Wednesday, April 21, 2010

L’âge des résidus


Selon le lama Matthieu Ricard, « l’âge décadent, ou « âge des résidus » (snyigs dus) : se caractérise par les cinq dégradations ou dégénérescences suivantes :
1) une durée de vie plus courte (tshe),
2) une dégradation du karma général (las),
3) des vue métaphysiques erronées (lta ba),
4) le déclin des facultés des êtres (sems can),
5) un accroissement des émotions négatives (nyon mongs).

L’humanité se trouverait dans la dernière phase de l’âge des résidus, du Kali Yuga. Matthieu Ricard ne cache pas au philosophe Jean-François Revel l’intérêt qu’il porte à l’œuvre de René Guénon (Le moine et le philosophe). René Guénon explique le sens de l’expression « l'âge des résidus » :
« Ce qui, suivant la tradition, caractérise l’ultime phase du cycle, c’est, pourrait-on dire, l’exploitation de tout ce qui a été négligé ou rejeté au cours des phases précédentes ; et, effectivement, c’est bien là ce que nous pouvons constater dans la civilisation moderne, qui ne vit en quelque sorte que de ce dont les civilisations antérieures n’avaient pas voulu. Il n’y a, pour s’en rendre compte, qu’à voir comment les représentants de celles de ces civilisations qui se sont maintenues jusqu’ici dans le monde oriental apprécient les sciences occidentales et leurs applications industrielles (1). Ces connaissances inférieures, si vaines au regard de qui possède une connaissance d’un autre ordre, devaient pourtant être « réalisées », et elles ne pouvaient l’être qu’à un stade où la véritable intellectualité aurait disparu ; ces recherches d’une portée exclusivement pratique, au sens le plus étroit de ce mot, devaient être accomplies, mais elles ne pouvaient l’être qu’à l’extrême opposé de la spiritualité primordiale, par des hommes enfoncés dans la matière au point de ne plus rien concevoir au-delà, et devenant d’autant plus esclaves de cette matière qu’ils voudraient s’en servir davantage, ce qui les conduit à une agitation croissante, sans règle et sans but, à la dispersion dans la pure multiplicité, jusqu’à la dissolution finale. » (La crise du monde moderne)

Extraits du Kalki Purâna

Le Kalki Purâna est le Livre de l’Apocalypse des écritures hindoues. Il annonce ce qui se passera à la fin des temps et durant l’âge noir.

12-13. Parmi les histoires sacrées, celles qui ont trait à l’avenir vont vous être racontées. Ecoutez-les attentivement. Le Kali Yuga (l’âge noir) commença lorsque le Seigneur Krishna regagna le séjour céleste.
"D’après la tradition rapportée par Alain Daniélou, le Kali Yuga commence en 3 606 av. J.-C.. La dernière période du cycle aurait débuté en 1939 de notre ère. « La catastrophe finale, écrit Daniélou, aura lieu durant ce crépuscule."

14. A la fin du cycle, Brahmâ, le créateur de l’univers, laissa tomber de son dos les péchés qu’il avait engendrés.
Le démiurge retient le mal qui est le déchet à la création, mais à la fin d’un cycle ce karma cosmique retombe sur la terre et sur l’homme. (*)

15. Ainsi naquit Adharma ; on dit que tous les péchés sont absous par le simple fait d’en entendre parler, de les confesser ou même d’y penser.
Adharma est la privation d’ordre, le chaos. Dans l’âge noir, le mal remonte à la surface. Il doit être démasqué au grand jour, en conscience, pour être transmuté. (*)

16. L’épouse d’Adharma, la belle Mithyâ (le mensonge) aux yeux de chatte, donna le jour à Shamba (la tromperie) son horrible fils ;

17. sa sœur Mâyâ (l’illusion) donna le jour à Lobha (la convoitise), et sa fille Vikriti (la maladie) donna le jour à Krodha (la colère),

18. dont la sœur Himsâ (la violence) donna le jour au Kali Yuga.
La progression des fléaux qui vont se déchaîner dans l’âge noir. La mère du Mensonge Mithyâ aux yeux verts (la beauté luciférienne) amorce le cycle des perversions. Voir l’Evangile où Jésus fustige la caste sacerdotale d’Israël : « votre père le Diable est menteur depuis l’origine ». (*)

19. Ce terrible Kali Yuga s’appuie sur la puissance des aromates sacrés, du mensonge, du vin des femmes et de l’or.
Les « aromates sacrés » symbolisent le détournement des forces spirituelles. Le sexe et l’argent sont les deux tentations dominantes dans l’âge noir, les agents actifs de la décadence de l’exploitation sous toutes ses formes. (*)

20-21. Sa sœur Durkriti (le méfait) donna le jour à un garçon appelé Bhaya (la peur) et à une fille appelée Mrityu (la mort), lesquels créèrent Niraya (l’enfer).
Au stade final, l’âge noir produit l’enfer sur la terre, la civilisation fondée sur la peur.

22. Le sacrifice, la mansuétude, l’étude des Véda et des Tantra disparurent, tandis que des infirmités mentales et physiques, vieillesse, misère, désespoir et peur, devinrent les caractéristiques de la vie humaine.
La déchéance découle de l’oubli des lois sacrées concernant le cosmos, l’ordre social et la vie. (*)

23. Le Kali Yuga engendra des hommes à la vie courte, pratiquant l’adultère et adeptes de la décadence généralisée.

24. Les brahmanes devinrent pervers, méchants, homicides, tuant même leurs parents, ignorants des Véda et des écritures, obséquieux et se firent même les serviteurs des shûdra !
Ceux qui sont supposés montrer l’exemple de la sagesse et de la droiture, et guider les âmes, s’abaissent aux activités dégradantes – autrement dit détournent leurs dons innés vers des activités inférieures. (*)

26. tueurs, cruels, avides, débauchés, trompeurs, provoquant la confusion des castes par les mariages mixtes.
Jadis, on considérait que les mariages entre familles étrangères amenaient la perte des pouvoirs ataviques du clan. La clairvoyance s’éteignant par les mélanges sanguins, le clan n’était plus dirigé par les ancêtres et les êtres étaient alors abandonnés à eux-mêmes et aux démons. (*)


25. Ainsi devinrent-ils perfides, inconstants, dégénérés, confondant les dharma, falsifiant le Dharma et les Véda,
Confusion des principes qui fondent l’ordre universel. Inversion volontaire de la vérité. Cela dure déjà depuis plusieurs milliers d’années, et ce n’est que le début ! (*)

27. à courte vie, pratiquant le mal, avilis, se regroupant dans des Matha (monastère, ashram) en compagnie de gens méprisables,

28-29. connaissant le désespoir, ils se querellent et se battent. Ils élaborent des parures pour attirer les riches. Ascètes prônant les dharma du confort, ils calomnient les guru et feignent de prêcher le Dharma pour tromper les innocents.
Les faux prophètes de la « voie large ». (*)

30. Les shûdra (prolétaires)se lancent dans les affaires afin de s’approprier la richesse des autres, ils marient leurs fils et leurs filles selon les envies des uns et des autres, ils préfèrent la fréquentation des pervers plutôt que des vertueux.

31. Ils ignorent l’acte généreux, sont incapables de détachement, se rengorgent de paroles vaniteuses sur le Dharma.

32. Ils considèrent la richesse comme le seul signe de l’intégrité…

34. Deviennent des exploiteurs…

35. Les nuages d’orage grondent et éclatent d’étranges façons, ce qui ne permet pas à la terre de donner de bonnes récoltes. Les percepteurs d’impôts écrasent et maltraitent tous,

36. ceux-ci chargés d’enfants, se réfugient dans les montagnes et les forêts.

37. C’est ainsi qu’à la première époque du Kali Yuga, les calomniateurs du Seigneur Krishna se livrent à la boisson et à la consommation de viande.

38. A la deuxième époque, l’on abandonne la prière. A la troisième époque, la confusion des castes est provoquée par les mariages mixtes, et à la quatrième – tournant le dos aux dieux infaillibles et à l’action juste – l’on se livre à une foi unique, en raison du mélange informe ainsi crée.
On se livre à une foi unique ? De l’abandon des véritables principes spirituels, naît une religion globale, l’inversion de la vérité. Curieuse anticipation de la religion mondiale. (*)

39. L’étude des écritures sacrées, l’offrande de sacrifices et la récitation du Om ayant disparu, toutes les divinités délaissées se rendirent humblement auprès de Brahmâ.

40-44. Les divinités accablées de tristesse, conduites par la Terre-Mère, récitant les Véda…se prosternèrent devant la porte de Brahma, Dieu des trois mondes, qui, trônant au milieu des sages, leur accorda une audience pour exprimer leurs doléances.

Il est alors décidé d’envoyer l’avatar Kalki (avatar de Vishnu) pour restaurer l’âge d’or à la fin du Kali Yuga.
Kalki correspond au Christ glorieux de l’Apocalypse qui revient à la fin de l’âge noir pour transférer la nature entière sur la dimension divine. […] Pendant que l’âge noir suit son cours inexorablement, un âge d’or émerge sur une dimension spirituelle de l’univers interne.
Les « élus » du livre de l’Apocalypse sont les êtres qui, au cœur de l’âge noir, on inversé le cours de la descente pour aller à contre-courant du temps. Ils créent ainsi un espace sacré, un cosmos spirituel qui est réintégré dans l’univers originel interne. (*)

(1) La curiosité pour la technologie et la science modernes de Tenzin Gyatso, le quatorzième Dalaï-lama, est bien connue. Indique-t-elle que le lamaïsme ne possède pas la connaissance d’un autre ordre et la véritable spiritualité ou la véritable intellectualité évoquée par Guénon ?

(*) Commentaires de Joël Labruyère.



Photo : Black Planet de Robert Longo

Friday, April 16, 2010

Sortir de la soupe globale

Joël Labruyère

La conscience collective de l’humanité est un champ unifié sur la fréquence du plus grand nombre. Une caste supérieure surnage à la surface grâce à des systèmes de manipulation occulte, mais le taux vibratoire de cette élite planétaire demeure au niveau des masses maintenues dans l’ignorance et la sous conscience.

La bande des Trois Titans.
Un, les classes possédantes détiennent le pouvoir matériel ; deux, les hiérarchies sacerdotales se réservent le pouvoir occulte ; trois, la force d’inertie des masses alimente les deux autres.
Ces trois groupes baignent dans le même champ de conscience. Seuls leurs privilèges et leurs fonctions supérieures ou subalternes les distinguent. Les masses ne sont exploitées que parce quelle ignorent les secrets initiatiques des classes dirigeantes. En réalité, c’est l’apathie de l’humanité ordinaire qui favorise l’exploitation d’où en retour la masse tire sa sécurité. Les trois groupes forment donc une triple unité et sont unis en conscience. C’est la conscience humaine naturelle. Elle est double, bonne et mauvaise. Les bons et les méchants sont sur la même fréquence fondamentale. Ce n’est qu’une question de point de vue. La division entre les classes est exacerbée dans un but de diviser pour régner.

Le révolté, le révolutionnaire ou l’anarchiste ne sortent jamais du circuit.
Le croyant, l’athée, le riche et le pauvre, le sage et le fou, le génie ou le savant, le prince et le prolétaire, sont tous sur la même fréquence de base. Ils ne sont que des particules de la conscience globale.
La conscience collective est un champ qui englobe la terre entière, et qui vibre au rythme du cycle existence/mort dont nul ne peut se soustraire, à moins de s’en dégager par une mutation. Un être qui est sorti du courant collectif est un "libéré". Il est capable d’affecter en profondeur le niveau général à partir de l’extérieur du collectif.
Un groupe d’êtres qui s’extraient du réseau de la conscience globale doit mettre en action une énergie très spéciale pour créer un champ de conscience autonome.C’est pour empêcher ces tentatives d’évasion que certaines loges occultes tentent par des moyens "spirituels" (la séduction de l’âge d’or, par exemple) de maintenir la cohésion de la conscience collective en soudant son niveau vibratoire dans l’unité internationale artificielle. Alors que les médias renforcent et soudent les plans inférieurs, liés à la matière et au bas astral, de son côté, le nouvel âge étend un champ astral plus raffiné, une grille énergétique qui consolide la conscience collective, au non du "bien".
Ainsi, ceux qui ne recherchent pas directement une voie de libération radicale, se verront ramenés dans la conscience globale de l’emprisonnement planétaire.
Il faut choisir. Soit on aménage le camp de concentration, ou bien on s’en échappe.
Encore faut-il être conscient que la conscience globale planétaire (de basse fréquence ou raffinée) est un circuit fermé.
La théorie évolutionniste qui prétend que la conscience progresse sans fin est un leurre. Seule la conscience libérée du circuit peut reprendre le chemin de l’évolution supérieure.
Cette voie difficile implique de sortir du conditionnement collectif. Pour réaliser cette sortie libératrice, il faut une mutation de conscience. Il faut faire un saut hors du système global. Une mutation du corps, de l’âme et de l’esprit.

Aussi, lorsque vous rencontrez un enseignement spirituel, examinez attentivement le programme qu’on vous propose. Si on vous demande de participer à un effort planétaire pour une conscience unifiée - où la "paix" et "l’amour inconditionnel" servent d’appâts - vous risquez de tomber tout cru dans la gueule de la Bête. L’écologie et les thérapies alternatives servent également d’appâts. Tout est récupéré, manipulé. Il faut en être conscient quoi qu’on fasse.
Tout enseignement qui ne vous propose pas une mutation pour sortir du jeu planétaire, n’a pas de caractère libérateur. On peut chercher à s’élever - ce que le new age appelle "évolution personnelle" - mais on demeure une particule prisonnière de la grille planétaire.

Un être libéré ne se distingue ni par son aura magique, ni par son charisme personnel, car il s’est transféré sur une dimension qui n’a aucun rapport avec nos critères terrestres. Ceux que le new age appelle des "êtres de lumière" sont des agents occultes au service des hiérarchies qui contrôlent la grille planétaire.
Examinez les mots utilisés dans les enseignements si généreusement répandus aujourd’hui. Il s’agit à 99 % d’une propagande démagogique déguisée en spiritualité – ce qui ne met pas en cause la sincérité des instructeurs et des adeptes.
Ils sont ignorants de participer au renforcement d’un système d’emprise, au nom du "bien". (La "tyrannie du bien" si arrogante dans la pensée unique et le politiquement correct)

L’Internationale sera le genre inhumain

Depuis des millénaires, on a l’habitude de considérer les êtres qui ont l’apparence humaine comme des "hommes".
L’indo-européen MAN désigne un être pensant (manas). L’A-DAM biblique signifie que le germe de conscience (A) est noyé dans le sang (dam). On constate que l’antiquité a identifié l’être humain en terme de conscience. Etre ou ne pas être conscient, voilà la question si l’on veut savoir ce qu’est un être humain véritable.
Sur cette planète étrange, on croise divers types d’êtres vivants d’apparence humaine/humanoïde, mais que rien ne distingue au plan de la conscience. On se base sur l’apparence physique mais celle-ci est un voile trompeur.
La conscience d’un être - son âme et son esprit - demeure invisible, inconnaissable. Seuls son apparence et son comportement le caractérisent sur le plan physique. Ainsi, on croit que tous les êtres d’apparence humaine sont des hommes issus d’une même race primordiale.
Les théories scientifiques et les dogmes religieux sont d’accord pour considérer qu’il n’y a qu’une humanité – celle qui s’est scindée dans les races humaines que nous connaissons, lesquelles ne présentent en réalité que des nuances.
Cette vision matérialiste de l’humanité a donné naissance à la philosophie humaniste qui affirme que tous les êtres d’apparence humaine sont semblables et égaux. Il est interdit de faire une distinction par la race, ce qui est évidemment un progrès par rapport à la cruelle discrimination des époques passées. Il n’y pas de race supérieure ou inférieure. S’il y a des différences, elles se situent à un autre niveau que les catégories définies par les idéologues racistes.
La pensée matérialiste hiérarchise les espèces vivantes mais refuse d’admettre les différences entre les races – c’est un racisme inversé. Pourtant, ce sont ces différences qui font la richesse de l’ensemble. Nous respectons les différences, nous acceptons toutes les races et les espèces qui vont sous le soleil.
Parce que nous savons que l’harmonie dépend des différences, nous rejetons l’ordre mondial et la pensée unique.
Toutefois, le débat sur les races terrestres n’offre aucun intérêt. Nous sommes intéressés par d’autres entités que le spécimen classé dans le genre humain.
Il existe aussi des races dont l’origine est extra planétaire et extra galactique. Rien ne les distingue pendant l’incarnation, à l’exception de traits de caractère, considérés comme atypiques.
Nous ne ferons pas l’inventaire de ces races dont l’origine se trouve hors du système solaire.
Il s’agit de races fabuleuses dont la mythologie a conservé la mémoire.
Nous ne cherchons pas à les identifier, car ce qui importe pour nous c’est de retrouver notre origine – en tant qu’étrangers déportés au sein d’une humanité si différente, cruelle, soumise et répressive.
Pendant un demi siècle, j’ai observé ceux que je croyais être mes semblables, et ma première impression de jeunesse était la bonne : je ne suis pas comme eux.
Globalement, je n’aime pas ce qu’ils aiment, et je ne veux rien de ce qu’ils convoitent. Leurs idéaux bornés, leurs philosophies spéculatives, leurs religions superstitieuses, leur science barbare et leurs amusements ridicules ne me concernent pas. On m’y a plongé de force.
Par conformisme, à cause du lavage de cerveau que l’on subit dès l’école maternelle, j’ai essayé de me diriger dans la vie en fonction de leurs valeurs et de leurs croyances, mais cela a échoué.
Ne trouvant pas de nourriture pour mon âme dans leurs idéaux, j’ai renoncé à croire et à penser comme eux, et je n’en ressens aucun complexe. Les valeurs artistiques ou spirituelles qui me touchent encore s’avèrent ne pas provenir de la terre, mais ont été apportées par des demi dieux, des héros antiques ou d’une époque plus récente. Tout ce qui m’émeut encore dans la civilisation n’est pas terrestre mais céleste. Ainsi, ce que j’aime n’est pas originellement humain, et j’avoue que tout ce qui me révulse est l’apanage du genre inhumain.

Les gnostiques de l’antiquité avaient défini trois groupes humains :
les hyliques (matériels),
les psychiques (l’être mondain cultivé)
et les spirituels (d’origine céleste).
Ces derniers ont conservé la mémoire d’un monde originel qu’ils veulent retrouver.
Les psychiques, aussi intelligents soient-ils, vivent dans leur monde et s’en contentent, quoique désirant une certaine évolution. Ils peuvent croire en un principe supérieur mais ils ne cherchent pas un absolu hors du contexte planétaire.
Quant aux hyliques, ils aiment la matière, et pour eux il n’y a rien en dehors de la dimension terrestre.
Selon cette classification, c’est l’homme de type spirituel/céleste qui est une référence pour celui qui ne se sent pas appartenir au monde conforme.
Le Spirituel est un être qui a la nostalgie d’un autre monde. S’il pousse sa démarche à fond, en se libérant des préjugés humanistes et du lavage de cerveau culturel, il se demande qui il est en réalité.
Alors, diverses possibilités s’offrent à lui, dont deux principales : soit il se considère comme un humain dont l’âme est d’essence céleste, ou bien, comme un esprit incarné dans une forme humaine.
La plupart des mystiques authentiques se sentent être des humains dotés d’une âme divine, et leur projet est de redonner la première place à leur essence divine.
Il veulent redevenir des êtres divins ainsi que l’enseignent les traditions initiatiques.
Il y a encore une autre voie, plus secrète car terriblement hérétique : c’est de ne plus s’identifier au genre humain, mais de se percevoir comme appartenant à une race différente, étrangère à ce monde.
Dans cette perspective, il faut savoir quelle est cette race et comment un individu identifié au genre humain, pourrait retrouver sa véritable origine ?
Nous ne parlons pas des races malveillantes incarnées clandestinement dans des corps humains, et de cette catégorie de démons qui se dissimulent comme des parasites dans notre subconscient. A travers nous, à cause de notre ignorance et de notre lâcheté, ces démons ont fabriqué cette civilisation où ils trouvent des corps et un champ pour les créations de leur intelligence démoniaque.
Nous voulons comprendre si derrière notre désir d’absolu, nous ne serions pas d’une autre espèce, issus d’une race qui garde dans le cœur la nostalgie d’un univers merveilleux ? C’est ce que je ressens.
A chacun son espèce. Pour ma part - et cela n’engage que l’auteur de ces lignes - j’ai demandé ma mutation hors de cette engeance humaine où je suis incarné contre ma volonté. Oui, je veux muter sans retour.

Il y a quelques années, Joël Labruyère dénonçait les aspects occultes du lamaïsme dans son article « Les contes de fée du Tibet ». Il écrit :

« Le but de notre dossier « Les contes de fée du Tibet » dans Undercover n° 6 était de mettre en lumière l’emprise de ce groupe de magiciens sur le monde pour montrer qu’il ne s’agit pas de spiritualité ni du « salut de tous les êtres » comme les pseudo bouddhistes de la hiérarchie lamaïste le prétendent. C’est une guerre occulte pour le contrôle du monde. Dès lors, la sagesse ou l’hypocrisie des lamas n’est qu’une question accessoire. Les personnes ne sont pas en cause. C’est le système magico-rituel tibétain que nous avons tenté de démonter pour le comprendre et s’en protéger. »

Les contes de fée du Tibet :

Wednesday, April 14, 2010

En vrac


L’Inde malade de ses gourous

L'Inde s'est transformée ces dernières années en un théâtre déroutant pour ses milliers de fidèles hindous. Ces derniers ont en effet été contraints d'assister à la montée en flèche du nombre d'affaires criminelles menées par d'influents gourous, guides spirituels de l'hindouisme traditionnel.

Ainsi, alors que le leader religieux Sathya Sai Baba, qui compte des millions de fidèles mais également de nombreux abus sexuels, n'a jamais été envoyé en prison, un de ses semblables n'a récemment pas eu la même chance. Rajiv Ranjan Dwivedi, trente-neuf ans et plus connu sous le nom de Swami Ichadari Sant Swami Bhimanandji Maharaj Chitrkootwale, a en effet été arrêté le 26 février dernier pour une sinistre affaire d'exploitation sexuelle impliquant d'anciennes hôtesses de l'air et de jeunes étudiantes. LIRE LA SUITE :

Les guérilleros indiens contre le grand capital

Le 6 avril 2010, dans l'épaisse jungle de l'Etat de Chhattisgarh (centre-est), les forces gouvernementales chargées d’éradiquer la rébellion rurale des Naxalites (opération Green Hunt) sont tombées dans une embuscade tendue par plusieurs centaines de guérilleros.

Les injustices sociales et l’avidité des multinationales sont à l’origine de la jacquerie Naxalite qui est présente dans deux tiers des districts indiens.

« Historiquement, le naxalisme s’est développé en Inde partout où les droits fondamentaux des populations étaient bafoués au profit des intérêts des grands propriétaires terriens, du grand capital et des multinationales soutenus par l’État indien.

Dans cette stratégie, les régions tribales constituent un terrain particulièrement fertile. Réparties sur les États du centre de l’Inde, ces régions forestières sont extrêmement riches en matières premières (minerai de fer, charbon, bauxite, uranium pour n’en citer que quelques unes) qui constituent pour l’industrie en pleine expansion une manne financière colossale, face à laquelle le sort des tribus ne pèse guère.

En Inde, les populations tribales ou adivasi, qui représentent 8,2% de la population soit 84 millions d’individus, ont toujours été considérées de fait comme des citoyens de seconde zone dont les droits, qui existent en théorie, ne sont guère appliqués. Ainsi, la loi sur la forêt et les tribus (Scheduled Tribes and Other Traditional Forest Dwellers - Recognition of Forest Rights) de 2006 accorde 2,5 hectares de terres à chaque famille tribale. Elle défend leurs droits par rapport aux forêts, à ses produits et à la propriété de leurs terres. Mais elle n’a toujours pas été ratifiée dans les États du Jharkhand, du Chhattisgarh et du Madhya Pradesh où la population tribale est majoritaire ou très importante. Et pour cause, ce sont bien ces richesses que la classe politico-économique dominante a pour dessein de leur ravir. »


Histoire du Naxalisme : Jacqueries et guérillas de l'Inde

« Les cohortes grandissantes de touristes occidentaux qui vont périodiquement faire le plein de spiritualité en Inde ignorent que, depuis trente-six ans, des guérillas clandestines luttent contre le système social et religieux. Tout au plus connaissent-ils l'équipée de Phoolan Devi, cette femme tour à tour bandit et députée, qui fut assassiné en 1998. Lancé à la suite d'une révolte dans un village bengali, le naxalisme a connu son apogée à la fin des années 1970, mais n'a jamais disparu et reste très actif dans le centre-est du pays, malgré les répressions sporadiques. Parfois comparé au sentier lumineux pour ses méthodes expéditives, ce réformisme armé procède par coups de main, redistribuant la terre et brûlant les actes notariés, comme le fît une fois l'anarchiste Malatesta en 1877. Il comble aussi, à l'instar des maoïstes d'avant 1949, certaines lacunes de l'Etat, ne serait-ce qu'en forçant médecins et instituteurs absentéistes à faire leur travail. »


Le Dr André Migot parmi les lamas sorciers du Tibet

« Pour de nombreux lecteurs, le seul nom de Tibet évoque des phénomènes mystérieux et surnaturels, une certaine littérature leur ayant présenté, de ce pays, un tableau romancé où l’on voit, à chaque détour du sentier, un ascète nu faisant fondre la neige autour de lui ou volant à travers l’espace.

Certes, des phénomènes supranormaux existent et j’ai pu en constater quelques-uns au cours des longs séjours que j’ai faits au Pays des Neiges. Mais ils sont rares. Les vrais thaumaturges ne se montrent pas et il faut vivre longtemps dans leur intimité pour connaître leurs pouvoirs.

Par contre, les pratiques magiques y sont très répandues.
Les images que ce texte accompagne se rapportent à l’une des plus curieuses : éloigner la grêle destructrice des récoltes ou au contraire faire tomber la pluie en cas de sécheresse. Dans les deux cas, le rôle du sorcier est d’agir sur les démons maîtres du temps et de les contraindre à lui obéir en pratiquant des rites spéciaux accompagnés de la récitation de formules appropriées. Pour comprendre l’importance de ces cérémonies magiques dans la religion tibétaine, il est nécessaire de dire quelques mots de ses origines. » LIRE LA SUITE :

Sunday, April 11, 2010

Ascèse et renonciation dans le Chan/Zen


Le Wu Wei, absence d’effort, de souci, d’intention, de contrôle est un concept fondamental dans le Chan/Zen. Il s’agit d’une spontanéité qui s’adapte sans la moindre idée préconçue ni la moindre intention à chaque situation nouvelle. Dans la vie quotidienne, la réflexion et les calculs égotistes imposent une directivité artificielle faisant obstacle à cette spontanéité. Le Wu Wei du taoïsme et du Chan/Zen n’est pas compatible avec les efforts et le contrôle imposés par la renonciation ascétique de la religion.

« L’ascèse est, dans le zen, parfaitement inutile comme « des jambes pour un serpent ». En outre, son projet enveloppe une contradiction : on ne saurait vouloir intentionnellement être dépourvu d’intention, on ne peut s’efforcer à la vie spontanée qui exclut l’effort. Celui qui laborieusement cherche à abolir en lui toute trace de réflexion est comparable à quelqu’un « qui voudrait laver du sang avec du sang ». En fait, nous n’avons pas à faire des efforts pour retrouver la nature (1) car nous ne l’avons jamais quittée. Comme on l’a vu (2), le nirvana nous a déjà été concédé et nous sommes déjà des bouddhas. La vie spirituelle ne consiste pas dans un effort pour devenir autre, mais dans la prise de conscience de ce que nous sommes déjà, de ce que nous n’avons jamais cessé d’être. Et c’est pourquoi Hakuin, quand il atteignit son satori, a pu s’écrier : « Comme c’est merveilleux ! Il n’y a pas de cycle de la naissance et de la mort auquel il faut échapper ni de connaissance suprême à atteindre. »

Tout au plus, la pratique correcte d’un art peut nous aider à retrouver la nature, enfouie au plus profond de nous-mêmes, cachée sous les acquis de l’intelligence objective et du langage social. […] Dans la peinture Sumiye : si la logique ou la réflexion s’interposent entre le pinceau et le papier, tout l’effet est gâché ; « la main qui guide le pinceau au moment précis où l’esprit commence à élaborer des formes a déjà trouvé et réalisé ce qui le hante, et en fin de compte l’élève ignore si c’est la main ou l’esprit qui a combiné l’œuvre. » Ainsi la pratique authentique d’un art nous permet de retrouver la spontanéité perdue de l’animal ou de l’enfant. Elle libère l’action du frein de l’intellect, et restaure le contact avec nos racines naturelles. »

Michel Larroque « Approches occidentales du bouddhisme zen, la spontanéité efficace ».



(1) Note de Bouddhanar : nature de l’esprit ou esprit originel.
(2) Dans « Approches occidentales du bouddhisme zen, la spontanéité efficace », Michel Larroque.

Saturday, April 10, 2010

Merigar


Merigar en Italie est un centre de loisirs spirituels où la danse du Vajra, le yantra yoga, l’entraînement Santi Maha Sangha (SMS) en neuf niveaux s’ajoutent à la pratique méditative des touristes dzogchenpa venus dépenser leur argent dans le centre du lama Namkhaï Norbu. Pour les adeptes plus casaniers, Namkhaï Norbu procède à la transmission mondiale du Gourou Yoga à l’aide d’une vidéo…

Autrefois, les véritables adeptes du Dzogchen étaient plus anachorètes que consommateurs de produits spirituels à l’instar du moine vagabond Shabkar (1781-1850). Shabkar était un esprit libre, il ne vendait pas de méthodes spirituelles et ne voyait pas d’oppositions entre les divers enseignements « non-dualistes ». Shabkar disait :
« Les maîtres d’antan affirmaient que le Madhyamika, le Mahamoudra et le Dzogchen étaient semblables à la mélasse, au sucre et au miel : tous trois sont également délicieux ». Traduit par Matthieu Ricard, « Shabkar, autobiographie d’un yogi tibétain ».

De nos jours, les exigences du marketing spirituel poussent des gourous à se prétendre détenteurs de la meilleure méthode de développement des potentialités de l’homme du 3ème millénaire ou de l’ère du Verseau. Tenzin Namdak ne cache pas son mépris pour les autres voies. Dans une conférence donnée à Vienne (Autriche) le 12 avril 1991, il a déclaré : « Nombreux sont les lamas qui disent, de nos jours, que les vues et les résultats de la pratique du Madhyamika, du Mahamoudra, ou du Dzogchen sont totalement identiques. Mais cela n’est pas vrai ». Dans cette conférence, Tenzin namdak affirme la supériorité du Dzogchen sur les autres véhicules. Bien entendu, l’influence du Chan chinois sur le Dzogchen du Zhangzhung est ignoré malgré de nombreuses similitudes et la présence d’un patriarche du nom de Darma Bode parmi les six Shen des six principes (don-drug gi gshen-po rnam-pa drug). Le nom de Darma Bode fait dire à Samten Karmay, né dans une famille Bönpo du Tibet et directeur de recherche au CNRS : « Il nous rappelle Bodhidharma, le patriarche de la tradition Chan/Zen ».

L’influence du Chan chinois sur le Dzogchen est aussi escamotée par Namkhaï Norbu, propagateur d’un enseignement assez juteux si l’on en juge par les tarifs pratiqués par la Communauté Dzogchen. Dans son opuscule « Dzogchen et Zen », Namkhaï Norbu dissimule maladroitement l’influence du Chan chinois sur le Dzogchen. Sa démonstration est assez embrouillée et se termine par une déclaration lapidaire qui classe le Chan/Zen parmi les voies de la renonciation. Réduire le Chan à la pratique de la renonciation révèle une volonté de dévalorisation du Chan.

Le Chan est issue du mélange du bouddhisme et du taoïsme libertaire. En réalité, ce courant spirituel libertaire d’origine taoïste agace les gourous tibétains viscéralement autocrates. Il ne faut pas oublier que le véritable sage taoïste n’enseigne pas. En outre, il fait souvent figure de sot. « Si le Tao est insipide, écrit Max Kaltenmark, le taoïste qui l’incarne en quelque sorte ne l’est pas moins, car la lumière qu’il porte en lui reste cachée ; si elle est authentique, elle ne doit pas être perçue extérieurement par le vulgaire. Non seulement la sainteté du vrai taoïste ne doit pas être reconnue, mais sa parfaite simplicité lui donne l’apparence d’un sot. »

Aux antipodes du sage taoïste, les gourous tibétains se laissent volontiers aduler. On se prosterne devant eux. Leur science occulte fascine les personnes désireuses de devenir des surhommes, des initiés aux pouvoirs (siddhis) impressionnants. L’initiation lamaïste n’est-elle pas une transmission de pouvoir (wang) ? Le pouvoir est au cœur du lamaïsme et du fascisme. Namkhaï Norbu est arrivé en Italie en 1960 grâce à Giuseppe Tucci. Pour Brian Victoria, expert néo-zélandais du bouddhisme, Giuseppe Tucci était un sympathisant déclaré du fascisme. En 1964, Namkhaï Norbu est chargé d’enseigner les Langues et la Littérature Tibétaine et Mongole à l’Institut Oriental de Naples. En cinquante ans le gourou tibétain est devenu une star de la nouvelle religiosité mondiale.

Les lamas affirment que la pratique spirituelle a des effets bénéfiques sur l’humanité. Mais le rayonnement du spiritualisme pratiqué à Merigar n’a pas apporté plus de tolérance et d’amour aux Italiens. Au contraire, c’est le fascisme haineux qui a effectué une percée décisive aux élections de mars 2010. Il faut se souvenir que depuis le 9 février 2009, le Dalaï-lama est « citoyen d'honneur » de Rome. Le maire de Rome, Gianni Alemanno, est membre de l’Alliance Nationale, l’héritière du Mouvement Social Italien, un courant d’extrême-droite. Parmi les fondateurs du mouvement Social Italien on trouve d’anciens dignitaires du régime fasciste de Mussolini. Les vieux démons de l’extrême droite italienne font bon ménage avec les rakshasas du lamaïsme.

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Shabkar et autres lamas végétariens

La Chine publie un rapport sur les droits de l’Homme aux Etats-Unis

Le sponsor principal du 14e dalaï-lama


Tuesday, April 06, 2010

L’imitation de Padmasambhava


Les facultés surnaturelles décrites dans les biographies des 84 Mahâsiddhas sont souvent à l’origine de l’intérêt que suscite le Vajrayana tibétain en Occident.

Des adeptes du lamaïsme rêvent d’imiter les Mahâsiddhas et d’obtenir les fameux pouvoirs (siddhis) des textes tantriques. Le nec plus ultra de la carrière de l’initié lamaïste est l’accomplissement du corps de lumière (ja'-lus) assurant l’immortalité. Dans les communautés lamaïstes, les témoignages de la transformation de maîtres du Vajrayana et plus particulièrement du Dzogchen en êtres de lumière incitent des personnes à refuser la condition humaine et sa fin peu glorieuse dans la terre d’un cimetière ou dans le feu d’un crématorium. Ils croient aussi que la magie tibétaine leur permettra de repousser la mort si celle-ci survient avant l’obtention du corps de lumière tant désiré.

Dans « Le livre tibétain de la vie et de la mort », Sogyal, le lama de Rigpa, reprend le mythe du Tibet pays de moines aux siddhis extraordinaires où des Jésus tondus sont capables de ressusciter de malheureux Lazares prématurément frappés par la mort. Il écrit :

« Des Occidentaux récemment en visite au Tibet m’ont raconté un événement dont ils furent les témoins. Un jour, un Tibétain marchant sur le bord d’une route fut renversé par un camion chinois et tué sur le coup. Un moine qui passait par là se dirigea promptement vers l’homme allongé vers le sol et s’assit près de lui. Ils le virent se pencher sur le corps et réciter quelque chose, une pratique peut-être, tout près de son oreille ; soudain, à leur stupéfaction, le mort revint à la vie. » (« Le livre tibétain de la vie et de la mort », éditions de La Table Ronde, Paris 1993, page 396.)

Les adeptes du lamaïsme ne remettent jamais en question les propos des hiérarques tibétains. Au contraire, ils considèrent que les histoires des lamas sont toujours vraies et porteuses de profonds enseignements. L’anecdote rapportée par Sogyal signifie : « Les Chinois causent la mort, mais les lamas connaissent le secret de la résurrection ».

Il est inutile de tenter d’émettre le moindre doute sur la sincérité des gourous. Une telle attitude ne fait qu’ulcérer les personnes qui ont besoin de croire que le lamaïsme va leur révéler les secrets du corps de gloire et du bonheur éternel.

Le thème du corps spirituel et des pouvoirs surnaturels (siddhis) est récurrent dans le lamaïsme. Les personnes qui sont séduites par le merveilleux et les pouvoirs occultes deviennent souvent les disciples de maîtres tibétains et tentent d’imiter l’immortel Gourou Rinpoché (Padmasambhava) qui séjourne actuellement chez les Rakshasas (démons) domptés à Zangdok Pelri, la Glorieuse Montagne Cuivrée, dont il a fait sa terre pure. Padmasambhava y coule des jours heureux entouré de ses épouses et de nombreuses dakinis parfois un peu extravagantes et sanguinaires mais toujours très sexy.

N’en déplaise aux partisans de l’unicité des religions, le corps d’arc-en-ciel (ja'-lus) et les techniques tibétaines en matière de résurrection, évoqués par le gourou Sogyal dans « Le livre tibétain de la vie et de la mort », ne font pas de Jésus, qui ramena à la vie Lazare et se transfigura, l’élève des lamas tibétains (Jésus au Tibet). Le traité de mystique des adeptes de la philosophie ésotérique occidentale, « L’imitation de Jésus-Christ », ne permet pas d’envisager la moindre affinité entre le lamaïsme et la doctrine spirituelle occidentale. « Il faut donc savoir, d’après le témoignage de St Paul, d’Origène et de St Hilaire, qu’en dehors de la doctrine écrite, il existait une doctrine spirituelle, non consignée par l’Ecriture, qui se transmettait de bouche à oreille… Cette loi traitait de tous les mystères qui, en raison de leur profondeur, ne pouvaient être livrés aux ignorants, mais étaient réservés à un petit nombre de sages. » Ecrit Dom Gaffarel, bibliothécaire de Richelieu, Abbé de Sigonce, "Les trois livres de l'imitation de Jésus-Christ", traduction de O. Sporeys, éditions Sun, 1948, page 2.

Le traité, « L’imitation de Jésus-Christ », débute par le mépris des vanités du monde. « […] Vanité, donc, rechercher les biens périssables et espérer en eux. Vanité encore, briguer les honneurs et se hisser aux situations élevées. Vanité, souhaiter une vie longue et se soucier peu d’une vie bonne… ». La pompe des grands hiérarques du lamaïsme, ainsi que celle des dignitaires de l’Eglise, s’oppose à l’ancienne doctrine spirituelle de l’Occident. La doctrine de « L’imitation de Jésus-Christ » exalte l’humilité alors que l’imitation de Padmasambhava conduit à la glorification des forces occultes. Ces forces sont censées transformer chaque initié tantrique en maître absolu d’un Zangdok Pelri, (Glorieuse Montagne Cuivrée) entouré de Rakshasas (démons) obéissants et de Dakinis sensuelles.

De grands lamas avec l’aide des Rakshasas ont assurément des pouvoirs ordinaires et extraordinaires. Durant des méditations dirigées par Sogyal, les élèves sont priés de fixer les yeux du gourou. Or, l’hypnose est une faculté tout à fait ordinaire du lamaïsme. Le « Hevajra Tantra » mentionne plusieurs mantras pour hypnotiser et soumettre autrui à sa volonté. Les lamas s’efforcent de maîtriser d’autres facultés. Selon B. Bhattacharya, « Esoteric Buddhism », le bouddhisme « tantrique » reconnaît huit grands siddhis : le pouvoir de vaincre avec une épée magique (khadga) ; le pouvoir de découvrir les trésors cachés, grâce à un onguent sur les yeux (añjana) ; la faculté de se mouvoir sans être perçu, grâce à un onguent sur les pieds (pâdalaja) ; la faculté de disparaître à la vue (antardhâna) ; le pouvoir de transmuer les métaux en or, au moyen d’une solution magique (rasarasyana) ou d’acquérir la jeunesse éternelle, l’immortalité : c’est le double objectif de l’alchimie ; la faculté d’aller dans le firmament (khecara) ; la faculté d’aller n’importe où sur terre en un instant (bhûcara) ; la faculté de se rendre dans les enfers, les mondes inférieurs (pâtâla).

On ne peut pas nier que les forces psychiques canalisées par le lamaïsme permettent parfois d'accomplir des prodiges. Les témoignage qui attestent que des lamas magiciens ont réalisé le corps de lumière ne sont donc pas contestés par ceux qui connaissent les possibilités du monde psychique. Au contraire, durant la fin du cycle, les prodiges de cette nature ne sont pas étonnants. « Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront des prodiges et des miracles pour séduire les élus, s'il était possible. »