes questions temporelles ne sont que des étapes du voyage vers la lumière. »

Dès la création de ce blog, les pratiques occultes du « Grand Cinquième » et la déliquescence du lamaïsme ont été dévoilées. Il faut rappeler que des lamas tibétains dissidents dénoncent eux-aussi les erreurs du cinquième Dalaï-lama et de l'actuel Dalaï-lama. Ces dissidents réclament la liberté de culte et considèrent que la dictature religieuse instaurée par le cinquième Dalaï-lama, et perpétuée par l'actuel Dalaï-lama, est une gigantesque imposture. Ils expliquent la raison de la publication de leur livre « Une Grande Imposture » et de leur dénonciation de la « Politique du Lama » :

« Les explications données dans ce livre ont pour but d'encourager les gens à ne pas suivre, ou à ne pas se laisser influencer par la « Politique du Lama » qui, telle une drogue, sème la confusion dans l'esprit des gens quant à la nature réelle de la pratique bouddhiste. Dans ce contexte, « Lama » se réfère à trois Dalaï-lamas du Tibet : le cinquième, le treizième et le quatorzième. Ces lamas utilisèrent la religion à des fins politiques, provoquant ainsi la souffrance de millions de personnes, génération après génération. Le cinquième Dalaï-lama mélangea religion et politique et, de ce fait, les traditions bouddhistes tibétaines nyingma, kagyu et sakya déclinèrent rapidement. En résultat, des millions de personnes suivant ces traditions éprouvèrent de grandes difficultés pendant des centaines d'années. Aujourd'hui, certaines personnes dans ces traditions affirment que les adeptes de la tradition guéloug ont provoqué le déclin de leur tradition, mais cela est inexact. Les guélougpas eux-mêmes n'avaient aucun pouvoir politique. C'est bien le cinquième Dalaï-lama qui, lui seul, utilisa son pouvoir politique pour anéantir le développement de ces traditions, tant spirituellement que matériellement.

Le cinquième Dalaï-lama a toujours montré deux visages, celui d'un nyingmapa pour une part et celui d'un guélougpa pour une autre part. En fait, il ne suivait ni l'une ni l'autre de ces deux traditions, mais demeura entre les deux sans jamais trouver une voie spirituelle pure. De ce point de vue, il ressemblait au Dalaï-lama actuel, le quatorzième, qui lui aussi montre deux visages et n'a jamais trouvé de voie spirituelle pure.

Le cinquième Dalaï-lama prit le pouvoir politique au XVIIe siècle, grâce à l'appui militaire de Gushri Khan, souverain des Mongols Qoshot, qui l'aida à faire la guerre contre Karma Tenkyong Wangpo, souverain principal du Tibet à cette époque. À la demande du cinquième Dalaï-lama, Gushri Khan envoya ses armées mongoles au Tibet et remporta ainsi la guerre. Karma Tenkyong Wangpo fut capturé, et plus tard exécuté, et le cinquième Dalaï-Lama prit ainsi le pouvoir politique et devint le souverain du Tibet. Cet événement, à lui seul, montre la nature de la Politique du Lama. Le cinquième Dalaï-lama était un moine bouddhiste qui avait l'engagement de ne pas tuer et de ne pas nuire aux autres. Il contrevint donc directement aux engagements spirituels établis par Bouddha. Il s'agit là d'un exemple particulièrement honteux pour un moine bouddhiste occupant la position d'un grand lama, un être supposé saint.

Dans leurs enseignements, les cinquième et treizième Dalaï-lamas parlèrent de compassion, mais ils se comportèrent comme des dictateurs, créant de nombreux problèmes au sein de leur société. Cela est également vrai pour le Dalaï-lama actuel. En dépit de cette hypocrisie, de nombreuses personnes, dont l'opinion religieuse est extrême et la foi est aveugle, croient encore que ces lamas sont des êtres saints. Dans la société tibétaine, toute personne dont les points de vue et les intentions diffèrent de celles du Dalaï-lama est immédiatement accusée de ne pas être tibétaine et elle subit critiques, menaces et ostracisme. Cela s'est produit dans le passé et cela se passe maintenant pour les pratiquants de Dordjé Shougdèn. À partir de ce seul fait, nous pouvons voir que cette Politique du Lama continue à avoir un effet dévastateur sur la société. Ce problème pourra être résolu seulement si le Lama lui-même change sa propre attitude.

Le cinquième Dalaï-lama fut l'instigateur de la Politique du Lama, qu'il appela l'« union de la religion et de la politique ». La nature de la Politique du Lama est trompeuse, et son unique fonction est de duper les gens et d'utiliser la religion à des fins politiques. Elle ressemble à un arc-en-ciel qui, vu de loin, semble beau mais, examiné de plus près, est perçu complètement vide et faux. Les treizième et quatorzième Dalaï-lamas sont ceux qui ont le plus soutenu la politique établie par le cinquième Dalaï-lama et la politique de l'actuel Dalaï-lama est, des deux, la pire. […]

Depuis plus de 360 ans, il n'a jamais été vraiment certain qu'un des occupants du Potala, y compris l'actuel Dalaï-lama, ait été une véritable réincarnation de Gendun Droub. » (Gendun Droub, 1391-1474, était le premier Dalaï-lama.)

Un courant contre-initiatique, œuvrant à l'avènement du règne d'un « Chakravartin à rebours », cet inquiétant roi du monde dénoncé par René Guénon dans son livre « Le règne de la quantité », a-t-il pris le contrôle du lamaïsme au XVIIe siècle ?



Nouvelle Droite Française




Monday, July 30, 2012

Une psychothérapie rénovée





Si l'on écarte les gourous, les hiérarques lamaïstes, les déviations cultuelles, scolastiques et culturelles, le bouddhisme, notamment dans ses formes essentielles (ch'an, dzogchen, mahamoudra...), peut être utile au monde occidental.

Les lignes qui suivent sont extraites du livre d'Alan Watts, « Psychothérapie orientale et occidentale ». Elles pourraient être comme le manifeste spirituel d'une psychanalyse et d'une psychothérapie rénovées, enrichies, enfin pleinement lumineuses parce que ayant découvert la dimension qui, paradoxalement, leur manquait : celle de l'esprit.

Si nous examinons de près des règles de vie comme le bouddhisme et le taoïsme, le vedanta et le yoga, nous sommes bien obligés de constater qu'il ne s'agit nullement de philosophies ou de religions, au sens où nous l'entendons en Occident. Elles seraient plutôt comparables à notre psychothérapie. Cela peut sembler surprenant, car nous pensons à cette dernière comme à une forme de la science, c'est-à-dire une démarche pratique et matérialiste, tandis que nous regardons les disciplines orientales comme des religions extrêmement ésotériques et en rapport avec des régions de l'esprit presque entièrement extérieures à ce monde. Cela vient de ce que notre méconnaissance des cultures orientales, jointe à leur habituelle falsification, les entoure d'une aura de mystère où nous projetons nos propres fantasmes. Pourtant, le but fondamental de ces règles de vie est d'une simplicité presque stupéfiante, auprès de laquelle toutes les complexités de la réincarnation, des pouvoirs psychiques, des mahatmas surhumains et des écoles de technologie occulte forment un écran de fumée où l'observateur crédule peut s'égarer définitivement. Ajoutons, pour être franc, que cet observateur crédule peut être un Asiatique aussi bien qu'un Occidental, encore que le premier atteigne rarement le degré de crédulité de l'amateur occidental d'ésotérisme. La fumée commence à se dissiper, mais son épaisseur a longtemps caché l'importance réelle des contributions que la pensée orientale a apportées à la connaissance psychologique.

Les états multiples de la conscience

La principale ressemblance entre les règles de vie orientales et la psychothérapie occidentale réside dans un but commun, qui est d'opérer certains changements de conscience, changements dans notre manière de ressentir notre propre existence et dans nos relations avec la société humaine et le milieu naturel. Certes, la plupart du temps, le psychothérapeute se donne pour tâche d'agir sur la conscience d'individus particulièrement perturbés, alors que les disciplines du bouddhisme et du taoïsme se préoccupent de changer celle de gens normaux et socialement adaptés. Mais les psychothérapeutes ont de plus en plus nettement tendance à penser que l'état de conscience normal, dans notre culture, est à la fois le contexte et le terrain nourricier des malaises mentaux. Un ensemble de sociétés jouissant d'une grande prospérité matérielle et acharnées à leur destruction mutuelle ne saurait favoriser la santé sociale.

L'aberration psychologique de Freud

Néanmoins, le parallèle entre la psychothérapie et ce que j'ai nommé les « moyens de libération » orientaux ne peut être complet, et l'une des différences essentielles est suggérée par le préfixe psycho-. D'un point de vue historique, la psychologie occidentale s'est appliquée à l'étude de la psyché ou de l'esprit en tant qu'entité clinique, tandis que les cultures orientales ignorent les catégories de l'esprit et de la matière, de l'âme et du corps, telles du moins que les a établies l'Occident. Mais la psychologie occidentale a, dans une certaine mesure, dépassé ses origines historiques, au point de ne plus se satisfaire du terme même de « psychologique» pour désigner ce domaine essentiel du comportement humain. Non qu'il soit devenu possible, comme Freud lui-même l'avait espéré à un moment donné, de réduire la psychologie à la neurologie et l'esprit au corps. Non que l'on puisse substituer à l'entité « esprit » l'entité « système nerveux ». Le fait est, plutôt, que la psychologie ne peut se tenir à l'écart du bouleversement qui a affecté l'ensemble des définitions scientifiques au cours de ce XXe siècle, bouleversement à la suite duquel les concepts d'entités et de « substances », mentales ou matérielles, sont tombés en désuétude. Qu'il s'agisse de décrire les transformations chimiques ou les formes biologiques, les structures nucléaires ou le comportement humain, c'est tout simplement l'avènement de nouveaux systèmes de relations qui caractérise le langage de la science moderne.

Le bouddhisme est-il une psychothérapie ?

Bien que les cultures asiatiques anciennes n'aient jamais atteint, dans le domaine de la connaissance physique, l'exactitude rigoureuse qui est celle de l'Occident moderne, elles ont saisi beaucoup de choses que nous abordons tout juste maintenant. L'hindouisme et le bouddhisme ne se laissent qualifier ni de religion, ni de philosophie, ni de science, ni de mythologie, ni d'amalgame de toutes ces diverses catégories, dont la notion même leur est étrangère jusque sous une forme aussi élémentaire que la distinction de l'esprit et de la matière. L'hindouisme, comme l'islam et le judaïsme, constitue en réalité une culture complète. On ne peut en dire autant du bouddhisme, qui a ceci de commun avec des aspects de l'hindouisme tels que le vedanta et le yoga, et avec le taoïsme chinois, qu'il n'est pas une culture mais une critique de la culture, une révolution pacifique et permanente, ou encore une « opposition loyale » à l'égard de la culture où il se trouve impliqué. C'est ce qui donne à ces moyens de libération un aspect commun avec la psychothérapie, outre l'intérêt de transformer les états de conscience. La tâche du psychothérapeute est en effet d'opérer une réconciliation entre le sentiment individuel et les normes sociales, sans toutefois sacrifier l'intégrité de l'individu. Il essaie d'aider l'individu à être lui-même et à suivre sa voie propre sans se heurter inutilement à sa communauté, à être dans le monde (celui de la convention sociale), mais non pas du monde.

Répression sociale, liberté spirituelle

Depuis Freud, la psychothérapie se préoccupe de la violence faite à l'organisme humain et à ses fonctions par la répression sociale. Si le psychothérapeute prend le parti de la société, il envisagera son travail comme une tentative d'adapter l'individu et de dériver ses « tendances inconscientes » de manière à les faire rentrer dans les normes de la respectabilité sociale. Mais cette « psychothérapie officielle » manque d'intégrité et devient un instrument au service des puissances armées, des bureaucraties, des Églises, des corps constitués, et de toute organisation requérant le lavage de cerveau individuel. Au contraire, un thérapeute qui cherche en toute sincérité à aider l'individu sera nécessairement amené à la critique sociale. Cela ne signifie pas qu'il doive s'engager directement dans la révolution politique ; cela signifie qu'il doit aider l'individu à se libérer lui-même des diverses formes de conditionnement social, et par conséquent aussi de la haine de ce conditionnement — celle-ci étant encore une forme d'asservissement à l'objet haï. Mais de ce point de vue, les troubles et les symptômes auxquels le patient cherche un soulagement — et derrière eux les facteurs inconscients — cessent d'être purement psychologiques. Ils s'inscrivent dans le système entier des relations du patient avec autrui, et plus particulièrement dans les institutions sociales qui gouvernent ces relations : les règles de communication utilisées par la communauté culturelle ou par le groupe. Celles-ci incluent les conventions du langage et de la loi, celles de l'éthique et de l'esthétique, celles du rang, de la fonction et de l'identité, celles de la cosmologie, de la philosophie, de la religion. C'est en effet ce complexe social tout entier qui fournit à l'individu sa conception de lui-même, son mode de conscience, le sentiment même de son existence. Qui plus est, il est à l'origine de l'idée que l'organisme humain se fait de son individualité, cette même idée pouvant prendre un certain nombre de formes très différentes.

Le psychothérapeute doit donc se rendre compte que sa science, ou son art, porte un nom impropre, car l'objet en est beaucoup plus vaste qu'une psyché et ses troubles privés. C'est justement cela que tant de psychothérapeutes sont en train de reconnaître et qui, en même temps, rend si appropriés à leur tâche les moyens de libération orientaux. Car ils ont affaire à des gens dont la détresse provient de ce qu'on peut désigner du nom de maya, mot hindou-bouddhiste dont la signification exacte n'est pas seulement « illusion », mais englobe toute la conception du monde que se fait une culture, conception envisagée comme illusoire, au sens strictement étymologique du mot qui vient du latin ludere (jouer). Le but de la libération est non de détruire la maya, mais de la voir pour ce qu'elle est, d'en dépasser l'apparence. Un jeu ne doit pas être pris au sérieux, ou, en d'autres termes, une idée du monde et de soi-même qui n'est qu'une convention et une institution sociale ne doit pas se confondre avec la réalité. Les règles de la communication ne sont pas nécessairement celles de l'univers, et l'homme n'est pas la fonction ou l'identité que la société lui impose. En effet, dès qu'un homme cesse de se confondre lui-même avec la définition que les autres donnent de lui, il devient à la fois universel et unique. Il est universel en vertu du lien indissoluble de son organisme au cosmos. Il est unique en ce qu'il est précisément cet organisme et non un quelconque stéréotype de la fonction, de la classe ou de l'identité assumées pour la nécessité de la communication sociale.

L'idée occidentale de « communauté »

L'idée juive et chrétienne du salut implique l'appartenance à une communauté, la Communion des Saints. Idéalement et théoriquement, l’Église est le corps du Christ, c'est-à-dire l'univers entier, et puisque en Christ « il n'y a ni Grec, ni Juif, ni esclave, ni homme libre », l'appartenance au Christ pourrait signifier la libération de la maya et de ses catégories. Elle pourrait signifier que la définition et la classification conventionnelles de quelqu'un ne sont pas son moi réel, que « Je vis, » bien que je ne vive plus ; c'est Christ qui vit en moi. » Mais dans la pratique, elle ne signifie rien de tel et, sur ce point, il est même très peu question de la théorie. Dans la pratique, elle signifie que le sous-groupe chrétien doit accepter la religion ou la soumission, et considérer son système particulier de conventions et de définitions comme les réalités les plus sérieuses. Une des conventions chrétiennes essentielles est la conception de l'homme en tant que « moi enfermé dans sa peau », pour reprendre une expression que j'ai déjà utilisée, l'âme indépendante et son enveloppe de chair constituant par leur assemblage une personnalité unique et suprêmement précieuse aux yeux de Dieu. Cette conception représente sans aucun doute la base historique du modèle occidental de l'individualité, conception qui nous donne le sentiment de nous-mêmes comme îles de conscience isolées, confrontées avec des expériences objectives que l'on peut définir sous le nom d'« autrui ». Nous avons porté ce sentiment à un degré particulièrement aigu. Mais le système de conventions qui nous inculque ce sentiment exige également, de ce moi définitivement isolé, qu'il se comporte en membre d'un corps et qu'il se soumette sans réserve au système social de l’Église.

Faut-il absolument vivre dans un monastère zen ?

Jusqu'ici, nous avons donc vu que la psychothérapie et les moyens de libération spirituelle ont en commun deux points d'intérêt : d'abord, la transformation de la conscience, du sentiment interne de l'existence personnelle ; ensuite, l'affranchissement de l'individu par rapport aux formes de conditionnement que lui imposent les institutions sociales. Quels sont les moyens d'explorer utilement ces ressemblances afin d'aider le psychothérapeute dans sa tâche ? Doit-il tirer des enseignements de la pratique du yoga ou faire un séjour dans un monastère zen du Japon — ajoutant à cela de nombreuses années d'études dans une école médicale, un institut psychiatrique ou d'entraînement à l'analyse ? Je ne crois pas du tout que ce soit là une solution. Je dirai plutôt que même une connaissance théorique d'autres cultures nous aide à comprendre la nôtre, parce que nous pouvons acquérir une certaine clarté et une certaine objectivité dans l'examen de nos propres institutions sociales en les comparant à d'autres. Nous distinguons ainsi plus facilement entre les fictions sociales d'une part, et les systèmes de relations naturels d'autre part. Enfin, s'il existe dans d'autres cultures des disciplines comparables en certains points à la psychothérapie, une connaissance théorique de leurs méthodes, de leurs buts et de leurs principes peut amener le thérapeute à une meilleure appréciation de sa propre tentative.
Il a, de cette meilleure appréciation, un besoin urgent.

La psychothérapie peut-elle se développer ?

S'il doit y avoir une voie de développement fructueux pour la science de la psychothérapie, aussi bien que pour la vie de ceux qu'elle entend aider, il lui faut s'affranchir des obstructions inconscientes, des principes non examinés, des faux problèmes non démasqués, qui résident dans son contexte social. Là encore, un des instruments les plus efficaces est la comparaison interculturelle, en particulier avec des cultures hautement complexes comme celles de la Chine et de l'Inde, qui au cours de leur évolution sont restées relativement isolées de la nôtre, et surtout avec les tentatives qui ont été faites à l'intérieur de ces cultures pour atteindre l'affranchissement de leurs propres structures. On ne peut guère imaginer une entreprise plus constructive pour le psychothérapeute que l'occasion ainsi fournie. Mais pour en tirer profit, il doit surmonter l'idée, qu'il entretient couramment, de n'avoir rien à apprendre de disciplines « préscientifiques », car dans le cas de la psychothérapie une telle attitude pourrait rappeler celle de la fourmi qui trouve le ciron trop petit. En tout cas il n'est pas question ici qu'il adopte des pratiques bouddhistes ou taoïstes, au sens d'une conversion religieuse. Pour l'Occidental qui veut tant soit peu comprendre et utiliser les moyens de libération orientaux, il est d'une extrême importance de conserver ses réflexes scientifiques ; faute de quoi, c'est le marécage du romantisme ésotérique qui attend le non-initié.

Alan Watts

Sunday, July 29, 2012

Sangha apolitique





Dans Le Monde diplomatique, Martine Bulard écrit « [...] le financement de l'organisation tibétaine par la CIA ne relève pas du fantasme des communistes chinois : dans les années soixante, l'agence américaine aurait versé un million sept cent mille dollars, et l'enquête du New York Times ("Dalai-lama group says it got money from CIA", 2 octobre 1998) parle d'une subvention annuelle - modique, néanmoins significative - de cent quatre-vingt mille dollars versée directement au leader religieux, qui a démenti. » ("Défendre le Tibet sans forcément encenser le dalaï-lama", Le Monde diplomatique, août 2008.) Mais après la déclassification des documents comptables de la CIA, le représentant du dalaï-lama à Washington fut bien obligé de concéder : « C'est un secret dévoilé, nous ne le contestons pas. » (« CIA gave aid to Tibetan exiles in '60s, files show », Los Angeles Times http://articles.latimes.com/1998/sep/15/news/mn-22993 )

« Sans parler de ses opérations secrètes (dont, par définition, nous ne savons rien), la CIA intervient au Tibet, via la NED (National Endowment for Democracy), à travers pas moins de seize programmes multiples qu'elle subventionne ouvertement », précise Maxime Vivas. En soutenant le dalaï-lama, les USA prétendent défendre la démocratie tibétaine. « En de multiples occasions, ajoute Maxime Vivas, la propagande états-unienne a démontré sa capacité à parler par antiphrase, à nommer « démocraties » les pires dictatures sanguinaires et à prôner la liberté en multipliant les prisons à travers le monde, de Bagram (Afghanistan) à Abou Ghraib (Irak), en passant par Guantanamo (Cuba) auxquelles il faut ajouter le nombre impressionnant de prisons aux États-Unis mêmes, et des « prisons flottantes » secrètes. Notons au passage que, selon une étude réalisée par le Centre international des études carcérales de l'université londonienne King's College, « avec deux millions de détenus, soit sept cent quatorze prisonniers pour cent mille habitants, les États-Unis ont le taux d'incarcération le plus élevé du monde, devant la Russie et le Belarus ».

Le dalaï-lama et presque tous les hiérarques du lamaïsme font le jeu des Américains et de la CIA. Les vrais bouddhistes doivent donc se désolidariser de ces bluffeurs et créer une nouvelle sangha réellement apolitique.

Photo :

Le dictateur religieux le plus aimé des médias





Des bouddhistes considèrent que trois dalaï-lamas (le cinquième, le treizième et le quatorzième) utilisèrent la religion à des fins politiques. Selon eux, l'ambition politique du dalaï-lama actuel (le XIVe), qui s'est imposé comme le guide suprême de toutes les traditions du bouddhisme tibétain, l'a promu au rang de dictateur.

Comme tout dictateur, le faux Dalaï-lama actuel a tous pouvoirs au sein de la communauté tibétaine en exil, tant sur le plan religieux que laïque. Un de ses actes de dictateur fut l'expulsion des pratiquants tibétains de Shougdèn de la communauté bouddhiste, laissant entendre que ces pratiquants n'étaient pas bouddhistes parce qu'ils pratiquaient le culte de Dordjé Shougdèn, qu'il considère comme un esprit malfaisant. En parallèle, il se prépare à éliminer de la communauté bouddhiste les pratiquants occidentaux de Shougdèn pour la même raison. Il a déjà expulsé des milliers de pratiquants de Shougdèn de la société tibétaine, usant d'une discrimination religieuse flagrante et faisant preuve de points de vue extrêmes. Non content de cela, il a ordonné la collecte de déclarations signées par les Tibétains vivant en Orient comme en Occident. Ces déclarations stipulent que le signataire abandonne, ou ne s'engagera jamais personnellement dans la pratique de Shougdèn, et qu'il n'apportera aucun soutien, ni matériel ni spirituel, aux pratiquants de Shougdèn, et qu'il n'aura plus aucun contact avec ces pratiquants.

En collectant ces déclarations signées, le Dalaï-lama a pour objectif de protéger sa propre réputation, affirmant qu'il ne viole pas la loi mais agit simplement conformément aux souhaits de son peuple. Ses actes de discrimination religieuse violent les droits humains fondamentaux et défient toute règle de droit démocratique. Il est seul responsable, et nulle autre personne ne peut être tenue pour responsable. Il est hypocrite, parce que lui-même enfreint la loi mais qu'il fait porter cette responsabilité aux autres. De nombreuses personnes ont signé cette déclaration uniquement parce qu'elles avaient peur des représailles si elles ne le faisaient pas. Ces représailles ont été clairement documentées dans de nombreux journaux. D'autres personnes ont signé parce que, partisans du Dalaï-lama, elles tentent de protéger sa réputation. […]

Depuis 1996, le Dalaï-lama a déclaré publiquement à maintes reprises que la pratique de Shougdèn menaçait sa vie et la cause de l'indépendance du Tibet. De nombreux Tibétains, en raison de leur foi aveugle en le Dalaï-lama, croient ses paroles sans aller plus loin pour rechercher la vérité. En conséquence, ces Tibétains sont très en colère contre les pratiquants de Shougdèn et ils ont essayé de les expulser de la société tibétaine de nombreuses manières humiliation publique, actes de provocation, intimidations et menaces, licenciements professionnels, refus d'accès à différents services, propagation de mensonges, manipulation de l'opinion publique, interdiction d'apporter tout soutien matériel ou spirituel, et pour les moines, privations des besoins essentiels par l'interdiction d'assister aux cours et aux différents services dans leur monastère, et obligation de signer des promesses d'abandonner la pratique de Dordjé Shougdèn.

Les Tibétains du monde entier sont aujourd'hui divisés, en raison des actes de discrimination religieuse du Dalaï-lama entre, d'une part ceux qui acceptent ce qu'il dit de Dordjé Shougden et qui sont donc en colère contre les pratiquants de Dordjé Shougdèn, et ceux qui n'acceptent pas ce qu'il dit et souffrent donc beaucoup au sein de leur communauté. Cette situation est omniprésente partout dans le monde, en Orient comme en Occident.

L'ensemble de la communauté tibétaine a perdu sa paix et son harmonie, les membres ne se font plus confiance et elle se trouve maintenant dans une situation très dangereuse. Tous ces problèmes ont pour unique source le Dalaï-lama lui-même. En raison de sa politique destructrice, la tradition guéloug est divisée entre ceux qui suivent l'avis du Dalaï-lama et croient que Shougdèn est un esprit malfaisant, et ceux qui croient que Shougdèn est un Bouddha de la Sagesse. Les guélougpas ont ainsi perdu la paix, l'harmonie, la confiance qui régnait entre eux, leurs activités spirituelles communes et ils connaissent de grands dangers. D'autres actions du Dalaï-lama ont également conduit à la division des kagyupas en deux groupes : ils ont également perdu la paix, l'harmonie et la confiance qui régnait entre eux, ainsi que leurs activités spirituelles communes.

Pendant de nombreuses années, le Dalaï-lama déclara très souvent qu'il ne recherchait pas l'indépendance du Tibet et qu'il n'avait rien fait pour promouvoir cette indépendance. Pourtant en 2008, il organisa soudainement des manifestations dans ce but, au Tibet, contre la Chine. Ces manifestations avaient pour but d'embarrasser le gouvernement chinois l'année des jeux olympiques en Chine, mais des extraits vidéos largement diffusés montrent des moines bouddhistes s'adonnant à des pillages et des actes de violence, jetant ainsi le discrédit sur le bouddhisme. Lui-même jouit d'une vie agréable dans son luxueux palais en Inde, pendant que le pauvre peuple tibétain connaît beaucoup de souffrances et de grands dangers. Ses actes dénués de sens ont créé de nombreuses difficultés aux Tibétains vivant au Tibet, car ils ont conduit à la destruction de la confiance, de la paix et de l'harmonie.

Dès son arrivée en Inde en 1959 comme réfugié, il fit le projet de transformer les quatre traditions du bouddhisme tibétain — nyingma, sakya, kagyu et guéloug — en une tradition unique. C'est la méthode qu'il adopta pour détruire les lignées pures des traditions nyingma, sakya, kagyu et guéloug, et s'autoproclamer chef unique de cette nouvelle tradition. Il recherchait ainsi tous les pouvoirs au sein de la société tibétaine, sur les plans spirituel, politique et matériel.

À cette époque, le Tso Kha Chusum (Treize Groupements de Tibétains) s'opposa à ses plans, et pendant de nombreuses années la communauté tibétaine ne connut ni paix, ni harmonie. En 1977, le chef des treize groupements, Gungtang Tsultrim, fut abattu par balle. Il est communément admis que l'assassinat fut perpétré par des personnes travaillant pour le Dalaï-lama, en particulier pour Gyalo Dondrub, le frère tristement célèbre du Dalaï-lama. Plus tard, d'autres membres influents des treize groupements trouvèrent subitement la mort dans des circonstances suspectes, et beaucoup considèrent que leur mort est attribuable à des organisations travaillant pour le Dalaï-lama. Il est dit qu'il existe une organisation secrète basée à New Delhi, dirigée par ce frère tristement célèbre, dont la fonction est de menacer, de détruire la réputation et même de tuer ceux qui s'opposent aux desseins du Dalaï-lama.

Le Dalaï-lama reçut une éducation très complète dans le bouddhisme, de Trijang Rinpoché, son enseignant bienveillant et guide spirituel racine, détenteur de la lignée des enseignements de Djé Tsongkhapa. Pourtant, après son arrivée en Inde, le comportement du Dalaï-lama envers son guide spirituel changea beaucoup. Il ne cessa d'agir contre les intentions de Trijang Rinpoché, et mit tout en œuvre pour détruire la tradition spirituelle de Trijang Rinpoché, la tradition pure de la doctrine de Djé Tsongkhapa.

Depuis 1996, au Tibet, en Inde et au Népal, les pratiquants de Shougdèn souffrent beaucoup parce que de nombreux Tibétains suivent le point de vue du Dalaï-lama et adoptent la croyance que les pratiquants de Shougdèn sont leurs ennemis. En Inde comme au Tibet, de nombreux temples de Shougdèn, autels, statues, tableaux et textes furent illégalement détruits et de nombreux moines expulsés de leurs monastères. Sur les ordres du Dalaï-lama, les responsables des monastères et des colonies tibétaines mettent tout en œuvre pour expulser ceux qui restent dévoués à Trijang Rinpoché et pratiquent Dordjé Shougdèn. De cette façon, le Dalaï-lama provoque un grand désarroi et inflige d'importantes souffrances à des millions de personnes.

Il est clair que toutes ces situations épouvantables sont le produit des actions malfaisantes du Dalaï-lama. Par décret dictatorial, il a causé d'importantes souffrances à des personnes dans le monde entier. Il menace l'existence des lignées pures de la pratique bouddhiste, crée de profondes divisions au sein de la communauté bouddhiste et détruit tout espoir pour la cause de l'indépendance du Tibet en détruisant la confiance interne, la paix et l'harmonie du peuple tibétain.

Une grande Imposture

Controverse Dalaï-lama / Shougdèn (première partie, 10 mn.)



Controverse Dalaï-lama / Shougdèn (deuxième partie, 8 mn.)



Controverse Dalaï-lama / Shougdèn (troisième partie, 8 mn.)



Une grande Imposture

Une Grande Imposture : persécution, corruption, dictature et traîtrise. Cette histoire vraie révèle la face cachée du lauréat du prix Nobel de la paix : le Dalaï-lama. Par une recherche approfondie, ce livre regarde derrière l'image de sainteté et montre au grand jour le vrai Dalaï-lama : un dictateur religieux et politique, responsable de persécution non seulement sur son propre peuple, mais aussi sur des millions de gens de par le monde. Le Dalaï-lama utilise à mauvais escient les enseignements de Bouddha pour des fins politiques, détruisant la paix et l'harmonie qui règnent dans les communautés bouddhistes partout dans le monde, et persécutant les pratiquants de la déité bouddhiste Dordjé Shougdèn.


Saturday, July 28, 2012

Le fascisme américain et le fordisme





Au pays de Ford, c'est l'ordre, la discipline, le respect absolu des règles et de l'autorité, la soumission totale aux lois édictées par le patron qui justifient les décisions. C'est bien en vertu du principe d'autarcie juridique que fonctionnait la Ford Motor Company, coupée du monde et coupant du monde ceux qui y évoluaient. Dans les écrits de Ford, les lois fédérales semblent inexistantes. Il n'y est simplement question que de ses directives, ses règlements, la façon dont il entend gérer son entreprise. Il faut donc garder à l'esprit le climat de peur qui régnait chez les ouvriers et le sentiment d'un contrôle étroit de leurs faits et gestes.

La morale de Ford fut elle aussi érigée en modèle à suivre. Il n'y avait pas de place pour la liberté de pensée, il était impératif d'adhérer et de se conformer aux valeurs, toutes issues de son éducation puritaine, qu'il prônait. La propreté, la rigueur, la bonne conduite, les bonnes mœurs étaient autant de domaines sur lesquels l'entreprise restait intransigeante. Les ouvriers aux mœurs dissolues, qui s'adonnaient à la boisson ou fumaient, fréquentaient « des maisons de mauvaise réputation » étaient immédiatement renvoyés.

Avec un code de valeur aussi strict et aussi proche des obédiences puritaines les plus rigoristes, c'est la vie quotidienne et même la vie intime des ouvriers qui était dirigée.

Un contrôle étroit de la population ouvrière

L'organisation de la population ouvrière à Highland Park dépendait d'une institution : le Sociological Department. Favoriser l'intégration de nouveaux ouvriers et assurer le bien-être des employés fut dans un premier temps le but de ce « service sociologique ». Créé en 1913, au lendemain de la réforme des salaires et de la mise en place de la journée à cinq dollars, son importance grandit de façon considérable. En 1919, l'effectif des enquêteurs, au nombre de 30 à l'origine, avait été multiplié par cinq. Ces détectives étaient chargés d'enquêter sur les familles de chacun des employés de la Ford Motor Company. Le Sociological Department désignait les ouvriers méritant de bénéficier du plan de partage des bénéfices.

Le rôle des enquêteurs, parfois secondés par un traducteur, était de soumettre les employés à une série de questions destinées à évaluer le degré de leur moralité. Il s'agissait, selon l'expression de Ford, de s'assurer que les « participations bénéficiaires basées sur la bonne conduite » soient remises à ceux, et seulement à ceux, qui le méritaient. « Si vous doublez les revenus d'un homme et vous lui permettez de vivre au-dessus du pair, il pourrait dérailler. D'où l'utilité du Sociological Department qui permet d'enseigner aux hommes la façon de mener une vie saine et bien rangée. » Les ouvriers devaient répondre à des exigences de sobriété et de propreté, il était fortement conseillé de faire des économies, de mener une vie respectable, de ne pas se comporter de façon séditieuse ni d'accueillir trop de pensionnaires, ces derniers risquant de compromettre l'équilibre du cocon familial. Les couples mariés étaient privilégiés et l'on incitait les ouvriers vivant maritalement à régulariser leur situation. Le « service sociologique » accordait un très grand nombre d'avantages aux familles déclarées aptes : des loyers à prix modérés et des prix préférentiels sur les produits de première nécessité. Elles pouvaient bénéficier de services sanitaires et éducatifs.

Cependant, ce service était perçu par certains comme un véritable « ministère de la Morale », un organe de promotion de la vertu et de lutte contre le vice, apparemment autonome et bienveillant, mais qui n'obéissait qu'à une seule logique : maintenir les ouvriers sur le chemin de la vertu, au sens biblique du terme, et en accord avec les préceptes d'un seul homme, Henry Ford.

D'abord placé sous la responsabilité de John R. Lee, le service fut confié à partir de novembre 1915 au révérend Samuel Simpson Marquis, conseiller spirituel de Clara Ford qui recommanda cet ancien doyen de la cathédrale épiscopale de Detroit à son époux. Après 1921, Charles Sorensen fut chargé d'administrer le Sociological Department. Il dénatura complètement sa vocation première d'assistance et de soutien aux employés pour en faire un vrai outil de contrôle coercitif. […]

Malgré les bonnes volontés affichées de ses dirigeants, l'existence de ce service, surtout après 1921, était très mal vécue par la population ouvrière de Detroit et de Dearborn. Elle dénonçait, avec ses moyens limités et sans grande efficacité face au puissant dispositif fordiste, une violation de sa vie privée et s'en plaignait auprès des quelques organisations ouvrières en constitution. En plus des impératifs contraignants de productivité, s'ajoutait ce fardeau supplémentaire du Sociological Department qui enquêtait sur la vie intime des ouvriers, leur mode de vie et la gestion de leurs salaires. L'ouvrier de M. Ford s'apparentait de plus en plus à un rouage, un élément malléable à merci et contrôlé de cette immense machine dont le patron restait le maître omnipotent. Il était de plus en plus évident que ce système économique se doublait d'un appareil de façonnage social complexe et évoluait dans le sens d'une coercition accrue et d'un autoritarisme à peine voilé.

Damien Amblard, Le "fascisme" américain et le fordisme


Le "fascisme" américain et le fordisme

Un "fascisme" américain ? L'expression peut surprendre, tant le terme de "fascisme" est le plus souvent associé à l'Italie mussolinienne.

Certes, aux États-Unis le fascisme n'est jamais parvenu au pouvoir, il n'a pas disposé de porte-parole désigné ni de groupe important réellement constitué en son nom. Pour autant, que ce soit dans la culture politique ou dans l'histoire nationale, les États-Unis de l'entre-deux-guerres portaient en germe tous les éléments constitutifs d'une imprégnation fasciste particulière qui est loin d'être un simple phénomène d'importation.

Damien Amblard concentre son étude du fascisme américain sur le personnage emblématique que fut Henry Ford. Ruraliste, populiste, antimarxiste, antisémite et nationaliste, Ford mit en place avec sa Ford Motor Company une idéologie industrielle basée sur les principes d'ordre et d'autorité.

Avec son Juif international, ouvrage traduit en allemand et largement diffusé par les nazis, il donna même à penser que si l'idée d'un "complot juif" n'avait pas finalement été désavouée par l'opinion internationale, il n'aurait pas hésité à exploiter ce motif dans le contexte de la crise économique.

Nombreux furent les mouvements américains qui prirent la suite de Ford pour raviver un antisémitisme national latent qui, contrairement à l'antisémitisme européen, ne se fondera jamais sur une idéologie mais préférera toujours s'appuyer sur les préjugés populaires - au premier rang desquels la hantise d'un "complot judéo bolchévique".



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Friday, July 27, 2012

Les grandes imperfections du Dalaï-lama





Le Dalaï-lama est l'auteur du livre Dzogchen, l'essence du cœur de la Grande Perfection. Mais, comme la plupart des gourous et des hiérarques lamaïstes, les actes de Sa Sainteté ne montrent pas une véritable réalisation spirituelle. Au contraire, l'homme qui se dissimule derrière sa toge safran incarne toutes les imperfections du féodalisme théocratique de l'absolutisme au népotisme en passant par l'obscurantisme et l'hypocrisie... N'est-il pas temps de mettre fin à une tartuferie qui a assez duré ?

Les « élites » étasuniennes, apôtres du darwinisme social, du fordisme autoritaire, du fascisme invisible, ont fait la promotion du lamaïsme, trouvant en lui un système qui ne diffère guère de leurs conceptions de la domination des populations.

L'esclavagisme moderne, fondé sur l'addiction à la consommation, et l'asservissement orchestré par les lamas au nom du karma et de la promesse d'une meilleure réincarnation ont en commun la soif de pouvoir d'une caste de prédateurs.

L'esclavage dharmique

« Alexandra David-Néel était une grande voyageuse, amie et spécialiste incontestée du Tibet, rappelle Maxime Vinas. Elle avait été reçue à Dharamsala par le dalaï-lama et, après sa mort, il se rendit à deux reprises (octobre 1982 et mai 1986) dans sa maison natale à Digne, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il lui rendit publiquement hommage pour avoir fait connaître la culture tibétaine aux Occidentaux. Dans son livre Grand Tibet et vaste Chine, elle concède : « Une sorte d'esclavage assez bénin subsiste encore en maintes parties du Tibet. » Les dalaï-lamistes acharnés à nier cette réalité ergotent sur certaines libertés accordées aux pauvres et grâce auxquelles on ne saurait parler d'esclavage.

Or, on constate dans les lois du Tibet des dalaï-lamas des similitudes frappantes avec un texte français de 1685, L'Édit du roi touchant la police des îles de l'Amérique française, dit « Code noir », de Colbert, qui visait officiellement à assurer une protection légale des esclaves. Dans la France royaliste de jadis et dans le Tibet théocratique de naguère, les maîtres avaient le droit de punir leurs gens, de les obliger à pratiquer une religion, de sanctionner les fuyards et les voleurs, de les faire enchaîner, fouetter, emprisonner, amputer, de les mettre à mort, d'accorder ou pas l'autorisation de mariage. Quant à ceux qui auraient osé porter la main sur leur maître, une palette de punitions assez semblables existait en fonction de la gravité du geste et de l'importance de la personne touchée. Le goût de l'humour noir sera reconnu à ceux pour qui les lois quasi identiques définissaient l'esclavage chez nous et un banal « métayage » au Tibet.

Nous comptons donc dix-sept ans de formation au métier, plus de neuf ans de règne avant l'annonce chafouine de la volonté du dalaï-lama, dictée par sa bonté et son amour de la démocratie, d'en finir plus tard avec un héritage féodal qui fit la puissance et l'opulence de quatorze dalaï-lamas et des leurs.

Certes, nombre de Français trouveront à juste titre beaucoup à redire sur la conception chinoise de la démocratie et le système qui prévaut à ce jour à Lhassa. Mais ils objecteront plus encore à la découverte de ce que fut le gouvernement du dalaï-lama et de ce qu'est le programme du gouvernement tibétain en exil. »

L'obscurantisme lamaïste

« Quels enseignements étaient dispensés aux Tibétains, ou plus exactement aux cinq pour cent d'entre eux qui en bénéficiaient, s'interroge Maxime Vinas ?

D'abord, « cinq sujets mineurs » qui concernent « l'art dramatique, la danse et la musique, l'astrologie, la poésie, la composition littéraire ». Toutes ces matières ? Non, les élèves moines peuvent se contenter d'étudier « l'astrologie et la composition littéraire ».

Puis « cinq sujets majeurs » qui correspondent à un enseignement supérieur et qui sont : « l'art de guérir, l'étude du sanscrit, la dialectique, les arts et métiers, la métaphysique et la philosophie religieuse [...] dont le dernier — métaphysique et philosophie religieuse — est de loin le plus important [...] » et qui se subdivisent eux-mêmes en cinq parties : perfection de la sagesse, sentier du milieu, règles de la discipline monastique, métaphysique, logique et dialectique.

Bien formaté, l'érudit tibétain n'en sait guère plus que le serf analphabète sur ce qui, à travers le monde et au fil des siècles, a enrichi l'intelligence et la pensée, et amélioré la vie au quotidien. Physique, chimie, mécanique, architecture, économie, courants philosophiques ou artistiques et autres babioles impies sont bloqués aux portes du Tibet mystique par une politique délibérée dite « d'isolement ». Nul ne savait ou n'était censé savoir, ou en tout cas ne devait enseigner par exemple la géométrie ou l'algèbre, hérésies considérées comme utiles partout ailleurs depuis des siècles avant notre ère.

Bien entendu, l'histoire du monde et la géographie n'étaient pas davantage à l'honneur, disciplines inutiles pour perpétuer la théocratie, voire dangereuses. […]

Ignorance voulue, organisée, garante d'un immobilisme qui convient si bien à la caste dirigeante, ignorance sans laquelle le peuple tibétain, « fier, courageux et guerrier », selon la description qu'en fait le dalaï-lama lui-même, aurait probablement secoué le joug d'une oppression religieuse unique au monde à l'époque où ce dernier a accédé au pouvoir. Orphelin de cette révolte qui lui aurait permis de garder les moines, mais sans leur pouvoir temporel et sans l'aristocratie parasitaire, le peuple tibétain s'est vu, plus que d'autres, pris dans la nasse d'un enfermement multiple, privé qu'il était de connaissances, de modernité, de droits démocratiques, de justice non religieuse, d'autorisation de voyager et de recevoir des étrangers. »

L'art du bonheur de Sa Sainteté : heureux comme un pape et con comme un panier

Maxime Vinas poursuit sa critique du lamaïsme : « Dans Histoire d'un bon bramin, un conte qu'on dirait bien écrit pour le dalaï-lama, Voltaire met en scène la rencontre d'un voyageur avec un prêtre de la religion hindoue qui observait une vieille femme. Elle « croyait aux métamorphoses de Vitsnou de tout son cœur, et, pourvu qu'elle pût avoir quelquefois de l'eau du Gange pour se laver, elle se croyait la plus heureuse des femmes ». Le prêtre confie : « Je me suis dit cent fois que je serais heureux si j'étais aussi sot que ma voisine, et cependant je ne voudrais pas d'un tel bonheur. » L'auteur pose alors cet aphorisme célèbre : « Je n'aurais pas voulu être heureux à condition d'être imbécile » et il conclut : «Je ne trouvai personne qui voulût accepter le marché de devenir imbécile pour devenir content. »

Sera-t-il permis de préférer sur ce point la sagesse voltairienne de 1761 à celle du dalaï-lama, c'est-à-dire le Tibet d'aujourd'hui à celui d'hier ? »

Maxime Vinas, Dalaï-lama pas si Zen.








Maxime Vivas ose s'attaquer au mythe : et si le dalaï-lama était un théocrate qui remplit d'or les coffres de ses palais tandis que les Tibétains n'étaient que des serfs auxquels on refuse toute éducation ? Et si, en bon opportuniste, il tenait un discours changeant à l'égard des Chinois, tantôt amis, tantôt ennemis ? Et s'il faisait le jeu des Américains et de la CIA davantage que celui des Tibétains qu'il prétend défendre ?

S'appuyant sur les propos mêmes du dalaï-lama, sur les témoignages de prosélytes ainsi que sur son propre voyage au Tibet, l'auteur dresse un portrait au vitriol de Sa Sainteté et nous démontre que tout n'est pas si zen au royaume de Bouddha.

Maxime Vivas, journaliste, est coadministrateur du site d'information alternative legrandsoir.info. Il anime également une émission culturelle sur Radio Mon Païs et a été référent littéraire d'ATTAC-France. Il a publié La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux faucons du Pentagone (Aden, 2007).
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Pourquoi le Dalaï-lama a-t-il reçu le prix Nobel de la Paix ? http://bouddhanar.blogspot.fr/2011/01/pourquoi-le-dalai-lama-t-il-recu-le.html 

Wikileaks : le Dalaï-lama & « Establishment 22 » 

Thursday, July 26, 2012

Introduction du Tch'an chinois au Tibet





Le Tch'an (Ch'an) ne figure pas officiellement au nombre des diverses écoles de pensée du Bouddhisme tibétain. En effet, si nous conservons des preuves écrites de son introduction au Tibet, son implantation est restée sous-jacente et n'a pas donné naissance à une secte propre. Son évolution et ses ramifications sont donc souterraines.

Pour comprendre la part d'imprégnation du Tch'an dans les fondements de la mystique tibétaine et pour situer le problème qu'a soulevé cet impact, il est indispensable d'avoir présents à l'esprit les faits majeurs concernant la diffusion du Bouddhisme dans ce pays et la formation, dans ses très grandes lignes, des principaux ordres monastiques qui subsistent encore de nos jours.

Pour cela, il faut se reporter au VIIIe siècle, époque cruciale pour la destinée du Tibet car elle fut celle de sa plus grande expansion territoriale (jusqu'à Touen-houang et même, de façon épisodique, jusqu'à Tch'ang-ngan, alors capitale de la Chine ) et surtout le point de départ de son rayonnement spirituel.

Les auteurs tibétains distinguent deux vagues de diffusion du bouddhisme. La première qui avait probablement débuté au vue siècle s'affirma au VIIIe siècle avec l'arrivée de l'éminent pandit indien Santaraksita puis celle du grand tantriste Padmasambhava. Après une terrible proscription de la Doctrine à partir du IXe siècle, la seconde diffusion commença avec l'arrivée d'Atisa en 1042.

Cette distinction traditionnelle est d'importance puisque seront critiquées par la suite les sectes qui se réfèrent aux tantra anciens, c'est-à-dire traduits avant la seconde diffusion.

De fait, les Nyingmapa ou « Anciens », ainsi appelés parce qu'ils se réclament de la tradition issue de Padmasambhava, et surtout les Dzogchenpa ou « Tenants du Grand Achèvement » qui se rattachent à Vairocana, disciple de Padmasambhava, furent les premiers à être attaqués pour leurs doctrines fondées sur des tantra considérés comme apocryphes.

Certains auteurs « orthodoxes » ont décrit les doctrines des Kagyüpa ou « Tenants des enseignements oraux » issus de Marpa (1012-1096), maître de Milarépa, ainsi que les doctrines Nyingmapa et surtout celles de sa branche Dzogchen comme étant le prolongement du Tch'an chinois.

Et par ailleurs, le grand érudit Kagyupa Padma dKarpo ( XVIe siècle) rapporte dans sa Chronique que certains textes de son école ( tout comme certains textes de l'école Nyingmapa ) sont des œuvres qui auraient été enterrées en tant que « gter-ma » ou « trésors » par le maître chinois Mahayana, le défenseur du Tch'an lors de la célèbre controverse du VIIIe siècle. [...]

La controverse sino-indienne du VIIIe siècle

Cette doctrine du Dhyàna chinois fut appelée d'abord « Grand Yoga » et par la suite « Hva-çan lugs » ou « manière des hva-çan » ( ce dernier terme étant la transcription du mot chinois ho-chang, « bonze »). Les récits concernant son introduction au Tibet nous ont d'abord été connus à travers les chroniques tibétaines tardives. Celles-ci relatent toutes une controverse religieuse qui aurait eu lieu au Tibet sous le règne du roi Trisong detsen ( 755-797 ), désireux d'adopter comme religion officielle la forme de bouddhisme la plus authentique, mais certainement aussi conscient de devoir choisir la forme la mieux appropriée au tempérament de son peuple.

Cette controverse qui portait sur la nature des méthodes conduisant à l'Éveil, opposa le Hva-çan chinois Mahayana aux partisans des maîtres indiens Santaraksita et Kamalasila qui le soumirent à un interrogatoire dogmatique.

Comme le rapporte entre autres l'historien Butön (1290-1364) dans sa chronique, les partisans du Hva-çan formaient « l'École de la méthode subite » (sTon-mun-pa), et ceux de son concurrent indien formaient « l'École de la méthode graduelle » (rCen-min-pa), ces deux expressions étant la transcription phonétique de deux termes tirés de la scolastique chinoise.

Comme tous les auteurs de chroniques tardives, Butön affirme qu'à la suite de cette controverse, le maître chinois fut défait et que seul, le bouddhisme indien intervint dans la formation du bouddhisme tibétain.

Mais le dépouillement des manuscrits trouvés à Touen-houang, capital pour la connaissance de cette période, allait apporter un éclairage tout à fait nouveau.

C'est le regretté sinologue P. Demiéville qui ouvrit ce champ d'études du Dhyana chinois au Tibet, en éditant et en traduisant dans une œuvre magistrale intitulée « Le Concile de Lhasa », le dossier chinois de cette controverse qui porte pour titre : « Ratification des vrais principes du Grand Véhicule (conformes à la doctrine) de l'Éveil subit ».

Ce texte est d'une historicité incontestable puisqu'il a été rédigé par un laïc chinois nommé Wang Si, probablement témoin oculaire de la controverse.

Or, contrairement à la tradition tibétaine, d'après la tradition chinoise, le roi semble s'être prononcé en faveur du prédicateur chinois, puisque Wang Si achève sa préface par la conclusion suivante :

« En l'année siu, le 15 de la première lune, fut enfin promulgué ce grand édit :

«La doctrine du Dhyana qu'enseigne Mahayana est un développement parfaitement fondé du texte des sutra ; il n'y a pas la moindre erreur. Que désormais religieux et laïcs soient autorisés à pratiquer et à s'exercer selon cette Loi. » (P. 42.)

Au cours des vingt dernières années, de nombreux travaux ont vu le jour et l'on sait maintenant que cette controverse sino-indienne a bien eu lieu au Tibet, vers 780 (et non pas de 792 à 794), à Samyé (et non à Lhasa) et probablement même dans des lieux divers, sous forme de discussions faites par écrit. Pourtant on ignore encore les faits exacts car s'il est sans doute vrai que dans un premier temps le roi trancha en faveur du parti chinois, il est incontestable que par la suite toutes les écoles du bouddhisme tibétain se référèrent aux deux écoles indiennes du Madhyamika fondé par Nagarjuna et du Yogacara fondé par Asanga.

En tout cas, il est vrai aussi qu'il n'existe aucune preuve écrite de la condamnation officielle du Dhyana chinois au Tibet et si les maîtres chinois furent finalement battus, on retrouve encore trace de leur doctrine dans certains ordres, en particulier ceux des Nyingmapa et des Kagyupa, qui ont été accusés de prolonger le Tch'an. [...]

C'est l'expérience de l'intériorité profonde qui donne à l'homme sa grandeur : les Tibétains le savent bien, eux qui s'efforcent depuis des siècles de vivre cette vérité. Le Tch'an est une réalisation mystique, centrée uniquement sur l'expérience intérieure qui vise à une prise de conscience intuitive, en état de samadhi. Comment les Tibétains, pour la plupart si enclins au mysticisme, auraient-ils pu rester insensibles à une doctrine qui faisait appel à une réalisation intime profonde, sans appui extérieur ? Le succès des Hva-çan fut immédiat et foudroyant, si l'on en croit le dossier chinois. Certes, le Tch'an, comme toute autre doctrine implantée au Tibet, a pris dans ce pays une couleur particulière : la couleur tibétaine qui trahit la nature d'un peuple imprégné d'occultisme.

Guilaine Mala



Note sur le Dzogchen Bönpo :

L’influence du Ch'an chinois sur le Dzogchen des Bönpo est trop souvent ignoré malgré de nombreuses similitudes et l'enseignement d’un patriarche du nom de Darma Bode. Le nom de Darma Bode fait dire à Samten Karmay, né dans une famille Bönpo du Tibet et directeur de recherche au CNRS : « Il nous rappelle Bodhidharma, le patriarche de la tradition Ch'an/Zen ».

Wednesday, July 25, 2012

Yoga, méditation et cætera





Récemment, j'ai voyagé avec une personne qui pratique le yoga et la méditation depuis des années. Elle fréquente aussi un monastère où l'on se gargarise de philosophie bouddhiste et de techniques tantriques. Mais, l'esprit de cette personne est confus. Longchenpa (XIVe siècle), auteur de textes sur le Dzogchen, prévenait : « tous ces véhicules empêtrent votre esprit immaculé ». (Longchenpa, « La liberté naturelle de l'esprit ».)

Bien avant Longchenpa, au VIIIe siècle, un patriarche du Zhang Zhung (tradition Bönpo du Tibet) nommé Tapihritsa se moquait des grands méditants, des érudits hâbleurs et des pratiquants du tantrisme. Tapihritsa disait :

« Les grands méditants qui emprisonnent et contrôlent les pensées sont somnolents et dorment quand ils méditent.

Le langage et la logique de la philosophie sont comparables à des armes et à de sombres filets. Le débat n'est que concepts verbaux.

Les pratiques tantriques transforment l'esprit et ne le laissent pas dans sa nature.

Les érudits ont une compréhension vide de sens et leur Vue et leur méditation sont semblables à des bulles, de simples mots qu'ils ne mettent pas en application.

Tout cela n'est pas la pratique véritable ; l'état ultime est inconditionné.

Point de pratique à faire, aucun obscurcissement, une fois la véritable compréhension atteinte, plus rien à forcer ou à changer. »

(D'après « Les prodiges de l'esprit naturel » de T. Wangyal)


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