Sunday, January 31, 2010

Oyez, oyez !


Eva, journaliste résistante, reprend un texte de Joël Labruyère

« La guerre n’est pas une anomalie, écrit Labruyère, c’est l’état permanent dans ce coin de l’univers depuis que des factions ennemies se déchirent pour le contrôle du système solaire et les ressources de ses planètes, dont celle qui nous concerne en premier lieu, la Terre.
Une denrée spéciale est particulièrement recherchée : c’est l’âme humaine qui fait l’objet d’un trafic organisé entre les hiérarchies visibles et invisibles… »

LIRE LA SUITE http://r-sistons.over-blog.com/article-dossier-guerre-aura-t-elle-lieu-drone-de-guerre-iran-chine-shimon-peres--43971423.html

Joël Labruyère et la piste jésuite

Joël Labruyère est un spécialiste de la gnose et de l’ésotérisme politique, ses recherches mettent souvent en cause des « hiérarchies visibles et invisibles » dans les malheurs des peuples. Selon cet auteur, la Compagnie de Jésus poursuit depuis plusieurs siècles une entreprise diabolique de contrôle de l’humanité :

« Ignace de Loyola a fondé l'Ordre des Jésuites au XVI° siècle pour en faire une armée théoriquement au service de Rome - je dis bien de Rome et non de l'Eglise qui devint leur outil de conquête. C'est une super inquisition pour les temps modernes ; une milice pour convertir les peuples ou tout au moins pour ramener les grandes religions mondiales dans le sein de Rome à travers l'œcuménisme, lorsque la conversion s'avère impossible. C'est pourquoi cette société s'appelle Compagnie et que son chef porte le titre de Général. Les fondateurs des SS s'inspirèrent de l'ordre Jésuite, et les services secrets internationaux y ont leurs racines.

Au début, il fallait contrer la Réforme de toute urgence, et sauver le Vatican d'une débâcle annoncée. Avec génie, Ignace de Loyola tira profit de cette situation critique pour l'Eglise afin de se placer en tant que défenseur de la Foi contre les « parpaillots et les hérétiques » contre lesquels les Dominicains semblaient incapables de lutter.

Dès sa fondation, L'ordre se répand sur la terre, d'abord en Inde, puis au Japon et en Chine. De Chine, les Jésuites sont passés au Tibet, sans doute les premiers - et l'on verra l'importance de cette pénétration clandestine. A chaque étape, ils se fondent dans la foule « comme un poisson dans l'eau ». (Cette formule de Mao, fut empruntée aux Jésuites, ses véritables maîtres.)
Et l'avancée continue durant le XVII° siècle. Ils apparaissent en Amérique du Sud, en Afrique, et dans tous les pays du monde. En un siècle, ils sont partout, derrière les rideaux de tous les palais. A chaque étape, ils s'incrustent profondément dans la culture locale allant jusqu'à se déguiser en sannyasin en Inde et en mandarin confucianiste en Chine. Ils ne s'en cachent d'ailleurs pas car la dissimulation et l'infiltration font partie de leurs devoirs. Sur des gravures chinoises représentant des mandarins aux ongles longs et aux moustaches tombantes, on aurait du mal à identifier des pères jésuites, à moins d'un détail comme ce crucifix volontairement disposé dans un coin du décor. Au Tibet, ils disparaissent dans les lamaseries, mais réémergeront au XIX° siècle en tant que…Maîtres de la Grande Loge Blanche ! Vous avez compris l'astuce ?
Cela n'étonnera que les naïfs qui croient aux contes de fée de la Théosophie façon new age. Comment imaginer que la Grande Loge Orientale est entre les mains de ceux qui tiennent également le Grand Orient sous leur coupe ? Mais, c'est ainsi. Les Jésuites ont investi le Tibet, et n'en sont jamais repartis. »

LIRE « La piste jésuite » de Joël Labruyère : http://conspiration.cc/sujets/religion/piste_jesuite.html

La conspiration de Wannsee

Des médias ridiculisent les auteurs qui dénoncent les complots contre le peuple. Veut-on que l'on ignore que la conspiration est un élément de l’histoire ?

De nos jours, la démocratie disparaît devant la puissance des lobbies. Des oligarques contrôlent de grands pays qui étaient naguère des républiques, des états dans lesquels la souveraineté appartenait au peuple par l’intermédiaire de représentants élus.

Le fascisme économique a transformé les citoyens en êtres veules et serviles recroquevillés sur leurs chimères consuméristes. Malgré la docilité de l’espèce Homo Œconomicus, l’oligarchie mondiale est-elle déterminée à réduire son nombre sur la planète ?

Comme en 1942, lors de la conférence de Wannsee, des oligarques éduqués, intelligents et impitoyables ont-ils décidé de supprimer des millions d’êtres humains ?

LIRE LA SUITE http://bouddhanar-9.blogspot.com/2010/01/la-conspiration-de-wannsee.html

Kalachakra, initiation ou contre-initiation de masse ?

Le rituel de l’initiation de Kalachakra dit :

« Mon enfant, approche-toi,
Je t’enseignerai, dans leur totalité,
Les rites et les pratiques du Grand véhicule.
Tu es le vaisseau de la Grande voie. »

Le candidat à l’initiation doit entrer comme un enfant dans le mandala de Kalachakra. Mais sait-il que l’initiation le rend réceptif à un égrégore (énergie psychique collective) qui le transformera en « guerrier de Shambhala » afin de combattre, en tant que fantassin ou officier, dans de terribles batailles et écraser « les ennemis de la doctrine » ? ( Kalachakra I. 128-142)

LIRE LA SUITE : http://bouddhanar-1.blogspot.com/2010/01/kalachakra-initiation-ou-contre.html

Gaden Trisur Rinpoché a rejoint le camp de Dordjé Shougdèn

Sa Sainteté Gaden Trisur Rinpoche Jetsun Lungrik Namgyal, 101e Détenteur du Trône de Tsongkapa, a officiellement rejoint le camp des pratiquants de Dordjé Shougdèn et est entré au monastère de Shar Gaden après avoir quitté le monastère des partisans du Dalaï-lama (Gaden Shartse).
http://dorjeshugden.com/wp/?p=1010

Wednesday, January 27, 2010

Une Grande Imposture


« Depuis plus de 360 ans, il n’a jamais été vraiment certain qu’un des occupants du Potala, y compris l’actuel Dalaï-lama, ait été un vrai Dalaï-lama, c’est à dire une véritable incarnation de Gendun Droub. »
Western Shugden Society

Ce n’est pas la première fois qu’un livre fait état des anomalies et des dérives du bouddhisme tibétain. Mais le public occidental ignore généralement les accusations formulées par des bouddhistes tibétains eux-mêmes, parmi lesquels figurent des lamas érudits.

La Western Shugden Society, qui compte dans ses rangs d’éminents bouddhistes, a édité « Une Grande Imposture », c’est un réquisitoire contre l’absolutisme du Dalaï-lama, son intolérance religieuse, ses ambitions politiques, ses contradictions... Le texte comprend une étude historique de première importance.

Le Dalaï-lama, chef de file emblématique d’un nouveau spiritualisme scientifico-newageux, est-il un guide religieux fiable ? Des Tibétains répondent négativement. Ils sont convaincus que le quatorzième Dalaï-lama est le représentant d’une subversion religieuse qui, au 17ème siècle, a fait de l’institution des Dalaï-lamas, telle que nous la connaissons actuellement, une dictature. L’assassinat d’un grand lama, du nom de Ngatrul Dragpa, opposé à l’union de la religion et de la politique, scella le complot et la prise du pouvoir politique par le cinquième Dalaï-lama. (Quelques temps avant le dictature du « Grand Cinquième », le Père Antonio d’Andrade fut reçu au Tibet en 1624 et y séjournera plusieurs années, suivi d’autres jésuites portugais, les pères Cabral et Cacella. Les représentants de l’ordre jésuite, la milice politique et religieuse fondée par Ignace de Loyola (1), a-t-elle joué un rôle dans l’altération de l’institution des Dalaï-lamas par Lobsang Gyatso (1617-1682), le « Grand Cinquième » qui mélangeait politique et religion pour satisfaire sa soif de pouvoir ? « Une Grande Imposture » ne traite pas de la présence des jésuites au Tibet au moment où le système fondé pour pérenniser la pureté de l’enseignement de Tsongkhapa est noyauté. Mais cette coïncidence interpellera les personnes qui s’informent sur les sociétés politico-religieuses et leur plan de domination mondiale.)

Les réseaux alternatifs d’information révèlent l’existence d’une offensive générale contre les libertés orchestrée par l’oligarchie de l’empire anglo-américain. Malheureusement, les médias alternatifs diffusent trop de litanies déprimantes concernant la déroute démocratique en Occident. Ces médias font rarement allusion au combat spirituel ou bien, quand ils le subodorent, leurs analyses se référent à l’Apocalypse, ce texte est incompréhensible sans les véritables clés de décryptage. Dans « Une Grande Imposture » la dimension subtile est souvent en filigrane. On découvre le rôle néfaste des entités communiquant par l’intermédiaire de l’oracle de Néchung. Cet oracle a une grande influence sur la politique du Dalaï-lama. Aussi nous apprend-on, Dordjé Shougdèn, le protecteur abhorré par le 14ème Dalaï-lama, est un protecteur d’un bouddhisme pur qui empêche que la religion bouddhiste ne soit utilisée à des fins politiques.

Depuis Dharamsala, l’autocrate tibétain en exil est à la tête d’une structure internationale constituée d’une myriade de centres voués à la pratique du néo-bouddhisme. Ce bouddhisme frelaté est utilisé pour soutenir des opérations de déstabilisation de la Chine conduites par la CIA au nom de l’indépendance du Tibet ou de la persécution du Falun Gong (2). Plusieurs plans de la CIA ont échoué en Asie grâce à la vigilance des Chinois. La Central Intelligence Agency a effectivement recruté le Dalaï-lama. Un religieux Guélougpa, respectueux de ses vœux monastiques, peut-il accepter de travailler pour une organisation criminelle comme la CIA ? Les auteurs du livre, « Une Grande Imposture », écrivent : « Depuis plus de 360 ans, il n’a jamais été vraiment certain qu’un des occupants du Potala, y compris l’actuel Dalaï-lama, ait été un vrai Dalaï-lama, c’est à dire une véritable incarnation de Gendun Droub ».

Le Dalaï-lama accuse Dordjé Shougdèn de nuire à sa politique. Il le combat par tous les moyens. Avant lui, le cinquième Dalaï-lama ordonna à ses meilleurs magiciens de le détruire par le feu en recourant aux pratiques rituelles. Ce fut un échec. L’actuel Dalaï-lama ne parvient pas plus que son prédécesseur à anéantir le coriace et subtil adversaire. Cela attise sa colère contre les fidèles de Dordjé Shougdèn qui sont victimes d’une impitoyable persécution religieuse. Depuis 1996, de nombreux temples de Shougdèn furent fermés, des autels détruits, des maisons de pratiquants brûlées, des centaines de moines expulsés de leurs monastères…

Reportage à revoir :


« Une Grande imposture » met en exergue une des plus grandes mystifications de l’époque moderne. Cette incroyable imposture spirituelle a bénéficié du soutien de plusieurs organisations, de la CIA à la fondation Rockefeller (3) en passant par le comité d’attribution du prix Nobel.

Extrait :

Les incitations au meurtre

« En août 1996, un groupe se faisant appeler « La Société secrète des éliminateurs des ennemis extérieurs et intérieurs du Tibet, proféra publiquement des menaces de mort contre les deux jeunes réincarnations de maîtres tibétains hautement réalisés :

« Quiconque va à l’encontre de la politique du gouvernement doit être ciblé, arrêté, et condamné à mort […] Quant aux réincarnations de Trijang [le propre guide spirituel du Dalaï-lama] et de Zong Rinpoché [un autre grand maître spirituel tibétain de la tradition guéloug], si elles ne cessent pas de pratiquer Dolgyal (Dordjé Shougdèn) et continuent de contredire les paroles de Sa Sainteté le Dalaï-lama, non seulement nous ne serons pas en mesure de les respecter, mais leur vie et leurs activités subiront la destruction. C’est notre premier avertissement. »

Suite à cela, ces deux jeunes lamas réincarnés furent obligés de se cacher.

Dans un entretien avec le Dalaï-lama figurant dans le numéro de novembre 1997 du magazine américain « Mother Jones », Robert Thurman demanda au Dalaï-lama :

« La perte de votre nation aux mains de la Chine fut utilisée comme un exemple de la futilité de la non-violence et de la tolérance. Quand une chose mérite-t-elle d’être défendue ? »

Le Dalaï-lama répondit :

« […] si la situation était telle qu’il ne reste qu’un seul lama expérimenté ou qu’un seul pratiquant authentique en vie, et que la mort de cette personne fasse perdre à l’ensemble du Tibet tout espoir de conserver son mode de vie bouddhiste, il est concevable, que dans le but de protéger cette personne, il soit justifié d’éliminer de un à dix ennemis, s’il n’existe aucun autre moyen. »

En février 1998, suite aux paroles « éliminer de un à dix ennemis » prononcées par le Dalaï-lama et croyant, à tort, que les pratiquants de Shougdèn travaillent pour les autorités chinoises, des affiches portant les noms des « 10 ennemis jurés du Dalaï-lama et du Tibet » furent distribuées dans les colonies tibétaines en Inde et au Népal. Ces affiches préparées par la branche recherche et analyse du Ministère de la sécurité du gouvernement tibétain en exil, présentaient la photo et des informations biographiques concernant chacun de ces dix personnes et encourageaient la population tibétaine à tuer ces dix pratiquants innocents de Dordjé Shougdèn. Depuis la première publication, cette liste a été distribuée aux communautés tibétaines partout dans le monde. »

Le livre « Une Grande Imposture » est publié par la Western Shugden Society (WSS) www.westernshugdensociety.org

Pour se procurer le livre :


(1) Eric Phelps est l’auteur d’un ouvrage au vitriol intitulé « Vatican assassins », ouvrage historique extrêmement bien documenté qui montre au lecteur où se situent le vrai pouvoir et le contrôle de cette planète.

(2) Le Falun Gong arme de la CIA contre le « Grand dragon rouge » http://www.voltairenet.org/article157853.html

(3) En 1960, la Fondation Rockefeller implante huit centres d'études tibétaines aux USA et invite 17 lamas tibétains.

Saturday, January 23, 2010

La maïeutique en Grèce et en Chine


Les véritables maîtres du monde sont des prédateurs et des illusionnistes

Castaneda accuse les « Flyers ». Laura Knight-Jadczyk désigne les « Lézards ». L’enseignant tibétain Kelsang Gyatso, qui dénonce par ailleurs les égarements du Dalaï-lama, met en cause les « Dévapoutra ». René Guénon démontre que la « contre-initiation », un courant très négatif, agit en arrière plan de la plupart des organisations spiritualistes. Les anciens gnostiques incriminaient les Eons. Un Email de Victor, fidèle lecteur du blog, nous informe qu’un auteur, Nigel Kerner, nomme ces prédateurs les « Messies biomécaniques ». Les religions et les sectes prétendent être les bergers bienveillants des troupeaux de moutons déistes. En réalité, elles gardent un cheptel d’humains illusionnés pour le compte de dieux cruels ou d’impitoyables Eons. Les matérialistes et les athées sont aussi tenus en laisse.

Sortir du bétail, fuir l’aliénation collective, consiste à se connaître soi-même. Socrate tenta de libérer en nous la vision de l’esprit, en nous invitant à nous extraire des chimères (chimères religieuses et idéologiques que distillent les Eons). Mais Socrate fut traîné en justice et exécuté.

Emancipation socratique

Socrate pratiquait la maïeutique, l’art de l’accouchement, qui « délivre les hommes ». « Socrate avait compris que le salut des hommes se joue dans leur aptitude à prendre conscience qu’ils vivent dans l’illusion, et sont en possession d’un savoir trompeur qui les détourne de leur tâche véritable, celle qui consiste à chercher à se connaître soi-même. Ainsi, Socrate avait fait son mot d’ordre de l’inscription gravée sur le temple d’Apollon à Delphes : « Connais-toi toi même ». mieux que quiconque, il sut donner sens à l’exhortation : il comprit que chaque homme pouvait retrouver en lui, dans leur perfection, les valeurs éternelles sur lesquelles confusément il s’appuie pour diriger sa vie : la Justice, le Beau, le Courage, la Piété, le Bien. Nous avons oublié comment les voir. Or Socrate, précisément, essaie de libérer en nous la vision de l’esprit, en nous invitant à nous extraire du sensible. En outre, il a bien compris que tant qu’ils s’imagineront connaître ce qu’ils ignorent, les hommes, persuadés ainsi de posséder la connaissance qu’ils n’ont pas, ne se mettront pas en quête de la vérité et du Bien. Ils resteront donc aveugles à la lumière du Vrai tant que le doute ne provoquera pas les premiers spasmes libérateurs. Il faut disposer les âmes de telle sorte qu’elles soient en mesure de briller sous l’éclairage du Bien. Pas de doute, pour Socrate, l’ignorance, consécutive à l’oubli du Bien, est une coque qui enveloppe nos âmes, les maintient dans l’obscurité et conduit les hommes à établir le règne de l’injustice. […]

« Socrate n’enseigne pas un savoir, mais propose une méthode pour se débarrasser des faux savoirs. Pour lui, il y a longtemps qu’il a donné congé à l’étude des choses dont s’occupent les physiciens de son temps. Il s’attache à se connaître lui-même. Ses préoccupations l’ont rapidement conduit du côté des affaires morales et nullement du côté des problèmes de physique. Ainsi, dans le domaine moral, Socrate cherche, avec ceux qui acceptent de dialoguer avec lui, l’universel. C’est le problème de la définition aussi qui occupe sa pensée, de sorte que sa méthode procède essentiellement par l’interrogation.

Pour démasquer l’ignorance, il procède à un questionnement rigoureux et impose quelques règles de base : rejeter les affirmations péremptoires, éviter de faire un catalogue d’images, n’avancer dans le raisonnement qu’à condition que tous les interlocuteurs se soient accordés entre eux et, surtout, déterminer de quoi il est réellement question. Socrate demande toujours avant de discuter : de quoi parle-t-on ? Il est contre les longs monologues et ces discussions où chacun ne fait que juxtaposer sa thèse à celles qui ont déjà été énoncées.

Son ironie se met à l’œuvre et pousse les uns et les autres au bout de leurs contradictions. Cette ironie le rend comparable, de l’aveu de ses proches, au poisson torpille qui frappe et engourdit ses victimes. Lui aussi, Socrate, au cours de la discussion, frappe et paralyse celui qu’il interroge, de sorte qu’il n’est pas rare que ce dernier lui avoue : « J’ai la tête remplie de doutes » ou « Par le ciel,Socrate, je ne sais plus que te répondre » ; et Socrate pourtant de répondre, non sans ironie : « Je suis moi-même dans le plus extrême embarras » (Ménon, 80 a). » « Panorama de la philosophie », Emmanuel Pougeoise, Jean-Michel Ridou.

Socrate interroge et réduit à néant les fausses certitudes de ses interlocuteurs qui voient trop rarement que le doute, dans lequel les plonge le philosophe avec ses interrogations, les prépare à la véritable connaissance des vérités éternelles en les débarrassant de leurs illusions.

La maïeutique chinoise

Les enseignants de l’école Chan insistent avant tout sur la nécessité de provoquer le « I Chin », c’est à dire une profonde sensation de doute. Les anciens sages chinois disaient :

« A grand doute, grand réveil.
A doute moyen, réveil moyen.
Pas de doute pas de réveil. »

Le doute peut vivifier une intuition fondamentale, une connaissance spontanée, une connaissance sans maître qui est innée en chacun.

Thursday, January 21, 2010

La Déclaration de Manhattan


Des dirigeants religieux prônent la désobéissance civile.

150 responsables catholiques, orthodoxes, évangéliques menacent de rejeter l’autorité de l’état et de recourir à la désobéissance civile pour lutter contre les avortements, les mariages homosexuels et les atteintes aux croyances religieuses.

La crise économique et sociale met en avant des mouvements religieux réactionnaires. Les dirigeants chrétiens signataires de « La Déclaration de Manhattan », le manifeste de la politisation des chrétiens, récupèrent le mécontentement populaire et font le jeu des théoriciens de la théopolique. La théopolique anglo-saxonne considère que c’est la foi religieuse qui peut assurer le lien social. L’agnosticisme et athéisme sont perçus comme des menaces contre l’harmonie sociale que prétend instaurer la religion.

Les prélats chrétiens réactionnaires ne peuvent tolérer le rejet des doctrines religieuses que recommandaient des sages chinois. Les écrits de Hsi Yun, maître Chan du 9ème siècle, sont perçus comme une atteinte aux dogmes religieux :

« Notre Maître (1) a dit : « Ceux qui désirent progresser le long de la Voie doivent d’abord se débarrasser des scories acquises au cours d’un enseignement hétérogène. Ils doivent par-dessus tout éviter de chercher quoi que ce soit d’objectif et ne se permettre aucune sorte d’attachement. Après avoir écouté les doctrines les plus profondes, ils doivent se conduire comme si une brise légère leur avait caressé les oreilles, comme si une bouffée avait passé en un clin d’œil. A aucun prix ils ne doivent essayer de suivre pareilles doctrines. […]
Débarrassez-vous de toutes les idées que vous aviez jusqu’à présent d’étudier l’Esprit ou de le percevoir. Quand vous en serez débarrassés, vous ne vous perdrez plus dans les sophismes. Considérez le processus comme un pelletage d’ordures. »


(1) Il s’agit probablement de Houai-Haï, à moins qu’il désigne Houei-Neng ?

Tuesday, January 19, 2010

Le Chöd


Les traditions ésotériques des Tibétains sont à l’origine d’un commerce lucratif et macabre.

Les disciples du Dalaï-lama pratiquent les rites du Vajrayana devant un autel sur lequel il y a presque toujours des ossements humains.

Potalagate est un important magasin d’objets rituels du bouddhisme magique du Tibet situé dans l’état de l’Oregon (USA). Les bouddhistes y achètent les accessoires nécessaire à leurs pratiques rituelles. Le Kapala est un bol fabriqué à partir d’un crâne humain. Il est utilisé pour offrir les nourritures sacrificielles aux divinités protectrices afin de s’assurer leur aide. Il coûte environ 400 $. Le damaru est un petit tambour constitué de deux demi-crânes humains sur lesquels est tendue une peau d’animal. Son prix peut atteindre les 2000 $. Des initiés au Chöd trouvent aussi à Potalagate la flûte nommée « kangling », fabriquée à partir d’un fémur humain (de 450 à 700 $).
http://www.potalagate.com/Qstore/Qstore.cgi


Le Chöd selon Marc Bosche

Lors de son séjour dans un monastère tibétain situé en France, Marc Bosche, initié aux rites du Vajrayana, a soufflé dans un fémur humain :

« Il m’a fallu commencer à pratiquer Chöd (Tcheu), nous avions des séances avec d’autres nouveaux au monastère le soir en dehors de nos heures de travail bénévole. La musicalité du rite qu’avait transmis à une disciple de notre monastère le Lama Teunzang de Montchardon est très proche des goûts mélodiques occidentaux, une mélodie agréable à entonner, captivante. La pratique de lama Guendune était une psalmodie plus austère et dénuée de musique au sens où nous l’entendons en Occident. Nous pratiquions donc selon le joli chant rituel transmis par lama Teunzang et sous la houlette de lama Guendune. Oui, j’ai donc eu à imaginer que je faisais l’offrande de mon corps coupé en petits morceaux ou cuisant même en soupe à divers fantômes affamés !! Cela devrait vous faire sourire. Mais la vérité est que je n’étais pas très doué pour le maniement simultané de la cloche, du grand tambourin rythmique et du fémur humain évidé. Il s’agissait de chanter le rituel en même temps, mais aussi de se visualiser dans ces offrandes de son corps, comme une nourriture pour des entités invisibles. Un soir au temple tandis que je m’évertuais à sonner clochette et à agiter tambourin en reprenant à gorge déployée la belle mélodie captivante de Chöd, le vieux lama est entré dans la salle du temple où nous répétions. J’étais à la place près de la porte, le vieux moine est resté là, souriant aux uns et aux autres, adressant en particulier un sourire encourageant à la disciple qui officiait comme maître du rituel. Mais j’ai senti qu’il me regardait aussi intensément, et profondément en train de m’agiter un peu à contretemps, de m’évertuer à chanter comme je pouvais, et de visualiser sans vraiment parvenir à visualiser. Je ne sais si c’est à cause de ce long regard qu’il m’a adressé, mais je n’ai plus recommencé. J’ai, d’ailleurs très tôt, laissé tombé l’apprentissage de Chöd ainsi du jour au lendemain au monastère. J’ai rendu sans regret l’os de fémur humain évidé qu’on m’avait préparé. Il s’agissait pendant le rituel de souffler dans cet os en modulant un son plaintif supposé attirer les esprits, fantômes et autres démons mangeurs de chair fraîche ! L’horreur absolue. A chaque fois que j’ai eu cet os en main, et surtout à portée de bouche, une atroce nausée me saisissait. L’idée que ce fémur humain devait me servir de flûte déclenchait les premiers spasmes du vomissement. Ce qui m’était particulièrement insupportable est que je pouvais sentir que l’os était encore gras au toucher, mais pas gras d’une huile ou d’un onguent, gras comme un membre humain tranché sur un cadavre. Il avait encore cette sorte d’odeur fade et écœurante que je n’avais jamais sentie auparavant et qui évoquait sa vie humaine interrompue. C’était pour de vrai. Je me répète mais je n’ai pas pu m’y faire. J’avais donc rapidement donné cet os à un vieux moine français du monastère, et conclu là mon tour de piste des charniers visualisés du tantrisme de Chöd. J’avais en revanche des camarades tous plus jeunes qui pour certains excellaient vraiment dans cette pratique rituelle et l’avaient très vite apprise, avec une grande facilité apparente.

Je l’ai fait aussi pour une autre raison. On avait vendu aux bénévoles pour quelques dizaines de francs quelques fémurs humains fraîchement sciés, nous disant qu’ils avaient été achetés dans un hôpital, et comme si cela allait de soi. J’en ai été choqué. Cette banalisation m’avait fait dressé les cheveux sur la tête, mais avait aussi éveillé rapidement des questions nouvelles en moi. Je n’avais pas pu obtenir de précision sur la manière dont ces ossements avaient été ainsi obtenus. J’étais très ennuyé de cette absence de transparence, ne sachant pas comment ces os étaient arrivés ici au monastère. Je me suis demandé même légitimement s’il pouvait s’agir éventuellement d’un petit trafic mené dans le cadre des expériences d’anatomie d’une université de médecine. Car pourquoi des ossements humains arrivaient-ils ici ainsi, de quel droit ? Je pensais que si des personnes avaient fait don de leur corps à la science avant de décéder, elles n’avaient peut-être pas en tête que leurs fémurs deviennent des flûtes dans une secte tantrique pour appeler démons et fantômes à la régalade. Ecoeuré à l’idée même d’envisager tout cela, révolté par ces détails sordides que je ne pouvais qu’imaginer, las de ne pas avoir de réponse à mes questions, j’avais préféré ne pas garder cet objet en ma possession et je l’ai rapidement rendu à la personne qui l’avait évidé de sa moelle, pour ne pas me sentir en situation de recel d’un objet dont la provenance n’était pas claire. Je ne voulais pas participer à ce type d’activités manquant de transparence, activités encouragées par la sujétion au groupe, voilà tout. Cette histoire que je viens de vous raconter m’a pris mon innocence de moine novice. Après cela, je n’ai plus regardé l’institution, qui m’accueillait le temps de cette immersion, de la même manière. Quelque chose avait changé dans ma manière de regarder se mouvoir ce groupe fébrile, qui ne semblait pas se poser beaucoup de questions, et cela a je crois hâté ma résolution de ne pas m’y attarder. Mais c’est aussi là que j’ai laissé mon enthousiasme et ma confiance dans ce projet. J’ai commencé à perdre mon insouciance de moine novice à ce point, et cela s’est avéré progressivement irréversible. Je suis tombé sur un os, pour de vrai. »
http://bouddhanar-4.blogspot.com/2006/08/regards-croiss-frre-flix-la-premire.html

Les lamas tibétains enseignent aux Occidentaux le rite du Chöd, littéralement « couper, séparer ». Le pratiquant invite les démons Gyelpo et Gongpo à dévorer son corps grossier. Il existe différents Chöd. Le Chöd dbang est basé sur les pratiques de soumission par le pouvoir. Le Chöd drag po a recours à la violence.

Le 22 août 2008, Carla Bruni-Sarkozy, kouchner et Rama Yade ont rencontré le Dalaï-lama au temple tibétain de Roqueredonde (Hérault). Cet événement a fait la joie des trafiquants qui s’enrichissent en vendant des kanglings, damarus, kapalas, malas fabriqués avec des ossements humains. Le macabre business des accessoires rituels du bouddhisme tantrique et la médiatisation du Dalaï-lama font la prospérité de la mafia spécialisée dans la contrebande internationale des squelettes.



Photo : un kangling http://9waysmysteryschool.tripod.com/id3.html

Sunday, January 17, 2010

Pat Robertson dit ce que beaucoup d’évangéliques pensent d’Haïti


Aux Etats-Unis, l’idée que la richesse et la santé sont des dons de Dieu est très répandue. Ce peuple est persuadé que les pécheurs sont frappés par la malédiction divine et doivent endurer la pauvreté, les maladies, les catastrophes naturelles. Mais quand un américain protestant tombe malade ou est victime du chômage, Dieu ne le punit pas, il le met à l'épreuve…

Le séisme qui a frappé Haïti n’a pas apitoyé Pat Robertson qui a exprimé publiquement cette croyance religieuse absurde mais néanmoins partagée par de nombreux Etasuniens.

Pat Robertson, télévangéliste et ancien candidat à la présidence américaine, a rappelé mercredi que les Haïtiens étaient à l'origine « sous le joug des Français, vous savez, Napoléon III ou je ne sais quoi ». « Ils se sont réunis et ont passé un pacte avec le Diable », a ajouté Pat Robertson. « Ils lui ont dit : "Nous te servirons si tu nous débarrasses des Français". C'est une histoire vraie. Et le Diable a dit : « D'accord, marché conclu ». « Et depuis, ils sont victimes de malédictions les unes après les autres ».

Pat Robertson: "Haiti Made A Deal With The Devil"





Source : http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201001/15/01-939327-le-televangeliste-pat-robertson-sattire-les-critiques.php

Photo : le télévangéliste Pat Robertson, à gauche, en compagnie du sinistre Donald Rumsfeld

Friday, January 15, 2010

La transgression


« Ceux qui observent les règles sont des ânes,
ceux qui les transgressent sont des hommes. »
(Ikkyû)

« Un saint triste est un triste saint. »
(Jean le Bon, « Adages françois »)







La transgression bouddhique

par Bernard Faure


"En réagissant contre les excès du légalisme indien, certains adeptes du Grand Véhicule tombèrent dans l’excès du « spontanéisme ». l’affirmation du caractère profondément amoral de l’éveil et la supériorité de la transgression sur l’observance pointilleuse de la discipline trouvent leur expression dans l’histoire de Prasannendriya et d’Agramati. On se souvient que, malgré son observance stricte des Défenses bouddhiques, Agramati échoua en enfer, tandis que Prasannendriya, qui prônait l’identité des passions et de l’éveil, devint un Bouddha. Comme le remarque Rolf Stein, le concept de « révulsion » (paravrtti) semble sous-entendre la notion selon laquelle, au lieu de rejeter le désir et la sexualité, mieux vaut les transmuer par la méditation. Comme le disait à peu près le Petit Prince, sans chenille pas de papillon. La logique du dépassement qui caractérise la concentration et la sapience bouddhiques implique déjà, en son principe, une transgression de toutes les règles figées. Cette « révulsion » est précisément ce qui permet au Bodhisattva d’accomplir l’acte sexuel sans être souillé par lui. Dans le « Sûramgama-sûtra », on voit un Bodhisattva, à la différence du Bouddha Shâkyamuni repoussant la tentation, faire l’amour aux filles de Mâra pour les délivrer. 


La même idée réapparaît dans les légendes chinoises et japonaises concernant Guanyin/Kannon et divers autres Bodhisattvas. Comme on va le voir, la transgression constitue un motif hagiographique déterminant dans les chroniques bouddhiques chinoises et coréennes. Le modèle de Prasannendriya a inspiré de nombreuses « biographies » de moines éminents. 

Le moine coréen Wonhyo (612-686), par exemple, n’hésita pas à transgresser les Défenses bouddhiques, faisant notamment de fréquentes visites au bordel. Cette attitude pourrait encore s’interpréter comme une forme de détachement bouddhique, tel qu’on le trouve illustré dans diverses écritures canoniques comme « L’enseignement de Vimalakîrti ». Mais Wonhyo ne s’arrête pas en si bon chemin – ou plutôt, il semble rebrousser chemin et tomber finalement dans les filets de Mâra, le piège de la vie profane, lorsqu’il décide de prendre femme et de céder au désir génésique qui le tenaille : « Un jour Wonhyo vit des abeilles et des papillons voltigeant de fleur en fleur, et ressentit un violent désir d’une femme. Il marcha dans les rues de Kyongju en chantant : « Qui me prêtera une cognée qui a perdu son manche ? Je désire couper un poteau qui soutiendra le ciel. » Les passants se moquaient de lui, sans comprendre le sens réel de sa chanson ; mais T’aejong [le roi Muryol], lorsqu’il l’entendit, déclara : « Ce moine éperdu d’amour désire épouser une noble dame et avoir un sage fils. La naissance d’un tel sage serait un bienfait pour notre pays. » Wonhyo finit par épouser une princesse coréenne, et le fils qui naquit de leur union devint l’un des "dix sages du royaume de Silla".

Une autre motivation de la transgression bouddhique, inspirée peut-être de notions taoïstes, apparaît dans des ouvrages Chan tels que le « Traité de la contemplation absolue » [Jueguan lun]. Citons simplement le dialogue suivant : « Question : « Y a-t-il certaines conditions qui permettent le libertinage ? » Réponse : « Le ciel recouvre la terre. L’élément du Yang s’unit à celui du Yin. L’eau du printemps se déverse dans les caniveaux. Si l’esprit fonctionne de la même manière, nulle part il ne rencontrera d’obstacle. Mais si la passion fait naître la discrimination, votre propre femme elle-même vous souillera l’esprit. »

Dans son « Miroir pour les femmes », le maître Zen Mujû Ichien (1226-1312) semble considérer qu’il y a en matière de transgression deux poids, deux mesures :

« Un ancien a dit, « Les fautes commises par un sage sont comme pot de fer – qui, quoique large, ne coule pas, celles des sots sont comme le gravier – qui coule, même s’il est aussi léger que le sable. « On connaît le cas de Dame Mallika, qui observait les Défenses tout en prenant de la drogue, et celui de Vasumitra, qui menait une vie pure au sein du libertinage ; on ne peut nier que ces femmes étaient des sages. Bien que seul le Bouddha Shâkyamuni soit exalté dans les Trois périodes, et qu’il eut été un Tathâgata depuis l’antiquité la plus reculée, il eut trois enfants de trois femmes différentes… Cependant, nous ne parlons pas du Bouddha comme d’un être impur. Le prince Shôtoku était une manifestation de Kuse Kannon, et il apparut dans notre pays afin de répandre le bouddhisme. Néanmoins, il avait cinq enfants. En outre, bien qu’il ait attaqué Moriya et commis un meurtre, nous ne pouvons parler de lui comme d’un « prince immoral ». Toutes ces actions reflétaient la conduite élevée des Bodhisattvas, elles étaient des actes vertueux accomplis en état de Bouddhéité, des expédients habiles pour aider les êtres vivants » [Morrell 1980].
Eloge de la folie

Pour comprendre une motivation essentielle de la transgression, il est peut-être sage de faire un détour par la folie. Dans la plupart des cultures, le vrai sage se comporte comme un fou ou un idiot, il se définit par l’excès, ou « hybris », qui le porte à nier les normes sociales en les transcendant. Le thème de la folie, pure ou simulée, n’est certes pas inconnu en Occident. Dans le christianisme, la folie eschatologique, l’imitation du Christ, trouve son expression la plus achevée avec saint Paul. Il s’agit de paraître fou au regard du monde, en vertu du principe que la sagesse divine paraît folie aux hommes [1 Cor. 4:10]. Une idée analogue se retrouve chez Laozi, selon qui le sage est un simple d’esprit parce que son esprit, semblable au Dao, est confus, chaotique. Selon William Willeford, les fous « ont des affinités magiques avec le chaos qui pourraient leur valoir de servir de boucs émissaires au nom de l’ordre ; cependant ils parviennent à éviter le sacrifice ou l’exil qui affirmeraient l’ordre à leurs dépens » [Girardot 1983].

L’enfance spirituelle caractérise nombre de mystiques, chrétiens ou non : Les uns comme les autres s’efforcent d’« apprendre à désapprendre » - oublier les normes factices imposées par la société. On connaît l’histoire de la folle Isadora, découverte par Abba Pitiroum dans la cuisine d’un couvent, et qui, à l’instar de certains « fous du Chan », ne mangeait que les restes. Lorsqu’elle est interrogée par Pitiroum, Isadora recourt à la glossolalie : elle se contente de répéter les paroles de son interlocuteur, refusant ainsi d’entrer dans son jeu. Le même scénario se répète avec d’autres personnages comme Marc le fou, découvert par Daniel (6ème siècle) au bain public. Certains mystiques chrétiens, comme Jean-Baptiste Surin, en viennent à simuler la folie après avoir éprouvé une folie réelle. Dans la tradition juive, ce sont surtout les prophètes qui défraient la chronique : « Le prophète est un idiot, l’homme de l’esprit est fou, à cause de votre grande iniquité et de votre grande haine » [Hosea 9:7]. Ainsi Isaïe se promenait-il nu, tandis qu’Ezéchiel mangeait des excréments. A peine est-il besoin de mentionner Diogène le cynique pour la tradition grecque. En Islam, on connaît le saint fou Nasr-ed-Din, bouffon de Tamerlan. Le thème de la folie mystique joue aussi un rôle important dans la Chine pré-bouddhique. La tradition taoïste a rendu célèbre la rencontre de Confucius avec le « fou de Zhu ». Quant au bouddhisme, comme toute forme d’ascèse, il impliquait, dans son refus initial de se plier aux normes sociales, une sorte de « folie contrôlée », et les critiques confucianistes ne se sont pas fait faute de condamner son caractère asocial. Toutefois, dans la mesure où elle remet en cause les normes ascétiques elles-mêmes, la « folie » bouddhique constituait en quelque sorte une folie redoublée – folie au sein même de la folie.
Tricksters bouddhiques

Dans les diverses « Vies des moines éminents » compilées en Chine, il est souvent fait état de moines qui violent en toute impunité le code monastique : ils boivent, mangent de la viande, jouent, se bagarrent, utilisent un langage ordurier. Ce n’est que beaucoup moins fréquemment, semble-t-il, qu’ils transgressent le tabou sexuel. Toutefois, très peu de moines Chan/Zen peuvent, comme le « moine fou » contemporain Jun-Kwang, se vanter d’avoir traduit sur le plan de la pratique sexuelle l’œcuménisme théorique du Grand Véhicule. Au cours d’une conversation avec un interlocuteur américain, Jun-Kwang déclarait : « J’ai couché avec un millier de femmes. L’une d’entre elles était bossue, mais à mes yeux elle égalait les femmes les plus belles. Je lui ai donné mon amour, et elle est devenue une personne heureuse. Je ne blesse jamais quiconque par mes actions. Je suis une « serpillière bouddhique ». Une serpillière est quelque chose qui se salit mais rend propre tout ce qu’elle touche. »

En général, non seulement la plupart des « moines fous » savent jusqu’où aller trop loin, mais leur transgression elle-même semble s’inscrire dans un contexte rituel et social bien précis. Leurs biographies sont avant tout des « exempla », des idéaux réservés à une élite spirituelle. La contradiction entre ces nouveaux modèles et les modèles traditionnels était claire pour les auteurs de ces « Vies », qui étaient eux-mêmes des apôtres de la Discipline : Daoxuan est le fondateur de l’école chinoise du Vinaya, tandis que Zanning s’était acquis le surnom de « tigre du Vinaya ». Au demeurant, la contradiction est peut-être moins grande qu’il n’y paraît. Le « fou » bouddhique n’est au fond que l’hyperbole de l’ascète : tandis que l’un rejette les règles de la vie profane, l’autre, dans un mouvement de double négation typiquement mahayaniste, rejette jusqu’aux règles de la vie monastique. Dans les deux cas, il s’agit proprement d’une « hybris » mystique qui rejette l’« aurea mediocritas » de la « Voie du Milieu ». La parenté des deux figures explique qu’on les retrouve côte à côte dans l’hagiographie bouddhique. Mais une autre hypothèse semble possible dans le cas particulier des « Biographies des moines éminents des Song » : il s’agit peut-être pour son auteur Zanning de montrer que, au-delà des apparences qui semblaient légitimer l’anticléricalisme primaire des confucianistes, les comportements excentriques des « moines fous » sont en fin de compte des comportements religieux, qui ne peuvent être jugés selon les critères profanes, et qui ont des effets bénéfiques pour la société [Kieschnick 1990].

C’est surtout dans le bouddhisme Mahâyâna, et en particulier dans le tantrisme tibétain et le Chan/Zen, que le thème de la sainte folie acquiert ses lettres de noblesse. Nous insisterons plus particulièrement sur quelques exemples de « tricksters » bouddhiques, tels que celui du lama Drukpa Kunley pour le bouddhisme tibétain, ceux de maîtres Chan comme Puhua et Daoji – alias Jigong – pour le bouddhisme chinois, et du maître Zen Ikkyû pour le bouddhisme japonais (encore que dans ce dernier cas il ne s’agisse pas de « folie » à proprement parler).

La notion de trickster, telle quelle a fait fortune dans l’anthropologie avec Paul Radin à partir de la mythologie nord-américaine (Coyote), présente il est vrai divers traits absents ou peu développés chez les personnages de l’hagiographie bouddhique dont nous allons parler. Il n’en reste pas moins que la « personnalité » de ces derniers s’éclaire à la lumière des études sur le trickster mythologique, et que le discours bouddhique sur la transgression trouve dans ces figures mythologiques certaines de ses sources, sinon ses justifications. Il paraît possible d’inclure dans cette catégorie les « fous », dans la mesure où ceux-ci héritent certains traits de tricksters mythologiques chinois tels que le singe surnaturel Sun Wukong, héros populaire du roman « Le voyage en Occident », ou l’immortel bouffon Dong Fangshuo. Le trickster est souvent un goinfre, mais l’inverse n’est pas nécessairement vrai. Dans la tradition bouddhique, l’Arhat Pindola est célèbre pour sa goinfrerie, mais il n’est pas à proprement parler un trickster. Un autre goinfre populaire, le Hva-san (ch. « heshang », « précepteur ») tibétain, est plus proche de l’image traditionnelle du bouffon. Il s’agit en l’occurrence d’une idéalisation du maître Chan chinois Moheyan (Mahâyâna), l’un des deux protagonistes du fameux « Concile du Tibet » à la fin du 8ème siècle, que la tradition ultérieure a représenté comme un gros moine hilare, sorte de Silène bouddhique.

Un des motifs de la transgression est donc d’origine mythologique, et prend sa source dans les traditions pré-bouddhiques en Inde avec (Shiva ou Kubera), en Chine (avec Sun Wukong, ou Dong Fangshuo), ou bien au Japon (avec le dieu Susano-o). Un autre motif, commun à de nombreuses traditions religieuses, est en quelque sorte mystique : l’expérience de la réalité ultime, que ce soit la « catastrophe » de l’éveil bouddhique ou la fusion taoïste avec le chaos primordial, est passage des limites et à la limite, au-delà des paroles et de l’intellect ; elle paraît donc nécessairement folle et transgressive par rapport aux normes socio-culturelles.

A côté de la folie mystique, la folie « stratégique » ou « simulée » se retrouve également dans diverses traditions religieuses, en Occident et en Asie. Dans la réalité, d’ailleurs, ces deux tendances convergent souvent au sein d’une même tradition, voire d’un même individu – comme on va le voir dans le cas de Jigong. Le sage, selon Laozi, est celui qui « ne laisse pas de traces », car il a appris à se « mêler à la poussière et à voiler sa lumière ». Le motif de la saleté (« se mêler à la poussière ») renvoie aussi, à travers la notion de rebut, à tout ce qui est hors système, inassimilable. Le vrai taoïste, l’homme parfait du Dao, parce qu’il tient à « têter sa mère », a toutes les apparences d’un « demeuré » sans demeure. La façon dont Zhuangzi se moque du sérieux confucéen est à cet égard typique : il cite notamment l’histoire, déjà mentionnée, de la rencontre entre Confucius et Jieyu, le fou de Zhu. Devant Confucius entouré de ses disciples, Jieyu se contente de chanter une chanson, dont seul Confucius saisira le sens : « Phénix, ô phénix ! Ton pouvoir s’est affaibli… » [« Analectes » 18,5]. Ce sens est pourtant assez clair : dans une société folle, seule une folie feinte peut éviter le désastre au sage.

L’image du sage caché derrière le masque de sa folie a fait les beaux jours de l’hagiographie du Chan. Un autre cas déjà mentionné est celui de Mingcan, un adepte de l’école du Nord. Mieux connu sous le surnom de « Can le paresseux » (Lan Can) ou de « Can le rebut » (par un jeu de mot sur son nom), il servait de factotum au Monastère du Pic du Sud. Vêtu de haillons et se nourrissant, comme la folle Isadora, des restes du repas des moines, il avait coutume de dormir dans l’étable avec les bœufs. Il était célèbre pour sa gloutonnerie et sa paresse, deux traits caractéristiques du trickster. Il aurait pu continuer son existence cachée si son chant ne l’avait un jour trahit. Un officiel, de passage au monastère, l’entendit et réalisa que cette voix pure n’émanait pas d’un mortel ordinaire. Par la suite, Mingcan dût refuser l’invitation à la cour que l’officiel, devenu ministre, lui fit parvenir. La façon dont il décline de hautes fonctions fait évidemment penser au célèbre apologue de la tortue dans le « Zhuangzi » : à l’émissaire impérial qui vient lui offrir un poste à la cour, Zhuangzi répond que, de même que la tortue préfère se vautrer dans la vase au bord de la rivière plutôt que d’être honorée comme tortue sacrificielle, il préfère vivre heureux et caché plutôt que d’accéder à un poste convoité qui causerait sa perte. Imitant son modèle, Mingcan, une fois son identité découverte, préféra s’éclipser, non sans avoir réalisé quelques prodiges. Il passe pour l’auteur d’une chanson intitulée « Trouver sa joie dans le Dao ».

Cette chanson est citée à diverses reprises par Linji Yixuan, le fondateur de l’école Linji (jap. Rinzai) du Chan, connu surtout pour son apologie de l’« homme vrai sans situation ». Pour Linji, cet homme vrai est quelqu’un « d’ordinaire, sans affaires » - qui se contente de « chier, pisser, mettre ses habits, manger et se coucher lorsqu’il est fatigué ». Linji avait peut-être été inspiré dans sa définition par un de ses familiers, un personnage du nom de Puhua qui répond tout à fait à cette description. Mais Puhua se cachait si bien que Linji lui-même n’était apparemment pas tout à fait sûr de son identité réelle. Dans les « Entretiens de Linji », Puhua sert de faire valoir à Linji, mais sa présence montre également le point faible du maître. Tandis que Linji devient, précisément, un maître Chan et comme tel ne peut échapper à ses responsabilités, Puhua, qui simule la folie, parvient à garder sa liberté.

Le passage le plus significatif (et paradoxalement le moins signifiant) est celui où Puhua fait l’âne : « Un jour Puhua mangeait des choux crus devant la salle des moines. Le maître [Linji] le vit et dit : « Tu as tout l’air d’un âne. » - « Hi-han, hi-han ! » fit Puhua. Le maître dit : « Ce bandit ! » - « Au bandit ! au bandit ! » cria Puhua, et il sortit. » Selon une variante, c’est Linji qui sort, et Puhua se trahit par le commentaire suivant : « Linji, ce petit domestique n’a qu’un seul œil » [Demiéville 1972]. Ces dialogues – si de tels « actes de paroles », proches de la glossolalie, méritent encore ce nom – rappellent celui de Confucius et du fou de Zhu, et impliquent de la part de Puhua une critique assez sévère de Linji. Ainsi donc, même pour un maître de la trempe de Linji, habitué aux situations les plus difficiles, Puhua restait un mystère. A fortiori constitue-t-il pour la tradition ultérieure une figure encombrante, dont on ne peut se passer, mais qu’on s’efforce en vain d’apprivoiser. C’est ainsi que les recensions successives des « Entretiens de Linji » atténuent la critique de Puhua à l’égard du maître, et l’édition des Ming du « Recueil de la transmission de la lampe » [Chuangdeng lu] va jusqu’à supprimer son commentaire final. Le maître Zen Ikkyû, quant à lui, ne s’y trompait pas : dans un poème consacré à Puhua, il écrit : « Et si Deshan et Linji voyageaient de pair avec lui ? Ses excentricités, dans les rues et sur la place du marché, étonnaient tout le monde. / Parmi tous les moines Chan qui moururent assis ou debout, aucun ne l’égale. / Doucement, harmonieusement, résonne le son de sa précieuse clochette » [cf. Arntzen 1986].

Un autre trickster fameux est Hanshan (« Montagne froide », du nom de son lieu de résidence). Quoique ce nom soit en réalité celui d’un moine-poète des Tang, adepte de l’école du Tiantai, c’est l’hagiographie et l’iconographie du Chan qui le rendirent célèbre. Hanshan et son inséparable compagnon Shide sont représentés comme deux Bodhisattvas qui vécurent dans l’anonymat de la réclusion jusqu’au jour où un troisième sage, Fengkan, eut la malencontreuse idée de dévoiler leur identité divine. Ces personnages hilares et hirsutes font partie de ces « moines de montagne » aux cheveux longs qui vivaient dans les marges du bouddhisme officiel.

Malgré leur importance dans la tradition bouddhique, et plus précisément dans le Chan/Zen, ces tricksters représentent plutôt la nostalgie d’une spontanéité perdue, que les contrefaçons contemporaines ne font que rendre plus lointaine, et le « Chan fou », quoiqu’on en dise, est perçu comme un idéal dangereux par (et pour) la majorité des bouddhistes. Il est d’ailleurs explicitement dénoncé par un apocryphe en vogue dans le Chan, le « Sûramgama-sûtra », et par divers maîtres bouddhiques, qui ne voient là qu’une forme d’hérésie. les « fous du Chan » ont toujours été une espèce menacée, ou en tout cas « protégée », car ils constituent un alibi pour une tradition au fond très ritualiste et hiérarchique. Sans doute leur « folie » était-elle encore trop subversive pour l’orthodoxie Chan, qui en plaçant ces « excentriques » au centre de son discours hagiographique, s’efforça toujours de les neutraliser. Comme le dit Zongmi, l’un des représentants de cette orthodoxie : « Quoiqu’ils soient tous des ombres et des reflets de l’école Chan,… on ne peut pas s’appuyer exclusivement sur eux pour représenter le Dharma de Shâkyamuni ».

Un autre trait qui mérite d’être souligné dans le cas de ces tricksters bouddhiques chinois est leur fonction de divinités de la vie. La tradition ultérieure s’est emparée de Hanshan et de Shide pour en faire des dieux de l’union. L’amitié profonde qui les liait a peut-être des connotations homosexuelles, mais celles-ci ne sont pas apparentes dans les textes. Cependant, Hanshan et Shide (en japonais Kanzan et Jittoku) sont parfois représentés sous des traits féminins dans les estampes japonaises. Une apothéose analogue est celle de Wanhui, un moine et thaumaturge dont les prédictions faisaient forte impression à la cour des Tang. Après sa mort en 711, la légende en fait un immortel, qui participe aux festins d’immortalité de la Reine Mère de l’Ouest. A l’époque des Song, il est représenté comme un bouffon échevelé et hilare, du même type que Hanshan et Shide, avec lesquels il tend d’ailleurs à se confondre en tant que « dieu de l’union » (Huoche, parfois représenté sous forme double, Huo et He). La tendance à se dédoubler, en rapport avec le symbolisme sexuel, est l’un des traits que Lévi-Strauss attribue aux tricksters, qui sont souvent des jumeaux. Les références à la fécondité sont tout aussi évidents dans le cas de Budai, le Bouddha ventru et rieur, que l’on dépeint d’ordinaire littéralement recouvert d’enfants."



Sexualités bouddhiques

Dans son livre « Sexualités bouddhiques », Bernard Faure poursuit son passionnant développement en traitant des limites de la transgression, du cas Ikkyû, de la transgression sublimée… 


« L’auteur montre l’écart parfois vertigineux entre les enseignements normatifs du bouddhisme et les pratiques réelles. Il s’appuie sur une grande variété de sources, des doctrines orthodoxes et hétérodoxes (frisant parfois l’hérésie) aux codes monastiques, aux mythologies, à l’hagiographie et aux recueils de jurisprudence.

Il révèle l’importance de l’homosexualité dans les monastères japonais qui la condamnèrent et l’idéalisèrent tout à la fois. En effet, le bouddhisme dit du Grand Véhicule (Mahâyâna) accorde un rôle central à la transgression, au dépassement de tous les préjugés et notions conventionnelles. Mais une telle approche, dans sa radicalité même, n’est pas sans danger, et la moralité bouddhique a donc connu au fil du temps quelques accrocs.


Il résulte de cette histoire tumultueuse un ouvrage décapant, à ne pas mettre entre toutes les pieuses mains, mais qui offre du bouddhisme et de ses pratiquants une image bien plus proche de la réalité et libérée des poncifs angéliques. »




Wednesday, January 13, 2010

Le règne du Vajra


Une nouvelle religiosité s’est installée dans notre vie quotidienne. Parfaitement intégrée au consumérisme et à la mentalité utilitaire moderne, elle est présente dans les techniques de développement personnel, la mouvance écologique, les nouvelles thérapies… Elle tire partie des travaux des historiens sur la violence des religions monothéistes.

Le philosophe Michel Onfray, dans son « Traité d’athéologie », rappelle que les trois monothéismes procèdent de la pulsion de mort :

« La religion du Dieu unique travaille à la haine de soi, au mépris de son corps, au discrédit de l’intelligence, à la déconsidération de la chair, à la valorisation de tout ce qui nie la subjectivité épanouie ; projetée contre autrui, elle fomente le mépris, la méchanceté, l’intolérance qui produisent les racismes, la xénophobie, le colonialisme, les guerres, l’injustice sociale. Regarder l’Histoire suffit pour constater la misère et les flots de sang versés au nom du Dieu unique…

Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l’intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d’un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine du corps, des désirs, des pulsions. »

Les agissements des fanatiques musulmans, manipulés depuis le Londonistan (1), les intégristes juifs, les déclarations de Benoît XVI, proclamant «vénérable» Pie XII, le « Pape d’Hitler », font en réalité la promotion de la nouvelle religiosité mondiale qui s’édifie à partir des théories spiritualistes du Nouvel Age et du channeling de Shambhala (Shamballa). Shambhala est au cœur de l’initiation de « Kalachakra » des lamas tibétains.

La nouvelle religiosité et le néo-bouddhisme sont contrôlés par des gourous businessmen qui exigent la soumission de leurs disciples. Il est important de souligner que l’acceptation d’une doctrine religieuse et l’obéissance à un maître sont inconciliables avec la rébellion libératrice du Bouddha. Robert Linssen est formel :

« Le Bouddha n’a jamais eu l’intention de fonder une religion organisée, dont les enseignements sont codifiés. Les bouddhistes estiment qu’un « Eveillé » authentique n’oserait prendre lui-même la responsabilité d’ériger en système dogmatique et codifié une vérité dont il affirme les caractères de liberté et de spontanéité. Le terme « Eveillé », très fréquemment utilisé par les auteurs bouddhistes désigne tout être humain ayant réalisé l’expérience de l’Eveil intérieur, Nirvâna dans le bouddhisme ou Satori dans le Zen. […]

Les spécialistes du Ch’an et du bouddhisme Zen estiment que la codification et la systématisation rigide des enseignements d’un Eveillé n’ont jamais été faites par lui-même mais par ses disciples. La peur, la recherche d’une sécurité facile, l’inertie mentale et le culte de l’autorité sont les facteurs dominants de la déification progressive du maître. Peu à peu, celui qui n’était qu’un homme parfaitement naturel acquiert des dons surnaturels et devient un Dieu. Le processus de la déification du maître s’amplifie au cours des âges, l’importance que s’accordent les disciples étant à la mesure de celle qu’ils accordent au maître.

Les formes évoluées du bouddhisme, le Ch’an et le Zen ont réagi contre ces tendances non conformes à la sagesse du « Juste milieu » énoncée par le Bouddha. Ce dernier ne disait-il pas constamment à ses disciples qu’ils devaient être
leur propre lampe ? »

Le spiritualisme moderne s’adresse à des adeptes pointilleux, routiniers, obstinés qui planifient et financent le développement de leurs potentialités cérébrales selon le modèle de l’Eglise de Scientologie. Ces adeptes se plient à de nombreuses règles de conduite et commandements à l’instar des adeptes du Vajrayana. Sofia Stril-Rever a traduit en français un guide de l’initiation de Kalachakra (2) où l’on réprouve sévèrement le non respect des préceptes abscons du bouddhisme tantrique :

« Au risque de ma vie, je me garderai des quatorze fautes racines (mépriser et dénigrer le gourou, dédaigner les préceptes, dénigrer les enseignements des véhicules du Soutra et du Mantra…). D’après les adeptes du kalachakra, désobéir au gourou est une faute aussi grave que d’éjaculer ou de pratiquer l’union avec un(e) partenaire non qualifié(e). Le contrôle de la sexualité est une forme de castration imposée aux esclaves volontaires des maîtres du Kalachakra.

Les spiritualistes, qui affectionnent les enseignements et les initiations conçues selon le modèle du Vajrayana, démontrent que la dictature totale ne peut être qu’une dictature religieuse.

(1) Londonistan http://www.solidariteetprogres.org/article6213.html
(2) « Kalachakra, guide de l’initiation et du guru yoga », enseignements de Sa Sainteté le Dalaï-lama et de Jhado Tulku rinpoché, Desclée de Brouwer.


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Stéphane Guillon : « Ne tirez plus sur Bachelot ».
http://bouddhanar-9.blogspot.com/2010/01/grippe-a-comme-arnaque.html

Friday, January 08, 2010

Vraies et fausses pandémies


Grippe A : « Ils ont organisé la psychose »

Le président de la commission santé du Conseil de l’Europe, l’allemand Wolfgang Wodarg accuse les lobbys pharmaceutiques et les gouvernants.
Il a obtenu le lancement d’une enquête de cette instance sur le rôle joué par les laboratoires dans la campagne de panique autour du virus. LIRE LA SUITE :
http://www.humanite.fr/Grippe-A-Ils-ont-organise-la-psychose

Des privilégiés insatiables sont devenus de redoutables prédateurs. C’est ce que l’on retient de l’opération commerciale « Grippe A » et des vaccins douteux payés par le peuple.

Grippe R, c’est la fièvre révolutionnaire

Les politiciens au service du capitalisme sont de plus en plus impopulaires. Sarkozy n’a plus que 32 % d’opinion favorable. Pour faire diversion, la clique gouvernementale a recours à un vieux stratagème qui consiste à diviser pour régner. On tente donc de transformer les immigrés en boucs émissaires. Mais le débat nauséabond autour de l’identité nationale risque de réveiller les vieux démons d’un peuple profondément allergique à la caste des profiteurs. Devant un portrait de l’Abbé Pierre, Eric Cantona estime qu’être français, c’est d’abord être révolutionnaire


http://www.youtube.com/watch?v=oHvujpoiVjU
Note du 6 Avril 2010 : la vidéo a été censurée…
Eric Cantona lors de la présentation de son livre photo sur la pauvreté "Elle, Lui et les autres", réalisé en collaboration avec la fondation Abbé Pierre, et dont tous les bénéfices seront reversés à l'association.

L’ancien attaquant international Eric Cantona a estimé mardi 8 décembre qu'être français, ce n'est pas "chanter la Marseillaise" ni "lire la lettre de Guy Môquet", mais d'abord être "révolutionnaire" face à un "système" qui contraint notamment des gens à vivre "dans la rue".




Tanha, l’avidité

Aucune société ne peut être dirigée durablement par une oligarchie aussi avide que celle qui a planifié l’opération « Grippe A ». L’avidité se dit « tanha » en pâli, c’est un terme du bouddhisme originel.

Robert Linssen évoque le pragmatisme du bouddhisme qui n’est ni une religion ni une philosophie. LIRE LE TEXTE DE LINSSEN :
http://bouddhanar-8.blogspot.com/2010/01/principes-du-bouddhisme-et-du-zen-chan.html


La nouvelle peste sera-t-elle religieuse ?

Le véritable bouddhisme immunise contre les superstitions et les gourous. Mais le bouddhisme digne de ce nom restera marginal. En revanche, une religion est en préparation. Elle est fondée sur le catastrophisme, le culte de la nature et un lamaïsme syncrétiste avec son channeling « made in Shamballa ». Elle a ses gourous thérapeutes qui ont tous acheté leur diplôme de maître guérisseur.

Shoko Asahara, gourou initié au lamaïsme et ami personnel du Dalaï-lama, n’est pas une exception. Les gourous autocrates sont tous psychopathes.

Vidéo en anglais, Shoko Ashara et le Dalaï-lama :



Un article de Marc Bosche sur le même thème :
http://articlesmarcbosche.googlepages.com/dala%C3%AFlama

La prophylaxie verte

Un ami, autrefois enseignant, est devenu jardinier. Il savoure les plaisirs simples de la vraie vie dans son éco-lieu, une expérience à méditer…
http://lesjardinsdebelcaire.over-blog.com/

Monday, January 04, 2010

Nouvel An et nouveau paradigme



Le début de l’année 2010 est morose. Les médias font état d’une apocalypse par pollution, surpopulation, guerres, réchauffement climatique et épuisement des ressources.

Le catastrophisme était déjà très répandu durant les années 1970. Dans le numéro spécial de « Question de » consacré à la fin du monde (janvier – février 1977), Jean Biès, spécialiste de la pensée orientale, écrit :

« La seconde moitié du 20ème est saturée d’inquiétudes, et une abondante littérature est apparue qui s’applique à détecter et à traduire les signes des temps, à épier le Feu destructeur. Deux attitudes sont ici possibles : ou bien se lamenter stérilement sur l’absence de toute solution et opter avec délice pour une attitude suicidaire qui ne résoudra rien ; ou bien chercher à doubler ce cap difficile et se mettre en quête des aspects paradoxalement positifs de l’« âge sombre ». comment traverser cette phase dans les moins mauvaises conditions, souffrir le moins possible au moment où les risques de souffrance sont les plus élevés, échapper à la fin du monde en se montrant plus malin que le Malin ?

Rechercher le positif du négatif

Faire le procès des temps modernes ne relève pas une attitude réaliste, pour autant que cela dilapide une bonne part de notre énergie, entretient les névroses, stérilise l’esprit, octroie à ces temps plus d’importance qu’ils n’en ont, ne change finalement rien à la situation et « fait le jeu de l’adversaire » en développant en nous la négativité, la révolte et le désespoir.

Une vue objective des choses doit d’abord faire admettre qu’aucune nuit n’est assez noire pour ne pas comporter quelques lueurs. Condamner le mauvais usage de certaines conquêtes scientifiques ne doit pas faire oublier les bienfaits de la technique maîtrisée dans l’allégement de l’effort physique et de la misère sociale, ou dans la régression des maladies.

Transformer l’inquiétude en un ferment d’éveil

Il ne s’agit nullement de nier l’inquiétude contemporaine, légitime même si elle est sciemment exagérée par une publicité volontiers convexe dès qu’il s’agit de certains thèmes, ni de verser dans l’optimisme inconscient et béat des débuts du siècle, trouvant en fait sa raison d’être dans la peur inavouée du réel. Il s’agit plutôt de retourne cette inquiétude dans un sens positif pour en faire un ferment d’éveil inspirant à l’humain vigilance et initiatives. On pourrait même envisager comme une nécessité que l’époque devienne de plus en plus insupportable afin que de plus en plus d’êtres décident irrévocablement de sortir de ses limites pour se mettre en quête d’autre chose.

Tous les enseignements traditionnels répètent que chaque fait ou événement vient à son heure, possède sa logique interne, même si le sens profond de sa nécessaire existence nous échappe sur le moment, parce que de nombreux maillons se dérobent au regard dans l’immense chaîne des effets et des causes. Cette loi vaut aussi pour l’« absurdité » du monde moderne. »

Jean Biès fournit un certain nombre de recettes pour suppléer à l’absence d’un vrai sage dans un siècle où seuls les imposteurs délivrent publiquement de prétendus enseignements traditionnels.

Un nouveau paradigme

Une vidéo complète les réflexions de Jean Biès. Le film « Baraka » accompagne la déclaration d'intention collective visant la création d'un nouveau paradigme. Le plan malfaisant de la contre-initiation y est également dénoncé.

La définition de l’ego en tant que mécanisme est intéressante (vidéo 4/5). Cette idée s'oppose au spiritualisme frelaté et à la religiosité manipulatrice qui inculquent que notre propre ego est l’adversaire à détruire. En réalité, cette idée et le conflit intérieur qui en découle permettent de mieux nous contrôler.


Vidéo conseillée par Damien


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Décadence du bouddhisme théravadin


La compassion d'un initié carnivore :
http://bouddhanar-10.blogspot.com/2010/01/la-compassion-dun-initie-carnivore.html