Tuesday, August 31, 2010

R E P T I L O P H O B I E


Critique d’une théorie trop flatteuse
Par Joël Labruyère

Faute de comprendre le sens profond de la Genèse biblique, et particulièrement le mystère de la création de l’homme, des chercheurs ont pris le mythe à la lettre. Et la reptilomanie est née.

Cherchant à donner une interprétation logique à des événements d’ordre spirituel, on a rattaché les légendes sur les serpents et dragons des civilisations archaïques avec les extraterrestres. Ces dieux venus du ciel nous auraient créé en laboratoire. Pour les tenant de la théorie créationiste, ce sont de bons Elohim extraterrestres qui sont descendus ici-bas dans leurs vaisseaux pour nous fabriquer « à leur image ». Mais pour ceux qui adhèrent à la théorie reptilienne rendue célèbre par David Icke, ces dieux venus du ciel étaient d’horribles bestioles à faciès de crapaud qui nous ont manipulé génétiquement pour leur servir d’esclaves.

C’est pourquoi, de nombreux millénaires plus tard, nous serions toujours soumis à nos maîtres reptiliens qui constituent les lignées gouvernantes sur cette planète.

Pour remonter aux sources des influences de David Icke, prenons connaissance de l’hypothèse développée par l’américain R.A. Boulay dans son livre « Serpents et dragons volants ».

Cette théorie a une fonction de désinformation extrêmement puissante puisqu’elle fait l’impasse sur l’Atlantide et les civilisations encore plus anciennes qui l’ont précédé.

Nous pensons que bien des intérêts scientifiques, politiques et religieux sont ligués pour effacer toute idée de l’existence de l’Atlantide. Cette négation provient d’une impuissance à se représenter le mystère de la création du monde depuis un état éthéré jusqu’à la matière dense. Nos contemporains sont prisonniers de leur pensée matérialisante, et ils ne peuvent imaginer que des civilisations immatérielles ont précédé la nôtre.

Nous présentons cet extrait du livre de Boulay comme preuve de la confusion qui s’est installée dans le courant d’un certain scientisme new age, où la réflexion philosophique a entièrement disparu au profit d’une recherche de découvertes excitantes mais qui ne sont que des fausses évidences.

Extrait de « Serpents & dragons volants »

Réfutation

La théorie « reptiloïdienne » pour expliquer la création de l’homme dont Zachariah Sitchin, le décrypteur de tablettes cunéiformes est le maître à penser, mobilise depuis quelques années le courant conspirationiste.

La thèse des lignées reptiliennes qui gouverneraient le monde a rencontré un énorme succès car elle semblait répondre au mystère de notre souffrance.

Après un siécle de spiritualisme impuissant à expliquer le fonctionnement du système mondial et l’oppression qu’il fait régner sur la terre, on croyait tenir les vrais coupables : « mais c’est bien sûr ! » Les Reptiliens allaient remplacer les trop ringards « esprits du mal » et autres « puissances des ténèbres » trop désincarnés pour notre époque de matérialisme spirituel.

Le Diable faisait vieux jeu, alors que les reptiliens ont une existence tangible, surtout si l’on croit que les grands de ce monde sont des reptiliens sous forme humaine.

Nous avons donc vu dans cette théorie, une nouvelle manière de désigner le mal.

Mais c’était oublier que le Diable a plus d’un tour dans son sac. Voudrait-il détourner notre attention vers des personnages publics qui ne sont que des marionnettes, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. « C’est pas moi le méchant, ce sont ces saletés de reptiliens ! »
Lorsque vous réalisez que les maîtres de la politique, de la finance, de la science et de la religion sont des Lézards masqués, il ne vous reste que deux possibilités, leur couper la tête ou leur jeter à manger.

S’ils sont nuisibles, qui va leur régler leur compte ? Et s’ils ne sont que de pauvres créatures victimes de leur instinct, quel ami de la nature n’aura à cœur de fonder une ligue pour les protéger ?

On ne sait pas si les théoriciens de la reptilophobie ont réfléchi à une stratégie cohérente, hormis le cri du cœur de David Icke : « Aimons-les, ce sont nos frères ! ».

Ici, la théorie reptilienne montre son vrai visage : il s’agit bien d’une manipulation. Aimer les bourreaux de l’humanité ? Pourquoi devrions-nous aimer des buveurs de sang ? C’est une idée comme seul le New Age décervelé sait en inventer.

Il y a donc de bonnes raisons de penser que la campagne reptilophobe est organisée par des manipulateurs.

- La théorie sur les lignées reptiliennes qui exploitent le monde annule la recherche sur la cause métaphysique du mal.

- La théorie reptilienne masque le sens de l’énigme de la tentation d’Adam et Eve par le Serpent. L’Esprit Lucifer qui s’est introduit dans la psyché humaine sous forme d’un courant ondulatoire serpentin, peut dormir tranquille. On ne viendra pas le déloger de sitôt.

- Le Jardin d’Eden est une dimension supérieure d’où provient l’homme originel. Ce « paradis originel » se trouve réduit à un territoire matériel coincé entre les deux fleuves de Mésopotamie, pour la plus grande gloire de la science archéologique biblique matérialiste.

- Le plus grave enfin. La théorie de la création artificielle de l’homme par des extraterrestres, annule le principe d’une âme dotée de libre-arbitre et d’une origine intemporelle. Sans une âme préexistante à l’incarnation dans la forme, aucune renaissance spirituelle n’est possible.

- La lente apparition de la conscience à travers les époques qui se sont succédées depuis l’origine du monde ; cette gestation est escamotée par une naïve manipulation dans le laboratoire d’un vaisseau spatial.

- On parle beaucoup de vaisseaux extraterrestres, sans savoir que les vaisseaux consignés sur les tablettes des sumériens étaient des vimanas - selon le nom sanskrit - qui circulaient
dans le ciel à partir des bases du continent atlante.

Ces aéronefs assuraient les liaisons entre l’Atlantide et les colonies lointaines comme les Indes. Il n’y a pas besoin de recourir aux extraterrestres pour expliquer la présence de vaisseaux dans la haute antiquité si l’on a connaissance du niveau technologique des atlantes.

Et pourquoi veut-on faire oublier l’Atlantide et les civilisations qui l’ont précédées ?
Si les hommes pouvaient remonter le fil des millions d’années écoulées et se représenter le périple qu’ils ont emprunté depuis le monde originel, ils auraient peut-être envie d’en retrouver la piste.

Or, ne sachant d’où il vient, l’être humain est plus facilement manipulable. Il avance dans l’obscurité, ne sachant rien de son origine ni de sa destination ultime.
On lui raconte des histoires, mais rien de véritable, jamais il n’entend des faits qui pourraient tellement émouvoir son cœur que la nostalgie de son origine réveillerait en lui le pouvoir de retourner vers sa patrie originelle.

Il faut considérer la plupart des cosmogonies extravagantes qui sont actuellement divulguées comme de la désinformation pour emprisonner l’être humain dans cet espace-temps.

La thèse reptilienne en est l’une des plus pernicieuse, car elle s’appuie sur le détournement d‘une profonde vérité ésotérique. Oui , l’être humain est spirituellement un « fils du serpent sacré », un être de feu dont l’énergie-conscience ondoie comme un serpent.

Le processus ondulatoire qui anime les êtres dotés de vie, peut être comparé à un serpent, ce qui ne leur donne pas une apparence reptilienne physiquement.

La personnalité reptilienne qu’on prête aux illuminati et aux membres de l’élite noire qui gouvernent le monde n’est pas si éloignée de la nature fondamentale de tous les êtres, mais peut-être ont-ils simplement des mœurs plus cruelles.

Savoir qu’il y a des méchants ne fait pas de nous des anges de bonté.

Source : Undercover

***
Derrière le voile des événements :

Il ne faut pas que le monde soit géographiquement américanisé […] car les efforts de l’Amérique visent à tout mécaniser, à tout faire entrer dans le domaine du pur naturalisme, à effacer peu à peu de la surface de la terre la culture de l’Europe.

Monday, August 30, 2010

L’enseignement des anciens initiés

Par Frater Columbus


Comment les initiés de l’Inde, de l’Egypte ou des écoles des mystères de la Grèce se représentaient-ils Dieu et la création ?

F.C. : La vision des anciens procédait de cet axiome : l’Univers “ fabrique ” ce qu’il y a de meilleur. De la source de l’énergie universelle - mystère que les humains nomment Dieu - jaillissent les mondes et les myriades d’êtres. Cette création est parfaite à l’origine, comme l’enfant divin pur et immaculé.

La matrice de ce flot de vie originelle, que les anciens ont appelé la Mère - la matière primordiale, l’océan de la vie - demeure éternellement obscure à notre entendement.

A cause de son mystère impénétrable, ce réservoir de forces universelles fut appelé Ténèbres originelles .


Qu’est-ce que le jour et la nuit cosmique pour les sages de l’antiquité ?

F.C. : Si l’on se place du point de vue du cycle de l’existence actuelle, notre univers est dans un Jour de manifestation. C’est le Jour cosmique de l’extériorisation des formes.

A chaque Jour succède une Nuit, le retour à la nuit universelle. Cette Nuit ne paraît effrayante qu’à nos yeux de mortels, ignorants des profondeurs insondables de la Vie.

Nous vivons actuellement dans une lumière qui éclaire le monde extérieur qui est l’envers de la création. Cette clarté solaire nous donne vie sur le plan organique, mais en profondeur, notre vie subconsciente est enracinée dans les Ténèbres, le terreau fertile sur lequel fleurissent les fleurs de la conscience.

Ainsi, l’être humain est comme un iceberg dont la partie cachée est plongée dans le réservoir des forces obscures et mystérieuses de la Nuit cosmique. Cette Nuit nous effraie, car nous sentons qu’elle peut nous anéantir. C’est pourquoi, les êtres humains ont appelé ces Ténèbres inconnues le “ mal ” et qu’ils ont appelé la lumière si rassurante, le “ bien ”.

Mais la nuit succède au jour, et la grand Nuit absorbe chaque Jour cosmique, selon un rythme qui est une danse divine.


Avec le Jour et la Nuit cosmique, les anciens avaient-ils une vision dualiste ?

F.C. : L’univers est double, il se manifeste aux deux pôles de la dynamique des contraires.

L’être humain limite sa conscience au pôle sensible dont il a l’expérience durant son passage dans la lumière qui éclaire les apparences formelles. C’est pourquoi, il s’accroche à ce qu’il connaît et repousse l’instant de la dissolution, contemplant la perspective de sa propre fin avec horreur.

Il ne peut comprendre le jeu des contraires, et il crée une douloureuse dualité à son niveau de vie illusoire. Se libérer de la petite dualité existentielle permet de réintégrer la sainte dualité de l’Epoux et de l’Epouse sans laquelle il n’y aurait pas d’amour. La véritable sagesse est dualiste comme l’est le jeu sacré dont la quête amoureuse n’est qu’une ombre générée par la nostalgie de ce jeu divin éternel.


Pourquoi la souffrance apparaît-elle dans ce jeu extatique ?

F.C. : Si l’univers veut le meilleur et fabrique des dieux, alors pourquoi la mort, la limitation et la souffrance existent-elles ?

Assurément, l’absolu ne peut pas produire des créations déficientes, soumises au déclin et à la mort. Il veut produire des dieux à son image. Il génère des enfants divins à travers la matrice de la Mère et par le souffle de l’Esprit.

Il faut au moins deux partenaires pour que le jeu cosmique se déroule. Et c’est un jeu amoureux. De cette étreinte éternelle entre l’Esprit et l’Energie, il naît tout ce qui existe.

A son échelle, l’être humain tente d’imiter ce jeu extatique en recherchant ce qui augmente son bonheur, et en essayant d’échapper à ce qui est source de déplaisir. Mais, l’homme n’a pas encore atteint la stature d’un dieu. Il n’en est qu’à ses premiers pas sur le chemin de la Vie, lesquels l’écartent souvent du but, et le placent dans des situations périlleuses.

L’homme s’est écarté de l’amour parce que dans la liberté absolue, cette possibilité existe. Il est tombé alors dans la souffrance qui est la séparation d’avec l’amour.


Les doctrines modernes parlent d‘une évolution de l’âme vers la perfection, mais les anciens avaient-ils cette croyance ?

F.C. : Non. Pour les anciens initiés, il n’y a pas d’évolution de l’âme immortelle dans le temps. Elle est vivante de toute éternité. Il y a seulement un chemin d’éveil pour que l’homme réalise qu’il “ possède ” cette âme en lui et qu’il peut la faire renaître.

Les doctrines spirituelles modernes sont adaptées à la conscience matérialiste qui accorde une extrême importance à l’humain incarné. Mais l’âme - le soi, l’atman - n’est pas incarnée et ne vit pas dans le temps.

L’univers fabrique ce qu’il y a de mieux, et cette création n’est pas une production automatique par évolution progressive.

Une vague de vie après l’autre, ce sont des êtres très dissemblables qui émergent des foyers de création et qui prennent leur départ vers la puissance, la gloire et la béatitude, qualités du programme d’un dieu.

Pour faire un dieu, il faut qu’il dispose de qualités divines. Cela ne s’acquiert pas par évolution comme on l’enseigne à tort.

L’un des attributs d’un être glorieux à l’image de l’univers est la liberté - le libre arbitre - la possibilité de choisir en conscience.

On ne peut imaginer un dieu qui ne serait pas libre d’exprimer sa puissance, son intelligence et son amour. Il ne s’agirait plus d’un dieu mais d’une créature servile ou infantile.

Or, l’univers ne crée pas des dieux pour leur réserver un destin misérable. La limitation apparaît à la suite de perturbations dans l’harmonie universelle.

Il faut savoir que le dieu originel est un “ esprit vierge ” sans conscience individuelle. Il n’est pas capable de faire des choix en opposition avec le divin qui l’a fait naître.

Cet être originel connaît la phase de l’enfance, et quoique doté du libre arbitre, sa pleine conscience ne pourra pas s’actualiser avant un certain seuil de maturité.

C’est la personne incarnée qui doit mûrir par l’expérience avant de céder la place à l’âme immortelle lorsque l’ego mortel réalise que seule l’âme est réelle.


Les anciens parlaient d‘un homme terrestre et d’un homme céleste. Les évolutionnistes disent que l’homme terrestre est en évolution vers l’état céleste. Qu’en est-il ?

F.C : Les cosmogonies nous racontent sous forme de mythes comment l’enfant-dieu doit parcourir des cycles fort longs, avant d’obtenir la conscience de soi. Ces cycles comportent des expériences à travers les différentes dimensions de l’univers, bien avant l’apparition d’une forme corporelle.

Il faut mettre en garde contre les révélations fantaisistes qui sont répandues aujourd’hui. Ces théories évolutionnistes ne considèrent l’être humain qu’à partir de l’apparition de son corps physique, et elles ignorent la longue involution de l’esprit à travers des dimensions de plus en plus denses. Le corps n’est qu’une enveloppe, ce n’est pas l’être.

Ces théories ramènent l’homme et le monde à l’apparence physique, or celle-ci n’est qu’un stade récent et ne durera que peu de temps.

Ne voulant pas connaître l’homme de l’origine, dont la nature est mystérieuse, ces théories, généralement transmises par des médiums à travers des entités désincarnées, nous parlent aujourd’hui d’un homme créé par des extraterrestres, ou par manipulation génétique d’homidiens, dont on ne dit pas comment ils sont apparus. On tourne en rond.

Bien entendu, ces théories constituent une forme de darwinisme, un cache-misère, et leur but est de rayer la dimension supérieure de l’être humain pour le réduire à une créature matérielle dont l’univers visible serait l’origine et le but. C’est finalement démoniaque.

Il s’agit de grossières tentatives pour cacher la vérité sur l’origine de l’homme. Cela séduit le public moderne, ignorant les cosmogonies traditionnelles. Ce public, dénué de culture métaphysique et ésotérique, attend qu’on lui apporte sur un plateau des vérités faciles qui flatte son ego spirituel.


Certains vont même jusqu’à prétendre que l’homme est une créature de la race reptilienne…

F.C : Non, l’être humain n’est pas la créature des “ reptiloïdes ” ni un produit génétique d’éprouvette concocté par des maîtres extraterrestres pour grossir leur troupeaux d’esclaves. Ces théories sont plus mensongères encore que les dogmes sclérosés des religions qui véhiculaient malgré tout une trace du mystère de l’origine.


Qu’est-ce que l’homme originel ?

F.C : L’être originel portait en lui la perfection des puissances cosmiques qui se sont unies et fécondées à travers lui.

S’il est le résultat de l’étreinte sacrée entre les aspects féminin et masculin de l’univers, alors, il doit posséder la forme et la conscience de sa mère et de son père. Par son esprit, il est le fils du Souffle universel - l’esprit saint - et par sa forme, il est à l’image de la Mère universelle, doté d’un corps d’une beauté resplendissante, et de pouvoirs titanesques.

Comment pourrait-il en être autrement, si l’on sait que l’univers désire le meilleur pour lui-même et pour la création à travers laquelle il se manifeste ?


Quelle est la relation entre l’homme céleste et l’homme terrestre ?

F.C : L’homme originel dont nous descendons en tant que membre de la vague de vie humaine, cet homme spirituel n’a évidemment rien de commun avec notre état actuel, si ce n’est le souvenir d’une gloire oubliée.

Nous éprouvons cette réminiscence comme une nostalgie de l’absolu lorsque nous avons l’intuition que notre existence n’est pas la vraie vie. C’est là le signe de notre réveil.

Lorsqu’un dieu émerge de la substance primordiale - du corps de sa Mère universelle - il dispose de tous les pouvoirs qui s’actualiseront lors son ascension vers les hauteurs infinies de l’univers.

L’être originel n’est pas créé pour descendre vers la densité à travers une involution douloureuse, non, il doit s’éveiller à la conscience dans une ascension glorieuse.

C’est pourquoi, nous interprétons la phase actuelle de descente dans la matérialité, comme un essai raté, qui ne concerne pas l’esprit originel, mais sa projection inférieure, c’est-à-dire nous-mêmes.


Les anciens initiés ont donc eu la vision d’une chute de l’homme. or, aujourd’hui, on glorifie l’homme déchu, n’est-ce pas ?

F.C. : C’est sans doute le point le plus difficile à admettre après des millénaires de lavage de cerveau religieux. Nous avons pris l’apparence pour la réalité. Or, notre dimension spirituelle supérieure n’est pas incarnée comme nous le sommes nous-mêmes. Elle n’est pas mortelle, ni impliquée dans notre karma qui est un mélange de bien et de mal.

Notre être spirituel profond n’a pas connu notre évolution naturelle à travers les millions d’années écoulés. Le dieu de l’origine est resté sur la dimension où il est né. Il a conservé sa forme de dieu. Il est toujours un dieu, mais un dieu endormi, sans pouvoir de décision, sans dynamisme, sans autonomie, sans conscience de lui-même, celle-ci ayant été transférée à notre personnalité mortelle.


Est-ce pourquoi les mythes relatent une tragédie cosmique originelle ?

F.C. : Oui, la situation est tragique. Pendant notre incarnation, nous sommes l’antenne consciente de notre âme, elle-même inconsciente, demeurant endormie dans son monde céleste. Les deux parties ne se connaissent pas, mais il peut survenir en nous le désir de réintégrer notre totalité.

C’est un désir de retour à une vie absolue que nous pressentons lorsque l’âme vibre en nous, souvent lors d’une crise intérieure. La souffrance est notre seul maître.


Cet éveil ne nécessite t-il pas du temps, une évolution et des réincarnations ?

F .C. : L’idée que cette situation participe d’un plan d’évolution est le mensonge que les autorités terrestres ont enseigné pour maintenir l’humanité attachée à la roue des réincarnations. C’est l’exploitation spirituelle.

Il n’y a pas eu choix ni volonté divine mais un enchaînement de situations catastrophiques, une chute.

Ignorant leur origine et perdus dans l’ignorance, les êtres humains ont tenté de justifier leur existence en lui donnant le sens d’une évolution à partir d’un organisme biologique jusqu’à ce “ roi de la création ”, le champion qui fait des fusées ou des concertos.


L’homme incarné ne dispose t-il pas de dons qu’on pourrait appeler divins ?

F.C. : Si ce roi déchu a encore quelques pouvoirs, c’est parce qu’il est l’émanation d’un être spirituel, un dieu dont il a conservé les vestiges subconscients. Ces pouvoirs s’actualisent parfois en ce qui nous émerveille chez les génies au point qu’on parle de leur talent comme d’un don “ divin ”.

Ce don est en chacun d’entre nous. Mais il ne se réveillera pas au bout d’une infinité d’incarnations. Il doit renaître durant cette vie-même. Sinon, l’illusion se perpétue.

Il faut se réveiller de notre torpeur. C’est l’enseignement originel des anciens initiés de l’Orient et de l’Occident. C’est la sagesse éternelle. Il faut se réveiller maintenant .

Pas demain, ni un peu plus chaque jour, car le temps nous trompe en faisant croire que les choses iront de mieux en mieux. Au contraire, notre chute se perpétue malgré l’illusion du progrès et le développement psychique.

C’est pourquoi, il faut rechercher l’éveil durant la vie présente. Il ne faut pas attendre plusieurs vies. C’est là l’illusion suprême.


Qui enseigne cette sagesse ? Partout, on parle d’évolution, vie après vie, ou d’un paradis après une vie vertueuse. La sagesse des anciens a t-elle été perdue ?

F.C. : Il a toujours existé des écoles initiatiques qui perpétuent cette sagesse. Elle s’est occultée à cause des religions dogmatiques qui l’ont fait disparaître pour affirmer leur pouvoir temporel.

On distingue deux courants souterrains dans le domaine initiatique. Le plus connu est celui de l’occultisme dont les organisations sont nombreuses et enseignent des systèmes de maîtrise des forces naturelles.

L’autre courant, plus secret, se rattache à la chaîne initiatique des anciennes écoles des mystères dont l’épopée cathare fut le couronnement dans l’histoire récente.

Le courant ésotérico-occultiste s’adresse à l’ego, à la personnalité incarnée dont il tente de développer les pouvoirs en ce monde.

A l’opposé, le courant secret que les orthodoxies ont persécuté comme “ hérésie ” ne cherche pas à développer les pouvoirs de la personnalité. Le but des fraternités de ce courant spirituel est de faire renaître l’âme divine. Depuis toujours, c’est du courant de la Gnose (connaissance divine) qu’émanent les systèmes de libération et les grands messagers, connus ou inconnus de l’histoire.

Le courant occultiste se différencie peu des orthodoxies religieuses dans la mesure où il croit que le monde invisible supérieur est un but à atteindre. Par contre, les gnostiques ne cherchent pas le contact avec les domaines invisibles, mais ils mettent l’accent sur la délivrance au sens bouddhique, ce qui les relient aux anciennes écoles de sagesse.

Aujourd’hui, comme depuis le fond des temps, des écoles transmettent cette initiation sous une forme adaptée aux temps modernes.

Il est difficile de marcher seul sur ce chemin à cause des obstacles. L’union fait la force.

Un être sincèrement en recherche de la libération est naturellement connecté avec la grande fraternité des âmes libérées.

Ce contact s’actualisera si le désir est juste et si le karma le permet. Il ne s’agit pas de “ bon ou de mauvais karma ” ou de prédispositions psychiques comme dans l’occultisme. Il s’agit d’être éveillé à l’illusion de la vie et de la mort.


Comment se manifeste cet éveil ?

F.C. : L’éveil est un stade de maturité où l’être réalise que sa place dans le monde n’est pas stable, qu’elle est incertaine et périlleuse, et que rien ne peut offrir une sécurité durable.

Durant ses incarnations précédentes, cet être a expérimenté la religion, le mysticisme, la philosophie, la magie et l’occultisme. Il a éprouvé les limites de tous les systèmes car aucun ne mène à une libération définitive. Toutes ces voies recréent du karma et de l’attachement. Celui qui est prêt pour le grand saut n’est pas un être exceptionnel. C’est quelqu’un qui est venu au monde en sachant que son but est de se libérer. Il n’a pas besoin d’être intelligent ou d’avoir des dons particuliers. Il peut être d’une banalité affligeante selon l’apparence extérieure, et pas meilleur qu’un autre. C’est son désir de libération qui le différencie. Et ce désir peut être vécu comme une affliction latente, un mal de vivre ou une difficulté d’adaptation aux faux-semblants de la société.

Celui qui est prêt à faire le grand saut n’a pas besoin de psychologue ou de thérapeute pour aller mieux. Il ne cherche pas à s’améliorer.

En outre, il n’y a pas de signe ni de charisme qui le distinguent des êtres humains ordinaires.


Que doit faire celui qui s’engage sur ce chemin, quelle pratique adopter et dans quel but ?

F.C. : Il ne doit pas faire mais défaire. Il simplifie. Pas en adoptant un mode de vie bucolique ou en imitant le renoncement extérieur. Il se rend disponible à son âme.

Il ne se met pas au service d’un idéal généreux dans l’ordre extérieur des choses. Au contraire, il se détache des implications mondaines, et cela est plus difficile que d’enfourcher les nobles causes. Ce comportement implique de réduire la vie matérielle à l’essentiel.

Un proverbe taoïste décrit cette situation ainsi : “ le sage est comme l’enfant au sein de sa mère ”. Les besoins biologiques sont satisfaits et tout le reste devient accessoire.


Il n’y a pas de prière spéciale, de rituel ou de méditation ?

F.C : Pour l’individu qui s’engage sur la Voie, les rites, les prières et les méditations ne sont pas recommandées contrairement au système occultiste qui est fondé sur des pratiques répétitives. Le gnostique tourne le dos au monde, il n’en attend rien, et comme le dit un proverbe soufi : “ le gnostique n’a aucun droit en ce monde ”. C’est un grand privilège.

La Voie de la libération est une sortie du double monde physique et subtil, et il n’y a rien à cultiver d’un côté comme de l’autre.

C’est un point incompréhensible pour ceux qui suivent un chemin de développement personnel par lequel ils essaient de mettre leur ego à l’abri de la douloureuse contradiction existentielle. Celui qui s’engage sur la voie de l’âme, ne cherche pas un résultat provisoire ou une amélioration. C’est pourquoi les autorités religieuses ont persécuté les gnostiques car elles ne pouvaient comprendre leur comportement, jugé indifférent ou iconoclaste.


Le gnostique n’adhère pas à une croyance religieuse particulière ?

F.C. : C’est un point délicat. Les croyances ne mènent pas à la libération. Elles consolent ou servent de repères dans la confusion de la vie. Croire ou ne pas croire, ce n’est pas important. Le véritable chercheur de vérité croit en la vérité. Pour citer Blavatsky : “ la Vérité est la plus haute des religions ”.

C’est le contact direct de l’âme avec la source universelle qui importe, et non les représentations traditionnelles. On a pas besoin de croire en des avatars, des maîtres de sagesse ou des hiérophantes supérieurs.


Est-il négatif d’avoir une prédilection pour une représentation sacrée traditionnelle ?

F.C. : Cela est inutile pour l’éveil de l’âme divine. La croyance ou la dévotion pour une représentation sacrée est valable pour celui qui suit un chemin mystique ou occulte.

C’est un lien entre son ego et la force symbolisée par cette représentation.

La foi gnostique est différente, car elle vise l’expérience directe d’être relié à la source, sans intermédiaire. La Voie de la libération outrepasse le monde formel et ses représentations traditionnelles. On vise le plus haut, et la difficulté serait plutôt de se détacher de toute représentation pour permettre aux rayonnements spirituels supérieurs de pénétrer dans le cœur sans rencontrer de filtres. Il faut un coeur préparé et nu. Un cœur pur.

C’est une voie de grande simplicité, mais les traditions ont encombré la porte.

A ce sujet, l’Evangile dit : “ Elle est large la voie qui mène à la perdition mais elle est étroite celle qui mène à la Vie éternelle ”.

La porte étroite, c’est le chemin initiatique des anciennes écoles des mystères.


A l’aide de quelle force celui qui se détache du monde continue t-il à vivre sur la terre tout en se régénérant intérieurement ?

F.C : C’est une bonne question. Le jeune initié doit traverser son propre enfer intérieur et vaincre ses démons. Il a nécessairement besoin d’une force pour le soutenir car l’ego ne peut pas se combattre lui-même.

Certains instructeurs comme Krishnamurti ont impitoyablement démonté le jeu que l’ego se joue à lui-même pour se perpétuer.

La difficulté essentielle du chemin de la libération réside dans la ruse extrême de l’ego. L’ego qui s’efforce de devenir spirituel est une caricature du nouvel âge.

Le danger est de développer un ego spirituel subtil et de se croire arrivé quelque part.

Ceux qui prennent cette voie démontrent qu’ils sont reliés aux forces d’illusion du plan astral.

Celui qui prend le chemin de l’âme avec sincérité et un abandon absolu se détache de ces forces pseudo spirituelles, mais il ne sera pas livré sans défense aux démons de l’illusion. Dieu n’abandonne pas sa création.

De la source de l’univers divin, rayonnent des courants de force adaptés à la fréquence vibratoire du noyau atomique de l’âme.

Celui qui met sa confiance dans l’âme et non dans l’ego mortel, sera automatiquement connecté avec le plan cosmique d’où l’âme provient. A chacun selon sa foi.


S’il s’agit de parier sur la bonne carte. Le salut ou la perdition d’un être ne tiennent donc pas à grand-chose ?

F.C. : Non, la décision de prendre le chemin de la sortie hors de l’illusion existentielle provient d’une prise de conscience. Aucune grâce divine particulière n’est accordée arbitrairement à un élu, mais celui qui a pris conscience de la nécessité de revenir au divin pour vaincre la souffrance, reçoit la force.

Le coeur étant ouvert à la suite d’expériences douloureuses depuis des incarnations, il est possible à la voix de l’âme de résonner dans l’être. Un circuit de communication intérieur a été dégagé par l’élimination du karma, et des informations spirituelles électromagnétiques peuvent alors pénétrer dans l’être.


C’est de la technologie intérieure. Il n’y pas de miracle dans ce processus ?

F.C. : Il s’agit d’un système spirituel scientifique. L’aspiration du cœur émet un rayonnement qui perce les couches des dimensions invisibles et remonte jusqu’au cœur de l’intra-univers. C’est la véritable prière. C’est un son magique de l’âme que le monde ne perçoit pas mais qui est capté sur les plus hautes fréquences de l’univers. Automatiquement, l’univers émet une réponse, et ce processus peut être considéré comme une grâce. Il n’y a pas de miracle, c’est la magie de l’âme, la sublime technologie spirituelle entre l’âme émettrice et le récepteur divin.

L’ego, avec ses jérémiades ou son avidité n’a pas de place dans ce processus.


L’être humain pourrait donc se reconnecter assez rapidement avec la source universelle s’il se mettait dans les dispositions justes. Mais qu’arrive t-il lorsque l’on meurt ?

F.C. : Lorsque celui qui s’est reconnecté durant son vivant parvient au terme du chemin terrestre, son âme a eu le temps de se forger un véhicule d’éternité – c’est la merkabah ou le corps de gloire des Hermétistes. Le corps spirituel épouse la forme du corps physique qui lui a servi de support pour sa transmutation. Autour de ce corps s’est formé une nouvelle aura lumineuse - un nouveau ciel - qui ressemble à un vaisseau céleste.

Le nouvel être peut alors prendre son départ vers les royaumes supérieurs.

Généralement, ce départ s’effectue à partir d’un vaisseau collectif car un groupe d’âmes attire une plus grande force pour sa propulsion hors de l’attraction terrestre.


On est loin des rêveries mystiques fumeuses. Il s’agit d’une science. Les initiés de l’antiquité connaissaient-ils ces mystères ? Pourquoi est-il si difficile de décrypter leurs allégories ?

F.C. : Nous bénéficions aujourd’hui d’un langage scientifique qui aide à se représenter comment les anciens se figuraient les mondes suprasensibles.

Les anciens sages disposaient d’une science universelle et immuable, mais les méthodes d’initiation ont changé au cours des âges.

Il n’est plus possible de suivre le même chemin que les sumériens, hindous, grecs ou égyptiens. Notre constitution subtile et psychosomatique a changé. Ce qui était bon n’est plus efficace.

La référence au passé est devenue anecdotique car ce ne sont plus les mêmes courants spirituels qui vibrent dans notre atmosphère.


Que peut faire une personne qui désire s’engager dans cette voie ? Où trouve t-elle le mode d’emploi, à défaut d’un maître en chair et en os ?

F.C. : Lorsqu’un chercheur de vérité a examiné les voies sans issue qui s’ouvrent à profusion ; lorsqu’il est fatigué des farces que lui joue son mental et ses sentiments, alors il est mûr.

Quelque part dans l’univers, la modification de sa fréquence intérieure a été remarquée car elle est suivie depuis l’origine. Ce n’est plus qu’une question de réglage pour authentifier la re-connexion, car l’Univers veut le meilleur pour ses créatures et il ne les abandonne pas.

Sur le chemin de la sagesse, vous ne devez pas stagner indéfiniment au même endroit si vous sentez que vous n’avancez plus. Ne vous contentez pas de succédanés, mais recherchez le meilleur, l’authentique, le pur, le vrai.

Un maître ou une école qui ne vous offre pas de travailler à votre salut immortel n’est pas digne de vous. Ce n’est pas pour votre cœur assoiffé de vérité et de vie éternelle.

Si le but n’est pas la libération, ce n’est pas la voie, ce n’est qu’un chemin d’évolution. Ce n’est pas pour celui qui cherche à revenir à la patrie divine d’où son âme procède.

La difficulté n’est pas de rencontrer un maître car il y en a de tous ordres, de tous niveaux, pour tous les karmas.

Certains vous conduiront dans la trappe où ils sont tombés. D’autres vous rabaisseront s’ils sentent que vous êtes plus avancé. D’autres vous exploiteront s’ils sont eux-mêmes exploités par des forces supérieures qui les dirigent comme des marionnettes. D’autres vous donneront des pierres à la place du pain. Il y en a pour tous les cas et pour toutes les épreuves. Les maîtres authentiques vous pousseront en avant sans concession.

Le maître spirituel véritable est un serviteur de son disciple. Il le hisse plus haut que lui-même.

Mais si ce guide ne se rencontre pas en chair et en os, ce n’est pas un problème, votre ego doit devenir le disciple et le serviteur de votre âme.

Cherchez le centre de la maîtrise intérieure, suivez le maître du cœur.

Ce n’est pas un gourou rayonnant ni un saint personnage qui existe quelque part dans le ciel. Ces illusions ne sont pas pour vous. C’est de la fantasmagorie.

Cherchez le lieu où l’univers vous attend, vous personnellement, et non le lieu d’un autre car sinon l’univers ne vous trouvera pas.


Et si l’on échoue dans la quête de l’absolu ?

F.C. : Le travail n’est jamais perdu. Certains agissent comme si c’était leur dernière chance. C’est une bonne attitude. Tout ce qui aura été réglé durant cette vie n’est plus à faire.

C’est pourquoi il ne faut pas se préoccuper des incarnations passées ou des réincarnations futures. Il faut changer maintenant.

Pour cela, il faut épurer le karma et purifier le cœur, en s’engageant dans l’action extérieure tout en se détachant des résultats.

Ne pas s’attacher aux gains ni aux pertes. C’est la voie la plus rapide dans le monde moderne, mais il faut comprendre ce que cela implique. Nombre de chercheurs voudraient abandonner prématurément les responsabilités matérielles. C’est impossible car c’est dans l’action qu’on se libère en cet âge noir.


Où vont ceux qui se sont libérés des liens du monde et qui ont construit le corps spirituel, le corps glorieux ?

Ils vont sur les planètes sublimes où leur âme avait été semée avant la chute. Ils retrouvent leur famille d’esprit, comme cela est raconté dans la parabole du Fils prodigue. Pour chaque enfant prodigue qui revient au Père, il y a une fête dans son monde d’origine. Nous sommes attendus, chacun en particulier.


Que celui qui cherche

ne s’arrête pas de chercher

jusqu’à ce qu’il trouve.

Evangile de Thomas


Source : Undercover



Sunday, August 29, 2010

La vie secrète des vaches


Synonyme de docilité sans intelligence, les vaches ont pourtant une vie mentale, même si elle est encore confidentielle, et où des « états » comme la rancune peuvent exister. La vache peut se lier d’amitié et même être excitée par des défis intellectuels. Tels sont les constats de scientifiques.

Les vaches sont capables de ressentir dans leur environnement des émotions fortes telle que la crainte, la douleur et même l'anxiété — elles se soucient aussi de l'avenir, et si les fermiers les élèvent dans de bonnes conditions, elles peuvent également éprouvées du bonheur.

Les conclusions ont émergé suite à des études comportementales sur d’autres animaux de ferme, tels que des porcs, chèvres, poulets et le bétail en général, et ayants des « réactions » semblables et des traits émotionnels identiques aux êtres humains, tellement analogues qu’il faudra repenser la notion de bien-être, valable uniquement chez l’Homme.

Christine Nicol, professeur, dont les études portes sur le bien-être animal, à l'université de Bristol, détaille par exemple que les poulets doivent être traités comme des individus, qui ont des besoins et des contrariétés.

« Des capacités cognitives remarquables et des innovations culturelles ont été révélés, » fait-elle remarquer. « Notre défi sera par exemple d’enseigner que chaque animal que nous avons l'intention de manger ou « d'utiliser » est un individu complexe, et que nous devons absolument revoir notre « culture » des méthodes d’élevages en conséquence. »

La professeur Nicol présentera ses conclusions lors d’une conférence qui se tiendra à Londres le mois prochain proposée par un lobby (groupe de pression) pour la protection animale et son bien-être : « Compassion dans le monde de l’agriculture ».

John Webster, professeur à l'université de Bristol, qui est un spécialiste de l’étude de la production animale, a publié un livre sur le sujet, « Animal Welfare : Limping Towards Eden ». Il explique que « les gens en général supposent que la souffrance est liée à la capacité d’intelligence des animaux, et parce ce que ceux-ci ont des plus petits cerveaux, que dès lors celle-ci serait moindre que chez les humains. Cette logique est pathétique. »

Le professeur Webster et ses collègues ont démontré comment des vaches dans un troupeau forment de plus petits groupes affinitaires en fonction de l’amitié, entre deux et quatre animaux, qui passent la majeure partie de leur temps ensemble, se toilettant souvent et se léchant. D’autres auront de l’antipathie, se détesteront, et jusqu’à en garder de la rancune pour diverse raison durant de long mois et voire des années.

Dans un troupeau de « laitières », les vaches peuvent avoir un comportement intensément sexuel, le professeur Webster explique que les vaches durant leurs périodes de « chaleurs » peuvent devenir très excitées, jusqu’à se monter l’une l’autre et précise que « sous son aspect passif et son œil de velours se cache le fait que la vache est généralement une joyeuse nymphomane. »

Donald Broom, professeur à l’université de Cambridge, décrit comment les vaches deviennent toutes aussi « passionnées » lorsqu’il s’agit de solutionner des défis intellectuels. Dans une étude du comportement, des chercheurs ont appliqués un principe simple sous forme de tâche, celui de la récompense, acquise après avoir trouvé comment ouvrir une porte pour obtenir de la nourriture.

Un électroencéphalographe a été utilisé pendant le travail des chercheurs pour mesurer les ondes cérébrales des vaches mises à contributions, et le résultat est que « leurs activités cérébrales ont montré de l’agitation ; les pulsations cardiaques étaient élevées et pour quelques-unes clairement de la surexcitation lors de la réussite. Nous avons d’ailleurs dénommé ce moment précis comme étant leur « Eureka ! », a expliqué le professeur Donald Broom.

La supposition que les animaux de ferme ne peuvent pas souffrir des conditions dans lesquels ils sont élevés — et qui seraient pourtant considérées comme intolérables pour nous-même — est partiellement basée sur l'idée qu'ils sont moins intelligents que nous et qu’ils n’ont pas le sens « d’être. »

De plus en plus, la recherche nous indique que ceci est faux. Keith Kendrick, professeur de neurobiologie à l'institut Babraham à Cambridge (Gresham College), a constaté que les moutons étaient des animaux extrêmement complexes, au point qu’ils peuvent se souvenir d’au moins cinquante faciès d’ovins ainsi que le « profil » correspondant à chacun d’eux. Ils peuvent reconnaître et « identifier » d’autres moutons même après une année de « séparation ».

Le professeur Kendrick a aussi observé que le mouton pouvait avoir des sentiments puissants pour des humains, déprimant lors de longue séparation, et ou les saluant avec enthousiasme après trois années d’absence.

La professeur Goodall a inversé la tendance sur les convictions alors admise que les animaux étaient simplement des « automates » montrant peu d’individualité ou d’émotions. Il a fallu beaucoup de temps, pour le monde scientifique, d’admettre et d’accepter tout simplement l’idée que ce type de travail de recherche pouvait être appliqué à toute une variété d’animaux existants.

« Les animaux « Sensibles » (doués de sensations) ont la capacité d’éprouver du plaisir et d’être motivés pour le rechercher, » déclare encore en substance le professeur Webster. « Observez comment des vaches ou des agneaux couchés recherchent et apprécient le plaisir d’avoir la tête tournée vers le soleil d’un jour d’été anglais. Comme les humains. »

Jonathan Leake