Saturday, March 31, 2012

Une visite à l'ermite de la montagne





Voilà trois heures que nous gravissons le chemin abrupt bordé de genévriers ; nous avons auparavant traversé des prairies couvertes de gentianes bleues et d'edelweiss d'un blanc feutré, avenantes invitations au repos. Le Dritchou, qui prend sa source sur les hauts plateaux tibétains et devient le Yangtsé en Chine, semble déjà très loin, en contrebas, dans la grande vallée qu'il traverse et à laquelle il donne vie. L'air est vif : à 4 500 mètres d'altitude le bleu lumineux du ciel, d'une intensité inconnue dans les plaines, claque sur la clarté des rocs. Nous approchons des grottes où une douzaine d'ermites, moines, nonnes ou pratiquants laïcs mènent sereinement leur vie contemplative dans un silence que seuls troublent parfois, comme pour en souligner la profondeur, le cri d'une marmotte, l'appel rauque d'un grand corbeau ou la mélodie flûtée d'une grive. Le lieu s'appelle la « Prairie de Lotus ». Ainsi que l'écrivait Kaldèn Guiatso, le grand ermite, très révéré de l'Amdo :

Si tu aspires à la solitude des montagnes,
Les grottes accueillantes s'ouvrent à flanc de falaise
Sous des sommets drapés de brume.
Demeurer en ces retraites est source d'une indicible joie,
temporelle et ultime.

Participer à la vie des ermites en subvenant à leurs maigres besoins est une joie pour les nomades des environs. Ils viennent parfois leur rendre visite et leur apportent des provisions : tsampa (farine d'orge grillée], beurre, viande séchée qu'ils déposent à l'entrée de l'ermitage si le méditant est en retraite fermée.

Nous nous approchons de l'une des grottes qui s'ouvre sur une petite corniche ensoleillée. Nos deux guides, un moine du monastère de la vallée et un praticien de médecine traditionnelle tibétaine, connaissent bien les ermites et savent que le retraitant du lieu accepte de recevoir les rares pèlerins de passage. La grotte a été très simplement aménagée : on y a construit quelques murets de pierre pour la rendre habitable. Il faut se courber pour franchir la porte basse qui donne sur une antichambre minuscule. L'inventaire est vite fait : un âtre de glaise, une pile de bois sec, une bouilloire en aluminium et quelques sacs de toile contenant des provisions.

Deux marches, un lourd rideau de toile, et nous sommes en présence de l'ermite. La pièce est faiblement éclairée par une lucarne on peut tout juste se tenir debout en son centre. Sur un côté, un petit autel a été disposé dans la roche noire. De l'autre, un simple mur de pierre enduit de terre et, à même le sol, la couche sur laquelle l'ermite est assis le jour et dort la nuit. À son chevet, sur une étagère rustique, sont empilés des livres enveloppés de tissus multicolores : recueils d'instructions spirituelles, biographies de saints et quelques traités philosophiques. Ils sont constitués de folios oblongs, non reliés, calligraphiés ou imprimés à partir de planches de bois gravées, analogues à celles utilisées à la grande imprimerie artisanale de Dergué.

L'ermite nous accueille avec calme et gentillesse. Il a trente-six ans et est en retraite dans cette grotte depuis quatre ans. Après de nombreuses années d'étude dans un monastère de la vallée, où il a obtenu le titre de khènpo, équivalent d'un doctorat en philosophie, il a ressenti un profond désir de se consacrer à la méditation. Il avait grande hâte de s'éloigner des préoccupations mondaines qui affligent nombre d'entre nous : le gain et la perte, le plaisir et le déplaisir, la louange et le blâme, la renommée et l'anonymat.

Il nous offre du thé - à vrai dire, de l'eau chaude à la surface de laquelle flottent quelques feuilles de thé. Dans cette atmosphère recueillie, les grandes conversations semblent déplacées. Nous nous enquérons de sa santé, échangeons quelques propos sur la pratique spirituelle, et promettons de lui faire parvenir un texte qu'il souhaite avoir et que nous avons réimprimé en Inde. Puis, après avoir partagé son silence pendant quelques instants, nous prenons congé, non sans avoir déposé discrètement une offrande pour l'aider à poursuivre son ascèse. […]

Matthieu Ricard, Tibet, regards de compassion.




Note :

Contrairement à l'affirmation de Matthieu Ricard, le titre de khènpo n'est pas l'équivalent du doctorat de philosophie. On devient khènpo en connaissant parfaitement les dogmes magico-tantriques et mythologiques du lamaïsme. Or la véritable philosophie est née auprès de ceux qui ont, pour la première fois, rejeté les légendes pour expliquer la nature et dire comment le monde est né. « La raison a fait ses premiers pas avec les Milésiens (au début du VIe siècle av. J.-C.) qui ont donné à leur étonnement, non pas l'expression fantasmatique du mythe, mais penseurs rationnels, l'ont transmuée en un véritable questionnement philosophique », rappelle le philosophe Emmanuel Pougeoise.




Tibet
Regards de compassion



Photo :
« Cet ermite de la vallée de Dènkok a passé douze ans en retraite solitaire. Il est coutume que les retraitants ne se coupent pas les cheveux durant leur retraite, pour ne pas gaspiller leur temps dans des tâches inutiles. » 

Matthieu Ricard


Plus lamaïste que le dalaï-lama





Matthieu Ricard, célèbre moine lamaïste et interprète du dalaï-lama, photographie le Tibet depuis des années. Amateur de textes, il est allé dans « la plus grande imprimerie manuelle de l'humanité » située à Dergué, dans l'est du Tibet.

Les belles photographies du moine français nous plongent dans un Tibet paradisiaque et... imaginaire. Matthieu Ricard ne montre jamais l'envers du décor. Par exemple, les moines oisifs et crasseux qui déambulent dans les rue commerçantes, malpropres et polluées de Dergué ou des autres cités tibétaines. Les personnes qui ont voyagé dans cette partie du monde n'ignorent pas que les villes, toujours plus bétonnées, sont souvent hideuses. D'ailleurs, cette manie du béton se retrouve en France où des lamas font édifier à grands frais de vilains temples comme celui de Lérab Ling, à côté de Lodève (34). Dans l'album photographique de Matthieu Ricard, "Tibet, regards de compassion", le Tibet réel, celui de l'affairisme destructeur du tissu social et de l'environnement, est dissimulé.

Matthieu Ricard était le docile disciple du hiérarque tibétain Dilgo Khyentsé (1910-1991). Il a photographié le retour de son gourou au Tibet. Soucieux de faire l'apologie du lamaïsme et de son ordre hiérarchique, il a photographié le gros Dilgo Khyentsé se déplaçant en litière ou en chaise à porteur comme un potentat de l'Antiquité. L'image du hiérarque tibétain dans sa litière portée par des hommes asservis par les superstitions ne choque nullement le moine français. A-t-il oublié que le fondateur du christianisme s'était contenté d'un âne pour se rendre à Jérusalem ?

Matthieu Ricard, propagandiste du lamaïsme féodal et rejeton de Jean-François Revel, de son vrai nom Jean-François Ricard (1924-2006), est bien le fils de son père. Jean-François kahn, cofondateur de Marianne, dresse le portrait du père du moine lamaïste :

« Philosophe, journaliste, excellent et brillant polémiste qui osa de talentueuses sorties iconoclastes (ni Marx ni Jésus). Fut un ardent mitterrandiste, assimila la France gaulliste à une dictature bananière, avant d'expliquer, en 1981, que la France basculait inéluctablement dans le système totalitaire. Candidat aux élections, il bénéficia, en 1967, du désistement des communistes dont il expliqua, par la suite, qu'ils étaient en train de s'emparer de tous les leviers du pouvoir afin d'installer un régime soviétique.

Esprit aigu et lucide, il annonça, outre l'instauration d'une « dictature rouge » en France, l'élection de Mc Govern à la présidence des États-Unis ou l'émergence d'un « modèle vénézuelien » avant Chavez, ainsi que l'inévitable échec des démocraties face au rouleau compresseur soviétique. Il expliqua que se poser des questions sur les conditions de la première élection de George Bush, et en particulier sur la nature du scrutin en Floride, constituait le comble de l'antiaméricanisme forcément primaire. Plus bushiste d'ailleurs que Bush lui-même, soutenant tout ce qui vient de Moscou (pardon, de Washington !), il applaudit à l'invasion de l'Irak, croisade légitime pour la démocratie, et expliqua ensuite que les Irakiens n'étaient « congénitalement » pas faits pour la démocratie. Converti au néolibéralisme pur et dur dont il refusa, par esprit de système, d'examiner la moindre tare, il continua de batailler jour après jour, avec verve et talent, contre le monstre communiste... »

A l'instar de son père, Matthieu Ricard n'examinera jamais les tares de l'odieux système qu'il sert.



Note :

Dilgo Khyentsé revient au Tibet à l'âge de 77 ans. Malgré le kum Nyé, la méthode de guérison holistique des Tibétains, et son prétendu accomplissement spirituel, le gourou de Matthieu Ricard est un vieillard cacochyme. Les prélats du lamaïsme sont souvent de gros mangeurs de viande. Ils payent leur goinfrerie durant la vieillesse et même avant. (Le végétarien Théodore Monod, lui, participa à une méharée dans le Sahara à l'âge de 92 ans...)


Friday, March 30, 2012

La pratique du jeûne





Dès la plus haute antiquité on reconnut bien vite que la meilleure méthode pour se préserver des maladies était la pratique de l'abstention alimentaire pour un temps plus ou moins prolongé. Le jeûne est le procédé de choix permettant un rapide et sûr nettoyage de l'organisme, cela par des moyens simples conformes aux lois de la nature et de la saine physiologie ; son efficacité contre la maladie est telle que tout animal souffrant, guidé par son instinct, s'y soumet de lui-même et refuse de manger tant que les symptômes morbides sont aigus ; nos frères inférieurs, plus raisonnables en cela que beaucoup d'humains, voire même de médecins, nous donnent ainsi un exemple de conduite diététique des plus sages.

Afin de lui donner force de loi, les fondateurs des religions, qui furent aussi des hygiénistes avertis, ont tous incorporé le jeûne dans les prescriptions du rituel ; ces jeûnes figurent encore sur la liste des observances de presque toutes les religions actuelles, mais il est triste de constater qu'ils sont de moins en moins observés d'une façon stricte et effective et que la majorité des fidèles n'en comprend plus le sens pratique, purificateur et moral.

Cette incompréhension s'étend même aux membres du clergé qui semblent, pour la plus grande majorité, avoir perdu la connaissance effective des possibilités et de l'utilité de jeûnes prolongés ; ainsi nous trouvons dans un des ouvrages de l'Encyclopédie théologique de l'abbé Migne : le Dictionnaire historique de la Bible, rédigé par le père Dom Augustin Calmet, révisé et complété par l'abbé A.F. lames, un article sur le jeûne qui est typique à ce point de vue ; nous y lisons entre autres :

« On ne saurait assez s'étonner de l'extrême relâchement qui est arrivé dans le jeûne parmi les chrétiens, surtout dans l’Église latine. »

De plus, ces auteurs ne paraissent considérer le jeûne que comme une pratique de mortification, ils laissent trop dans l'ombre sa valeur purifiante tant corporelle que spirituelle : « Le jeûne a été de tout temps et parmi toutes les nations un exercice usité dans le deuil, dans la douleur, dans la tristesse. » Tel est l'angle sous lequel ils l'envisagent tout spécialement. Enfin ils ne semblent considérer les jeûnes prolongés que comme tout à fait exceptionnels et ne pouvant être pratiqués qu'en vertu d'une grâce spéciale par des êtres d'élection. Ils ignorent totalement que des périodes d'abstinence complète de trente jours, et plus, sont parfaitement possibles sans dommages pour le jeûneur, bien au contraire. Voici ce que disent en effet nos auteurs : «Je ne parle pas du jeûne de quarante jours que Moïse passa sans manger sur la montagne d'Horeb, parce que ce jeûne n'est point dans les règles ordinaires de la nature. » Et plus loin : « Quant aux jeûnes des chrétiens, sans parler des quarante jours de jeûne que Jésus-Christ a passé dans le désert sans manger, et qui est au-dessus des forces ordinaires de l'homme, on ne peut pas douter qu'étant aussi attaché qu'il l'était aux observances légales, il n'observât et ne fît observer par ses disciples tous les jeûnes qui étaient d'obligation dans sa nation. »

Les Spartiates, de même que les Persans, entraînaient leurs enfants à supporter des jeûnes graduellement prolongés afin de les habituer à tous les genres de privations pour les rendre plus forts et plus résistants.

On raconte que les Normands avaient coutume, avant d'entrer en campagne, de se soumettre au jeûne afin, disaient-ils, d'affronter la mort le corps et l'esprit purifiés.

Les Aryens, au dire du Dr Möller, avaient l'habitude de jeûner un jour par semaine.

Pour dégager l'esprit de la matière, le Bouddha s'était astreint à de longues périodes de jeûne et ses adeptes continuent à cultiver ce mode purificatoire, notamment les yogis.

A. Réville raconte également que les prêtres de l'ancien Mexique vivaient d'une vie très austère où figuraient de longs jeûnes : « Préalablement à toutes les fêtes, ils devaient s'imposer un jeûne plus ou moins prolongé. » Leurs élèves étaient soumis à une discipline rigoureuse avec jeûnes progressifs.

En Égypte, les candidats à l'initiation aux Mystères d'Isis et d'Osiris devaient se soumettre à un jeûne de sept jours ; dans certains cas même la durée était fixée à quarante-deux jours. Des prescriptions identiques étaient en vigueur pour les néophytes aspirant à l'initiation aux Mystères d'Eleusis ; ils jeûnaient de sept à neuf jours avant de pouvoir être admis à la cérémonie.

A Delphes, la prêtresse ne pouvait consulter l'oracle qu'après s'être purifiée par un jeûne de vingt-quatre heures. Le jeûne était de pratique si courante chez les Grecs qu'ils avaient un terme spécial pour désigner le jeûneur ou la jeûneuse, et une locution consacrée signifiant « exhaler l'odeur spécifique d'un estomac à jeun» ; fait qui nous indique qu'ils avaient déjà remarqué et qu'ils connaissaient bien l'odeur spéciale et fétide dégagée par tout jeûneur durant les premiers jours de son abstinence.

Dans l'Ancien Testament il est fréquemment fait mention de jeûnes pratiqués par périodes de trois, sept, vingt-et-un ou quarante jours. Moïse avait prévu dans sa loi des jours et des époques où le jeûne était de rigueur ; lui-même jeûna quarante jours sur le Sinaï lorsqu'il reçut les Tables de la Loi :

« Moïse fut là avec l’Éternel quarante jours et quarante nuits. Il ne mangea point de pain et il ne but point d'eau » (Exode 34. 28).

Aux premiers temps de l'ère chrétienne le jeûne était encore très en honneur chez les fidèles qui s'astreignaient à des périodes d'abstinence totale de vingt-quatre heures appelées en latin mystique d'alors : « jejunium a vespera ad vesperam » (jeûne d'un soir à l'autre).

Nombreux sont les religieux et les ascètes qui sont mentionnés dans la littérature hagiographique comme ayant jeûné de un à deux mois et plus pour purifier leur corps et libérer leur esprit des liens de la chair ; on remarqua aussi que leurs pouvoirs curatifs, comme guérisseurs mystiques, étaient considérablement augmentés à la suite de ces pratiques ; la même constatation eut lieu le siècle passé avec saint J.-B. Vianney, plus connu sous le nom de curé d'Ars, dont les cures d'âme et les guérisons remarquables sont encore dans toutes les mémoires ; c'est à ces jeûnes austères qu'il attribuait en grande partie le développement de ses pouvoirs.

Un des plus illustres Pères de l’Église, saint Jean Chrysostome, définit on ne peut mieux le but et l'utilité du jeûne : « Le jeûne est la nourriture de l'âme, il refrène les intempérances de langage et clôt les lèvres, il dompte la luxure et adoucit le tempérament colérique, il réveille le jugement, confère de la force et de la clarté aux pensées, il rend le corps plus agile, chasse les rêvasseries nocturnes, il guérit les douleurs de tête et fortifie les yeux. »

C'est grâce à la pratique de jeûnes répétés, alliés à une sobriété exemplaire, que plusieurs de ces ascètes chrétiens sont devenus plus que centenaires. Lessius rapporte de multiples exemples de religieux confinés dans la solitude, vivant uniquement de pain, de dattes, de salades et d'eau qui ont dépassé 100 ans. «Tel, dit-il, Paul l'Hermite vécut 115 ans, dont au rapport de saint Jérôme, il en passa près de cent dans les déserts, ne vivant les quarante premières années que de dattes et d'eau pure, les autres de pain et d'eau. Tel saint Antoine parvint à l'âge de 105 ans, dont, selon saint Athanase, il en passa près de quatre-vingts dans les solitudes, ne se nourrissant aussi que de pain et d'eau, à quoi il ajouta vers la fin un peu de salade. Tel Arsenius, précepteur de l'empereur Arcadius, qui atteignit l'âge de 120 ans ; il passa d'abord soixante-cinq ans au désert dans la plus sévère abstinence. Tel Epiphane se conserva 115 ans au moyen de la plus rigoureuse diète. »

Mahomet fut également un grand partisan du jeûne ; d'après lui la prière nous conduit à la moitié du chemin qui nous mène à Dieu et le jeûne nous fait arriver aux portes du ciel. « Celui qui demeure quarante jours dans la prière la plus pure, dit-il encore (c'est-à-dire en se privant de toute nourriture et de toutes boissons), goûte la joie de sentir les sources de la sagesse se déverser du cœur sur les lèvres. » Mais encore faut-il que cette pratique soit faite en toute conscience pour porter ses fruits : « C'est un bien pour vous de jeûner, surtout si vous le faites avec compréhension. »

Lorsque les musulmans se rendent en pèlerinage à la Mecque, ils sont astreints à trois jours de jeûne durant le voyage d'aller et à sept jours pendant le retour.

Voici un précepte extrait du Coran qui mérite d'être médité tant par les chrétiens que par les fidèles d'Allah :

« La diète est le remède de premier ordre ; l'estomac est le réceptacle des maladies ; on ne possède jamais la santé en remplissant son estomac ; il ne faut pas s'épuiser par la nourriture et la boisson ; manger trop est le père de tous les maux ; le régime est le père des remèdes. »

Le Dr P. de Régla, ayant longtemps vécu à Constantinople, y fit la connaissance d'un sage musulman, le Khôdja Orner Haleby, abou Othnzdn, dont il devint le disciple ; il traduisit et adapta en français son remarquable ouvrage El Ktab, le Livre des choses connues et cachées ; on trouve dans ce volume de nombreux passages où les bienfaits du jeûne et de l'abstinence sont parfaitement mis en valeur : « Gouvernez et modérez votre ventre, dit-il, car c'est lui qui mine le corps, qui engendre les maladies, qui fait négliger la prière. » Pour lui le médicament par excellence, c'est la faim et, la cause de la maladie : « c'est entasser nourriture sur nourriture, charger un repas sur un autre ». Il s'appuyait encore sur les paroles du Prophète : « Le vrai croyant ne mange que pour un intestin, le mécréant mange pour sept intestins. La sagesse et la raison ne sauraient être compatibles avec un estomac chargé de nourriture. »

Mohammed avait coutume de dire : « Le jeûne est la santé. »

A l'heure actuelle la pratique d'un jeûne de quarante jours est encore très en honneur chez les Soufis.

Parmi les religions modernes qui ont conservé des souvenirs du passé, mais combien affaiblis et déformés, nous citerons les bouddhistes, les catholiques, les orthodoxes avec leurs périodes de carême, leurs jours maigres où l'on se croit obligé de remplacer la viande défendue par d'abondants plats de poissons variés !

Les Israélites ont leurs jeûnes nationaux : Purim et Jom-Kipour, soit une abstinence totale de vingt-quatre heures.

Les mahométans ont le Ramadan et de nombreuses prescriptions rituéliques hygiéniques concernant les ablutions fréquentes, une gymnastique éminemment salutaire consistant en de nombreuses génuflexions, enfin de multiples restrictions alimentaires des plus profitables pour les fidèles qui les respectent et les mettent en pratique.

Nous pouvons donc conclure de cette revue succincte que les fondateurs de religions et les sages de tous les temps ont considéré le jeûne comme un facteur utile et nécessaire, capable de purifier le corps et de fortifier l'esprit en le dégageant des liens de la matière...

Édouard Bertholet



Télécharger gratuitement le livre du docteur Bertholet Le retour à la santé par le jeûne :


Le jeûne, une nouvelle thérapie ?


Dans les pays occidentaux, les cas de diabète, d'hypertension, d'obésité, de cancers se multiplient et la consommation de médicaments explose. Et s'il existait une autre voie thérapeutique ? Depuis un demi-siècle, en Russie, en Allemagne et aux États-Unis, des médecins et des biologistes explorent une autre piste : le jeûne. Réputé pour sa source d'eau chaude, le sanatorium de Goriachinsk, dans la plaine sibérienne, est aussi connu pour son centre de jeûne, créé en 1995. Atteints d'asthme, de diabète, de rhumatisme, d'allergie... les patients, très encadrés, n'ingurgitent rien à part de l'eau durant douze jours en moyenne mais la cure se prolonge parfois trois semaines. Après la douloureuse crise d'acidose des débuts, ils se sentent plus en forme et les deux tiers voient leurs symptômes disparaître après une ou plusieurs cures. Remboursé, ce traitement s'appuie sur quarante ans d'études scientifiques, malheureusement non traduites, qui ont démarré sous l'ère soviétique. Bien qu'elles soient inconnues hors de Russie, des médecins et chercheurs occidentaux creusent aussi ce sillon, même si, aux pays du médicament-roi, ils bénéficient de peu de subventions.




Thursday, March 29, 2012

Les révolutionnaires du numérique






Révolution numérique & fin de l'oligarchie

Dans leur livre, « Les vrais révolutionnaires du numérique », Michel Berry et Christophe Deshayes proposent un voyage palpitant dans la société de demain. Toutefois, ils omettent de dire que le numérique permet de débarrasser la France, l'Europe et le monde des parasites du peuple, oligarques, politiciens professionnels, députés, sénateurs, conseillers, ploutocrates et tous les autres scélérats qui trahissent la démocratie pour satisfaire leurs intérêts personnels ?

Nous disposons des moyens techniques pour instituer la démocratie directe. Chaque citoyen pourrait s'exprimer sans intermédiaire dans une vaste assemblée numérique. Cette grande assemblée du peuple gouvernerait en étant la source de tous les pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire, comme dans la Grèce antique où tous les citoyens participaient dans l'Assemblée au gouvernement de l’État.

Les vrais révolutionnaires du numérique

On nous prédit depuis des décennies la révolution numérique, et nous y sommes. Se déroule sous nos yeux, sans que nous en ayons toujours une claire conscience, une transformation radicale qui touche tous les secteurs de la société : l'entreprise, l'école, l'hôpital, la ville, les loisirs, etc. On ne sait pas encore si cette révolution créera le monde nouveau et harmonieux que des prophètes nous ont fait miroiter, mais une certitude plutôt inattendue émerge de l'observation : nous y allons gaiement et dans une relative douceur.

Or, jusqu'ici dans l'histoire humaine, le terme de révolution évoquait la violence, le courage et la souffrance. Les barricades y étaient indispensables, tout comme les Gavroche et les têtes coupées. La révolution a une dimension tragique. Ici, point de Gavroche ni de barricades, ni même d'affrontements violents entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Les acteurs de cette révolution sont innombrables, s'impliquent souvent dans la joie et sont animés par la curiosité insatiable dont sont capables les hommes quand on leur en donne l'occasion. Les révolutionnaires ne sont pas les jeunes patrons de start-up tantôt portés aux nues tantôt décriés, mais une masse silencieuse et joyeuse d'hommes et de femmes ordinaires dont les passions, les motivations, les énergies convergent et s'agrègent, ne serait-ce qu'un court instant.

Que l'on pense à l'incroyable passion qui anime les bâtisseurs de Wikipédia. Certains se font même une spécialité de corriger les fautes d'orthographe, gratuitement, en se contentant de l'estime de quelques-uns, aux quatre coins de la planète, qui savent le travail formidable qu'ils accomplissent. Que l'on pense aussi aux débats passionnés qui se développent autour de n'importe quel sujet sur le web, accident, procès, événement politique, et qui mobilisent des points de vue variés, dont ceux d'experts affûtés qui disqualifient rapidement les propos officiels développés dans une langue de bois traditionnelle.

Des jeunes qu'on disait perdus pour l'école développent une technicité ou une inventivité inouïes pour nourrir leur passion : écouter de la musique, visionner des films, faire connaître leurs talents de créateurs ou d'artistes. Évidemment, quand cette ingéniosité tourne au piratage, cela menace des équilibres anciens et l'on comprend que les maisons de disques ou de films s'émeuvent. Mais on voit également apparaître des activités totalement nouvelles, comme les multiples conseils pour la vie quotidienne proposés par des sites tels que Videojug, qui n'enlèvent le pain de la bouche à aucun acteur ancien. Et puis, surtout, la dimension ludique de ces nouveaux outils, qui stimule la curiosité chez un nombre croissant de personnes, jeunes ou moins jeunes, leur redonne le goût de la connaissance ; or on sait que plus un esprit est stimulé, plus il a de l'appétence pour apprendre. On verra, par exemple, dans ce livre, que l'iPod peut redonner aux jeunes le goût de l'école, voire celui de la dictée.

À l'idée de révolution est aussi associée celle de grand soir : un jour, tout doit basculer pour que s'ouvre à nous un monde meilleur. Ce qui permet cette bascule, c'est une utopie, une nouvelle théorie du monde, peaufinée par des intellectuels et brandie par des meneurs politiques qui, une fois au pouvoir, peuvent organiser rapidement la société selon un nouveau cadre. La Révolution française préparée par les Lumières, la révolution russe engendrée par le marxisme, etc. Or ce qui est frappant ici, c'est que les acteurs de la révolution numérique ne sont pas guidés par l'idée d'un grand soir, au contraire : ils se défient des idéologies et ont souvent perdu confiance dans la politique. Plus encore, ils sont souvent rebelles à l'idée de contracter des engagements durables. Ce qui est frappant ici, c'est que chacun peut s'engager de manière réversible : je contribue à une définition de Wikipédia, mais je n'irai pas forcément plus loin ; je participe à un réseau, mais j'arrête quand je veux. Et d'engagement réversible en engagement réversible, on en vient à persévérer. Il se pourrait alors qu'on s'implique plus volontiers, plus joyeusement, parce qu'on se sent plus libre.

Il faut dire toutefois que cette transformation numérique excite aussi l'esprit rebelle qui est une des choses les plus largement partagées, et qui avait du mal à s'exprimer dans notre monde très organisé. Certains engagent des croisades, comme les fondateurs d'Apple qui voulaient créer de petits ordinateurs pour lutter contre la domination des grandes entreprises, ou les communautés open source pour faire pièce à l'hégémonie de Microsoft. Les nouveaux moyens de communication servent aussi à des manifestants anti-G8 pour tournebouler les forces de l'ordre. Ils peuvent servir à inventer des formes d'organisation non structurées particulièrement efficaces dans l'exercice du contre-pouvoir, comme nous le verrons avec le Réseau éducation sans frontières (RESF). On a aussi vu récemment que les nouveaux moyens de communication comme Twitter sont incontrôlables même par les régimes les plus autoritaires, et qu'ils permettent d'organiser une résistance et d'en informer le monde. On voit bien, à observer ces phénomènes, qu'on est plutôt dans le registre de la comédie, des tours qu'on aime volontiers jouer aux pouvoirs établis, que de la tragédie.

Voici donc une transformation sociale (la vraie dimension de cette révolution numérique) animée par la curiosité, la passion, un zeste d'esprit frondeur et dans laquelle chacun peut être alternativement moteur ou en situation de retrait. Comment l'empêcher d'avancer ? Comment même contrôler son cours ? Pour contenir une révolution classique, on peut essayer de repérer ses meneurs et ses penseurs. Mais ici, où sont les meneurs, qui sont les penseurs ? Et pourquoi arrêter ce mouvement qui s'appuie sur les outils dont nous sommes les plus fiers et qui incarnent le progrès ? Et même comment décrire, comment nommer cette révolution ? De quoi s'agit-il au juste ?

Michel Berry et Christophe Deshayes



Les vrais révolutionnaires du numérique





Dessin de Bavony, Rue89.


Wednesday, March 28, 2012

Sommes-nous des primates fruito-végétariens ?





Si nous tentons d'établir une classification du régime de l'homme en tenant compte de son anatomie, de sa morphologie et de sa physiologie, nous aboutissons à le placer chez les primates essentiellement fruito-végétariens.

Du point de vue de la morphologie, l'homme est un bipède, plantigrade disposant de mains libres dont les doigts sont dotés d'ongles plats. Tout cela le prédispose plus à la cueillette qu'à la chasse.

Pour l'anatomie, notons que les canines situées sur la mâchoire humaine sont de taille voisine de celle des incisives et prémolaires. Les canines des carnivores sont beaucoup plus développées. Les molaires des carnivores sont en forme de dents de scie : leur rôle est de déchiqueter la viande crue. L'homme, ainsi que les primates (chimpanzé), possède des molaires garnies de saillies arrondies. Leur rôle est d'écraser les aliments et notamment les fruits et légumes crus préalablement tranchés par les incisives.

Par ailleurs, le foie des carnivores est plus actif que celui des hommes. C'est cette propriété qui explique la possibilité que possèdent les carnivores de ne pas s'empoisonner et de ne pas succomber à une toxémie induite par leur alimentation carnée. Enfin, les carnivores ont un canal intestinal relativement court : trois à cinq fois la longueur du corps, comptée de la gueule à la naissance de la queue. Les primates fruito-végétariens, dont l'homme, possèdent un intestin proportionnellement plus allongé que celui des carnivores : dix à douze fois la longueur du corps. Les herbivores, et tout particulièrement les ruminants, présentent un intestin très allongé : 20 à 28 fois la longueur du corps.

La longueur des intestins est en relation directe avec la nécessité de digérer la cellulose qui accompagne les aliments. Cette cellulose est pratiquement inexistante chez le carnivore, en quantité moyenne chez le fruito-végétarien et en grandes proportions pour les herbivores. Comme nous le disions précédemment, en accord avec la plupart des biologistes, l'homme présente les caractères morphologiques, anatomiques et physiologiques d'un primate fruito-végétarien.

Cependant, dans la vie courante, force nous est de constater qu'il se comporte généralement comme un omnivore.

Même si l'homme a, au cours des temps, peut être par nécessité, orienté son alimentation vers des aliments variés, sa constitution demeure celle du fruito-végétarien. Il n'est ni lion (viande), ni oiseau (graines), ni veau (lait) et il devrait donc se conformer à son régime originel. Dans la pratique, le climat, les activités, l'alimentation traditionnelle, l'éloignent de cette alimentation originelle.
Désiré Mérien

L'adieu au steak

« L'industrie agroalimentaire tente de nous persuader que consommer de la viande est bon pour la santé et que celle-ci est nécessaire à notre équilibre alimentaire. Or de nombreuses études prouvent que trop de viande rouge peut non seulement menacer la santé, mais même raccourcir l'espérance de vie. Quant aux viandes blanches, elles contiennent trop souvent des résidus d'antibiotiques. De manière générale, les élevages sont devenus des entreprises high-tech dans lesquelles on oublie totalement que les animaux sont des êtres vivants et non de simples produits. Sans parler des abattoirs. Et pour nourrir ces animaux qui fourniront les 40 millions de tonnes de viande produits chaque année, l'Europe doit importer du fourrage, par exemple du Paraguay, où quelques gros producteurs profitent de ces commandes tandis que la majorité de la population subit les conséquences, parfois dramatiques, de l'utilisation massive des pesticides. Pire encore : grâce à cette exploitation des ressources mondiales, la production européenne est tellement bon marché que les pays émergents préfèrent importer la viande d'Europe plutôt que de soutenir les producteurs locaux. Si l'on ajoute à ce tableau la contribution des élevages au réchauffement climatique, la pollution de notre environnement par les herbicides, insecticides et les nitrates, il est plus que temps de reconsidérer les habitudes de consommation de cette viande des riches qui affame les pauvres. »



Végétariens célèbres

Tuesday, March 27, 2012

Messages d'amour israélo-iraniens






Le pouvoir rend fou. Et, quand une civilisation dispose d'armes de destruction massive, il est vital de faire entendre la voix des populations. La passivité du peuple-troupeau a trop souvent permis des tragédies. Maintenant, grâce au Web, il est possible d'exprimer des opinions qui s'opposent aux plans des gouvernants haineux.

D'un côté, des dirigeants veulent rayer Israël de la carte. De l'autre, on parle de bombarder et de « vitrifier l'Iran ». Mais le message d'amour des Israéliens envoyés aux Iraniens permettra peut-être de contrer le risque d'un bombardement qui mettrait le feu aux poudres au Moyen-Orient et dans une grande partie du monde. Ce message est : « Iraniens, nous ne bombarderons jamais votre pays. Nous vous aimons ».

Des Iraniens ont répondu positivement à ce message, comme cette dame qui dit :

« je suis une dame iranienne. Je viens de voir votre beau message à mes compatriotes.

Lire votre message m'a mis les larmes aux yeux et du chaud au cœur. Je veux seulement vous assurer que nous Iraniens pensons la même chose, nous ne voulons que la paix et la beauté sur la terre, nous haïssons la guerre et les tueries, nous sommes tous les parties d'un même corps et c'est une douleur de voir un être humain souffrir puisqu'il ou elle est une partie de notre âme.

J'ai toujours été curieuse de ce que vous puissiez nous haïr, de votre côté, parce que je suis convaincue que le vrai visage des Iraniens ne vous aura pas été présenté…

Somme toute, je voudrais seulement vous remercier pour votre très beau message et dire que nous vous aimons tous parce que vous êtes nos frères et nos sœurs. La seule chose qui compte, c'est la beauté du cœur, et pas la culture, la langue, la couleur de peau, la religion ou la patrie. » (Message rapporté par Fred Petrossian dans Rue89)

Si l'initiative prend de l'ampleur et parvient à neutraliser les va-t-en-guerre des deux camps, le Web pourrait faire naître la démocratie directe. La démocratie directe, c'est la véritable démocratie qui met fin à la professionnalisation de la politique et au règne de l'oligarchie. 


Monday, March 26, 2012

La guerre contre le monde arabe





Chögyam Trungpa, auteur de Shambhala, la voie sacrée du guerrier, rêvait-il de participer à la grande guerre contre les Arabes et l'islam (Photo ci-dessus, Chögyam Trungpa en uniforme de combattant) ?

Les pulsions guerrières et l'islamophobie du lama tibétain furent-elles dissimulées derrière la prétendue voie du guerrier spirituel en lutte contre ses passions intérieures ?  Chögyam Trungpa n'a jamais lutté contre ses vices. Il les avait presque tous. D'ailleurs, dans l'un de ses livres, Folle sagesse, il justifie son comportement d'excentrique débauché en prétextant un supposé affranchissement moral des sages.

La stratégie géopolitique de l'empire anglo-américain s'appuie sur la manipulation de sectateurs religieux des évangéliques aux fondamentalistes musulmans en passant par des lamas tibétains, comme Chögyam Trungpa. En réalité, en arrière-fond de l'enseignement du lama guerrier, il y a l'image subliminale de la guerre contre les Arabes et l'islam.

La tradition prophétique du Kalachakra Tantra, le texte sacré des lamaïstes, annonce une terrible guerre d'extermination des ennemis du Dharma (la Bonne loi), ennemis assimilés aux démons (les « anti-dieux »). Dans certains textes, les démons sont clairement désignés, ce sont les musulmans, les « La-los ». Si l'on connaît la stratégie géopolitique de l'empire et son entreprise de diabolisation des Arabes, on comprend qu'une telle tradition prophétique favorise l'implantation des lamas en Occident, où ils disposent de moyens considérables pour acheter des propriétés prestigieuses. Par exemple, la secte lamaïste du lama Tenzin Namdak, qui ne compte que quelques dizaines de personnes, a payé rubis sur l'ongle l'acquisition du magnifique château de la Modtais, classé au patrimoine historique. Ce château est situé à côté de Blou dans le Maine et Loire. Il faut dire que Tenzin Namdak est venu en Occident grâce à l'argent de la fondation Rockefeller.

Le lamaïsme et son islamophobie participent-ils au plan mondialiste des Rockefeller ? Plan que David Rockefeller a reconnu : « Depuis plus d'un siècle, des extrémistes politiques de gauche comme de droite se sont emparés d'incidents pour lesquels on a fait beaucoup de battage, comme ma rencontre avec Castro, pour attaquer la famille Rockefeller pour l'influence démesurée qu'ils nous attribuent sur les institutions politiques et économiques américaines. Quelques uns croient même que nous faisons partie d'une cabale secrète travaillant contre les intérêts des Etats-Unis, nous appelant ma famille et moi des "internationalistes" et nous accusant de conspirer avec d'autres pour construire une structure politique et économique globale plus intégrée - un monde uni, si vous voulez. Si c'est là l'accusation, je plaide coupable et j'en suis fier. »

Les Arabes ne s'intègrent pas facilement à la modernité dévastatrice et à la mondialisation. Sont-ils diabolisés pour cette raison ? La diabolisation des Arabes dans le cinéma hollywoodien est traitée par Jack Shaheen (vidéo ci-dessous).

Pour revenir à l'islamophobie des lamas, voici la déclaration d'un dignitaire tibétain, le lama Garje Khamtrul Jamyang Döndrup, tulkou du troisième Khamtrul, Gyurme Trinle Namgyal (1879-1926) et collaborateur de Rigpa. Selon ce lama, les guerriers de Shambhala combattront réellement les musulmans et les extermineront.

« Après que le dixième Détenteur des Castes Gya-tso nam-gyäl fut monté sur le trône (de Shambhala), le « Me-ka Gya-tso » (Ma-kha rGya-mtso) apparut en l’an singe-bois du cycle Nyi-drol (625 après J.C.). A cette époque vivaient dans le pays appelé Me-k’a (Me-kha) les maîtres La-lo (Kla-klo) A-d’o (A-do), A-no-gha, P’ag-dän (Phag-ldan), J’i-pa wang-po (Byis-pa dbang-po), G’ö-kar-chän (Gos-dkar-can), Jom-j’e (’Joms-byed), Ma-dhu-ma-ti et leurs disciples. Le septième d’entre-eux, D’ar-dän (Dar-ldan), connu aussi sous le nom de Drang-tzii lo-dr’ö (sBrang-rtzi’i blo-gros), Madhumati (Mahomet) fonda une nouvelle religion et propagea les enseignements La-lo. Beaucoup de non-bouddhistes l’adoptèrent et ils détruisirent un grand nombre de monastère bouddhiques. Il est expliqué que la religion La-lo durera 1800 ans.

La plupart des partisans de la foi La-lo, à l’instar d’autres non bouddhistes, ne s’appuient ni sur la méditation ni sur les idées philosophiques, mais paraissent suivre sans discernement des modes de penser mondains et préconisent de nuire à autrui comme pratique de la religion. Dans le futur, de nombreuses nationalités de La-los – qui incluront les peuples Hou-zi (Ho’u-zi) et T’en-dr’uu (Then-gru’u) de Chine, les tribus des régions frontalières du Tibet et de l’Inde et les gens Lo-k’a-tr’a (Klo-kha-phra) – uniront leurs forces. Ensuite, en un lieu dénommé Tri-li se déroulera une grande guerre La-lo. Les La-los, alors unifiés, deviendront très puissants et domineront la moitié du monde.

Histoire de la guerre contre les La-los

Après l’année singe-feu du cycle Dong-ngäg le roi La-lo, qui est considéré comme une manifestation des anti-dieux, rassemblera ses forces à l’ouest de l’Inde dans un lieu nommé Tri-li. Il finira par gouverner la partie centrale de l’Inde au sud de la rivière Shri-ta, tout le Tibet et la moitié du monde. Tandis que, pareil à un éléphant fou, il régnera avec orgueil et sauvagerie, les ministres La-los auront le sentiment que personne au monde n’est plus puissant que ce roi, et feront à ce propos de nombreuses déclarations. Alors, par la force de prières antérieures et l’infaillible vérité de la loi de cause et effet, en conformité avec ses désirs propres, la déesse Re-ma-te deviendra l’épouse du roi La-lo. Elle dira à ses ministres : « O ministres fiers et puérils, j’ai été témoin d’un monde plus grand encore que celui-ci. Si nous ne le conquérons pas, votre habituel orgueil ne sera que fanfaronnade d’enfant. Par conséquent, puisque ce monde au-delà du nôtre existe, employez-vous dès maintenant à le vaincre. »

Alors, pleins d’arrogance et d’impatience, les ministres déclareront : « S’il existe un deuxième monde par-delà le nôtre, nous devons absolument le conquérir. » Remplis de courage, ils s’écrieront tous d’une voix forte : « Allons le conquérir ! » Les ministres feront surveiller les airs et, voyant les multiples signes de fortune et de bonheur du pays de Shambala au nord, les vagues de jalousie éclateront. Ainsi commenceront-ils à diriger leurs forces militaires sur Shambala.

Ce moment correspondra à la 97ème année du règne du vingt-cinquième Détenteur royal des Castes, l’an mouton-eau du vingt-troisième cycle Nyi-ma (2425 après J.C.). Alors, en vue d’aider les La-los, grâce à la force du karma, le souverain religieux produira diverses sortes d’armes et des millions de forces militaires irrésistibles, comme dans un spectacle magique. De Shambala à Jambudvipa il conduira les forces réunies des douze grands dieux : 90 millions de chevaux volants, 400 000 éléphants, 500 000 voitures, une infanterie composée de toutes les personnes disponibles, des navires de l’espace se déplaçant plus vite que le son, des véhicules à moteur actionnés par le feu et la vapeur, des véhicules armés aux blindage de fer, des explosifs que l’on peut lancer à la main, et différents types d’armes atomiques. En Inde, sur les bords de la rivière Shrita, aura lieu alors une grande guerre contre les La-los.

Comment les La-los seront vaincus

A ce moment Dr’ang-tzii lo-dr’o, roi des La-los sera poignardé par Drag-po K’or-lo-chän. Et Wang-poi gön-po (dBang-po’i ngon-po) et le fils du général La-lo Dawa chen-po (Zla-ba chen-po), seront respectivement poignardés par la main de Hanuman, général du Détenteur des Castes, et par celle de Dr’ag-po K’or-lo-chän. Ainsi seront-ils défaits. Les forces anti-divines des La-los seront pareillement vaincues par celles des douze grands dieux ; alors tous les dieux sans exception se rangeront aux côtés du Détenteur des Castes.

Alors, en partant de l’Inde et dans le sens des aiguilles d’une montre, le pays entier de Jambudvipa sera gouverné par le Détenteur des Castes Dr’ag-po k’or-lo-chän. Les enseignements du Bouddha en général et ceux du Mahayana tel que le Kalachakra , en particulier, fleuriront immensément. La durée de la vie humaine augmentera progressivement jusqu’à 1 800 ans et l’Age Parfait renaîtra plus glorieux que jamais auparavant. »

Garje Khamtrul Jamyang Döndrup
Source : « Le Tibet Journal », éditions Dharma.

Précision importante :


Contrairement aux affirmations des lamas tibétains à la solde des USA, des « jubus » et des tibétologues occidentaux, agents conscients ou inconscients de la contre-initiation, le terme La-lo « Klaklo » désigne les païens et les barbares et ne vise pas exclusivement les musulmans. 

En outre, il n'y a pas plus païens que les adorateurs de Mammon des ploutocraties dont le cœur est à Wall Street. 

Il ne faut pas oublier que les mercenaires des maîtres d'œuvre de la barbarie économique mondiale, souvent sous "false flag", sèment la désolation sur la planète.


Hollywood et les arabes 1/3



Hollywood et les arabes 2/3



Hollywood et les arabes 3/3




Sunday, March 25, 2012

L'influence de l'argent sur l'homme




« Vous pensez certainement que l'argent n'a pas d'effet sur vous ? Regardez cette vidéo. Vous comprendrez pourquoi l'argent rend fou le monde actuel. Comment il change des être "normaux" en obéissants moutons. »

***

L'argent (selon l'ésotérisme), par Jean Louis Bernard :

De l'argent, par le philosophe Raoul Vaneigem :


La vinaigrette philosophico-spirituelle des bobos





Dans Dieu et l’État, Michel Bakounine rappelle les paroles de Voltaire : « Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer ». Et Bakounine ajoute : « Car, vous comprenez, il faut une religion pour le peuple. C'est la soupape de sûreté ».

Plus loin, Bakounine écrit :

« Il n'y a que deux moyens pour convaincre les masses de la bonté d'une institution sociale quelconque. Le premier, le seul réel, mais aussi le plus difficile, parce qu'il implique l'abolition de l'État — c'est-à-dire l'abolition de l'exploitation politiquement organisée de la majorité par une minorité quelconque —, ce serait la satisfaction directe et complète de tous les besoins, de toutes les aspirations humaines des masses ; ce qui équivaudrait à la liquidation complète de l'existence tant politique qu'économique de la classe bourgeoise, et, comme je viens de le dire, à l'abolition de l'État. Ce moyen serait sans doute salutaire pour les masses, mais funeste pour les intérêts bourgeois. Donc il ne faut pas en parler.

Parlons alors de l'autre moyen, qui, funeste pour le peuple seulement, est au contraire précieux pour le salut des privilèges bourgeois. Cet autre moyen ne peut être que la religion. C'est ce mirage éternel qui entraîne les masses à la recherche des trésors divins, tandis que, beaucoup plus modérée, la classe dominante se contente de partager, fort inégalement d'ailleurs et en donnant toujours davantage à celui qui possède davantage, parmi ses propres membres, les misérables biens de la terre et les dépouilles humaines du peuple, y compris naturellement sa liberté politique et sociale.

Il n'est pas, il ne peut exister d'État sans religion. Prenez les États les plus libres du monde, les États-Unis d'Amérique ou la Confédération suisse, par exemple, et voyez quel rôle important la Providence divine, cette sanction suprême de tous les États, y joue dans tous les discours officiels.

Mais toutes les fois qu'un chef d'État parle de Dieu, que ce soit Guillaume ler, l'empereur knouto-germanique, ou Grant, le président de la Grande République (USA), soyez certains qu'il se prépare de nouveau à tondre son peuple-troupeau.

La bourgeoisie française, libérale, voltairienne, et poussée par son tempérament à un positivisme, pour ne point dire à un matérialisme, singulièrement étroit et brutal, étant devenu, par son triomphe de 1830, la classe de l'État, a dû donc nécessairement se donner une religion officielle. La chose n'était point facile. Elle ne pouvait se remettre crûment sous le joug du catholicisme romain. Il y avait entre elle et l'Église de Rome un abîme de sang et de haine, et, quelque pratique et sage qu'on soit devenu, on ne parvient jamais à réprimer en son sein une passion développée par l'histoire. D'ailleurs, le bourgeois français se serait couvert de ridicule s'il était retourné à l'église pour y prendre part aux pieuses cérémonies du culte divin, condition essentielle d'une conversion méritoire et sincère. Plusieurs l'ont bien essayé, mais leur héroïsme n'eut d'autre résultat qu'un scandale stérile. Enfin le retour au catholicisme était impossible à cause de la contradiction insoluble qui existe entre la politique invariable de Rome et le développement des intérêts économiques et politiques de la classe moyenne.

Sous ce rapport, le protestantisme est beaucoup plus commode. C'est la religion bourgeoise par excellence. Elle accorde juste autant de liberté qu'il en faut aux bourgeois et a trouvé le moyen de concilier les aspirations célestes avec le respect que réclament les intérêts terrestres. Aussi voyons-nous que c'est surtout dans les pays protestants que le commerce et l'industrie se sont le plus développés. Mais il était impossible pour la bourgeoisie de la France de se faire protestante. Pour passer d'une religion à une autre — à moins qu'on ne le fasse par calcul, comme le font quelquefois les Juifs en Russie et en Pologne, qui se font baptiser trois, quatre fois, afin de recevoir chaque fois une rémunération nouvelle —, pour changer de religion, il faut avoir un grain de foi religieuse. Eh bien, dans le cœur exclusivement positif du bourgeois français, il n'y a point de place pour ce grain. Il professe l'indifférence la plus profonde pour toutes les questions, excepté celle de sa bourse avant tout, et celle de sa vanité sociale après elle. Il est aussi indifférent pour le protestantisme que pour le catholicisme. D'ailleurs la bourgeoisie française n'aurait pu embrasser le protestantisme sans se mettre en contra-diction avec la routine catholique de la majorité du peuple français, ce qui eût constitué une grave imprudence de la part d'une classe qui voulait gouverner la France.

Il restait bien un moyen : c'était de retourner à la religion humanitaire et révolutionnaire du XVIIIe siècle. Mais cette religion mène trop loin. Force fut donc à la bourgeoisie de créer, pour sanctionner le nouvel État, l'État bourgeois qu'elle venait de créer, une religion nouvelle, qui pût être, sans trop de ridicule et de scandale, la religion professée hautement par toute la classe bourgeoise.

C'est ainsi que naquit le déisme de l'École doctrinaire.

D'autres ont fait, beaucoup mieux que je ne saurais le faire, l'histoire de la naissance et du développement de cette École, qui eut une influence si décisive et, je puis bien le dire, funeste sur l'éducation politique, intellectuelle et morale de la jeunesse bourgeoise en France. Elle date de Benjamin Constant et de Mme de Staël, mais son vrai fondateur fut Royer-Collard ; ses apôtres : MM. Guizot, Cousin, Villemain et bien d'autres ; son but hautement avoué : la réconciliation de la Révolution avec la Réaction, ou, pour parler le langage de l'École, du principe de la liberté avec celui de l'autorité, naturellement au profit de ce dernier.

Cette réconciliation signifiait, en politique, l'escamotage de la liberté populaire au profit de la domination bourgeoise, représentée par l'État monarchique et constitutionnel ; en philosophie, la soumission réfléchie de la libre raison aux principes éternels de la foi. Nous n'avons à nous occuper ici que de cette dernière.

On sait que cette philosophie fut principalement élaborée par M. Cousin, le père de l'éclectisme français. Parleur superficiel et pédant, innocent de toute conception originale, de toute pensée qui lui fût propre, mais très fort dans le lieu commun, qu'il a le tort de confondre avec le bon sens, ce philosophe illustre a préparé savamment, à l'usage de la jeunesse étudiante de France, un plat métaphysique de sa façon, et dont la consommation, rendue obligatoire dans toutes les écoles de l'État, soumises à l'Université, a condamné plusieurs générations de suite à une indigestion du cerveau. Qu'on s'imagine une vinaigrette philosophique composée des systèmes les plus opposés, un mélange de Pères de l'Église, de scolastiques, de Descartes et de Pascal, de Kant et de psychologues écossais, le tout superposé sur les idées divines et innées de Platon et recouvert d'une couche d'immanence hégélienne, accompagné nécessairement d'une ignorance aussi dédaigneuse que complète des sciences naturelles, et prouvant que deux fois deux font cinq. »

Heidegger et les guerriers de Shambhala

De nos jours, le Victor Cousin des bobos se nomme Fabrice Midal. Il dirige l’École occidentale de méditation dont le grand séminaire estival évoque cette vinaigrette philosophique qui fait sourire Bakounine.

Durant 18 jours et pour 1100 €, Fabrice Midal mélangera Dogen et Heidegger, Descartes et Shunryu Suzuki, Cézanne et Milarépa, Montaigne et Rilke, Kant et Chögyam Trungpa, Diane Arbus et Shantideva sur fond de méditation.

Le principal « plat métaphysique » de Fabrice Midal se trouve dans son texte sur la pensée bouddhique et la philosophie de Heidegger intitulé « Conférences de Tokyo ».

N'est-il pas inquiétant de faire rencontrer les idées de Chögyam Trungpa, gourou tibétain fou et propagateur de la doctrine guerrière de Shambhala, et la philosophie de Heidegger ? Martin Heidegger, ce « Philosophe de « l'être au monde » dont les sectateurs affirment que n'a strictement aucune importance sa propre façon d'avoir « été au monde », c'est-à-dire son adhésion consciente et volontaire au parti nazi à une époque où ce n'était pas encore obligatoire.
Pensée profondément et radicalement réactionnaire qui justifie toutes les formes de fuites irrationnelles dans une auto-exaltation logomachiquement poétique par refus de chercher à dominer une technique qui de toute façon nous dominera. A fait beaucoup de mal. En particulier à Jean-Paul Sartre », affirme Jean-François Kahn.


Dieu et l’État de Michel Bakounine, livre audio gratuit :