Wednesday, June 27, 2012

L'Archange empourpré





Shihnoddin Yahya Sohravardi fut un mystique et un doctrinaire persan qui vécut au XIIe siècle. Il est né en 1155 (549 de l'hégire) dans le nord-ouest de l'Iran, limitrophe de l'Azerbaïdjan. D'une famille aisée, il fit ses premières études à Marâgheb, dans sa province natale qui fut typologiquement le lieu sanctifié de l'hagiographie de Zoroastre et de l'Avesta. Il y avait aussi des communautés nestoriennes dans la province et, comme l'écrit justement Henry Corbin : « Ce double "voisinage" est à retenir ; il peut éclairer la première éclosion des projets de notre shaykh. »

Sohravarin, après un procès inique, mourut martyr à Alep, en Syrie, à trente-six ans, le 29 juillet 1191 (585 de l'hégire), pour avoir défendu ses idées — et sa foi — contre des juges sectaires et Saladin, champion d'une orthodoxie islamique impitoyable, qui venait d'essuyer une cuisante défaite trois semaines auparavant, à Saint-Jean-d'Acre, devant les croisés conduits par Richard Cœur de Lion.

Sohravardî a écrit une œuvre capitale qui le place parmi les plus grands de la pensée et aussi de la révélation divine. Il est, Pour les Iraniens, l'homme de la « résurrection », doctrine que l'on désigne simplement par le terme Ishrâq, la Lumière, celle du soleil à son lever, l'aurora consurgens, l'« orient » de la pensée, notre orient ésotérique à chacun de nous.

A travers sa foi islamique, Sohravardî a perpétué la pensée et la révélation zoroastriennes. Aujourd'hui encore, son empreinte est toujours forte en Iran — il a une école — et plus que jamais la « vision » qu'il à reçue de Dieu, la démarche ésotérique et les emprunts faits dans la cosmogonie de l'Avesta qu'il a introduits dans la religion islamique le placent au premier plan des grands découvreurs de ces continents inconnus du royaume de Dieu. Il eut une grande influence en Inde. C'est dire l'actualité de l’œuvre sohravardienne dans notre époque inquiète, attirée par les voies convergentes de l'Autre Monde et l'enrichissement qu'apporte son livre, l'Archange empourpré, remarquablement traduit du persan et de l'arabe par Henry Corbin. L'œuvre de Sohravardi doit être appréhendée par ses deux volets, apparemment opposés, mais qui finalement se complètent et forment un tout monolithique : la révélation et la doctrine une maïeutique qui se manifeste d'une manière récurrente à travers la mystique, celle-ci conduite par le Guide, l'ange de la Spiritualité — l'empourpré —, c'est-à-dire dont l'aile droite s'élève dans la Lumière et la gauche plonge dans les ténèbres. Ainsi, le message sohravardien est théophanique, initiatique et salvifique.

Qu'est-ce donc que l'auteur — l'architecte — d'une pareille perspective ? Un philosophe ? Un prophète — lui qui a osé déclarer qu'après Mahomet un autre prophète pouvait encore venir ? Un pèlerin de la Lumière ? C'est peut-être sous ce dernier vocable que l'on pourrait le mieux situer. Un homo viator, un homme du voyage, de l'initiation intérieure (pour lui, l'homme peut s'élever devant Dieu sans le secours d'un maître), un témoin du Verbe.

« Plus l'oiseau est intelligent, plus il va loin », écrit prophétiquement Sohravardi dans le Récit de l'Archange empourpré, l'un des quinze traités qui constituent son œuvre. Pour lui, « aller loin », c'est partir à la quête de la Source de Vie, chassant la mort par l'épée initiatique qui nous délivre de la « cotte de mailles » (les limbes). Ainsi, le Sage répond au disciple « Trouve la Source de Vie. De cette source fais couler l'eau à flots sur ta tête, jusqu'à ce que cette cotte de mailles [au lieu de t'enserrer à l'étroit] devienne un simple vêtement » qui flotte avec souplesse autour de ta personne. Alors tu seras invulnérable aux coups portés par cette Épée.»

Trouver la Source de Vie et peut-être encore aller au-delà, passer par la montagne de Qâf où se trouve l'arbre Tûba, se « retrouver » dans le miroir — le Graal, selon Sohravardi —, telle est l'une, des voies de l'initiation qui mène aux Verbes, lesquels aboutissent au Verbe. Car, poursuit le Sage : « Sache que Dieu Très Haut a eu certains nombres de Verbes majeurs (Kali-mat-é Kobra), émanant de l'éclat de son auguste Face. Ces verbes forment un ordre hiérarchique. Le Premier à émaner est le Verbe suprême.» (Traité VII, Le bruissement des ailes de Gabriel, § 7.)

Sohravardi nous convie au mépris des épreuves que nous devons endurer — même de notre vie —, à aller vers cette Source de Vie. Mais déjà son œuvre est elle-même une source claire, vivifiante, inépuisable. L'Archange empourpré est non seulement une « œuvre révélée », une doctrine — qui lui a coûté la vie —, mais un merveilleux chant d'amour à Dieu et aux hommes. Un livre essentiel que l'on garde au chevet.

Michel Hérubel

L'Archange empourpré


Commentaire d'un lecteur :

Maître Henry CORBIN - Philosophe, orientaliste, historien, Professeur émérite titulaire de la Chaire des études religieuses à l'École Pratique des Hautes Études - a consacré son oeuvre à la traduction et au commentaire (Herméneutique) de la Philosophie Orientale. Il nous en livre ici une série textes majeurs du Grand Voyageur Sohrawardi.

Celui-ci, aura su, en Parfait pèlerin de l'Esprit, nous inviter par le parcours de 15 traités initiatiques à la résurrection de la Théosophie de Lumière des Sages de l'ancienne Perse.

Dans une nostalgie de l'Unité au Plérome, le Récit Poétique de ses ascensions au sein de ce "Mundus Imaginalis", monde médian et médiateur, nous convie à lancer un pont lumineux. Grâce à un coeur purifié, ouvert à la philosophie de la Beauté et de l'Amour Spiritualisé, le mystique persan nous soumet sa Vision à l'horizon d'une Aurore boréale, perception supra-sensible des Couleurs, de son Corps Subtil au sein d'une géographie de la transcendance (grottes et cavernes, Source, Haute montagne, Grand Rocher, Orient, Nord, Occident...) comme autant d'étapes et de degrés par lesquels passe le fidèle d'Amour, chevalier de l'Esprit, Héros de la quête en La Divine Lumière...

Monday, June 25, 2012

Le conflit secte-société




L'expression secte politico-religieuse est fréquemment employée. Le religieux et le politique ont chacun leur place dans toute société et il n'est pas souhaitable que l'un ait une pré-éminence ou un pouvoir de contrôle sur l'autre, mais il n'est pas non plus défendu de se montrer à la fois politique et religieux. [...]

Les termes secte, secte religieuse et, encore plus, secte politico-religieuse sont péjoratifs. Ils désignent des mouvements néfastes et dangereux. Implicitement, cela revient à dire : il n'y a pas de bonnes sectes, toutes les sectes sont néfastes.

Or, l'on ne voit pas ce que le fait pour une secte de s'occuper de religion, de politique ou encore de commerce, non plus que le fait d'être importée de l'étranger ont de critiquable.

En réalité, dans les actions menées contre les sectes il est couramment fait référence implicitement à deux postulats qu'il convient de mettre en évidence et de rejeter. Le premier consiste, en plaçant la simple étiquette secte, à stigmatiser arbitrairement telle organisation contre laquelle tout deviendrait permis. Le deuxième consiste, par résolution du conflit secte-société, à entendre suppression ou interdiction des sectes.

Les sectes ont existé de tout temps et existeront toujours. Il est vain et arbitraire de vouloir les supprimer. Il est par contre nécessaire d'exiger avec force que certaines conditions soient respectées et il est important de circonscrire clairement ces conditions, à défaut de quoi nous risquons de nous montrer plus intolérants encore que les groupements que nous visons.

Indiquons rapidement ce que nous devons exiger, éviter, proposer.

Ce que nous devons exiger :

Que la santé physique et la santé mentale de l'adepte lie soient pas mises en danger. Ainsi en est-il lorsqu'il y a usage de violence ou de menace de violence physique (manque de sommeil ou de nourriture, soins médicaux insuffisants, absorption de drogue, d'excitants, hypnose, coups, blessures) ; psychique entraînant une perte réelle de l'autonomie, de la volonté propre, du sens critique ; symbolique : usage abusif de mots-forces et 'de concepts terrifiants, tel Satan, etc.

Que les buts effectivement poursuivis par le mouvement soient présentés clairement dès l'entrée dans celui-ci.

Si l'on doit laisser à chacun la liberté de se tromper, on doit refuser à un mouvement la liberté de tromper sciemment autrui.

Ce que nous devons éviter :

Une chasse aux sorcières.

Le développement de campagnes de haine préjudiciables aux relations individuelles, familiales et sociales, entraînant une montée de la violence et de l'incompréhension.

Au nom des valeurs que sont la défense de la famille et la préservation de l'intégrité de l'individu, la poursuite d'actions contraires à ces valeurs :

creuser un fossé de peur, d'incompréhension et d'agressivité entre parents et adeptes ;

violer l'autonomie de l'adepte en voulant, au-delà d'une stricte information et par l'usage de la force ou de quelque autre moyen contraignant ou déloyal, l'empêcher de « se tromper ».

Une guerre où les différentes parties en cause ne se rencontrent pas, mais agissent par intermédiaires et réactions différées : presse, propositions de loi, campagnes de dénigrement procédant le plus souvent de généralisations non fondées ou de déformations des faits, ne conduisant pas vers une solution du conflit, mais bien plutôt vers une escalade et une fièvre incontrôlée qu'alimentent les passions et l'imagination plus que la raison et l'observation pure.

Ce que nous devons proposer :

Une information solidement fondée. Une information ne provenant pas uniquement du groupement en cause est indispensable. Cette information doit se fonder sur des faits clairement établis, sans invention ou déformation de la réalité, en procédant à des différenciations fines, en établissant clairement la limite entre ce qui est un fait et ce qui est une opinion ou un jugement de valeur.

L'établissement et le maintien d'un dialogue harmonieux entre l'adepte, sa famille et ses amis : ouverture la plus propice à la prise de conscience de la possibilité d'un retour à des valeurs différentes des siennes.

Une rencontre directe et honnête avec chaque secte dans le dessein de résoudre effectivement le conflit secte-société.

Il importe à cette occasion de circonscrire clairement notre exigence en la limitant à une préservation de la santé mentale et physique de l'adepte et à une absence de tromperie sur les buts énoncés.

Au risque d'ouvrir une porte sur l'arbitraire, cette limite ne devrait pas être dépassée. En particulier, si l'on est en droit d'exprimer son désaccord sur tel dogme, il importe toutefois de reconnaître à toute personne le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion, tel qu'il a été retenu par la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée le 10 décembre 1948 par et ratifiée par la France.

S'il n'existe pas un moyen idéal de contrôle permettant de vérifier que ces conditions dont nous requérons de façon très ferme le respect sont effectivement remplies, il semble toutefois que le meilleur contrôle est encore celui que peuvent exercer la famille et les proches.

En tout état de cause, l'argument non avoué ne tient pas, selon lequel, faute de moyens idéaux de contrôle, il convient de supprimer les sectes.

C'est être encore plus intolérant que ne le sont les sectes.

Ne peut pas davantage être accepté l'argument selon lequel un dialogue direct avec des représentants des sectes est impensable, ces représentants n'étant pas des interlocuteurs valables. Ce genre d'argument sert uniquement de justification à des actions malhonnêtes ou dont on ne veut pas assumer la responsabilité.

Le dialogue n'a jamais fait de mal à personne.

M. Keller

Thursday, June 21, 2012

Vérités sur les maladies émergentes





Voici les résultats d'une investigation fouillée, sur un problème de santé publique masqué par les autorités sanitaires françaises. La logique qui préside à son étouffement, est du même ordre que celle mise en œuvre pour tromper le public dans les affaires du nuage radioactif de Tchernobyl, du sang contaminé ou encore de l'amiante. Pourtant, il concerne potentiellement TOUS les Français.
Des millions de personnes souffrent aujourd'hui sans connaître la véritable cause de leurs maux. Alors que des solutions médicales existent, et que des guérisons sont possibles, ils ne reçoivent que des soins que l'on pourrait qualifier de palliatifs. On ne traite pas la cause : elle est méconnue, parce qu'elle n'a pas droit de cité dans notre pays. Le diagnostic même, qui permettrait d'identifier l'origine de la maladie, est ici tabou. Les médecins sont maintenus dans l'ignorance de ce qui, ailleurs, est parfois, non seulement connu, mais reconnu, et véritablement soigné.

Vous pensez sans doute que cela est impossible ici, dans un pays qui s'enorgueillit d'avoir aujourd'hui le meilleur système de santé du monde ?
C'est pourtant la vérité. Notre propos est de vous apporter, sous une forme que nous espérons attrayante et compréhensible pour tous, les preuves scientifiques d'envergure internationale, permettant de faire toute la lumière sur la question. Ces publications reconnues par l'ensemble de la communauté scientifique mondiale intéresseront tout le monde : corps médical spécialisé ou non, patients désireux de comprendre et de retrouver la santé. Publications scientifiques répertoriées dans la presse médicale internationale, mais qui, telles le nuage de Tchernobyl selon le discours officiel de l'époque, ne franchissent jamais, dirait-on, les limites de l'hexagone.

Le savoir médical français semble avoir en effet, des frontières bien hermétiques, car outre l'omerta officielle des autorités, tout conspire au silence, orchestré par de puissants lobbies.

Les patients concernés ne rencontrent qu'exaspération auprès du corps médical qu'ils embarrassent, car ils ne guérissent jamais : il n'y a tout simplement pas, ici en France, d'outils pour les diagnostiquer, de médicaments permettant de les soigner et de les guérir. Rejetés par la médecine classique et les autorités de santé, qui les taxent d'hypochondriaques et tentent de les assommer (ou de les museler ?) avec des psychotropes, ils n'ont d'autres solutions que de chercher «ailleurs» des produits miracles, aussi onéreux qu'illusoires.

C'est ainsi qu'au pays de Descartes et Claude Bernard, carte blanche est donnée aux margoulins de tout poil, par des instances sanitaires défaillantes, voire cyniques, pour vendre très cher, de faux espoirs de guérison, et permettre qu'une médecine de foire occupe le devant de la scène. C'est un formidable créneau commercial !

Il s'agit de l'intoxication massive et chronique de dizaines de millions de Français, aux métaux lourds — et principalement au mercure — dont les sources de pollution sont diverses, et ont de multiples conséquences gravissimes sur notre santé.

Si nous avons pu écrire ce livre, démêler le vrai du faux, et approfondir la question c'est que nous y avons été initiée indirectement par un médecin spécialisé en médecine environnementale, qui nous a soignée et guérie, avec une parfaite maîtrise du sujet. Nous avons recueilli assidûment et passionné-ment les propos de ce chercheur d'exception en santé publique, hélas aujourd'hui disparu : le docteur Jean-Jacques Melet. Ce scientifique rigoureux et intègre n'a pas pu de son vivant, faire entendre sa voix, l'establishment médical n'a eu de cesse de le réduire au silence et de le déconsidérer.

Il nous a semblé impossible de ne pas communiquer publiquement après sa mort, ce qu'il nous a transmis sur la justesse de son combat, et l'efficacité incontestable, preuves chiffrées à l'appui, de solutions thérapeutiques existantes, qui permettraient à la France malade d'aujourd'hui, de redresser la tête.

Nous avons fait personnellement l'expérience d'une guérison acquise sur trois générations : une famille entière dont sept malades. Nous ne pouvons supporter de voir plus longtemps se dégrader la santé de nos concitoyens, les regarder souffrir les bras croisés, ou admettre que tant de vies basculent vers le drame, quand nous connaissons les outils de diagnostics, les protocoles de guérison, et les informations pour convaincre: des preuves irréfutables.

Nous n'avons pas le droit nous taire. Il est de notre devoir de parler pour que cesse enfin la conspiration du silence.

Françoise Cambayrac

Vérités sur les maladies émergentes

Preuves à l'appui, l'auteur démontre que beaucoup des nouvelles maladies de notre époque (fatigue chronique, fibromyalgie, spasmophilie, électrosensibilité, maladies auto-immunes, allergies, Alzheimer, autisme...), réputées incurables, et que bien des médecins considèrent, pour certaines, comme purement imaginaires, trouvent leur explication dans une intoxication de l organisme.

Et elle met en évidence un formidable scandale de santé publique. Là où son second livre, Maladies émergentes, comment s'en sortir ?, se voulait un recueil de témoignages et un guide pratique destiné aux intoxiqués chroniques.

Vérités sur les maladies émergentes est conçu comme une véritable thèse médicale, étayée de preuves scientifiques issues des travaux de chercheurs du monde entier, et accessible au grand public comme aux professionnels de la santé. 

Mise à jour et parfaitement complète, cette nouvelle édition devrait achever de convaincre les plus sceptiques de la gravité de la situation.


Ancienne fibromyalgique, Françoise Cambayrac a pu observer les effets nocifs du mercure dans sa propre famille, intoxiquée sur trois générations. Guérie et informée du danger insoupçonné des amalgames dentaires par un médecin précurseur et courageux, aujourd'hui disparu, elle a entrepris de transmettre son héritage à travers deux livres publiés aux Editions Mosaïque-Santé. En partageant son expérience et les conclusions du vaste travail de recherche qu'elle a mené sur le sujet, elle lève le voile sur ce qui pourrait être l'un des plus grands scandales de santé du XXIe siècle.

Illustration :

Tuesday, June 19, 2012

La spiritualité ouverte





Notre société de consommation pimentée de technologies, d'écrans omniprésents, de droits en tous genres et des drogues les plus diverses, au mieux Mac Do - Coca, au pire la cocaïne, monstruosise une partie significative de notre jeunesse. Elle vise l'indépendance mais pas l'autonomie, elle veut se libérer sans être libre (de ses besoins superficiels), elle est instruite mais pas éduquée, elle est informée mais pas formée, elle est précoce mais pas préparée, elle est demandeuse de vie, mais privée de nature et elle rêve d'un idéal qu'elle ne connaît pas. Surdoués technologiquement dans la communication, nous sommes pourtant ses handicapés.

Nous sommes coupables et responsables.

Les arts, espaces de liberté et d'épanouissement sont malmenés. Pourtant la fréquentation des œuvres d'art a un impact sur nous tous. En les regardant, en les écoutant, nous nous lions à leurs créateurs, nous commençons à vivre ce qu'ils ont vécu, ils nous entraînent vers les régions qu'ils ont visitées.

Notre époque est celle de la science et celle de l'intellect, pas celle de la raison ni du cœur. Nous oublions les réalités et les sentiments. Des penseurs, ici et là, expliquent cette analyse, l'Italien Raffaelo Morelli ou le Français Jacques Salomé. C'est énorme de constater qu'avec tous ces moyens de communication, notre problème principal c'est elle, la communication ! Son absence ou sa mauvaise qualité crée des conflits en tous genres. La physique quantique nous apprend que la communication est créative d'énergie puis d'actions, donc de résultats.

La plupart des problèmes naissent d'un défaut de communications, donc d'un problème spirituel. Les nombreux problèmes répétés de nos sociétés prouvent qu'il existe forcément des stades plus avancés de développement humain, même si nous sommes évolués technologiquement et administrativement. Lorsqu'une collectivité humaine atteindra un nouveau stade de maturité spirituelle, de nouvelles aptitudes verront le jour sur les plans de l'amour, de la vitalité, des relations humaines, de la conscience corporelle, celle de l'esprit, de l'intuition et de la perception.

C'est extraordinaire de constater cette charge du mot « spirituel » qui apparaîtra sectaire pour les uns, stupide pour les autres et salvateur pour quelques uns.

Notre société a besoin de matérialisme raisonnable et de spiritualité ouverte.

Il est vrai que notre société matérielle aidée par quelques mauvais religieux ou faux gourous, a saboté la nécessaire spiritualité. On nourrit aussi mal son corps que son esprit.

Une organisation, une idée sont sectaires lorsqu'elles condamnent tout ce qui n'est pas elles et lorsque l'argent est leur moteur. Mais les expériences d'organisations sociales alternatives ou d'idées audacieuses sont souvent tentées par des petits groupes sur la base d'une conviction (politique, religieuse ou autre). Les problèmes d'une société trouvent régulièrement des solutions dans des réponses mises au point par une ou plusieurs personnes, en réaction aux problèmes. Si on stigmatise toute initiative comme étant sectaire ou loufoque, parce que paraissant bizarre, on prive la société de la ressource d'inventer des solutions.

Le respect de la minorité, le respect des différences, sont une marque d'évolution.

Notre société nous a programmés pour fonctionner sur un système binaire et cela nuit à notre bien-être. C'est blanc ou c'est noir alors qu'il y a toute une gamme de couleurs ; c'est bon ou c'est mauvais alors que la plupart des situations et des personnes comportent plusieurs facettes ; on veut nous maintenir dans une option droite ou gauche, on croit qu'il faut choisir entre l'économie et l'écologie, l'élection présidentielle de la première puissance mondiale repose sur deux candidats alors qu'il y en a beaucoup d'autres que les médias oublient. L'idée de séparation domine. Elle est assassine. Le problème est bien là. On cultive l'action anti-noirs ou anti-blancs, anti-riches ou anti-pauvres, anti-juifs ou anti-musulmans, anti-jeunes ou anti-vieux... Soit on choisit de cultiver l'esprit de fraternité, soit on choisit l'esprit de séparativité. En fait, cette idée se nourrit de notre égoïsme.

Quelle est la cause fondamentale de tous les problèmes ? C'est l'idée de séparation.

Séparation entre l'humain et la nature ; séparation entre l'homme et la femme, entre les enfants et les parents, entre les religions, entre le management et les employés, entre les peuples et les gouvernants, entre le matériel et le spirituel, entre le « penser » et le « faire », entre ce qu'on voudrait faire et ce qu'on fait.... Quand il y a séparation, vous pouvez vous attendre à des problèmes. Ce principe contribue à la dépense mensuelle mondiale militaire de 120 milliards de dollars. Avec une partie de cette somme, les problèmes de faim et d'eaux deviennent de mauvais souvenirs...

Un grand nombre de gens souffrent de « séparation ». Et quand cette souffrance devient pénible, le pas vers une drogue ou la violence est vite fait.

La nature ne divise pas, elle ne juge pas. Imaginez ce qui se produirait si le soleil se mettait à juger !

Le problème des Unions internationales, type Union européenne, ASEAN (coopération régionale de l'Asie du Sud-Est signée en 1967) ou ALENA (accord de libre-échange économique signé en 1992 entre le Canada, les États-Unis et le Mexique), c'est que chaque représentant national ne pense qu'à son pays. Un commissaire européen allemand ou belge, n'est ni allemand, ni belge, il est européen ! Même problème pour les diplomates, ils ne pensent qu'à l'intérêt de leur pays. Et si l'intérêt de leur pays c'était, aussi, l'intérêt de l'autre pays ? Il est intéressant de constater dans les débats politiques ce « besoin » entre intervenants de diviser, de « marquer » son camp, de l'anoblir et de salir celui d'en face, de « tuer » l'Autre.

Mais la conjonction « et » est souvent préférable à la conjonction « ou ».

Certains ne veulent que du « conventionnel », d'autres du « non conventionnel ». Untel ne jure que par la médecine chimique (conventionnelle), l'autre ne voit que par la naturopathie (non conventionnelle). C'est pareil dans le domaine des énergies, de l'agriculture... C'est une erreur de fond. Le mariage des deux est souvent la solution. L'utilisation exceptionnelle d'un produit chimique en agriculture, en raison d'un parasite spécifique, est envisageable.

Mais une politique agricole digne, repose d'abord sur un agriculture sans pesticide, ni engrais chimique, ni OGM. Elle sacralise la semence.
donnée. Sortir de l'intégrisme sectaire est la première étape que devraient franchir les penseurs de toutes catégories.

Les vrais chercheurs, scientifiques ou pas, fonctionnent à l'intuition. Il faudrait se souvenir que dans son petit appartement de Trinity College, le grand Newton avait des transes. Einstein rappelait que lorsqu'il a eu l'idée de la relativité, ce fut une sorte de révélation où il a vu des images colorées s'imposer à lui comme si elles lui étaient données. La créativité en sciences, c'est de laisser fonctionner les deux parties de son cerveau. Certains sociologues expliquent que le système d'exploitation gratuit Linux, tête de pont d'un mouvement mondial, pourrait changer l'économie de la planète. Open Source se fonde sur l'idée d'une communauté mondiale de programmeurs de logiciels qui diffusent librement le code source d'un logiciel afin que d'autres programmeurs puissent l'améliorer ou le modifier à leur convenance. Les techno-intellectuels du mouvement Open Source ont mis en évidence que les deux modes de production de logiciels constituent le fondement de deux types d'économie différents et, de fait, de deux modèles de société.

Alors qu'ils ne cessent de plaider pour un « renforcement de la concurrence », il est condamnable que nos hommes politiques contribuent à asseoir le pouvoir des détenteurs de monopoles.

Un peu de bon sens et de réflexions montrent bien que la plupart des problèmes personnels, des problèmes de couple, des problèmes au sein des entreprises mais aussi des problèmes nationaux comme le chômage et les déficits, sont générés par une somme d'erreurs individuelles. L'état d'esprit est décisif.

La crise financière internationale est d'abord une crise spirituelle mondiale à travers la soumission collective devant l'argent et les profits rapides. L'argent est un révélateur.

Son manque déclenche des révolutions qui peuvent être des étapes pour une vie meilleure. Il sert aussi à modérer ses envies car son abondance peut pervertir beaucoup de personnes.

Dans certains réseaux spirituels, chez la plupart des alter-mondialistes, l'argent est diabolisé. Pourtant, les problèmes qu'il cause ne viennent pas de lui mais de ceux qui l'utilisent et comment ils se laissent utiliser par l'argent !

Force est de constater que la plupart des problèmes actuels sont les résultats des solutions d'hier. Cela prouve que les solutions supposées n'en étaient pas ! Einstein n'avait pas forcément raison lorsqu'il disait qu'on ne peut pas résoudre les problèmes avec ceux qui les ont créés (les gens peuvent changer), mais une vraie solution est durable.

Les plus grands pollueurs de cette planète sont de nature psychique, ce sont nos pensées. La pollution matérielle est le résultat de la pollution mentale. Il existe un lien profond entre le mal-être, la maladie, les déficits en tous genres, la destruction de la nature et la vaste négativité accumulée dans le psyché humain collectif. La soumission à l'ego est aussi une caractéristique de l'humain d'aujourd'hui. Aucune autre forme de vie sur la planète ne connaît cela tout comme aucune autre forme de vie ne viole ni n'empoisonne la Terre qui la nourrit. La négativité n'est pas naturelle. C'est un polluant psychique au même titre que la fermeture d'esprit, l'individualisme, la malveillance, le mépris. Tout cela est en interaction avec l'ego.

Le problème de fond n'est pas le système, le problème c'est toi.

Nous pouvons choisir d'être immergés dans la « matière », obsédés par la consommation ou choisir le désencombrement. Cela dépend de nous. Faire le choix du matérialisme forcené, c'est subir le culte du grand, du vite, du paraître et de l'égoïsme. Ce culte du grand est ravageur dans les domaines les plus divers. L'Afrique vivrait mieux si elle multipliait les microprojets avec la coopération des multiples associations du monde entier qui s'y intéressent et des partenaires locaux.
Les problèmes d'émigration reposent sur le mal-être des habitants du pays concerné et la perspective d'un mieux être dans un autre.

La solution aux limites physiques de notre planète, à l'accroissement de la population, à la crise énergétique, aux problèmes financiers n'est pas technologique ou fiscale. Elle est d'abord spirituelle. La redistribution des revenus par une fiscalité plus lourde n'est pas une solution durable. La « solution » technologique ne résout les problèmes que partiellement, en fabrique d'autres (les déchets nucléaires, par exemple) et tend aussi à déresponsabiliser, rendre passif. Le consommateur surpaie l'eau à cause du coûts des stations d'épurations. Organisons notre société avec moins de chimie, mois de déchets, moins de nucléaire, moins de médicaments qui viennent salir l'eau, car ensuite, il est coûteux de la dépolluer. Et c'est un désastre sanitaire autant qu'écologique.

Les 450 000 forages de gaz de schiste aux États-Unis sont une offense à la conscience et un crime contre l'eau, donc contre l'humanité. L'écologie environnementale est urgente. Si on prend le cas d'une habitation moyenne avec un abonnement électrique classique de 6 kws, il faudrait 150 m² de panneaux solaires pour apporter une partie de l'énergie nécessaire. Des sols bétonnés ou goudronnés, des toits sans système de récupération d'eau de pluie, c'est l'inondation qui guette. Récupérez l'eau de pluie, elle devient alors une ressource.

Jean-Marc Governatori, L'écologie, un diamant à 8 facettes.


L'écologie, un diamant à 8 facettes



Illustration :

Tuesday, June 12, 2012

Krishnamurti ou la révolution du réel




Krishnamurti souhaitait une transformation totale de l'homme entraînant une révision de toutes ses valeurs morales, religieuses et sociales.

Krishnamurti naquit dans le petit village de Madanapalle, Présidence de Madras (Inde du sud) le 11 mai 1895.

Son nom de famille est Jiddu. Il s'appelle Krishnamurti en vertu d'une coutume de l'Inde méridionale qui veut que le huitième enfant, s'il est un garçon, porte ce nom en l'honneur de Krishna, incarnation divine, qui était lui-même un huitième enfant.

L'enfance de Krishnamurti fut douloureuse. Sa mère était une fervente adoratrice de Krishna. Elle lui enseigna la pitié et l'entoura de tendresse. Elle mourut prématurément lorsque Krishnamurti atteignit sa cinquième année.

Il fut dès lors soumis à l'autorité d'un père extrêmement dur et brutal. Celui-ci, à la tête d'une famille de neuf enfants, perdit la situation qu'il occupait au ministère des finances et tomba dans une grande misère. D'une nature très irritable, sa violence et sa colère ne firent que s'accroître au cours de ces circonstances malheureuses. Les enfants reçurent plus de coups que de nourriture. La sensibilité du jeune Krishnamurti en fût profondément affectée. Ainsi que l'écrit Ludovic Réhault « son enfance fut plutôt celle d'un paria alors qu'il appartenait à la caste aristocratique des brahmanes.

Vers 1906-1907, Krishnamurti jouait avec son jeune frère Nityananda sur les plages du Golfe de Bengale près de la rivière Adyar. M. Van Manen, bibliothécaire au Quartier Général de la Société Théosophique fut alors frappé par le rayonnement des deux enfants.

Il fit part de sa rencontre aux deux chefs du mouvement théosophique, Mme Annie Besant et Charles Leadbeater. Mis en présence des deux jeunes enfants, Charles Leadbeater déclarait percevoir en Krishnamurti un potentiel de richesses spirituelles exceptionnelles.

Le père de Krishnamurti fut consulté et c'est avec son consentement que les deux enfants devinrent les pupilles de Mme Annie Besant.

Les leaders du mouvement théosophique, Mme Annie Besant et Charles Leadbeater étaient en contact avec un groupe de Sages indiens ayant atteint un grand degré d'éveil intérieur. Ceux-ci avaient annoncé aux chefs théosophiques la venue imminente d'un nouvel instructeur spirituel.

Dès l'âge de seize ans Krishnamurti se rendit en Europe avec son jeune frère Nityananda. Ils résidèrent aux environs de Paris, puis en Angleterre.

En 1922, Krishnamurti se rend en Californie. On espérait que le climat favoriserait la santé très précaire de son frère. En dépit de tous les soins donnés, et de cures en Suisse, Nityananda mourut en 1925.

Ce fut une grande souffrance pour Krishnamurti et le point de départ d'une transformation spirituelle fondamentale. Il écrira plus tard :

« Il est mort, j'ai pleuré dans la solitude. Partout où j'allais, j'entendais sa voix et son rire heureux. Je cherchais son visage sur tous les passants et demandais partout si l'on
avait vu mon frère. Mais personne ne put me réconforter. J'ai prié, j'ai adoré, mais les dieux restaient silencieux. »

La douleur éprouvée par la mort de son frère le plongea dans une crise intérieure d'une grande acuité dont les conséquences furent décisives.

Krishnamurti douta de tout. Il mit à néant toutes les valeurs soigneusement enseignées par ses maîtres théosophes ; ce fut l'écroulement de ses croyances, de ses idoles. Nityananda était pour lui le point d'appui sur lequel se cristallisaient les derniers vestiges de son passé : l'Inde, la famille, l'enfance. C'est alors, que mourant complètement à lui-même, à toutes les associations psychologiques sur lesquelles s'était bâtie « l'entité Krishnamurti », il fut irrésistiblement conduit au seuil de cette mutation psychologique et spirituelle que certains appellent l'Éveil intérieur. Ainsi que l'écrit René Fouéré dans son excellente étude sur Krishnamurti :

« Cette crise, apparemment insoluble, va pourtant se dénouer d'elle-même, de façon soudaine et surprenante. Un phénomène aussi curieux que rare, sur lequel Krishnamurti reviendra souvent dans son enseignement ultérieur, mais dont il aura été d'abord lui-même le sujet ébloui, va surgir imprévisiblement. »

« Parvenue à un paroxysme de dépouillement et d'acuité, l'immense douleur, la douleur désespérée de Krishnamurti va se résoudre d'elle-même, faisant place à une suprême extase. »

« Du plus profond des ténèbres où se débat Krishnamurti, une lueur fulgurante jaillit qui, d'un coup, va illuminer à jamais son être intérieur. »

Il est évident qu'une expérience d'une telle acuité bouleversa de fond en combleson climat psychologique et son sens des valeurs. Ses pensées, ses émotions, sa sensibilité subirent une métamorphose considérable qui devait entraîner un ensemble d'actes inattendus surprenant son entourage. Il s'agissait d'une véritable révolution intérieure devant se matérialiser par des bouleversements extérieurs très importants.

Krishnamurti renonça soudainement au caractère spécial et un peu trop « messianique » de la mission spirituelle que ses éducateurs espéraient lui voir remplir. Est ce à dire qu'il renonça totalement à cette mission elle-même ?

Certes non. Mais il la poursuivit de façon magistrale dans un sens assez différent de celui qu'avaient prévu ses éducateurs théosophes dont la sincérité et le dévouement ne font d'ailleurs aucun doute.

Au-delà des apparences timides et frêles du jeune Krishnamurti, sommeillait la puissance d'un dynamisme spirituel dont l'éclosion ne tardera pas à briser toutes les barrières, tous les cadres, toutes les traditions, toutes les autorités. Une telle attitude était adoptée non par plaisir de détruire mais parce qu'une sève spirituelle impétueuse bouillonnait en ce puissant athlète de l'esprit. Son acuité et sa profondeur de perception se traduisaient par un intense désir de liberté, de création authentique, de refus de toute autorité.

Krishnamurti souhaitait une transformation totale de l'homme entraînant une
révision de toutes ses valeurs morales, religieuses et sociales.

Dès lors, le langage de Krishnamurti changea brusquement. Il devint plus vif, plus incisif, plus révolutionnaire.

« Il nous faut tout mettre en doute, dit-il, afin que du paroxysme du doute, naisse la certitude. »

Ainsi que l'exprimait René Fouéré dans sa remarquable étude sur « Krishnamurti, l'homme et sa pensée. » (p. 9.)

« Krishnamurti n'avait dit jusque-là que de vagues généralités. Maintenant, il déclare qu'il est l'Instructeur du Monde (...). Quoi qu'il en soit, cette nouvelle provoque un déchaînement d'enthousiasme (...). A Trichinopoly, le plancher de son wagon disparaît sous les jasmins et les roses. On lui fait présent d'un château historique entouré d'un domaine de 5 000 acres. Tout cet encens qui monte vers lui ne parvient pas à l'étourdir. Il reste tout à fait lucide et d'une simplicité déconcertante. Cependant de nouvelles difficultés vont surgir. Non seulement les chefs théosophes avaient annoncé la venue de l'Instructeur du Monde, mais encore, si l'on peut dire, ils en avaient réglé d'avance tout le cérémonial (...). Krishnamurti allait-il endosser les vêtements rituels confectionnés pour lui ? Allait-il en particulier prendre en mains ces organismes constitués exprès pour le servir, je veux parler de la « Court Masonry » et de l'Église Catholique Libérale, dont le rituel, calqué sur celui de l'Église romaine, avait été soigneusement expurgé de toute trace de la haine ou de la colère divines ? Allait-il consentir à monter sur les autels préparés pour lui ? Question angoissante pour ses adorateurs. (…)

« Finalement l'orage pressenti éclate : Krishnamurti rejette en bloc et les organisations et les cérémonies qui s'y accomplissent. (...) Sans hésiter il s'engage dans la voie difficile et annonce, dans un remarquable discours, la dissolution de l'Ordre de l'Étoile. »

Cette prise de position historique s'accomplit au Camp International d'Ommen (Hollande) l'été 1929 :

« J'ai dit, et je ne reviendrai pas sur ce que j'ai dit, que vous ne pouvez pas approcher la Vérité par un sentier, une religion, un rituel quels qu'ils soient, ni par une cérémonie nouvelle ou ancienne. Beaucoup parmi vous ont délaissé les vieilles formes pour en adopter de nouvelles dans l'espoir de trouver la Vérité.

« La Vérité est un pays sans chemins que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu'elle soit : aucune religion, aucune secte. Tel est mon point de vue et je le maintiens d'une façon absolue et inconditionnelle. »

Les conséquences de cette très énergique déclaration ne se firent pas attendre. Krishnamurti se désolidarisa de l'Église Catholique Libérale, de la Société Théosophique et demanda la dissolution pure et simple de l'Ordre de l'Étoile d'Orient.

Entre 1929 et 1938, veille de la seconde guerre mondiale, Krishnamurti donnait de nombreuses conférences, en Hollande, en Angleterre, en Italie, en Norvège, en Amérique du Nord et du Sud, en Australie, en Inde.

Réfugié en Californie de 1939 à 1945 durant la guerre, il reprit ses conférences dès 1944. La période de 1939 à 1944 fut extérieurement la moins active tandis qu'intérieurement Krishnamurti s'orientait vers l'élaboration d'une nouvelle technique d'expression. Le fond restait identique mais la forme tendait à se renouveler et à s'affranchir surtout de l'atmosphère de querelles et contestations, qui, de 1929 à 1938 émanaient de certains milieux théosophiques.

Dès 1947, Krishnamurti reprenait ses grandes tournées de conférences dans le monde entier, les Indes, l'Europe, les Amériques. Son ouvrage First and Last freedom préfacé par le célèbre écrivain anglais Aldous Huxley donna soudain à sa pensée un rayonnement considérable. De mars à mai 1950 il séjournait à Paris où il donnait de nombreuses conférences dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne ainsi qu'à l'Institut Pasteur.

Il quittait Paris par la voie des airs, fin mai 1950 pour prendre la parole à New-York et Washington.

Entre 1951 et 1955, Krishnamurti donna des cycles de conférences tant en Angleterre, qu'en Inde, en Amérique, en Hollande.

En mai et juin 1956, il se rendit à Bruxelles et prit la parole pour la première fois en Belgique dans la grande salle du Palais des Beaux-arts, en la présence de la Reine Elisabeth de Belgique qui s'intéressait depuis 1928 à l'ensemble de son œuvre.

De 1961 à 1970, en plus de ses conférences en Inde et en Amérique, Krishnamurti prit la parole chaque été à Saanen en Suisse au cours de nombreuses conférences et de discussions traduites en plusieurs langues.

Il est, depuis une dizaine d'années, invité de plus en plus fréquemment par de nombreuses universités. Les étudiants et la jeunesse en général sont de plus en plus attirés par la façon nouvelle et non traditionnelle d'envisager les problèmes fondamentaux de l'existence humaine tels : la connaissance de soi, la peur, l'amour, le sexe, la religion véritable.

Krishnamurti s'adresse à tous, sans distinction aucune. Il accorde cependant une certaine préférence à la jeunesse pour son absence de conditionnement.

Il ne se contente pas d'énoncer un enseignement qui, de prime abord peut paraître abstrait et aride. Etant l'incarnation vivante du message qu'il nous présente, il veille à ce que certaines réalisations pratiques prennent corps dans la matérialité des faits.

Citons, parmi elles, les écoles nouvelles dont Krishnamurti est l'inspirateur, un peu partout dans le monde. Après les essais d'une école nouvelle en Californie, dès 1945, avec la collaboration d'Aldous Huxley et Charles Morgan dans la « Happy Valley School » d'Ojai, Krishnamurti a pris une part active dans le développement de deux écoles nouvelles en Inde : celle de la Rishi Valley, non loin de Madanapalle son village natal, et l'autre près de Rajgat.

En 1969, la « Krishnamurti Foundation » achetait un domaine à Brockwood près de Bramdean (Hampshire) afin de fonder la première école nouvelle en Angleterre. Cette école s'inspire des méthodes d'éducation exposées dans les œuvres de Krishnamurti consacrées aux problèmes pédagogiques.

Des réunions internationales ont lieu plusieurs fois par an dans le domaine de Brockwood.

Robert Linssen


Krishnamurti ou la révolution du réel

Très précocement attiré, et presque au même degré, par la religion et la science, René Fouéré, né dans un milieu de tradition catholique, s'intéressa si fortement à sa foi natale qu'on put croire qu'il deviendrait un prêtre.

En lui faisant découvrir certains aspects de la pensée orientale, la rencontre de théosophes le jeta dans une grave crise intérieure qui devait le conduire à une attitude de libre recherche et à une adhésion profonde aux thèmes essentiels de l'enseignement de Krishnamurti, enseignement qui a fait pendant plus de trente ans la matière de ses réflexions.

Ecrites en toute liberté, avec un constant souci de lucidité et de clarté, d'équité et de mesure, les pages qu'il nous propose n'ont aucun caractère dogmatique.

Toujours attentif à ne pas séparer la vie spirituelle de cette vie quotidienne qui est si importante et qu'on qualifie si étourdiment de banale, se refusant à faire de l'individu une
abstraction psychologique solitaire et désincarnée, affranchie des réalités physiques et sociales dont elle a surgi, étrangère à la vision scientifique et technicienne du monde,
échappant aux nécessités de l'action, l'auteur s'est efforcé de faire prendre au lecteur une conscience claire, précise et aiguë de cette plaie psychologique, mal étudiée et mal connue, qui est à l'origine des pires tourments de l'humanité et qui résiste depuis des millénaires à tous les remèdes illusoires par lesquels on s'est évertué à la guérir.

L'objet essentiel de l'auteur a été, non de répéter les propos de Krishnamurti, mais de comprendre à leur lumière les mécanismes profonds de la conscience humaine, de mettre à nu la source cachée des aberrations et des déchirements auxquels elle est en proie, et qui ne cessent d'engendrer, chez les individus, toutes les affres, toutes les violences du désarroi et, dans la société, un désordre cruel, millénaire et sanglant.



Télécharger gratuitement Krishnamurti ou la révolution du réel

Saturday, June 09, 2012

Construire sa maison en terre-paille


La ville d'Issy-les Moulineaux (92) va faire construire la nouvelle école primaire et maternelle en paille.

La terre-paille se prête très bien à l'auto-construction collective. Ce matériau a pour lui trois atouts majeurs :


- c’est un procédé qui a un très faible impact  environnemental ;
- il possède une grande efficacité thermique ;
- il se situe dans la lignée d’une technique immémoriale, le torchiscolombage.

Il fait donc preuve d’une fiabilité validée par l’histoire, il est très pertinent au regard des enjeux sociaux et environnementaux qui sont devant nous, et il permet aux maçons ou aux charpentiers qui le pratiquent de renouer avec le cours de leur histoire de métier, dévoyée par l’industrialisation du XXe siècle.

L’engouement actuel pour le terre-paille est sans doute plus soutenu chez les constructeurs en bottes de paille, à qui il permet de remplir et fermer les endroits dans lesquels les bottes n’entrent qu’en étant taillées très précisément. À ces constructeurs en bottes de paille, le terre-paille en mur intérieur ou en mur de refend apporte aussi de l’inertie thermique. Enfin, il permet plus facilement la réalisation d’arcs. En revanche, il n’apporte pas une isolation thermique aussi forte que la botte de paille, d’autant plus que les murs en sont beaucoup moins épais. Il reste cependant un matériau façonnable selon toutes les envies de formes puisqu’il est coffré.

Un peu comme à l’encontre de l’agriculture biologique, une rumeur insistante prétend que la construction utilisant la terre et la paille viendrait vite épuiser les ressources de ces matériaux. Rien n’est plus faux. La terre est disponible en quantité bien plus considérable que le sable ou le gravier pour le béton (et ne parlons pas du ciment !). Quant à la paille, si l’intégralité de la construction neuve et l’intégralité de la rénovation énergétique se réalisaient au moyen de cette ressource, en France, on n’épuiserait guère que 10 à 15 % de la production annuelle actuelle. Une certitude cependant : si la paille devient un matériau de construction banal et fréquent, son prix augmentera, ce qui constituera un revenu complémentaire fort apprécié des petites entreprises agricoles…

Alain Marcom



Construire en terre-paille

On connaît les maisons à colombages répandues en Alsace ou en Bourgogne par exemple. La technique du « terre-paille » présentée dans ce livre est l’héritière de cette technique du « torchis colombage : c’est un mélange de fibres végétales et de terre coulée » dans une ossature bois porteuse. Ce système constructif présente quatre atouts majeurs : c’est un procédé à très faible impact environnemental, il est d’une grande efficacité thermique, il est très économique dans le cas d’une auto-construction et il peut être réalisé partout en France. Alain Marcom est un spécialiste du terre-paille. Son entreprise, la scop Inventerre construit des maisons « terre-paille » depuis plus de 20 ans. Homme de terrain très engagé, Alain Marcom participe aussi activement au développement de cette technique en France. Calcul des structures, gros œuvre et mise au point du mélange « terre-paille », finitions…, Alain Marcom présente les différentes étapes d’une construction « terre-paille » : dimensionnement de la structure bois, remplissage de l’ossature, techniques spécifiques d’intégration et de fixation des éléments de second œuvre : gaines électriques, plomberie, menuiseries, planchers, enduits de terre, etc… Alain Marcom rentre dans le détail de la mise en œuvre, ce qui devrait ravir les artisans ou les auto-constructeurs qui souhaitent se lancer dans l’aventure. Passionnant !


Alain Marcom, est un homme de terrain qui a consacré sa vie de maçon à la construction en terre. Il a fondé la scop Inventerre et participe activement à la reconnaissance et au développement de la construction « terre-paille » en France en participant notamment à la rédaction de règles professionnelles.


Thursday, June 07, 2012

Cécile, néorurale engagée



Bonjour,

Je m'appelle Cécile Pinault, et je suis heureuse de vous faire part de ma nouvelle activité que j'ai débutée il y a quelques mois :

Je vends sur les marchés des denrées non périssables Bio ! J'ai pour vous : céréales (riz, flocons, farines, boulgours), légumineuses, fruits secs, thés, chocolats en tablettes, biscuits, pots de beurre de karité et savons au karité (karité sans mention Bio mais artisanal, fabriqué au Burkina Faso par une association de femmes)...

Je consomme Bio (y compris produits ménagés et cosmétiques) depuis plusieurs années. J'ai été sensibilisée et sensible à la santé, la nutrition, ainsi que le respect de tous les êtres vivants de la planète au gré de mes rencontres et lectures depuis la fin des années 1990.

J'ai rencontré Jean-Marc GOVERNATORI en 2007, lorsque j'habitais Nice. Je cherchais un emploi, et suis passée devant le local de la Fédération Agissons qu'il avait créée. Le nom m'avait intriguée, et j'ai voulu savoir ce que c'était : un regroupement d'associations pour aider ceux qui en ont besoin. J'ai dans le même temps fait connaissance avec La France en Action, mouvement politique créé en 2004 par Jean-Marc, lors des législatives 2007. Après avoir rencontré Jean-Marc, j'ai adhéré à La France en Action, puis participé aux réunions. De fil en aiguille, j'ai soumis à Jean-Marc mon idée de créer un atelier associatif de réparation de vélo. C'est grâce à son aide et à la rencontre avec Jean-Luc Fralonardo que Viavélo est né en 2009.

Jean-Marc est une personne dont j'apprécie énormément les qualités : générosité, respect, altruisme; il connait également la naturopathie. Excellent gestionnaire, il connait parfaitement le système dans lequel nous vivons.

La FEA est devenue par la suite (en fusionnant avec le Mouvement Ecologiste Indépendant et Génération Ecologie) "L'ALLIANCE ECOLOGISTE INDEPENDANTE", un nom plein de symboles : alliance/regroupement entre tous, écologisme, respect et protection des équilibres naturels, indépendante des partis politiques de droite et de gauche et apportant de nouvelles façons de pensées. C'est un nouveau projet de société basé sur l'éthique, le réalisme, le respect et la responsabilité.

Par ailleurs, mes convictions sur l'idée que le respect de tous les êtres vivants qui peuplent notre belle planète est vital, grandissaient. Une agriculture sans intrants chimiques, une alimentation saine et équilibrée, des soins de santé les plus proches possible de la nature, un esprit plein de bonnes intentions, tout est lié pour une santé optimale dans un monde loin des profits et des énergies fossiles et nouvelles technologies polluantes.

J'ai travaillé par ailleurs tout naturellement en 2010 pour l'Alliance Pour la Santé, réseau national créé à l'initiative de Jean-Marc, regroupant associations, particuliers, thérapeutes, se préoccupant et agissant pour la santé dans un sens large : êtres vivants et planète, depuis la graine du végétal, en passant par la terre, l'eau, l'air et les soins.

Installée en Creuse depuis juin 2010, j'ai accepté d’être suppléante aux cotés de Félix Crespo, candidat aux élections législatives 2012; un exercice nouveau et très enrichissant. La phrase emblématique de l'Alliance "Bien-être durable pour tous les êtres vivants" est une valeur essentielle pour moi, à laquelle j'adhérais avant même de la prononcer! A un moment donné ou à un autre de sa vie, on fait tous de la "politique" : engagé dans une association, participation à une manifestation, signature d'une pétition, on s'occupe du fonctionnement de la communauté et des rapports entre les individus.

Le blog de Cécile :

http://papillonbleucreusois.blogspot.fr/


Monday, June 04, 2012

L'oligarchie prédatrice


Le confort dans lequel baignent les sociétés occidentales ne doit pas nous dissimuler la gravité de l’heure. Nous entrons dans un temps de crise durable et de catastrophes possibles. Les signes de la crise écologique sont clairement visibles, et l’hypothèse de la catastrophe devient réaliste.

Pourtant, on prête au fond peu d’attention à ces signes. Ils n’influencent pas la politique ni l’économie. Le système ne sait pas changer de trajectoire. Pourquoi ?

Parce que nous ne parvenons pas à mettre en relation l’écologie et le social.

Mais on ne peut comprendre la concomitance des crises écologique et sociale si on ne les analyse pas comme les deux facettes d’un même désastre. Celui-ci découle d’un système piloté par une couche dominante qui n’a plus aujourd’hui d’autre ressort que l’avidité, d’autre idéal que le conservatisme, d’autre rêve que la technologie.

Cette oligarchie prédatrice est l’agent principal de la crise globale.

Directement par les décisions qu’elle prend. Celles-ci visent à maintenir l’ordre établi à son avantage, et privilégient l’objectif de croissance matérielle, seul moyen selon elle de faire accepter par les classes subordonnées l’injustice des positions. Or, la croissance matérielle accroît la dégradation environnementale.

L’oligarchie exerce aussi une influence indirecte puissante du fait de l’attraction culturelle que son mode de consommation exerce sur l’ensemble de la société, et particulièrement sur les classes moyennes. Dans les pays les mieux pourvus comme dans les pays émergents, une large part de la consommation répond à un désir d’ostentation et de distinction. Les gens aspirent à s’élever dans l’échelle sociale, ce qui passe par une imitation de la consommation de la classe supérieure. Celle-ci diffuse ainsi dans toute la société son idéologie du gaspillage.

Le comportement de l’oligarchie ne conduit pas seulement à l’approfondissement des crises. Face à la contestation de ses privilèges, à l’inquiétude écologiste, à la critique du libéralisme économique, il affaiblit les libertés publiques et l’esprit de la démocratie.

Une dérive vers un régime semi-autoritaire s’observe presque partout dans le monde. L’oligarchie qui règne aux États-Unis en est le moteur, s’appuyant sur l’effroi provoqué dans la société américaine par les attentats du 11 septembre 2001.

Dans cette situation, qui pourrait conduire soit au chaos social, soit à la dictature, il importe de savoir ce qu’il convient de maintenir pour nous et pour les générations futures : non pas la « Terre », mais les « possibilités de la vie humaine sur la planète », selon le mot du philosophe Hans Jonas, c’est-à-dire l’humanisme, les valeurs de respect mutuel et de tolérance, une relation sobre et riche de sens avec la nature, la coopération entre les humains.

Pour y parvenir, il ne suffira pas que la société prenne conscience de l’urgence de la crise écologique – et des choix difficiles que sa prévention impose, notamment en termes de consommation matérielle. Il faudra encore que la préoccupation écologique s’articule à une analyse politique radicale des rapports actuels de domination. On ne pourra pas diminuer la consommation matérielle globale si les puissants ne sont pas abaissés et si l’inégalité n’est pas combattue. Au principe écologiste, si utile à l’époque de la prise de conscience – « Penser globalement, agir localement » –, il nous faut ajouter le principe que la situation impose : « Consommer moins, répartir mieux. »
Hervé Kempf