Monday, January 30, 2012

La franc-maçonnerie





Mélenchon est bien franc-maçon, c'est confirmé dans « Mélenchon le plébéien », le livre biographique des journalistes Lilian Alemagna et Stéphane Alliès consacré au tribun du prolétariat.

L'information ne surprend pas le conspirationniste Richard Pellegrin qui depuis quelques mois prophétise l'arrivée au pouvoir d'une coalition trotskiste-communiste, télécommandée par une inquiétante « élite de la franc-maçonnerie » œuvrant secrètement au contrôle du monde. Au XXe siècle, le spectre du communisme et le complot judéo-maçonnique étaient les thèmes de prédilection de l'extrême-droite.

Dès 1738, le pape Clément XII s'inquiétait de la prolifération de « certaines sociétés, assemblées, réunions [...] de francs-maçons dans lesquels des hommes de toute religion [...] s'engagent par un serment prêté sur la Bible, et sous les peines les plus graves, à cacher par un silence inviolable tout ce qu'ils font dans l'obscurité du secret ». Le Vatican condamne alors une première fois une société qui connaît depuis peu un essor considérable en Europe. Un an plus tôt, dans la France de Louis XV, les indiscrétions d'un membre de la fraternité sur les réunions clandestines de son ordre ont éveillé les soupçons du pouvoir royal. On raconte que dans ces assemblées, qu'on appelle des « loges », des hommes de conditions différentes — des bourgeois aux membres de la plus haute aristocratie, en passant par des ecclésiastiques — se côtoient et conversent ensemble de sujets variés selon des usages étranges, maniant des symboles et un langage hermétiques aux non-initiés. Pire encore, ces loges accueilleraient non seulement des catholiques, mais aussi des protestants, des juifs et même des « mahométans » ! En outre, des personnages illustres, souvent critiques de la société de leur temps, en font partie : Montesquieu, Choderlos de Laclos, La Fayette et même Voltaire. En ce siècle des Lumières, la franc-maçonnerie ne laisse pas indifférent.

La tolérance plutôt que la querelle religieuse

Cette fraternité pourtant est récente, née au XVIIe siècle dans un royaume d'Angleterre ravagé par des guerres de religion. C'est dans ce contexte que des hommes épris de tolérance fondent des espaces de libre parole ouverts à toutes les confessions. Pour des raisons encore difficiles à élucider, les fondateurs emploient le vocabulaire et les usages des anciennes corporations de maçons, dont les plus doués savaient jadis tailler la pierre tendre que l'on appelle free stone ; on les nommait les free stone masons ou freemasons, « francs-maçons ». Maniant la pensée et la parole plutôt que le marteau et le burin, les nouveaux maçons donnent naissance à une franc-maçonnerie non plus opérative mais spéculative, fondée sur des valeurs d'humanisme, de tolérance et de fraternité. Officiellement, l'acte fondateur de la franc-maçonnerie moderne date de 1717, lorsque quatre loges anglaises décident de fonder une Grande Loge d'Angleterre qui fédère toutes les loges du royaume. Quelques années plus tard, en 1723, le nouvel ordre se dote de constitutions encore en usage de nos jours, garantes d'un universalisme maçonnique.

Le Temple inachevé

Comme toute société initiatique, la franc-maçonnerie dispose d'un récit fondateur : c'est la légende d'Hiram présidant à la construction à Jérusalem du Temple de Salomon destiné à recevoir les tables de la Loi. Sur le chantier, les ouvriers étaient divisés en trois groupes selon leurs qualifications apprentis, compagnons ou maîtres. L'architecte du Temple, Hiram, avait pour habitude de parcourir quotidiennement son chantier et fut un jour surpris par trois compagnons qui cherchaient à lui arracher les secrets de la maîtrise. Devant son refus, ils le tuèrent et enterrèrent son corps. Depuis lors, le Temple demeure inachevé et les maçons sont censés travailler à son parachèvement constant, recherchant la parole perdue du maître. Les pères fondateurs de la franc-maçonnerie moderne ont revendiqué l'héritage de tous les maçons qui les auraient précédés, depuis les constructeurs de pyramides jusqu'aux bâtisseurs de cathédrales. Ils ont alors élaboré un parcours initiatique menant du grade d'apprenti à celui de maître, proposant les outils d'une possible amélioration de soi.

« Ici tout est symbole »

La franc-maçonnerie se pare d'une profusion de symboles, lesquels doivent permettre à des hommes et des femmes de se comprendre par-delà les barrières sociales. Si nombre de ces symboles sont hérités de la kabbale ou de l'hermétisme, le cœur du corpus symbolique provient des outils des tailleurs de pierre. Ainsi l'équerre et le compas sont-ils omniprésents : la première est associée à la rectitude morale tandis que le second fait référence à la mesure que tout maçon doit adopter dans son comportement. La truelle, le fil à plomb, le niveau viennent compléter ce tableau des outils opératifs. L'inspiration biblique de la maçonnerie est rappelée par les deux colonnes qui ornent l'entrée des loges, elles renvoient au Temple de Salomon, tandis que le plafond, peint en bleu, souligne son inachèvement et incite chaque maçon à travailler sur lui-même comme s'il était une pierre dans l'édifice de la fraternité humaine. D'autres symboles apparaissent : le soleil et la lune, car les maçons travaillent « de midi à minuit » ; le triangle, dont la forme ternaire invite au dépassement des contraires. Surmonté d'un œil, il fait référence à la connaissance et parfois au Grand Architecte de l'Univers, principe organisateur du monde auquel certains maçons donnent le nom de Dieu.

L'initiation et le travail maçonnique

L'initiation est le processus par lequel un profane (pro fanum, litt. « devant le Temple ») devient un initié (in itium, litt. « sur le chemin »). L'impétrant est reçu avec un bandeau sur les yeux et subit les épreuves de la terre, de l'eau, du vent et du feu avant de mourir symboliquement pour renaître franc-maçon : il est alors apprenti. Durant cette phase qui peut durer de quelques mois à plusieurs années, il doit conserver le silence afin de comprendre les règles de fonctionnement de la loge. Devenu compagnon, il exerce pleinement son droit de parole. Enfin, maître, disposant désormais de tous les outils symboliques nécessaires, il approfondit son engagement.

Le travail en loge constitue le moment fort de la vie maçonnique. Deux fois par mois, les maçons se réunissent lors de « tenues » durant lesquelles l'un d'eux présente un exposé ou « planche ». Les sujets directement politiques ou religieux sont généralement proscrits au bénéfice de l'analyse d'un symbole ou d'une valeur maçonniques. L'exposé est complété par une discussion. Après la clôture des travaux, les maçons se retrouvent souvent de façon moins formelle autour d'une table, lors des « agapes ».

Grades et hauts grades

Dès le XVIIIe siècle, il a semblé à certains francs-maçons que la stricte hiérarchie des trois grades était insuffisante. Par réel souci initiatique parfois, mais aussi par goût des titres, ils l'ont enrichie d'une pyramide de hauts grades. Ainsi, le Rite Écossais Ancien et Accepté, formalisé au début du XIXe siècle, et, désormais, le plus pratiqué dans le monde, comprend-il trente-trois grades : de l'apprenti (1er degré) au « souverain grand inspecteur général » (33e) en passant par le « grand élu de la voûte sacrée ou sublime maçon » (30e). Au-delà de ces qualificatifs ronflants, la création de degrés nouveaux a permis d'intégrer un certain nombre d'éléments étrangers à la maçonnerie des origines ; ainsi, nombre de titres évoquent-il les Templiers (« grand commandeur du Temple » au 27e degré) ou les Rose-Croix (« chevalier Rose-Croix » au 18e degré). Ces titres sont des emprunts, s'ils n'attestent d'aucune autre filiation que légendaire, ils ont néanmoins enrichi le patrimoine maçon-nique en références savantes ou illustres.

Entre complots et satanisme

En essaimant sur le continent au cours du XVIIIe siècle, la franc-maçonnerie s'est diversifiée, et dans la France des Lumières par exemple, les rituels maçonniques s'imprègnent de l'imaginaire chevaleresque très en vogue. En terre protestante, les rois et les princes n'hésitent pas à intégrer des loges, tandis que dans les pays catholiques, l'opposition farouche de la papauté dresse bientôt l'Église contre les maçons, et partout elle est perçue comme une entreprise suspecte.

Dans ses Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, paru en 1797, l'abbé Augustin Barruel, ancien franc-maçon, affirme que la Révolution française résulte d'un complot maçonnique. Or, les réactions des maçons ont été très diverses en 1789, allant d'un soutien franc à la monarchie absolue jusqu'aux idées démocratiques les plus avancées. S'il est vrai que certaines loges maçonniques ont été le laboratoire d'une sociabilité relativement ouverte et le véhicule d'idées libérales, la maçonnerie dans son ensemble n'a fomenté aucun complot. D'ailleurs, la plupart des loges cessent de se réunir durant la Révolution. L'ouvrage de Barruel a contribué toutefois à ancrer dans les esprits l'idée que les frères conspirent à l'abri du secret. Paradoxalement, la thèse de Barruel est reprise au milieu du XIXe siècle par Louis Blanc, homme politique, historien et franc-maçon, dans son Histoire de la Révolution française. Les maçons d'alors, en plein combat pour la démocratie contre le second Empire, s'enorgueillissent ainsi du supposé engagement révolutionnaire de leurs prédécesseurs. La contrevérité a été érigée par les deux camps en version officielle !

En 1885, un dénommé Léo Taxil, ancien franc-maçon, anticlérical fraîchement converti au catholicisme, publie des révélations fracassantes. Dans son livre les Frères Trois-points, il soutient que la maçonnerie est d'essence satanique, que le diable en personne présiderait à certaines réunions tandis que les maçons se livreraient à des messes noires... Succès énorme ! Or, l'affaire tourne court lorsque l'auteur révèle trois ans plus tard que ses écrits tenaient tout bonnement du canular. Il n'empêche, les accusations de satanisme perdurent. C'est à la même époque que paraissent les Protocoles des Sages de Sion, un document forgé de toutes pièces par la police tsariste pour justifier les pogroms commis en Russie. C'est dans cet ouvrage que pour la première fois apparaît nettement l'idée du « complot judéo-maçonnique ». Les francs-maçons seraient les jouets d'une gigantesque conspiration orchestrée par les Juifs. Ces thèses, reprises tout au long du XXe siècle, serviront de prétexte aux gouvernements des États totalitaires pour persécuter les uns et les autres.

Une société dans son siècle

S'ils suscitent tant de suspicion — voire de haine — c'est que les francs-maçons n'ont pas manqué de s'engager dans le débat politique de leur temps et de se fondre parfois dans les sphères du pouvoir. Discrets pendant la Révolution, ils connaissent en France un vif regain durant l'Empire. Si Napoléon ne fut sans doute jamais initié, ses frères le seront, et Joseph Bonaparte devient en 1805 grand maître du Grand Orient, qui accueille aussi nombre de maréchaux et de ministres. Au XIXe siècle, les francs-maçons français sont majoritairement anticléricaux et participent aux combats de la République pour l'école, la laïcité, et sont très présents dans le personnel politique de gauche. La maçonnerie fait alors corps avec la politique laïque d'un Jules Ferry ou les mesures anticléricales d'un Émile Combes. Le poids de la franc-maçonnerie est tel que l'on considère que dans les rang du parti radical, trois sénateurs sur quatre et près de la moitié des députés sont frères. Cet engagement républicain explique la défiance dont les francs-maçons feront l'objet. Ainsi le parti communiste interdit-il en 1922 à ses membres d'être franc-maçon. De son côté, l'Église catholique réitère ses excommunications qui ne seront levées qu'en... 1983. Quant au régime de Vichy, montant en épingle les élucubrations d'un Léo Taxil, il lance une virulente campagne antimaçonnique et ordonne dès juin 1940 la dissolution des obédiences maçonniques françaises.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les rangs de la franc-maçonnerie sont décimés, et plusieurs décennies lui seront nécessaires pour se reconstituer. On estime aujourd'hui à plus de six millions ses effectifs, dont la grande majorité aux États-Unis. En France, les loges maçonniques rassemblent plus de cent vingt mille maçons et maçonnes fédérés en différentes obédiences : le Grand Orient, de tendance laïque, la Grande Loge, plus spiritualiste, la Grande Loge féminine ou encore le Droit humain, obédience mixte la plus importante. La Grande Loge nationale française, plus proche de la maçonnerie anglaise, se distingue par un esprit plus traditionaliste et conservateur.

À l'égard de cette société qui se veut discrète bien plus que secrète, la suspicion demeure. Perçue comme un vaste réseau d'entraide, elle suscite critiques et fantasmes autant que curiosité et fascination, le moindre dérapage de l'un de ses membres étant fortement médiatisé. Sans doute certains ont-ils cru pouvoir l'utiliser comme un club d'influence politique ou économique, mais si des réseaux existent bel et bien et si des frères ont eu maille à partir avec la justice, c'est que la franc-maçonnerie, profondément ancrée dans son temps, est en partie le reflet de celui-ci.

Les sociétés secrètes, ouvrage collectif.


Les sociétés secrètes



Dessin :

Saturday, January 28, 2012

Quelle révolution ?





La révolution « Dansons la Carmagnole, Vive le son du canon ! »

Le début du XXIe siècle est marqué par des bouleversements considérables. L'effondrement de la société occidentale, la corruption des politiques, les inégalités croissantes, le marasme économique... provoqueront-ils la révolution ?

Un mystérieux Réseau Vercors déclare la République en danger et demande la mise en place d'un comité de salut public. Ce comité prendra des mesures quelque peu robespierriennes :

Présentation devant des tribunaux populaires de tous les parlementaires, des magistrats, des membres du corps préfectoral, de « l’ensemble des membres des exécutifs français ayant exercés des fonctions gouvernementales depuis 1992 ». Nicolas Sarkozy, accusé de haute trahison, sera jugé par la haute Cour.

Le comité de salut public rompra avec les USA et l'Angleterre et se rapprochera de la Chine, de la Russie et des pays arabes (accord de collaboration avec le monde arabe pour l'émanciper de tout contrôle de l'OTAN)...


Une mesure attire notre attention : le comité dissoudra toutes les congrégations religieuses. Cette décision ne choque pas les personnes qui partagent l'analyse de Frithjof Schuon :
« D'une manière générale, une des découvertes les plus décevantes de notre siècle est le fait que la moyenne des croyants sous tous les cieux, ne sont plus tout à fait des croyants ; qu'ils n'ont plus véritablement la sensibilité conforme à leur religion et qu'on peut leur raconter n'importe quoi. »

La révolution du silence

La spiritualité est une chose trop sérieuse pour être confiée aux religieux. A l'instar de la sexualité, la spiritualité devrait rester dans la sphère de la vie privée. Un spiritualiste protégé de l'emprise des prédicateurs, gourous, prophètes de tout acabit, a plus de chance d'accéder à un véritable état éveil.

Pour Krishnamurti, auteur de La révolution du silence, cet état est « l'état d'une conscience si totalement présente est semblable à celui où l'on se trouverait en vivant avec un serpent dans la chambre : on observerait tous ses mouvements, on serait très, très sensible au moindre bruit qu'il ferait. Un tel état d'attention est une plénitude d'énergie où la totalité de nous-mêmes se révèle en un instant ».

« Ce que Krishnamurti ne va cesser d'affirmer à partir de 1929, c'est qu'il faut se libérer de nos conditionnements, de tout ce qui nous construit et nous sclérose : illusions, croyances, préjugés ; pour pouvoir accéder à la vérité de la vie. […]

Il est très probable qu'il restera dans l'histoire comme un révolutionnaire spirituel, tant son message et sa pédagogie sont novateurs.

Krishnamurti révolutionne le monde spirituel. En effet, qu'elles soient orientales ou occidentales les religions sont embourbées dans leurs croyances, leurs rites et leurs répétitions. Cela a conduit au conformisme, à l'infantilisme et au mimétisme de la conscience spirituelle.

Krishnamurti a créé la rupture avec cela, en montrant d'abord l'exemple dans sa vie, quand il a tourné le dos à la Société Théosophique.

Le monde est chaotique, non pas depuis le vingtième siècle, mais depuis très longtemps, et la révolution à laquelle nous appelle Krishnamurti, n'est pas un changement politique ou économique ou religieux pour une amélioration ponctuelle, mais une profonde transformation des contenus même de notre conscience. On pourrait parler d'une véritable mutation.

Aujourd'hui, cet appel de Krishnamurti semble loin d'avoir été compris.

Le problème fondamental de son discours réside dans le fait qu'il ne donne aucune méthode. Et l'homme cherche des méthodes, ce qui aujourd'hui devient un vaste marché. Aujourd'hui, la spiritualité sortant des modèles religieux se trouve accaparée par le modèle commercial.

Or la vérité est incommunicable, elle ne peut être enseignée parce qu'il ne s'agit pas d'informations.

Ainsi au premier abord, Krishnamurti ne donne rien et ne veut rien donner, ce qui est frustrant pour qui cherche des trucs et des certitudes rassurantes.

Il se propose juste de créer chez son auditeur un choc, afin qu'il se réveille de lui-même. Encore faut-il qu'il en aie l'envie.

Toutefois, en étant attentif, à travers son discours, on peut comprendre que ce qui est proposé, c'est la liberté et l'autonomie. Là, il donne des clés pénétrantes pour éclairer la conscience. »

Patrick Vigneau, Découvrir Khrishnamurti .

Découvrir Khrishnamurti

Découvrir Khrishnamurti est un petit livre écrit par Patrick Vigneau qui précise un aspect fondamental :

« L'enseignement de Krishnamurti ne peut se lire comme une œuvre littéraire ou scientifique, uniquement avec son intellect. Il implique une attention, une ouverture, une présence qui seule peut provoquer une révolution intérieure. Car il s'agit d'un coup de balai de toutes les poussières intellectuelles du passé.

Il s'agit non de comprendre l'enseignement de Krishnamurti mais de se comprendre soi-même. »

Patrick Vigneau présente avec beaucoup de clarté des thèmes essentiels de l'enseignement de Krishnamurti. En outre, le livre comprend une biographie assez courte mais d'un grand intérêt.

Découvrir Khrishnamurti
Avant propos

« Voilà près de 30 ans que j’ai découvert Krishnamurti et sa parole continue à inspirer mon parcours de vie.

Dans ce petit livre, j’ai souhaité rassembler de manière relativement synthétique différents éléments de son enseignement afin d’en avoir une vision globale.

En effet beaucoup de personnes que je rencontre me disent parfois que la pensée de Krishnamurti est difficile à aborder pour un néophyte et me demandent souvent par quel livre commencer.

C’est en pensant à cette question que j’ai rédigé ces quelques chapitres. Je suis donc resté assez près de ses écrits.

Et j’espère que cela donnera envie d’aller lire ses livres, ses conférences, les biographies et témoignages qui lui sont consacrés.

J’ajoute aussi que Krishnamurti n’a jamais proposé à personne d’être son interprète. Loin de moi la volonté et la prétention d’expliquer son enseignement, je n’arriverais qu’à déformer ses propos.

Mais je souhaite simplement apporter ma petite contribution à la diffusion d’une parole qui assurément marque une profonde rupture avec un enseignement spirituel traditionnel parfois incohérent. 

Parole qui a révolutionné ma conscience et ma vie. 
»



Patrick Vigneau
Éditions l'Originel :


Friday, January 27, 2012

Si vous rencontrez un Bouddha, tuez le Bouddha !






L'enseignement de Lin-tsi représente l'aboutissement presque parfait d'une évolution à laquelle Hui-neng, sixième patriarche du Tchan (Ch'an), avait donné une impulsion décisive. Hui-neng détruisant les soutras, les "Évangiles" bouddhiques, a inspiré des artistes (illustration ci-dessus). L'humanité se porterait-elle plus mal si tous les livres « saints » étaient envoyés au pilon ?

Lin-tsi déclara :

« Adeptes, voulez-vous voir les choses conformément à la Loi ? Gardez-vous seulement de vous laisser égarer par les gens. Tout ce que vous rencontrez, au-dehors et (même) au-dedans de vous-mêmes, tuez-le. Si vous rencontrez un Bouddha, tuez le Bouddha ! Si vous rencontrez un patriarche, tuez le patriarche ! Si vous rencontrez un Arhat, tuez l'Arhat ! Si vous rencontrez vos père et mère, tuez vos père et mère ! Si vous rencontrez vos proches, tuez vos proches ! C'est là le moyen de vous délivrer, et d'échapper à l'esclavage des choses ; c'est là l'évasion, c'est là l'indépendance ! »

Commentaire de John Wu :

« Toutes ces résonances meurtrières ne doivent alarmer personne. Pour Lin-tsi la seule chose importante était la recherche de la Vérité et de la conscience de soi ; et il était compréhensible qu'il considérât comme un obstacle à balayer sans pitié toute chose ou toute personne qui s'y opposait. Pour lui, le problème de la vie est véritablement Être ou ne pas être et c'est seulement lorsque l'on est libéré de l'attachement envers toutes choses hormis le Nec plus ultra que l'on peut commencer à être. […]

Le point central de sa vision philosophique est l'Homme Véritable inconditionné (l'homme vrai sans situation). Il ne se lassait jamais d'insister sur la confiance en le soi propre ; or ce soi n'est pas l'individu provisoire, soumis à toutes les contingences de la vie, mais le soi véritable qui, n'étant jamais né, ne meurt pas, qui se situe au-delà du temps et de l'espace et qui est un avec le Tao. Tant qu'un homme s'identifie au seul soi temporaire, il demeure esclave. Une fois éveillé à l'Homme Véritable qui est en lui, il arrive à sa véritable personne et devient libre.

Montant en salle, il dit : « Sur votre conglomérat de chair rouge, il y a un homme vrai sans situation, qui sans cesse sort et entre par les portes de votre visage. Voyons un peu, ceux qui n'ont pas encore témoigné ! » Alors un moine sortit de l'assemblée et demanda comment était l'homme vrai sans situation. Le maître descendit de sa banquette de Dhyâna et, empoignant le moine qu'il tint immobile, lui dit : « Dis-le toi-même ! Dis ! » Le moine hésita. Le maître le lâcha et dit : « L'homme vrai sans situation, c'est je ne sais quel bâtonnet à se sécher le bran. » Et il retourna à sa cellule.

La signification de ce dialogue sera claire si l'on se souvient que le moine qui avait posé la question pensait encore à l'homme véritable comme à un étranger et qu'il était donc loin d'avoir conscience de sa personne. Homme libre par essence, il restait esclave en s'identifiant à son moi temporaire, se rabaissant ainsi à l'état d'un objet sans vie et sans valeur tel un bâtonnet à se sécher le bran.

Il existe une curieuse coïncidence entre l'idée de l'« homme véritable » de Lin-tsi et celle du « Soi primitif » d'Emerson. Comme Lin-tsi, Emerson préconisait l'appui sur soi ou la confiance en soi, et il insistait sur le fait que le soi en lequel il faut placer sa confiance n'est pas l'ego individuel, mais un soi fondamental. »


Note de Paul Demiéville :

Je ne sais quel bâtonnet à se sécher le bran : toute définition de l'« homme vrai » ne peut être qu'impropre (au sens propre), vile, ordurière, puisqu'il est par définition ce qui échappe à toute définition. [...]. En Inde, où il n'y avait pas de papier, on s'essuyait avec des bouts de bois, ainsi que le prescrivent les codes disciplinaires, et les moines chinois avaient adopté cet usage. Le Bouddha lui-même est parfois défini dans le Tchan comme un « bâtonnet à se sécher le bran ».

Thursday, January 26, 2012

La misogynie religieuse





C'est bien connu, les religions monothéistes sont maladivement misogynes. Mais peu de personnes savent que le bouddhisme ne cesse de clamer sa haine des femmes depuis 25 siècles...

C'est bien naturel, le corps féminin hante le monde onirique des jeunes novices bouddhistes, alors leurs maîtres martèlent le dogme : La femme est impure. Son corps comprend cinq impuretés et a par conséquent cinq obstacles de plus que l’homme pour atteindre l’éveil. " Elle ne peut être ni reine du ciel de Brahma, ni Indra, ni Mâra, ni Çakravartin, ni Bouddha ", proclame le Sutra du Lotus.

Nagarjuna, si brillant par ailleurs, ne peut s’empêcher de dérailler sur ce sujet. Dans la Précieuse Guirlande des avis au roi, le grand philosophe de la vacuité, écrit :

L'attirance pour une femme vient surtout
De la pensée que son corps est pur
Mais il n'y a rien de pur
Dans le corps d'une femme
De même qu'un vase décoré rempli d'ordures
Peut plaire aux idiots
De même l'ignorant, l'insensé
Et le mondain désirent les femmes
La cité abjecte du corps
Avec ses trous excrétant les éléments,
Est appelée par les stupides
Un objet de plaisir".

L’Éveillé, alias le Bouddha, ne dormait plus. Les femmes étaient-elles son cauchemar ? Il faut dire que le saint homme était un sacré misogyne. Il répétait sans cesse :

- « La femme est plus secrète que le chemin où, dans l’eau, passe le poisson. Elle est féroce comme le brigand, et comme lui rusée. Il est rare qu’elle dise la vérité : pour elle la vérité est pareille au mensonge et le mensonge pareil à la vérité. Souvent, à un disciple, j’ai conseillé d’éviter les femmes. »

Pressé par Ananda, l’Éveillé accepta finalement les femmes dans son ordre monastique. Mais le prétendu omniscient patriarche du bouddhisme prédit la disparition de la communauté bouddhique après seulement 5 siècles. "L'admission des femmes sera funeste !"

Le don de prophétie n’était pas le point fort du Bouddha. Le bouddhisme fête ses 25 siècles d'existence. Et durant 25 siècles, le code de conduites des bhikkhus envers les femmes n'a pas changé :

« Les Bhikchous vinrent trouver le Baghavat et lui demandèrent :

« Ô Tathâgata, notre Seigneur et notre Maître, comment doivent se conduire envers les femmes les çramanas qui ont renoncé au monde ?»

Et le Bienheureux dit :

- Gardez-vous de regarder une femme.

- Si vous voyez une femme, faites comme si vous ne la voyiez pas, et n'ayez aucune conversation avec elle.

- « Si, après tout, vous êtes forcés de lui parler, que ce soit avec un cœur pur et pensez en vous-même : « Moi qui suis un çramana, je veux vivre dans ce monde plein de péchés comme la feuille sans tache du lotus qui n'est pas souillé par la vase dans laquelle il croît. »

- « Si la femme est vieille, regardez-la comme votre mère ; si elle est jeune, comme votre sœur ; si elle est très jeune, comme votre fille.

« Le çramana qui regarde une femme comme une femme, ou la touche comme une femme, rompt son vœu et n'est plus disciple de Çâkyamouni.

- « La puissance de la luxure est grande sur les hommes et doit être redoutée en tout temps ; prenez alors l'arc de la persévérance fervente et la flèche aiguë de la sagesse.

- « Couvrez votre tête du casque de la bonne pensée et combattez avec une ferme résolution contre les cinq désirs.

- « La luxure embrume le cœur de l'homme, quand il est ébloui par la beauté de la femme, et son esprit est désemparé.

- «O moines, bien mieux vaudrait être aveugle que d'encourager en vous des pensées sensuelles et regarder un corps de femme avec des désirs charnels.

- « Mieux vaudrait tomber dans la gueule d'un tigre furieux que d'exciter en vous des pensées de luxure.

- « La femme, dans le monde, est avide de montrer sa figure et sa taille, soit qu'elle marche, qu'elle se tienne debout, quelle soit assise ou qu'elle dorme. Même en peinture elle désire captiver par les charmes de sa beauté, et ainsi dérober aux hommes la fermeté de leur cœur.

- « Comment alors devez-vous vous garder ?

- « En regardant ses larmes et ses sourires comme des ennemis, son attitude penchée, ses bras pendants et ses cheveux dénoués comme des manœuvres en vue de prendre au piège le cœur de l'homme.

- « C'est pourquoi, je vous le dis, maîtrisez votre cœur, ne lui donnez pas une liberté effrénée. »
L’Évangile du Bouddha


Le livre de Paul Carus, « L’Évangile du Bouddha », rapproche insidieusement la Bible des Soutras bouddhiques. Il circule dans les sectes où l'on attend l'arrivée du Christ-Maitreya.

La version papier est nullissime (des photocopies brochées, 16,50 euros). L'amateurisme de l'éditeur (Aquarius) est consternant. Entre autres, il n'a pas été capable de remplacer les termes palis par les translitérations modernes.

La version numérique du livre est téléchargeable gratuitement à cette adresse :

Mais pourquoi encombrer son disque dur d'une doctrine qui se résume dans ce précepte christo-bouddhiste :

- « Pratiquez les méditations profondes que je vous ai enseignées. Persistez dans la grande lutte contre le péché. Marchez fermement dans les voies de la sainteté. Soyez forts en puissance morale. Que les organes de vos sens spirituels soient prompts. Si les sept sortes de sagesse illuminent votre esprit, vous trouverez le Noble Chemin Octuple qui conduit à Nirvâna. »
L’Évangile du Bouddha



Tuesday, January 24, 2012

Violence & pédophilie religieuses





Placé à l’âge de 10 ans dans un orphelinat tenu par des prêtres salésiens, Michel vivra durant quatre années sous la férule de religieux névrosés et pédophiles


La violence

La discipline « passe parfois par les sévices physiques :
violents coups de pied aux fesses par un curé qui lance de toutes ses forces son brodequin dans l'arrière-train d'un trop lent, au risque de lui endolorir le coccyx plusieurs jours ; claques qui démanchent le cou violemment assenées sur l'arrière de la tête ; saisie brutale d'un récalcitrant par le bras et secouage en règle au risque de désarticuler l'épaule ; gifles administrées après avoir pris soin de retourner la chevalière ; ces adultes affectivement immatures ne connaissent pas leur force et ne savent pas s'adresser au corps autrement que sur le mode brutal.



Le réfectoire ne doit pas donner d'occasion de se réjouir. On y mange pour ingérer la dose de calories, pas pour le plaisir. Les dames de service, venues du village voisin, semblent sorties d'un film de Fellini. L'une boite au point qu'on craint à chaque pas qu'elle tombe sur le côté, l'autre arbore une moustache de maçon portugais, la troisième, boudinée dans une blouse en nylon bleu, déborde de graisse. Peu probable que les salésiens rompent avec elles leurs vœux de chasteté. A ceux que travaille trop la libido un enfant suffit. 


La discipline, c'est toujours, tout le temps, sans relâche, sans répit. Pas une seconde sans une odeur de terreur. Entrée dans le réfectoire en silence ; on s'assied sur ordre ; on ne parle pas tant que l'autorisation n'a pas été donnée — parfois, c'est immédiatement, d'autres fois, plus tard, uniquement par caprice ; pour faire taire l'assemblée, le Père de service frappe deux fois dans ses mains ; chacun s'exécute immédiatement ; une parole chuchotée, c'est la claque brutale sur la tête ou la gifle ; un claquement de doigts, on place les couverts dans le récipient en plastique blanc, troué, tailladé et gras posé sur la table ; nouveau claquement de doigts, on se lève ; autre claquement, on se dirige en silence vers l'étude.

Un soir, l'un d'entre nous refuse de manger sa soupe 
tomate-vermicelle. Sang de bœuf et asticots... Évidemment la même assiette sert pour tout le repas. Ne pas manger son potage, c'est ne plus pouvoir manger du tout. La punition pourrait suffire... Le curé l'enjoint d'avaler le bouillon rouge, refus, réitération, nouveau refus : il entre alors dans une colère sans nom, empoigne l'enfant par les cheveux, le met à terre, la chaise tombe, il hurle en le rouant de coups de pied avec ses godillots, sous la violence des chocs il traverse le réfectoire entièrement tétanisé dans un silence de mort. Il échoue sous un évier, gémissant comme une bête avec de petits glapissements dans la gorge. Sur le sol, son sang a coulé et laissé une trace comme j'en vois parfois dans la charcuterie de mon village après l'abattage d'un cochon. Le repas se termine sans que personne ose reprendre la parole. J'ai encore la matière de ce silence en tête.

La pédophilie

Et puis, plus grave que les billets jaune ou saumon
(une technique de domination des curés pervers), plus crainte que les coups, l'arsenal disciplinaire compte également avec la loi du silence qui entoure alors la pédérastie. A l'époque, personne n'accorde crédit à quiconque porte à la connaissance d'adultes, ses parents par exemple, que tel ou tel prêtre tripote les petits garçons. On s'entend répondre — moi le premier: «Un homme qui a donné sa vie à Dieu et fait vœu de chasteté ne peut pas agir ainsi. » Justement, si...

L'un enseigne le travail manuel. Chacun admire sa dextérité et sa compétence : là où nous cassons force lames de scie, trouons les plats avec un coup de gouge trop ardent, chargeons en étain la soudure d'un profil de vierge en brox, barbouillons de colle deux pièces de bois ou calcinons au pyrograveur un dessin d'écureuil sur un dessous de plat, il effectue le bon et beau geste qui sauve la mise de plus d'un avant la fête des mères...

En même temps, chacun paie son sauvetage d'une obole singulière : sous couvert d'enseigner le geste exact, il s'installe derrière l'un ou l'autre, demande qu'on pose sa main sur la sienne pour mémoriser le mouvement, puis profite de ce moment qu'il fait durer pour se frotter le long du dos et des fesses de l'enfant bloqué contre l'établi. Le rythme de ses gestes correspond à celui d'une masturbation.


Un autre enseigne la musique. Grand échalas souvent en compagnie de Coco, la corneille mascotte de l'orphelinat, il promène sa silhouette dégingandée du côté du bâtiment où il donne ses cours de musique. Professeur Tournesol en son genre, son bureau croule sous les fils électriques, les fers à souder, les outils, les papiers, les plans de montage. Des rats ou des souris tournent dans une cage. Chaussettes par terre, saleté, puanteur.

On lui doit la construction de A à Z d'une 
véritable chaîne stéréophonique — soudure des composants, branchements, et ce jusqu'à la transformation d'une boîte de conserve en façade d'amplificateur. Il a réquisitionné les boîtes de conditionnement des œufs en cuisine pour tapisser la salle de musique transformée ainsi en auditorium d'occasion. Un grand arbre sur le talus en face tamise le soleil au printemps, se charge des couleurs d'automne, sert de perchoir aux oiseaux l'hiver.

Dans ce lieu à l'écart de l'école, il nous fait écouter Pacific 231 d'Arthur Honegger et raconte les essieux, les boogies, la vapeur ; avec Schéhérazade, il nous transporte en Orient, idem avec Dans les steppes de l'Asie centrale ; il mime L'apprenti sorcier de Paul Dukas, donne un cours de géographie avec La Moldau de Smetana. Moments sublimes, au même titre que les heures de lecture. L'art me prouvait que si le monde des vivants est un enfer, il contient aussi des paradis.

En revanche il nous inflige des cours de flûte et fait jouer A la claire fontaine... Dans pareil moment, il demande au premier rang de se déplacer pour venir occuper le dernier. Chacun sait ce que cela veut dire. Alors que nous nous concentrons sur la partition et le maniement de l'instrument, il caresse la tête de tel ou tel, passe la main dans le cou, la glisse de temps en temps dans le col provoquant parfois le déraillement du musicien en herbe étranglé par sa chemise et terrorisé par le tripotage.


Le même se charge des activités canoë du dimanche après-midi. En toute bonne logique, seuls sont admis les pensionnaires sachant nager. L'eau de l'Orne est glacée, pure, propre, limpide, on voit au fond les oscillations de longues algues, chevelures vertes, brunes d'Ondines viking. Le cours de la rivière est large, la profondeur importante.

Une exception : l'un d'entre nous pratique l'activité bien qu'il ne sache pas nager à la seule condition d'accompagner ce curé-là dans son embarcation. Quand le salésien met le groupe au défi d'une course vers le pont de l'Orne, il déclenche une furie de pagayages, chacun voulant parvenir le premier sous l'édifice en fer. Pendant ce temps, le prêtre manœuvre habillement, entre dans les roseaux avec sa victime, le temps pour lui d'une sexualité avec l'enfant qui avoue sans vergogne, un peu niais, « se faire chatouiller »... Le soir du grillon, le seul épargné gardant le lit pour raison médicale, c'est lui.

Un troisième prêtre pratique lui aussi les petits garçons. Dans l'orphelinat, il occupe le statut pratique pour son forfait de Préfet de discipline — on ne dit pas encore Conseiller d'éducation... Tous les enfants mis à la porte savent qu'il passe régulièrement dans les couloirs et les embarque car il détient la possibilité de suspendre les représailles du corps enseignant par les moyens ad hoc. Son bureau, personne ne souhaite s'y trouver.

Deux mots également sur le salésien chargé de l'infirmerie où personne ne se précipite, et pour cause : le moindre mal de tête vaut au migraineux d'être sur-le-champ déculotté, puis tripoté. Le pantalon sur les chaussures, si l'on proteste en faisant remarquer que la zone en cause n'est pas la bonne, on s'entend dire que les complications se nichent partout! Le tâteur de bourses déclare ensuite, détaché, le moment venu du retour en cours, et paie le tout chichement d'un cachet d'aspirine. J'ai gardé mes maux de tête pour moi... »

Michel Onfray


Interview de Michel Onfray :
http://www.urbanisme.fr/issue/guest.php?code=327


Dessin :
http://bebblol.canalblog.com/archives/2011/01/17/20150963.html

Monday, January 23, 2012

Deux brèves



Tintin-zen pose à côté de son maître mi-loup, le loup-gourou Namdak.

Aux armes citoyens !

Tenzin Wangyal (Tintin-zen), gourou tibétain qui a fait fortune en vendant une ragougnasse magico-religieuse (mélange de tantra, de dzogchen, de chamanisme bönpo...) aux américains incultes, est la coqueluche des jeunes lamas qui rêvent d'immigrer en Occident pour escroquer nos fils et nos compagnes...


Coluche Rinpoché

Le lama tibétain Tenzin Namdak, considéré comme omniscient par les membres de sa secte, était en Thaïlande quelques jours avant le tsunami de 2004. Contrairement aux animaux qui sentirent arriver la terrible catastrophe, le prétendu omniscient ne vit rien. Son troisième œil fut-il aveuglé par l'éclat du luxe qui s'étalait autour de lui durant son enseignement réservé aux nantis ?

Pour connaître leur destinée, les Français ont-ils besoin d'écouter des devins tibétains, des escrocs patentés soutenus par des politiciens atlantistes ?

En matière de prédiction, un simple comique bien franchouillard peut surpasser les plus illustres rinpochés du lamaïsme. En effet, Coluche avait dit que la gauche sera au pouvoir en 2012. Prédiction d'autant plus étonnante qu'à l'époque (1978) la durée du mandat du président de la République était de sept ans. Il était donc impossible d'envisager une élection présidentielle en 2012.




Source de la photo, le livre de Tenzin Wangyal, Les prodiges de l'esprit naturel.

Ce texte, écrit au début de la carrière du gourou tibétain, n'est pas un pur produit du marketing spirituel. Dans Les prodiges de l'esprit naturel, Tenzin Wangyal, pour être reconnu comme maître, s'est appliqué. Il développe des aspects relativement intéressants du Dzogchen. Toutefois, après la lecture du livre, le lecteur pourrait avoir l'intention d'adhérer à une secte Dzogchen. Dans ce cas, il faut savoir que la plupart des adeptes de ces sectes sont perturbés mentalement. Il y a plusieurs raisons à cela, en voici une parmi d'autres :

- Les pratiques du Dzogchen ne peuvent pas améliorer l'état mental des schizophrènes qui font vivre les lamas tibétains. Ces derniers exploitent des malades qui devraient être confiés à la médecine moderne. Des pratiques tibétaines, comme les pratiques visionnaires de thögal, aggravent les troubles psychiques. Ci-dessous, l'illustration représente une méthode tibétaine pour provoquer des visions, (fresque du Lukhang, le temple secret du Dalaï-lama) :


La pratique de Thögal ou le bonheur des schizophrènes



Les prodiges de l'esprit naturel



Sunday, January 22, 2012

Comment explique-t-on la malédiction des pharaons ?





Pour l'érudit Edward Conze, une grande partie du Tantra de la secte des Anciens (Nyingmapa) du bouddhisme tibétain « est une fusion entre la magie égyptienne sous sa forme gnostique, d'un côté, et la métaphysique du Mahâyâna, de l'autre » (E. Conze, Le bouddhisme, p. 241).

En Occident, de nombreuses sociétés secrètes prônent un retour au mysticisme égyptien et à la société hiérarchique des pharaons initiés à une science magique immémoriale. Magie qui aurait causé la mort des profanateurs de la tombe du pharaon Toutankhamon.

Comment explique-t-on la malédiction des pharaons ?

« La malédiction des pharaons, selon laquelle tout violeur d'une tombe serait condamné à une mort certaine par l'air infecté ou par une magie inéluctable, est une fable moderne sans aucun fondement scientifique. Les tombes royales égyptiennes ne contiennent pas de textes hiéroglyphiques maudissant les pillards. La légende de la malédiction doit beaucoup à la découverte, en 1922, de la tombe de Toutankhamon (mort entre 1354-1343 av. J. C.). Dans les mois qui suivirent, une série de coïncidences tragiques fit la une des journaux européens et américains, contribuant à renforcer une croyance exotique, macabre et très médiatique. Quelques temps après la mise au jour de la sépulture de Toutankhamon, le comte de Carnarvon (1866-1923), qui finançait les fouilles de la tombe de ce pharaon, mourut... des suites d'une piqûre de moustique qui s'était infectée. On oublie souvent que ce gentilhomme britannique était loin d'être en bonne santé puisqu'il n'avait plus qu'une moitié de poumon. De plus, les antibiotiques n'avaient pas encore été découverts à cette époque, ce qui rendait toute infection redoutable.

D'autres morts, souvent évoquées à l'appui de la théorie de la malédiction, ont toutes une explication rationnelle: suicide par désespoir sentimental, commotion due à un brusque changement de température à la sortie de la tombe... Quant à Howard Carter, égyptologue anglais qui vécut quotidiennement au côté de la momie de Toutankhamon pendant les quelques années que dura l'exhumation du tombeau, il mourut paisiblement de mort naturelle, dix-sept ans après sa découverte !»

Élisabeth DAVID, égyptologue, chargée d'études documentaires, Musée du Louvre, Paris.


Schwaller de Lubicz & la synarchie


L’œuvre de Schwaller de Lubicz, le maître de l'Égyptologie occulte (le Temple de l'homme, le miracle égyptien...), valorise la société pharaonique. Or, écrit Laura Knight-Jadczyk, « le style de vie pharaonique était celui d'un petit groupe de l'"élite", servie et adorée par tous les autres - et que tous les autres étaient, essentiellement, consommables ». Et elle ajoute, « les occultistes, avec leur amour de la hiérarchie, ont tendance à être naturellement totalitaires et non égalitaires. »

Deux auteurs, Picknett et Prince, ont établi des liens entre R. A. Schwaller de Lubicz et le mouvement synarchique. Ils écrivent :
« Étant donné la nature de la synarchie, on ne saurait probablement jamais  les noms même du plus puissant. Mais nous connaissons vraiment beaucoup l'un d'entre eux : R.A. Schwaller de Lubicz. Il est curieux que Schwaller de Lubicz soit devenu le « parrain » de l'égyptologie alternative bien que peu aient lu ses travaux de première main. Ses idées nous viennent surtout par les livres de Graham Hancock, Robert Bauval et, bien sûr, John Anthony West, tous ayant exprimé leur admiration pour ce savant. Ils se réfèrent à lui comme à un philosophe, ou comme un mathématicien. Ce qui est intéressant pour nous, cependant, est que, bien que Schwaller de Lubicz fût toutes ces choses, ils ne l'appellent jamais un occultiste – qu'il était. Et ne l'appellent jamais un synarchiste – qu'il était. […]
Schwaller de Lubicz était un personnage important dans la Société Théosophique de Paris, il s'est détaché pour former sa propre organisation occulte, qu'il a appelée les Veilleurs, spécifiquement pour porter ses idées ésotériques dans l'arène politique. Peut-être qu'on ne sera pas surpris de découvrir qu'il a été décrit comme un « proto fasciste ». Il revendique même avoir conçu l'uniforme pour les SA d'Hitler (« Chemises Brunes »). [...] Un des « Veilleurs » de Schwaller de Lubicz était Vivien Postel du Mas, l'homme qui a écrit le Pacte Synarchiste des années 1930. Par du Mas, Schwaller de Lubicz avait une influence particulière sur l'adjoint d'Hitler, le torturé et le complexe Rudolf Hess. Schwaller de Lubicz était antisémite et raciste - et, comme les nazis, pensait que les femmes étaient inférieures aux hommes. Par exemple, il enseignait que les femmes étaient intellectuellement incapables de comprendre l'hermétisme. Tout cela est important, parce qu'il est impossible de séparer les croyances politiques, synarchistes de Schwaller de Lubicz, de son travail comme égyptologue, le travail que certains auteurs admirent tant. »
Il y a plusieurs mois, un homme, en contact avec une société secrète et probablement agent (conscient ou inconscient) de la contre-initiation, m'avait fait parvenir AOR, l'appel du feu de Schwaller de Lubicz. C'est un texte prétentieux et ennuyeux qui expose les habituelles mièvreries de la propagande occultiste. Cet individu m'envoyait régulièrement des e.mails antisémites, islamophobes et nazis. Il voulait me convaincre d'adopter les doctrines occultes et racistes de ce groupe de prétendus initiés. 

Le gouvernement synarchique mondial

« Picknett et Prince connectent Papus (nom réel Gérard Encausse, 1865-1916) à Saint-Yves (Joseph Alexandre Saint-Yves d’Alveydre, 1824-1909). Papus était une figure énormément influente dans le monde des sociétés secrètes ésotériques à la fin du 19ème et au début du 20ème siècles. Ils connectent aussi les martinistes à Saint-Yves et par eux, les sociétés moderne des templiers et des rosicruciens et le petit nouveau, le Prieuré de Sion. De peur que le lecteur ne pose la question, en effet, Picknett et Prince les ont connectés tous en haut avec les francs-maçons ! Tirez au sort l'OTO, la Golden Dawn et les satanistes variés et vous avez une belle rangée des canards d'appât qui travaillent activement pour leurs maîtres, aucun d'eux comprenant la nature machiavélique du drame et que les" agents" d'un coup d'état sont toujours les premiers à être détruits. [...]

Picknett et Prince nous disent que de tels groupes sont derrière l'arrivée du "Nouvel Ordre Mondial," en particulier les "États-Unis d'Europe." Picknett et Prince font remarquer que la synarchie favorise des régimes non démocratiques et totalitaires et qu'ensuite ils connectent correctement ce mouvement au développement du fascisme et la suggestion que les synarchistes sont derrière l'idéologie nazie. Tous ces groupes sont impliqués dans des conspirations sociales, religieuses, politiques et économiques et le plus curieux de tout, ils semblent TOUS chercher quelque chose. » (Laura Knight-Jadczyk)


Synarchie européenne, fantasme ou réalité ?



La pyramide de Khéops

Impostures égyptiennes & syndrome égyptomaniaque http://bouddhanar.blogspot.com/2011/11/impostures-egyptiennes-syndrome.html