Tuesday, October 27, 2009

Lamaïsme & humanoïdes associés






Un texte fondamental du lamaïsme, le « Tantra de kalachakra », prophétise une terrible guerre et précise que des forces extraterrestres interviendront dans les combats. Ce texte est rédigé en sanskrit, la langue sacrée de l’Inde.

Dans la littérature Védique de l’Inde, il y a de nombreuses descriptions de machines volantes appelées "vimanas". Les vimanas sont des vaisseaux qui permettent de voyager dans l’espace intergalactique. Selon le docteur Srikumar V. Gopalakrishna, le Bhagavata Purana, le Mahabharata, et le Ramayana contiennent des informations sur ces vaisseaux et les différentes races extraterrestres qui les pilotent. Les textes mentionnent les relations sociales et politiques entres les "aliens" et les habitants de la Terre.
http://rr0.org//science/crypto/ufo/enquete/dossier/Vimanas/index.html


Les "aliens" est un thème difficile à traiter ; la dérision sanctionne rapidement les recherches les plus sérieuses. Marginaliser par le mépris, faire taire des investigateurs, neutraliser des groupes et orchestrer des opérations de désinformation étaient les spécialités du COINTELPRO, le programme secret du FBI.

« […] Le pouvoir en place, écrit Laura Knight-Jadczyk, a développé le COINTELPRO afin de déboucher sur un tout nouveau schéma social et pour opérer un lavage de cerveau à l’échelon culturel, et les cibles principales de ces activités seraient virtuellement tous ceux qui recherchent la vérité sur les réalités changeantes de notre monde. Les cas avérés d’activités du COINTELPRO contre les groupes politiques doivent représenter seulement le sommet de l’iceberg, étant donné que le gros des opérations de type COINTELPRO restent secrètes très longtemps, et ne sont reconnues que bien après que les dommages aient été causées. Tout indique que des opérations secrètes domestiques sont devenues un trait permanent de la politique des Etats-Unis d’Amérique et de sa programmation de la société. »

En 1960, trois ans après la création du COINTELPRO, la Fondation Rockefeller implante huit centres d’études tibétaines aux USA et invite 17 lamas. Les lamas tibétains initient les Occidentaux aux culte des dharmapalas, des dakinis et les nombreuses entités du lamaïsme. Les entités grimaçantes du panthéon tibétain sont présentées comme d’innocents symboles des énergies de la psyché. Curieux symboles qui reçoivent des offrandes de nourriture, d’encens et parfois de viande sanguinolente conformément aux rites des offrandes rouges. Mais qui, dans l’Amérique viscéralement anticommuniste, ose critiquer les rituels des lamas qui ont fui les maoïstes ?

Soutenus par des organisations secrètes et les services spéciaux du gouvernement étasunien, le lamaïsme et le New Age attirent des spiritualistes convaincus que les Mahâtmâs de l’Himalaya et les maîtres de la Grande Fraternité Blanche supervisent leur quête. Beaucoup de personnes croient que ces maîtres, des êtres humains parvenus au sommet de la réalisation mystique, les aident à évoluer. Maître Morya, le successeur de Manu, Maître Kout Houmi, qui a été Pythagore, et Maître Djual Khool vivent cachés au Tibet. Il y a aussi le distingué Comte de Saint Germain, le Maître Hilarion, qui était dans une vie antérieure Jamblique et le Maître Vénitien réincarnation du philosophe Plotin. Les grandes et belles âmes d’hommes extraordinaires guident le spiritualisme moderne. Dormez tranquilles, braves gens.

Mais comment expliquer la rapide transformation de nombreux adeptes du nouveau spiritualisme en ombres au psychisme délabré. Des « new agers », des adhérents d’organisations pseudo-initiatiques, des élèves d’illustres rinpochés perdent argent et surtout vitalité. Pour dissiper les inquiétudes de leurs disciples, les gourous disent que l’éveil de la kundalini occasionne parfois des désagréments.

Le piètre état physique et mental d’une partie non négligeable des pratiquants du nouveau spiritualisme ne serait-il pas provoqué par un parasitisme occulte ? Des entités peu avenantes se dissimulent-elles derrière les maîtres ascensionnés ou les Dâkinîs nues ? En tant que Yidams de méditation, « les Dâkinîs, affirment les lamas, ont pour mission d’intégrer les forces libérées par le méditant au cours de sa visualisation ». Si le verbe intégrer est remplacé par le verbe prendre, on peut mieux comprendre le but de certaines pratiques. Mais les lamas ajoutent aussitôt : « La Dâkinî est une entité qui évolue dans la sphère de la Réalité suprême ; sa nudité symbolise la compréhension de la vérité sans masque ». Or, les grands hiérophantes du Vajrayana et les cohortes d’entités du lamaïsme, tout comme les maîtres ascensionnés du Nouvel Age, sont tous masqués. Dans la tradition populaire indienne, la Dâkinî est un être démoniaque. Le lieu d’origine de cette entité serait le royaume d’Orgyen situé dans la vallée de Swat au Pakistan. Padmasambhava, le créateur du Vajrayana magique est lui aussi originaire d’Orgyen. Le Vajrayana, derrière un bouddhisme de façade, est la doctrine magique du Tibet. C’est également le magicien Padmasambhava qui a attribué à de puissants démons de l’Himalaya le rôle de dharmapalas, de gardiens de la doctrine lamaïste.

La toile d’araignée du spiritualisme moderne serait-elle tissée par des êtres non humains, des aliens, archontes, flyers, Gris ? Laura Knight-Jadczyk parle de « Lézards ». Plus exactement, ce sont les Cassiopéens qui la mettent en garde contre les « Lizzies », les Lézards. Laura Knight-Jadczyk utilise la méthode de la planchette spirite, ce support de la médiumnité est aussi appelé « oui-ja ». Tous les médiums ne sont pas manipulés par des entités douteuses. Devant les menaces qui pèsent sur le monde, les messages reçus par Laura Knight-Jadczyk sont-ils des phénomènes de perception intemporelle d'une conscience humaine inquiète ?

Quoi qu’il en soit, dans "L'Histoire secrète du monde", un livre de presque mille pages, Laura Knight-Jadczyk révèle une intéressante interprétation de l'univers, de l'histoire et de la culture :

« Au cours de mes recherches dans de la documentation concernant des centaines de domaines d’intérêts divers, ce qui m’est clairement apparu c’est que l’humanité se trouve dans le poing de fer d’un système de contrôle malveillant qui l’élève ou la rabaisse selon sa mystérieuse volonté. Aucun groupe, aucune nationalité, aucune société secrète, aucune religion, n’y échappe.

J’avais besoin de réponses. Je ne pouvais plus vivre dans la hantise quotidienne de cette compassion pour l’humanité et des nombreuses horreurs de l’Histoire. De là la raison de l’expérience cassiopéenne. Tout ce qu’on nous apprend dans notre société, notre histoire, nos religions, et dans les versions Nouvel Age de tout cela, n’a pas de consistance logique et tourne en ridicule l’idée même d’un Créateur – « Ribbono Shel Olom » - Maître de l’Univers. Quelque chose de mystérieux et d’étrange se passait ici, sur Terre, et je voulais avoir des réponses. C’est pourquoi j’entrepris l’expérience de channeling qui a eu pour résultat, après deux années de travail acharné, ce que nous connaissons sous le nom de Transmissions cassiopéennes.

En dépit du fait que nous gardions l’esprit ouvert par rapport à la source de ce matériel, les réponses reçues des Cassiopéens – nous dans le futur – étaient pour le moins déroutantes. La vision la plus proche de celle présentée par les Cassiopéens est celle qui est graphiquement expliquée dans le film « The Matrix », ou notre réalité se résume à un programme/rêve d’ordinateur qui « parque » les êtres humains dans des sortes de « coques » ce qui fait d’eux des piles produisant de l’énergie au bénéfice d’une vaste machine qui domine le monde. Certains des « scénarios de vie programmée » ont un contenu émotionnel intense qui permet à la machine de produire un maximum d’énergie. Et il semble que la douleur et souffrance donnent le « jus » le plus riche. »

La face obscure du Tibet par Laura Knight-Jadczyk
http://quantumfuture.net/fr/darknessovertibet-fr.htm



Mandala Matrix
Je pensais rencontrer un monde psychique et spirituel, antique, ancien et hiératique pendant ma retraite spirituelle.
Il est en effet apparu au début, un peu comme un décor, une toile peinte : les yidams, les mandalas et les formules des mantras apparaissant un peu en trompe l'oeil comme aux avants scènes.
Puis c'est - derrière - un autre monde qui s'est invité, comme s'il était une réalité plus active et efficiente, se " servant " de ces images traditionnelles et figées du bouddhisme himalayen.

Ce monde, qui s’est avéré au final prédateur et exploitif, n'avait rien d'antique, de vieux ou de traditionnel.
Il m'est apparu comme ultra moderne selon nos critères, un monde de technologies sophistiquées venues de " mondes " parallèles aux nôtres. Il était doté de sciences appliquées psycho somatiques subtiles agissant "par osmose". Elles servaient en particulier à prélever nos énergies subtiles, les échantillonnant par qualités.
Ces activités subtiles étaient dotées de " feed back " (capacités de rétroaction), de coordination et d'auto contrôle cybernétique, etc.
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http://bouddhanar-1.blogspot.com/2007/04/mme-si-la-nuit-t-bien-noire.html




L'Histoire Secrète du Monde

Commentaire de « Prayers for rain » :

Ce livre dense, à l'écriture tournoyante, non linéaire, reconstitue une Histoire - celle de l'Humanité. Qualifier cet ouvrage de riche et d'informatif est un euphémisme. Tout y est, ou presque, raconté en quelque 900 pages. Toujours fidèle à son approche scientifique conjuguant rigueur et minutie, l'auteure part des faits (découvertes archéologiques, scientifiques, événements historiques) et s'appuie sur eux pour élaborer une théorie renversante sur nos origines, notre but et notre devenir. Elle décortique et dépoussière également nos mythes (le Graal, la Bible, la mythologie grecque) et montre qu'ils pourraient bien avoir leur fondement dans la réalité ; il se pourrait en effet que certains mythes soient une tentative de transmettre, à travers les âges, le récit de véritables événements ayant eu lieu dans un passé lointain. Certains incidents décrits dans la Bible pourraient quant à eux être une resucée de mythes encore plus anciens racontant des faits réels (comme des cataclysmes et des catastrophes), transmis et déformés au fil des siècles.

Quelle est la véritable signification du récit du Déluge ? Qui a écrit la Bible et pourquoi ? De Vinci était-il un ésotériste ? A t-il dissimulé un code dans son tableau "La Cène" ? Quel secret recèle Les Bergers d'Arcadie ? Qui était vraiment Fulcanelli ? Qui a construit les pyramides ? Quelle est la cause de la déformation des crânes du Pérou ?
Voilà quelques questions, parmi une foule d'autres tout aussi passionnantes, auxquelles tente de répondre l'auteure, qui n'hésite pas à explorer des pistes totalement inédites et audacieuses.
Mythes anciens, civilisations de l'âge d'or, modifications de l'ADN, cercles mégalithiques contre civilisation des pyramides, pierre philosophale, mysticisme et alchimie... cet ouvrage passionnant est un voyage dans l'Histoire, notre véritable Histoire telle qu'elle aurait dû être retranscrite.

Laura déroule ici un fil d'Ariane qui nous permettra - peut-être - de sortir du labyrinthe.
Un ouvrage complet aux implications profondes, qui nécessitera plusieurs lectures.


« L’Histoire Secrète du Monde » aux éditions Pilule Rouge : http://pilulerouge.com/

Sites de Laura Knight-Jadczyk :

http://futurquantique.org/

http://www.cassiopaea.org/

Saturday, October 24, 2009

Le progrès en question


Dans son essai, « Le voile d’Isis », consacré à l’histoire de l’idée de nature, Pierre Hadot rappelle la méfiance des philosophes d’autrefois à l’égard des techniques.

« Dès l’Antiquité, on a élevé des doutes sur la légitimité de toute technique qui force la nature. Xénophon, dans ses « Mémorables » raconte que Socrate doutait que les recherches sur la nature fussent désintéressées et il soupçonnait ceux qui cherchaient à connaître les choses divines de croire que, lorsqu’ils sauraient « par quelles nécessités chaque chose vient à l’être », ils produiraient, quand ils voudraient, des vents, de la pluie, des saisons ou toute autre chose pareille dont ils auraient besoin. On pressent ainsi déjà à cette époque les ambitions prométhéennes de la science.

Nous avons vu Cicéron évoquer les scrupules des médecins empiristes qui craignent que, mis à découvert par la dissection, « les organes, privés de leurs enveloppes, ne se modifient ». L’aspect des viscères est différent dans un corps vivant et chez un mort. Déjà altéré par les émotions, il l’est à plus forte raison sous l’effet de la mort. Ce point de vue des médecins empiristes est également rapporté par Celse, encyclopédiste latin qui écrit au 1er siècle de notre ère. Pour eux, la vivisection, pratiquée sur des criminels par les médecins dogmatiques Hérophile et Erasistrate, à l’époque hellénistique, est un acte de cruauté : « Un art chargé de veiller au salut des hommes inflige à quelqu’un, non seulement la mort la plus atroce », et même un acte de cruauté inutile, « car ce que l’on cherche au prix de tant de violences ne peut être connu ».

A ces doutes méthodologiques et moraux s’ajoutent des craintes que l’on pourrait appeler écologiques. Les magiciens et les expérimentateurs ont voulu arracher son voile à la Nature. Mais si la Nature se cache, n’aurait-elle pas ses raisons ? Ne voudrait-elle pas ainsi nous protéger des dangers qui nous guettent, lorsque, l’ayant dominée et maîtrisée, nous serons menacés par nos propres progrès techniques ?

Ces craintes se portaient notamment sur l’exploitation des mines et le creusement des galeries souterraines. Dans la perspective de la décadence humaine après l’âge d’or, Ovide avait reconnu dans ces techniques une caractéristique de l'immoralité totale des hommes de l’âge de fer :

« L’homme ne se contenta plus de demander à la terre féconde les moissons et les aliments qu’elle lui devait, mais il pénétra jusque dans ses entrailles ; il en arracha ce qu’elle y avait caché, […] les trésors qui irritent nos maux. Bientôt le fer pernicieux et l’or, plus pernicieux que le fer, parurent au jour. A leur suite parut la guerre. »

C’est ce que redira Sénèque. A lieu de contempler l’immensité de l’univers, nous fouillons la terre pour en extraire ce qui y est caché, c’est-à-dire ce qui est nuisible, au lieu de nous contenter de ce qu’elle offre de bon :

« Tout ce qui devait servir à notre bien, Dieu notre Père l’a mis à notre portée. Il n’a pas attendu que nous fassions nos recherches, il nous a spontanément pourvus. Les choses nuisibles, il les a enfouies au plus profond. Nous ne pouvons nous plaindre que de nous-mêmes. Ce qui cause notre perte, nous l’avons mis au jour contre la volonté de la Nature qui nous l’avait caché. »

A la différence de Posidonius qu’il critique vivement, Sénèque considère en tout cas le progrès technique – pas le progrès des connaissances – comme un danger pour la vie morale, puisque son moteur est l’amour du luxe et du plaisir.

Dans la seconde moitié du 1er siècle apr. J.-C., Pline l’Ancien, dans son « Histoire naturelle » , reprendra les mêmes griefs. Il s’inquiète des conséquences morales du progrès technique, qui entraîne au luxe, et finalement à la décadence des mœurs, au lieu de s’en tenir à la satisfaction des besoins essentiels de l’homme. Les recherches minières ont pour motif la cupidité, quand il s’agit de l’or et de l’argent, la haine quand il s’agit du fer. Elles sont d’autant plus inacceptables que la terre nous a offert à sa surface tout ce qui est nécessaire à notre vie et à notre santé : « combien notre vie serait innocente et heureuse, comme même elle serait raffinée, si nous convoitions que ce qui se trouve à la surface de la terre, bref, que ce qui est tout près de nous. » Indépendamment de ces considérations morales, on voit apparaître aussi chez lui des craintes concernant le danger que font courir à la nature les entreprises de l’homme. Il s’inquiète des conséquences qu’auront pour les montagnes les mines creusées dans la terre. Ici intervient d’ailleurs la représentation de la maternité de la Terre. Les tremblements de terre semblent bien être, pour Pline, la manifestation de l’« indignation de cette mère sacrée », car nous pénétrons dans ses entrailles, pour lui arracher les objets de notre convoitise. L’auteur anonyme du poème « L’Etna » déplore, lui aussi, que les hommes, au lieu de se livrer à une recherche scientifique désintéressée qui devrait être leur première préoccupation, préfèrent torturer la terre pour lui arracher ses trésors.

Tout cela correspond à une tendance que l’on a appelée le primitivisme, inspiré par le mythe de l’âge d’or, c’est-à-dire la représentation d’une vie primitive idéale : la perfection de la race humaine se situerait à l’origine des temps, et le progrès technique serait signe de décadence. L’âge d’or, c’est l’âge de kronos, évoqué par Hésiode dans « Les travaux et les jours » (vers 109 ss.). Les hommes y vivaient comme des dieux, sous le règne de Diké, la Justice, le cœur libre de souci. Il n’y avait pas de propriété privée. La terre était féconde et pouvait nourrir les hommes qui n’avaient pas besoin de travailler. Chez Empédocle, les premiers hommes, sous le règne d’Aphrodite, ne connaissent pas la guerre et sont végétariens. Ce thème de l’âge d’or se retrouver chez les Romains. Dans ses « Métamorphoses », Ovide fait l’éloge de ce temps idéal. Sans répression, sans loi, on y pratiquait la bonne foi et la vertu. Il n’y avait pas de juges, ni de navigation, ni de commerce, ni de guerre, ni d’armes. La terre, sans être cultivée, donnait fruits et moissons. Mais après un si beau départ, la race humaine dégénère. A la race d’or succède la race d’argent, la race de bronze, la race de fer. Cette dernière, qui correspond à l’état actuel de l’humanité, est si mauvaise que la Justice, la Bonne Foi et la Vertu s’enfuient et remontent en haut de l’Olympe. Alors commence l’essor de la civilisation : on construit des bateaux, on sillonne les mers, on délimite les champs par l’arpentage. On creuse des mines pour y arracher à la terre ce qu’elle a caché et ont peut ainsi fabriquer des armes. Cette théorie de la dégénérescence est liée à celle d’un vieillissement du monde, qui est admis aussi bien par un épicurien comme Lucrèce, qui parle de la terre « épuisée et lasse d’engendrer », que par un stoïcien comme Sénèque prévoyant le cataclysme final, qui sera suivi d’ailleurs d’une nouvelle période du monde dans laquelle les mêmes âges de l’humanité se reproduiront.

Sénèque évoque, pour sa part, à la suite de Posidonius, l’âge d’or où la royauté était exercée par des sages, et où les hommes vivaient très simplement, sans techniques et sans luxe. Mais peu à peu la dégénérescence s’est insinuée dans l’humanité. La royauté s’est transformée en tyrannie. Les sages, comme les Sept Sages, dont par exemple faisait partie Solon, ont dû alors inventer les lois. La décadence des mœurs a eu également pour résultat que les hommes ne savaient plus se contenter de la simplicité primitive. Selon Posidonius, ce sont encore les sages qui ont cherché à remédier à ce mal, en inventant les différentes techniques. Sur ce dernier point Sénèque n’est plus d’accord avec Posidonius. Si Démocrite, comme on le rapporte, a inventé la voûte et la clé de voûte, ce n’est pas en tant que sage, mais en tant qu’homme. Car le sage ne doit s’occuper que de la morale et de la connaissance désintéressée de la nature. D’ailleurs, remarque Sénèque, Posidonius doit reconnaître que, si les sages ont inventé des techniques nouvelles, ils ne les ont pas pratiquées, mais les ont confiées à d’humbles artisans. Finalement, il fait une description idyllique de ce que fut l’âge d’or. La nature, comme une mère, protégeait les hommes. Il n’y avait pas de propriété privée. Tout se partageait fraternellement. La terre était plus fertile. Les hommes couchaient en plein air et contemplaient ainsi le ciel nocturne et les mouvements des astres. Mais les premiers hommes n’en étaient pas pour autant des sages, car c’était leur ignorance qui faisait leur innocence.

Ce primitivisme, cet éloge de la vie simple, était en fait commun à presque toutes les autres écoles philosophiques. Cyniques et épicuriens, notamment s’accordaient à rejeter le superflu, le luxe, la richesse. Diogène le Cynique jette son gobelet après avoir vu un enfant boire dans sa main et déclare que « la vie accordée aux hommes par les dieux est une vie facile, mais cette facilité leur échappe, car ils recherchent gâteaux de miel, parfums et raffinements du même genre ». pour Diogène, Zeus a eu raison de punir Prométhée d’avoir découvert le feu, car le feu a été à l’origine de la mollesse de l’homme et de son goût du luxe. Quant à Epicure, il n’admet que les désirs nécessaires et naturels, ce qui implique un rejet des raffinements de la civilisation.

Le texte le plus remarquable de l’Antiquité concernant le primitivisme se trouve dans un écrit hermétique qu’il est difficile de dater (peut-être après le 4ème siècle de notre ère), qui a pour titre « Kore Kosmou » (terme désignant Isis, comme « pupille de l’œil du monde »). Mômos, c’est-à-dire la critique personnifiée, reproche à Hermès d’avoir donné aux âmes crées par dieu des corps humains et d’avoir produit ainsi des êtres téméraires et arrogants qui seront capables de voir dans leur audace, les « beaux mystères de la nature ». ils exploreront tout ce qui est caché :

« Les hommes arracheront les racines des plantes et ils examineront les qualités des sucs. Ils scruteront les natures des pierres et ils les ouvriront par le milieu non seulement ceux des vivants qui n’ont pas de raison, que dis-je, ils disséqueront leurs semblables, dans leur désir d’examiner comment ils ont été formés. »

Ils s’aventureront sur la mer en construisant des bateaux, ils atteindront les extrémités de la terre, ils s’élèveront jusqu’aux astres. Pour Mômos, il n’y a qu’un seul moyen d’abaisser l’arrogance des hommes et leur audace sans limites, c’est de les remplir d’inquiétudes et de soucis. Ils seront dévorés par la soif de réaliser leur projets et, quand ceux-ci échoueront, ils seront rongés par le chagrin et la tristesse. On pense ici à la fable d’Hygin, que cite Heidegger dans « Etre et Temps », et qui raconte que c’est le Souci qui modèle le limon dont est fait l’homme. Il y a probablement une allusion au nom de Prométhée, considéré communément dans l’Antiquité comme le créateur de l’homme. « Prométhée » veut dire en effet « prévoyant », mais aussi « soucieux ». Quoi qu’il en soit, on est ici en présence d’une profonde vérité psychologique. Car ce sont le désir et le projet, et spécialement le projet technique, « prométhéen », qui engendrent le souci. »

Pierre Hadot, « Le voile d’Isis », Gallimard.




John Zerzan, philosophe du primitivisme :




Sous-titres français :
"Adventure of a speck of dust" : court-métrage de Ljubodrag Staroviah, basé sur une entrevue avec John Zerzan. A reçu le prix du meilleur film expérimental au 54e festival du court-métrage et du film documentaire de Belgrade en 2006.
http://www.dailymotion.com/video/xa5he9_aventure-dun-grain-de-poussiere-joh_news

http://www.johnzerzan.net/

Débat autour de la technophobie et de l’anarcho-primitivisme :
http://www.bopsecrets.org/French/primitivism.htm

L’anarcho-primitivisme :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anarcho-primitivisme

Monday, October 19, 2009

Des livres


Réincarnation, karma et maya (l’illusion), la trilogie spirituelle de la nouvelle religiosité inculque l’idée de l’évolution de la personnalité, vie après vie, jusqu’à l’état d’Homme-Dieu.

L’Homme-Dieu, le magnifique titan psychique du futur, heureux et détaché, est un mythe fondé en grande partie sur le credo « tout est illusion ». Ce credo conduit à un faux détachement et à une véritable aliénation des adeptes du spiritualisme moderne. L’aliénation spirituelle débute avec l’endoctrinement qui fait croire que l’existence est une illusion. En d’autres termes, nous ne devrions pas nous offusquer des mensonges, des injustices ou de la prédation des riches, des puissants et de leurs complices des ecclésiastiques de tous bords dûment ordonnés ou des gourous autoproclamés, ce ne sont que des illusions . « Tout est illusion, sauf mon divin moi », se persuade l’adepte du nouveau spiritualisme.

« Il faut être positif » inculque aussi le spiritualisme moderne qui a remplacé les anciennes peurs religieuses (enfer, punitions divines…) par une prétendue science de l’esprit qui proscrit le discernement et la contestation.

La véritable spiritualité est très différente des fadaises que l’on sert aux béni-oui-oui du verseau et aux clients du nouveau spiritualisme mâtiné de concepts déformés du bouddhisme. Malheureusement, les textes qui permettent de démasquer les fausses voies pourraient bientôt disparaître. Un livre aussi précieux que « Les entretiens de Lin-tsi » n’est toujours pas réédité. Mais, plus grave, quand l’actuel totalitarisme économique se transformera en une impitoyable dictature mondiale, de nombreux livres seront vraisemblablement détruits. D’ailleurs, on peut se demander si les bibliothèques numériques ne seront pas utilisées pour identifier en deux ou trois clics les livres jugés dangereux par la tyrannie globale qui sortira bientôt de l’ombre.

Les sages dignes de ce nom ont toujours émis des doutes sur les techniques spirituelles et les discours religieux. Ils étaient nombreux en Chine dans la tradition Ch’an. Dans son livre, « Zen, liberté intérieure », Thomas Cleary reprend le mot japonais «zen » pour désigner le « ch’an », le « dhyâna », la contemplation . En France, l’école Zen, dépréciée par Deshimaru et ses successeurs, est très éloignée de la sagesse libertaire du Ch’an. Toutefois, Thomas Cleary préfère utiliser le mot « Zen » pour désigner l’école chinoise du Dhyana. Il est vrai que Cleary n’est pas Français et en outre il a une compréhension plus complète du véritable Zen. Peut-être aussi que l’usage du mot japonais « zen » pour désigner les enseignements et les maîtres chinois répond à une exigence des éditeurs, car le la notoriété du mot «Zen » est plus importante que son équivalent chinois, le mot « ch’an ». Donc dans son livre, « Zen, liberté intérieure », Thomas Cleary résume magistralement les enseignements de plusieurs sages parmi lesquels on trouve Huang long (1002-1069), un sage chinois de l’école Ch’an (zen) :

Connaissance sans maître

« Le corps universel de la Réalité est si subtil que lorsque vous cherchez à l’écouter, vous ne l’entendez pas et quand vous cherchez à l’écouter, vous ne l’entendez pas et quand vous cherchez à le discerner, vous ne le voyez pas. De même qu’il n’y a pas de maître pour la pure connaissance, comment pourrait-elle être atteinte par la pensée et l’étude. »

Ouvrir les yeux

« Ceux qui cherchent devraient ouvrir leurs propres yeux – ne vous préparez pas des regrets pour plus tard. Le Zen ne peut-être atteint par des pouvoirs psychiques ou par la pratique d’expériences spéciales. Le Zen ne peut être un sujet de discussion traité par les méthodes de la connaissance ou de l’intelligence ou par ce qui a été simplement appris. »
[…]

Recherche

« Aller d’école en école en cherchant des maîtres est une recherche extérieure. Considérer la propre nature de la conscience comme l’océan et considérer la connaissance silencieuse de la sagesse comme le Zen, s’appelle : recherche intérieure. Chercher à l’extérieur est fatalement sujet de préoccupation. Chercher à l’intérieur, en tenant arrêtés corps et esprit, est fatalement une entrave (1). »

« Donc, le Zen n’est ni à l’intérieur ni à l’extérieur, ni dans l’être ni dans le non-être, ni dans le vrai ni dans le faux. Ainsi, l’on dit : « Intérieure ou extérieure, les deux visions sont fausses. »

Un autre sage chinois, Fa-Yan (885-958), cité par Thomas Cleary, disait :

« Récemment, les maîtres zen ont, eux aussi, perdu les bases et les disciples n’ont plus les moyens d’apprendre. Des affrontement d’ego et des états temporaires sont pris pour des accomplissements. »

Depuis l’époque de Fa-Yan, depuis plus de mille ans, des écrits de sages chinois dénoncent les erreurs et les pièges de la fausse spiritualité. Ces textes, qui sont parfois parvenus jusqu’à nous, offrent de précieux conseils qui permettent de reconnaître un attrape-nigaud dissimulé sous l’apparence d’une voie authentique.

Les maîtres contemporains, qui se targuent d’enseigner l’Eveil, font dire à Nan Huai-Chin, l’un des derniers héritiers du véritable Ch’an : « Qu’on me présente les éveillés actuels, en un seul regard, je les défais […]. Aujourd’hui, le ch’an authentique n’est qu’un mouvement de lèvres. » Nan Huai-chin, « L’Expérience de l’éveil ».

Au 9ème siècle, Lin-tsi n’épargnait pas les prétendus maîtres : « Il semble qu’on ait affaire qu’à des maîtres de ch’an pareils à de nouvelles mariées et qui n’ont qu’une crainte, celle d’être chassés de leur monastère et de se voir privé du grain qu’on leur donne à manger, de leur sécurité et de leurs aises. Celui qui est approuvé par tout le monde, à quoi est-il bon ? ». Lin-tsi disait aussi des maîtres : « Les bons adeptes font gorge chaude de ces aveugles de vieux coquins chauves qui mettent le trouble dans le monde entier […]. Jamais ne s’arrêtent le rayonnement spirituel émanant de vos six sens ! Quiconque sait voir les choses de cette manière sera pour toute son existence un homme sans affaires […]. L’éveil et le nirvana sont des pieux à attacher les ânes. » D’après la traduction de Paul Demiéville des « Entretiens de Lin-tsi ».

Thomas Cleary consacre un chapitre à Lin-tsi (Lin ji). Il est difficile de ne pas rapporter d’autres phrases du maître chinois :

« Il y a des étudiants zen qui déjà enchaînés, se rendent auprès de maîtres. Le maître leur ajoute une nouvelle chaîne. Les étudiants sont enchantés et incapables de faire la moindre distinction entre une ou l’autre chose. On appelle cela : invité regardant un invité. »
[…]
« Il existe des aveugles au crâne rasé qui, après avoir mangé à satiété, font zazen, méditent, interrompent l’enchaînement des pensées pour les empêcher d’apparaître, fuient le bruit et recherchent le silence. Ceux-là sont des déviants du Zen. »

« Zen, liberté intérieure », textes rassemblés par Thomas Cleary :
http://bouddhanar-8.blogspot.com/2009/09/zen-liberte-interieure_16.html





(1) Huang Long critique le zazen.

Saturday, October 17, 2009

Le néo-bouddhisme


Le 10 mai 1925, la franc-maçonne Alexandra David-Néel (1868-1969) est de retour en France après quatorze années de pérégrinations orientales. Ses conférences et ses écrits renforceront le mythe du Tibet qui se répand en Occident. Alexandra, qui était dans sa jeunesse proche de l’anarchiste Elisée Reclus (1830-1905), ne dénoncera pas l’odieux servage féodal de la société lamaïste. Elle songe à son succès. Or, le succès s’accommode mal de la triste réalité.

Le livre qui sera son chef-d’œuvre, « Mystiques et magiciens du Tibet », édité le 4 décembre 1929, accorde une large part aux prodiges. Il évoque une Thébaïde lamaïste où les ascètes maîtrisent d’étonnants pouvoirs surnaturels. Des yogis, sont capables d’élever leur chaleur corporelle jusqu’à faire fondre la neige autour d’eux. D’autres, les « loung-gom-pa », parcourent des distances de plusieurs centaines de kilomètres sans arrêt et à vive allure. Clairvoyance, lévitation, télépathie, réanimation d’un cadavre et les nombreux phénomènes insolites relatés par Alexandra David-Neel fascineront plusieurs générations de lecteurs.

La femme aux semelles de vent disposait de puissants soutiens. « Depuis son retour, écrit Jacques Brosse (1), Alexandra David-Neel n’a guère pris le temps de souffler. Il lui a fallu satisfaire d’abord les journaux qui, tous, sollicitent des articles ; elle en publie une vingtaine dans « le Matin », une agence américaine lui en commande une série qui sera diffusée dans deux cents journaux, enfin le grand éditeur new-yorquais Harper lui achète immédiatement les droits de la relation de voyage qu’elle écrira, afin de s’en assurer la priorité. La France entière veut avoir vu celle qui est devenue une héroïne nationale et elle va partout où on la réclame. En 1926, Alexandra parcourt la France pendant les mois de janvier et février, de Dijon et Clermont-Ferrand à Nice et Marseille. En mars, elle est à Paris où, reçue au Collège de France par son ami, le professeur d’Arsonval, elle donne une conférence sur la métapsychique et l’opinion scientifique ; en avril, puis encore en octobre et novembre, nouvelle tournées de conférences. En 1927, ce train d’enfer s’apaise et lui laisse enfin quelque loisir qu’elle consacre à la rédaction de ces livres que tout le monde attend. En avril, à Paris, elle donne plusieurs conférences à la Société théosophique, mais aussi au musée Guimet, où l’accueille le grand tibétologue français Jacques Bacot, et encore une fois au Collège de France. C’est son triomphe, les orientalistes ont enfin cessé de la bouder, ils sont bien obligés de reconnaître que son expérience est unique. En mai, un nouveau cycle de conférences la conduit à Tonnerre, à Dijon, à Annecy, à Genève. »

Quelques temps après la parution de « Mystiques et magiciens du Tibet », un Occidental converti au bouddhisme fait parler de lui sur la Côte d'Azur. Introduit dans le milieu bouddhiste de Nice, Grasse et Antibes sous le nom d'abbé Chao-Kung, l’ecclésiastique tondu est hébergé par Lucien Ehret, ancien capitaine au long cours et explorateur du Japon. Chao-Kung donne des conférences chez Blanche Rondeau, dans la somptueuse propriété du Cap d'Antibes où sont invités d'éminents spécialistes du bouddhisme et des intellectuels venus de l'Europe entière : Krishnamurti, le docteur Grimm de Münich, Rabindranath Tagore ou encore Lady Rothermere, la première traductrice de Gide.

L’abbé bouddhiste se nomme en réalité Trebitsch Lincoln (1879-1943), c’est un juif hongrois converti d'abord au christianisme, puis ensuite au bouddhisme. Le religieux n’est pas un innocent contemplatif, il travaille pour plusieurs services secrets et s’intéresse au nazisme et au Tibet.

Le livre d’Alexandre Grigoriantz, « Le gourou de la Riviera », retrace l’histoire d’un aventurier de haut vol. Le puissant magnétisme du gourou subjugue plusieurs dizaines de disciples et certains quittent tout pour suivre le maître bouddhiste. En 1933, seize disciples, après avoir fait vœux d’obéissance et remis leurs biens à leur gourou, s’embarquent avec lui pour Shanghai. L’aventure se terminera tragiquement, trois perdront la vie et les autres seront emportés dans la tourmente qui frappera la Chine. Pour Guénon, Trebitsch Lincoln était un « agent de la contre-initiation », c’est-à-dire un instrument de forces occultes qui contrecarrent la véritable spiritualisation de l'humanité.

Trebitsch Lincoln préfigurait les gourous qui jettent leur dévolu sur l’Occident depuis la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui. Contrairement aux sages d’autrefois, les maîtres du néo-spiritualisme se distinguent dans l’art de parasiter leurs disciples et de mener grand train avec l’argent des plus naïfs. Ce parasitisme matériel fait écho à une prédation subtile. En effet, les pratiques méditatives et les invocations ne sont pas dénuées de risques (2). L’intérêt pour les expériences psychiques du nouveau spiritualisme supprime toutes les précautions traditionnelles à l’égard du monde psychiques et des redoutables influences errantes maquillées en Dakinis tantriques ou en maîtres ascensionnés. Des pratiques transforment des spiritualistes imprudents en pâtures vivantes. William Chittick, traducteur des œuvres de Ibn al-‘Arabi, écrit :

« Ceux qui connaissent bien les standards et normes de l’expérience spirituelle établis par des disciplines comme le Soufisme par exemple, sont généralement consternés lorsqu’ils s’aperçoivent que les Occidentaux considèrent n’importe quelle apparition étrangère à la conscience normale, comme une manifestation du « spirituel ». En fait, il existe d’innombrables mondes dans l’Invisible, et certains d’entre eux sont bien plus dangereux que la pire des jungles du monde visible. »

(1) « Alexandra David-Neel », Albin Michel.

(2) Les dangers de la méditation : http://bouddhanar.blogspot.com/2007/02/les-dangers-de-la-meditation.html

Thursday, October 15, 2009

Assommons les Pauvres !




Court-métrage de fiction, inspiré du texte "Assommons les pauvres" de Charles Baudelaire. Mention spéciale vidéo, festival "5 Jours Tout Court 2003".

« Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir »

Pendant quinze jours je m'étais confiné dans ma chambre, et je m'étais entouré des livres à la mode dans ce temps-là (il y a seize ou dix-sept ans) ; je veux parler des livres où il est traité de l'art de rendre les peuples heureux, sages et riches, en vingt-quatre heures. J'avais donc digéré, - avalé, veux-je dire, toutes les élucubrations de tous ces entrepreneurs de bonheur public, - de ceux qui conseillent à tous les pauvres de se faire esclaves, et de ceux qui leur persuadent qu'ils sont tous des rois détrônés. - On ne trouvera pas surprenant que je fusse alors dans un état d'esprit avoisinant le vertige ou la stupidité.

Il m'avait semblé seulement que je sentais, confiné au fond de mon intellect, le germe obscur d'une idée supérieure à toutes les formules de bonne femme dont j'avais récemment parcouru le dictionnaire. Mais ce n'était que l'idée d'une idée, quelque chose d'infiniment vague.

Et je sortis avec une grande soif. Car le goût passionné des mauvaises lectures engendre un besoin proportionnel du grand air et des rafraîchissants.

Comme j'allais entrer dans un cabaret, un mendiant me tendit son chapeau, avec un de ces regards inoubliables qui culbuteraient les trônes, si l'esprit remuait la matière, et si l'œil d'un magnétiseur faisait mûrir les raisins.

En même temps, j'entendis une voix qui chuchotait à mon oreille, une voix que je reconnus bien; c'était celle d'un bon Ange, ou d'un bon Démon, qui m'accompagne partout. Puisque Socrate avait son bon Démon, pourquoi n'aurais-je pas mon bon Ange, et pourquoi n'aurais-je pas l'honneur, comme Socrate, d'obtenir mon brevet de folie, signé du subtil Lélut et du bien avisé Baillarger ?

Il existe cette différence entre le Démon de Socrate et le mien, que celui de Socrate ne se manifestait à lui que pour défendre, avertir, empêcher, et que le mien daigne conseiller, suggérer, persuader. Ce pauvre Socrate n'avait qu'un Démon prohibiteur; le mien est un grand affirmateur, le mien est un Démon d'action, un Démon de combat.

Or, sa voix me chuchotait ceci: "Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir."

Immédiatement, je sautai sur mon mendiant. D'un seul coup de poing, je lui bouchai un œil, qui devint, en une seconde, gros comme une balle. Je cassai un de mes ongles à lui briser deux dents, et comme je ne me sentais pas assez fort, étant né délicat et m'étant peu exercé à la boxe, pour assommer rapidement ce vieillard, je le saisis d'une main par le collet de son habit, de l'autre, je l'empoignai à la gorge, et je me mis à lui secouer vigoureusement la tête contre un mur. Je dois avouer que j'avais préalablement inspecté les environs d'un coup d'œil, et que j'avais vérifié que dans cette banlieue déserte je me trouvais, pour un assez long temps, hors de la portée de tout agent de police.

Ayant ensuite, par un coup de pied lancé dans le dos, assez énergique pour briser les omoplates, terrassé ce sexagénaire affaibli, je me saisis d'une grosse branche d'arbre qui traînait à terre, et je le battis avec l'énergie obstinée des cuisiniers qui veulent attendrir un beefteack.

Tout à coup, - ô miracle ! ô jouissance du philosophe qui vérifie l'excellence de sa théorie ! - je vis cette antique carcasse se retourner, se redresser avec une énergie que je n'aurais jamais soupçonnée dans une machine si singulièrement détraquée, et, avec un regard de haine qui me parut de bon augure, le malandrin décrépit se jeta sur moi, me pocha les deux yeux, me cassa quatre dents, et avec la même branche d'arbre me battit dru comme plâtre. - Par mon énergique médication, je lui avais donc rendu l'orgueil et la vie.

Alors, je lui fis force signes pour lui faire comprendre que je considérais la discussion comme finie, et me relevant avec la satisfaction d'un sophiste du Portique, je lui dis: "Monsieur, vous êtes mon égal ! veuillez me faire l'honneur de partager avec moi ma bourse ; et souvenez-vous, si vous êtes réellement philanthrope, qu'il faut appliquer à tous vos confrères, quand ils vous demanderont l'aumône, la théorie que j'ai eu la douleur d'essayer sur votre dos."

Il m'a bien juré qu'il avait compris ma théorie, et qu'il obéirait à mes conseils.

Charles Baudelaire



Tuesday, October 13, 2009

« Le Symbole perdu » et les francs-maçons


Dans son dernier livre, « Le Symbole perdu », Dean Brown conduit ses lecteurs au pays de maître Hiram. Il les plonge dans la symbolique de la franc-maçonnerie et parvient à les distraire.

Cette distraction ne doit pas faire oublier que la franc-maçonnerie est l’organisation secrète la plus répandue de la bourgeoisie. Les richesses sont accaparées par des bourgeois membres de clubs fermés et de mystérieuses confréries initiatiques. Dans des sociétés mondaines ou des organisations secrètes comme la franc-maçonnerie, les riches ont habilement développé des réseaux d’influence et conclu des accords pour accroître leurs privilèges et exploiter toujours plus l’humanité. Ils montent des opérations financières très lucratives pendant que les travailleurs s’enfoncent dans la pauvreté.

La franc-maçonnerie clame partout que son rayonnement sur la société est positif. Un culot qu’a relevé un site anti-maçonnique, un site nostalgique de l’ancien régime. L’ancien régime pourchassait les usuriers (les usuriers sont prospères dans les républiques maçonniques, le taux d’intérêt du crédit renouvelable, ou crédit revolving, est supérieur à 20%).

« On ne voit pas bien en quoi une société où les écarts de richesses et d'inégalités n'ont fait que croître serait une société "plus juste et plus éclairée" ? les francs-maçons disent être "attachés à un Grand Orient fier de cette histoire, de son histoire", quid de l'histoire de la France avant 1789 ?

Les soit-disant "conquêtes de la République indivisible, laïque" auxquelles sont associés les francs-maçons ne sont qu'un accaparement oligarchique du pouvoir par une petite minorité mafieuse, la franc-maçonnerie se définissant elle-même comme "l'Eglise de la république".

La soit-disant "liberté absolue de conscience" dans la république est la liberté de penser comme la franc-maçonnerie l'exige ou la prison, elle est un prétexte mensonger totalitaire qui permet d'écraser tout ce qui lui serait opposé "au nom de la liberté", condamnations judiciaires à la clé.

La franc-maçonnerie est riche de la diversité de ses loges ouvertes à tout le monde, de la pluralité de ses rites dont la très pluraliste et ouverte loge B’Naï B’rith, bien connue pour ses pratiques démocratiques. Le serment du secret prononcé au moment de l'"initiation" et l'échange de la promesse d'entraide sont d'éminents signes d'une telle société préoccupée d'ouverture et de démocratie ! L'engagement "civique" de ses membres via le népotisme et le clientélisme sont des "acquis sociaux".

La vision de l'"homme" amputé de sa part spirituelle et de son âme, réduit à sa part matérielle animale, supprime la liberté de l'homme et supprime en particulier toute chance de développement humain intégral, social et économique. Ainsi, la crise économique et sociale mondiale, le "retour des peurs", la détérioriation des liens civiques, l'accroissement des égoïsmes sont les conséquences directes de cette vision amputée de l'homme.

Les francs-maçons sont des apprentis sorciers pyromanes qui après avoir mis le feu crient au feu. Les haines xénophobes, antisémites, racistes, sexistes, la montée des menaces sur la paix internationale sont des conséquences d'une telle société franc-maçonnique artificielle créée de toute force multi-raciale et multi-culturelle et imposée au(x) peuple(s).

L'effondrement des modèles, l'échec le plus souvent dramatique des grandes utopies politiques du XXe siècle donnent à certains le sentiment du vide, de dilution des repères, de perte de sens, de "désenchantement du monde". A qui la faute ? Qui n'a cessé de mettre en garde contre la vision d'un monde coupé de Dieu ? Qui n'a cessé de critiquer la vision de l'homme amputé de sa part spirituelle ?

L'Europe de la citoyenneté et des droits sociaux que les francs-maçons appelaient de leurs voeux se révèle "un espace de libre-échange pour les marchands". A qui la faute ?

Si "la République, pour qui toutes les femmes et tous les hommes, quelles que soient leurs origines, leur sexe, leur couleur, leurs convictions religieuses, philosophiques, politiques, naissent et demeurent libres et égaux en droit, se fragilise en doutant de son identité, de ses valeurs, de son indivisibilité" (sic), c'est en raison d'une lacune au fondement d'une telle "société" bâtie sur du vide et du sable, l'idéologie maçonnique et son irréalisme.

Si "la laïcité est partout attaquée", c'est que cette soit-disant laïcité n'en est pas une, mais une théocratie de droit occulte qui mérite toutes les critiques et toutes les attaques... Quant à censure de la liberté pour tout être humain, en particulier les femmes, "à disposer de soi-même", cette censure c'est la civilisation.

Si la société se crispe et laisse place à l'émergence de "populismes" et d'"extrémismes", l'histoire nous enseigne que sur le terreau de tels extrémismes est l'idéologie déshumanisante qui a prétendu éliminer Dieu de la société. "Dans la mentalité des Lumières,... le grand drame de l'histoire du Salut avait disparu. L'homme était resté seul: seul comme créateur de sa propre histoire et de sa propre civilisation; seul comme celui qui décide de ce qui est bon et de ce qui est mauvais... Si l'homme peut décider par lui-même, sans Dieu, de ce qui est bon et de ce qui est mauvais, il peut aussi disposer d'un groupe d'hommes soit anéanti... Des décisions analogues furent prises sous le IIIe Reich,... par le parti communiste de l'union Soviétique et des pays soumis à l'idéologie marxiste" (Jean-Paul II, Mémoire et identité, Le testament politique et spirituel du pape, Flammarion, Mayenne 2005, p. 23-24).

Il est toujours bon de rappeler ces quelques vérités aux frères tri-ponctés totalitaires franc-maçonniques (1). »

Les loges où se développe l’affairisme bourgeois sont nuisibles mais ne sont pas les plus redoutables. Des obédiences maçonniques et paramaçonniques se vouent à la pratique de l’occultisme et à la maîtrise de pouvoirs psychiques.

Au XVIIIème siècle, l’occultiste Joseph Balsamo, alias Cagliostro (1743-1795), fonde à Lyon la loge maçonnique « la sagesse triomphante » et initie ses disciples aux rites égyptiens. Lors d’une cérémonie les francs-maçons invoquent le spectre de Prost de Royer, ancien Vénérable de la loge « La Bienfaisance ». L’apparition fut reconnue par les membres de la loge.

Papus, alias Gérard Encausse (1865-1916), co-fondateur du Martinisme et auteur prolixe, était surnommé le « Balzac de l’occultisme ». Son sulfureux « Traité des sciences occultes » est régulièrement réédité depuis plus d’un siècle.

Eliphas Lévi, Pseudonyme de l'abbé Alphonse-Louis Constant (1810-1875), initié le 14 Mars 1861, dans la Loge « Rose du parfait Silence » du Grand Orient de France était lui aussi un expert de la magie cérémonielle. Il publia en 1856 « Dogme et Rituel de la haute magie ». Les occultistes affirment qu’il fit apparaître l’esprit d’Apollonius de Thyane.

Les organisations paramaçonniques sont nombreuses et constituent des viviers dans lesquels les sociétés secrètes supérieures puisent les éléments les plus utiles à la réalisation de leur synarchie mondiale. La nébuleuse des ordres paramaçonniques comprend les rosicruciens, les martinistes, les néo-templiers, la chevalerie initiatique, la Golden Dawn, l’O.T.O. …

L’O.T.O., Ordo Templi Orientis, comptait parmi ses membres Ron Hubbard, le fondateur de la l’Eglise de Scientologie. Eglise qui bénéficie en 2009 de mystérieux appuis dans une République vermoulue par le copinage, le népotisme et la corruption.

L’O.T.O., comme beaucoup d’organisations lucifériennes, pratique la magie sexuelle. La voix que l’on entend au début de la vidéo est celle d’Aleister Crowley qui se nommait lui-même « The Great Beast 666 ». Il fut promu grand maître de l’O.T.O. par Théodor Reuss.

Vidéo, un rituel de l’O.T.O. :






(1) Source : http://christroi.over-blog.com/article-35334269.html

Sunday, October 11, 2009

Les élites et la magie sexuelle



Initié au sein de l'Hermetic Brotherhood of Luxor et de la Fraternité Rosae Crucis, puis fondateur de la Fraternité d’Eulis, Pascal Beverly Randolph est connu des élites affiliées aux loges secrètes qui mènent le monde.

Auteur du livre « Magia Sexualis », Randolph expose des méthodes sexuelles qui régénèrent l’énergie vitale, renforcent la puissance magnétique et développent un pouvoir qui permet d’assujettir la femme à l’homme. Bien entendu, Randolph ne livre pas l’intégralité de sa doctrine magique dans son livre destiné au public.

La magie sexuelle n’est pas un anodin et original « Kama soutra » pour libertins blasés. Ses arcanes occultes conduisent les initiés les plus ambitieux à commettre des abominations. La magie sexuelle et la recherche des pouvoirs psychiques transforment promptement les initiés en monstres pervers, pédophiles et tueurs. Des magiciens ne reculent pas devant les sacrifices humains rituels pour satisfaire leurs ambitions et accroître leurs pouvoirs magiques.

Au Tibet, une confrérie de lamas criminels enlevait des femmes et des hommes pour les sacrifier au cours de cérémonies tantriques (ganâchakra pûja : le rite de l’orgie collective). Des maîtres, comme Marpo, « le Rouge », répandaient l’idée que le yoga consistait dans l’union sexuelle et que pour obtenir des siddhis (pouvoirs magiques), il fallait mettre à mort d’innocentes victimes.

Des lamas tibétains exposent ouvertement leurs considérations magico-sexuelles. Par exemple, la pratique de la phase d’accomplissement de Yamantaka est enseignée par des lamas qui ne dissimulent pas leurs penchants pour la pédophilie :

« Un moudra effectif n'est pas simplement visualisé, c'est une yogini entièrement qualifiée avec laquelle le yogi entre en union physique. Il est indispensable d'avoir recours à une partenaire effective quand vous souhaitez produire la claire lumière dans le contexte de l'esprit isolé, sinon la claire lumière ne sera pas aussi claire qu'elle l'est pour un mourant. Donc, au début de ce yoga il est nécessaire de s'en remettre à un moudra effectif pour développer la claire lumière, mais une fois que vous avez terminé cela, vous n'avez pas besoin d'un moudra effectif pour le provoquer à nouveau, vous pourrez y arriver à l'aide d'un moudra virtuel. [...]

Les moudras effectifs sont aussi présentés en fonction de la forme de l'orifice inférieur de leur canal central :

(1) En forme de lotus : l'orifice inférieur s'ouvre facilement, comme une fleur de lotus, parmi les moudras effectifs, cette femme est la suprême. Elle est belle, son visage est rond, elle a une voix agréable, une odeur plaisante se dégage de sa bouche et de son lotus, le bout de ses pieds est rond comme le dos d'une tortue et la plante en est plat comme le ventre d'une tortue.

(2) En forme de conche : l'orifice inférieur est en spirale, comme la coquille d'une conque, l'intérieur bosselé et elle porte un nez effilé.

(3) En forme d'éléphant : l'orifice inférieur décrit des cercles de gauche à droite, et son nez penche vers la droite.

(4) En forme d'antilope : l'orifice inférieur est comme l'ombilic d'un type particulier de cervidés ; il se referme sur lui-même et s'ouvre difficilement. Le bout de son nez porte une marque et elle est enrobée.

De ces quatre, le meilleur orifice inférieur est long, étroit et ferme ; et le pire est court, large et flasque. Le moudra effectif ne doit pas être plus jeune que douze ans ni plus âgé que trente, sinon son orifice inférieur ne sera pas apte à fonctionner convenablement. D'entre les femmes entre douze et trente ans, une de douze ans est ce qu'il y a de mieux et, si elle est versée dans les soixante-quatre disciplines de l'amour, elle sera la compagne parfaite pour acquérir les siddhis.

Il est capital de s'appuyer sur un de ces types de moudra effectif pour parvenir à la claire lumière d'exemple de l'esprit isolé. »

Cette pratique a été expliquée en Angleterre par Kyabje Serkong Rinpoche, à partir des enseignements de Kyabje Ling Rinpoche (1903 - 1983), senior des tuteurs de S.S. le XIVème Dalaï Lama, 97ème Gaden Tripa ( détenteur du trône de Gaden) et chef de l'école Guélougpa, un des quatre proches disciples de Pabongka Rinpoché.

(Jacques a traduit le texte)

La pratique de Yamantaka est enseigné de nos jours par le lamaïsme orthodoxe.

En marge du lamaïsme officiel, il existe des confréries secrètes qui se livrent au Nang-tcheud, au meurtre rituel de la magie rouge. Lors du rite tantrique, l’adepte tue sa partenaire afin de s’approprier de son double énergétique.

La mobilisation d’une partie de l’intelligenstia en faveur de Roman Polanski, incarcéré en Suisse à la demande des USA pour répondre du viol d’une enfant, indique le degré de déchéance morale de la société française. La perversité des « élites » s’affiche désormais sans complexe. Il devient de plus en plus clair que les forces infra-humaines de la corruption et du mal sont parvenues à infester toutes les sphères de la société.




Illustration : Yamataka copulant avec sa parèdre.



La grippe A, le début du chaos, le Tamiflu, Kouchner et les yogourts ont inspiré une chanson à Dany Moreau :
http://bouddhanar-6.blogspot.com/2009/10/la-grippe-en-chantant.html

Saturday, October 10, 2009

Silence et solitude chez les Indiens d’Amérique du Nord


Il y a quelques années, Pierrette, secrétaire bénévole de la congrégation Yungdrung Bön, se réjouissait, Jambhala, le dieu de la richesse, avait agréé les prières des dévots. Un riche donateur avait déposé un gros chèque dans la corbeille destinée à recevoir les oboles et les dons. La congrégation pouvait acquérir une propriété.

L’achat de plusieurs dizaines d’hectares de bonne terre agricole autour de modestes ermitages aurait été le meilleur investissement. L’autosuffisance d’une communauté agricole est préférable au cliquant de la vie de château. Mais les anciennes demeures seigneuriales, même difficiles à entretenir et à chauffer, ont toujours fasciné les prétendus spiritualistes. Les lamas se firent châtelains. Ils s’entassèrent avec leur disciples dans le château de la Modetais dans le Maine-et-Loire et se mirent à discourir ; adieu silence et solitude. Il est vrai que la vie érémitique de Milarépa n’inspire plus que les peintres de fresques et de thankas.

« Chez les Indiens de l’Amérique du Nord, dans toutes les tribus sans exception, il existe, outre les rites de divers genres qui ont un caractère collectif, la pratique d’une adoration solitaire et silencieuse, qui est considérée comme la plus profonde et celle qui est de l’ordre le plus élevé (1). Les rites collectifs, en effet, ont toujours, à un degré ou à un autre, quelque chose de relativement extérieur ; nous disons à un degré ou à un autre, parce que, à cet égard, il faut naturellement, là comme dans toute autre tradition, faire une différence entre les rites qu’on pourrait qualifier d’exotériques, c’est-à-dire ceux auxquels tous participent indistinctement, et les rites initiatiques. Il est d’ailleurs bien entendu que, loin d’exclure ces rites ou de s’y opposer d’une façon quelconque, l’adoration dont il s’agit s’y superpose seulement comme étant en quelque sorte d’un autre ordre ; et il y a même tout lieu de penser que pour être vraiment efficace et produire des résultats effectifs, elle doit présupposer l’initiation comme une condition nécessaire (2).

Au sujet de cette adoration, on a parfois parlé de « prière » mais cela est évidemment inexact, car il n’y a là aucune demande, de quelque nature qu’elle puisse être ; les prières formulées généralement dans les chants rituels ne peuvent d’ailleurs s’adresser qu’aux diverses manifestations divines (3), et nous allons voir que c’est de tout autre chose qu’il s’agit ici en réalité. Il serait certainement beaucoup plus juste de parler d’« incantation », en prenant ce mot dans le sens que nous avons défini ailleurs (4) ; on pourrait également dire que c’est une « invocation », en l’entendant dans un sens exactement comparable à celui du dhikr dans la tradition islamique, mais en précisant que c’est essentiellement une invocation silencieuse et toute intérieure (5). Voici ce qu’écrit à ce sujet Ch. Eastman (6) : « L’adoration du Grand Mystère était silencieuse parce que tout discours est nécessairement faible et imparfait, ainsi les âmes de nos ancêtres atteignaient Dieu dans une adoration sans mots ; elle était solitaire parce qu’ils pensaient que Dieu est plus près de nous dans la solitude, et les prêtres n’étaient point là pour servir d’intermédiaire entre l’homme et le Créateur (7). » Il ne peut pas, en effet, y avoir d’intermédiaires en pareils cas, puisque cette adoration tend à établir une communication directe avec le Principe suprême, qui est désigné ici comme le « Grand Mystère ».

Non seulement ce n’est que dans et par le silence que cette communication peut être obtenue, parce que le « Grand Mystère est au-delà de toute forme et de toute expression, mais le silence lui-même « est le Grand Mystère » ; comment faut-il entendre au juste cette affirmation ? D’abord, on peut rappeler à ce propos que le véritable « mystère » est essentiellement et exclusivement inexprimable, qui ne peut évidemment être représenté que par le silence (8) ; mais, de plus, le « Grand Mystère » étant le non-manifesté, le silence lui-même, qui est proprement un état de non-manifestation, est par là comme une participation ou une conformité à la nature du Principe suprême. D’autre part, le silence, rapporté au Principe, est, pourrait-on dire, le Verbe non proféré ; c’est pourquoi « le silence sacré est la voix du Grand Esprit », en tant que celui-ci est identifié au Principe même (9) ; et cette voix, qui correspond à la modalité principielle du son que la tradition hindoue désigne comme « parâ » ou non-manifestée (10), est la réponse à l’appel de l’être en adoration : appel et réponse également silencieux, étant une aspiration et une illumination purement intérieures l’une et l’autre.

Pour qu’il en soit ainsi, il faut d’ailleurs que le silence soit en réalité quelque chose de plus que la simple absence de toute parole ou de tout discours, fussent-ils formulés seulement d’une façon toute mentale ; et, en effet, ce silence est essentiellement pour les Indiens « le parfait équilibre des trois parties de l’être », c’est-à-dire de ce qu’on peut, dans la terminologie occidentale, désigner comme l’esprit, l’âme et le corps, car l’être tout entier, dans tous les éléments qui le constituent, doit participer à l’adoration pour qu’un résultat pleinement valable puisse en être obtenu. La nécessité de cette condition d’équilibre est facile à comprendre, car l’équilibre est dans la manifestation même, comme l’image ou le reflet de l’indistinction principielle du non-manifesté, indistinction qui est bien représentée aussi par le silence, de sorte qu’il n’y a aucunement lieu de s’étonner de l’assimilation qui est ainsi établie entre celui-ci et l’équilibre (11).

Quand à la solitude, il convient de remarquer tout d’abord que son association avec le silence est en quelque sorte normale et même nécessaire, et que, même en présence d’autres êtres, celui qui fait en lui le silence parfait s’isole forcément d’eux par là même ; du reste, silence et solitude sont aussi impliqués également l’un et l’autre dans la signification du terme sanscrit « mauna », qui est sans doute, dans la tradition hindoue, celui qui s’applique le plus exactement à un état tel que celui dont nous parlons présentement (12). La multiplicité, étant inhérente à la manifestation, et s’accentuant d’autant plus, si l’on peut dire, qu’on descend à des degrés plus inférieurs de celle-ci, éloigne donc nécessairement du non-manifesté ; ainsi l’être qui veut se mettre en communion avec le Principe doit-il avant tout faire l’unité en lui-même, autant qu’il est possible, par l’harmonisation et l’équilibre de tous ses éléments, et il doit aussi, en même temps, s’isoler de toute multiplicité extérieure à lui. L’unification ainsi réalisée, même si elle n’est encore que relative dans la plupart des cas, n’en est pas moins, suivant la mesure des possibilités actuelles de l’être, une certaine conformité à la « non-dualité » du Principe ; et, à la limite supérieure, l’isolement prend le sens du terme sanscrit « kaivalya », qui, exprimant en même temps les idées de perfection et de totalité, en arrive, quand il a toute la plénitude de sa signification, à désigner l’état absolu et inconditionné, celui de l’être qui est parvenu à la Délivrance finale.

A un degré beaucoup moins élevé que celui-là, et qui n’appartient même encore qu’aux phases préliminaires de la réalisation, on peut faire remarquer ceci ; là où il y a nécessairement dispersion, la solitude, en tant qu’elle s’oppose à la multiplicité et qu’elle coïncide avec une certaine unité, est essentiellement concentration ; et l’on sait qu’elle importance est donnée effectivement à la concentration, par toutes les doctrines traditionnelles sans exception, en tant que moyen et condition indispensable de toute réalisation. Il nous paraît peu utile d’insister d’avantage sur ce dernier point, mais il est une autre conséquence sur laquelle nous tenons encore à appeler plus particulièrement l’attention en terminant : c’est que la méthode dont il s’agit, par là même qu’elle s’oppose à toute dispersion des puissances de l’être, exclut le développement séparé et plus ou moins désordonné de tels ou tels éléments, et notamment des éléments psychiques cultivés en quelque sorte pour eux-mêmes, développement qui est toujours contraire à l’harmonie et à l’équilibre de l’ensemble. Pour les Indiens, d’après M. Paul Conze, « il semble que, pour développer l’« orenda » (13), intermédiaire entre le matériel et le spirituel, il faille avant tout dominer la matière et tendre au divin » ; cela revient en somme à dire qu’ils ne considèrent comme légitime d’aborder le domaine psychique que « par en haut », les résultats de cet ordre n’étant obtenus que d’une façon tout accessoire et comme « par surcroît », ce qui est en effet le seul moyen d’en éviter les dangers ; et, ajouterons-nous, cela est assurément aussi loin que possible de la vulgaire « magie » qu’on leur a trop souvent attribuée, et qui est même tout ce qu’ont cru voir chez eux des observateurs profanes et superficiels, sans doute parce qu’eux-mêmes n’avaient pas la moindre notion de ce que peut être la véritable spiritualité. »

La revue « Etudes Traditionnelles » publia cet article de René Guénon au mois de mars 1949.

Plusieurs articles de Guénon sont réunis dans le livre « Mélanges », éditions Gallimard. L’ouvrage comprend trois parties :
- Métaphysique et cosmologie ;
- Sciences et arts traditionnels ;
- De quelques erreurs modernes.




(1) Les renseignements que nous utilisons ici sont empruntés principalement à l’ouvrage de M. Paul Coze, « L’oiseau-Tonnerre », d’où nous tirons également nos citations. Cet auteur fait preuve d’une remarquable sympathie à l’égard des Indiens et de leur tradition ; la seule réserve qu’il y aurait lieu de faire, c’est qu’il paraît assez fortement influencé par les conceptions « métapsychistes », ce qui affecte visiblement quelques-unes de ses interprétations et entraîne notamment parfois une certaine confusion entre le psychique et le spirituel ; mais cette considération n’a d’ailleurs pas à intervenir dans la question dont nous nous occupons ici.

(2) Il va de soi que, ici comme toujours, nous entendons l’initiation exclusivement dans son véritable sens, et non pas celui où les ethnologues emploient abusivement ce mot pour désigner les rites d’agrégation à la tribu ; il faudrait avoir bien soin de distinguer nettement ces deux choses, qui en fait existent l’une et l’autre chez les Indiens.

(3) Ces manifestations divines semblent, dans la tradition des Indiens, être le plus habituellement réparties suivant une division quaternaire, conformément à un symbolisme cosmologique qui s’applique à la fois aux deux points de vue macrocosmique et microcosmique.

(4) Voir « Aperçus sur l’Initiation », chapitre XXIV.

(5) Il n’est pas sans intérêt de remarquer à ce propos que certaines turuq islamiques, notamment celle de Naqshabendiyah, pratiquent aussi un dhikr silencieux.

(6) Ch. Eastman, cité par M. Paul Coze, est un Sioux d’origine, qui paraît, malgré une éducation « blanche », avoir bien conservé la conscience de sa propre tradition ; nous avons d’ailleurs des raisons de penser qu’un tel cas est en réalité loin d’être aussi exceptionnel qu’on pourrait le croire quand on s’en tient à certaines apparences tout extérieures.

(7) Le dernier mot, dont l’emploi est sans doute dû uniquement ici aux habitudes du langage européen, n’est certainement pas exact si l’on veut aller au fond des choses, car en réalité, le « Dieu créateur » ne peut proprement trouver place que parmi les aspects manifestés du Divin.

(8) Voir « Aperçus sur l’Initiation », chapitre XVII.

(9) Nous faisons cette restriction parce que, dans certains cas, l’expression de « Grand Esprit », ou ce qu’on traduit ainsi, apparaît aussi comme étant seulement la désignation particulière d’une des manifestations divines.

(10) Cf. « Aperçus sur l’Initiation », chapitre XLVII.

(11) Il est à peine besoin de rappeler que l’indistinction principielle dont il s’agit ici n’a rien de commun avec ce qu’on peut aussi désigner par le même mot pris dans un sens inférieur, nous voulons dire la pure potentialité indifférenciée de la « materia prima ».

(12) Cf. « L’homme et son devenir selon le Védantâ », 3ème édition, chap. XXIII.

(13) Ce mot « orenda » appartient proprement à la langue des Iroquois, mais dans les ouvrages européens, on a pris l’habitude, pour plus de simplicité, de l’employer uniformément à la place de tous les autres termes de même signification qui se rencontrent chez les divers peuples indiens : ce qu’il désigne est l’ensemble de toutes les différentes modalités de la force psychique et vitale ; c’est donc à peu près exactement l’équivalent du prâna de la tradition hindoue et du k’i de la tradition extrême orientale.

Friday, October 09, 2009

Le nouvel ordre mondial


Est-il possible de connaître les aspects occultes du nouvel ordre mondial ?
Les mises en garde des écrits mystiques d’autrefois permettent-elles d’identifier les impostures politiques et religieuses actuelles ? De plus, ces avertissements et les principes métaphysiques qu’ils sous-entendent, dévoilent-ils la nature du nouvel ordre mondial ?

Les réponses à ces questions s’opposent au matérialisme et permettent d’entrevoir les véritables enjeux spirituels de la subversion des puissances ahrimaniennes.

Ahriman nous conduit à l’ancienne Perse, à une vieille civilisation plus respectable que la société du mercantilisme et de la prédation que l’Occident a répandue à travers le monde. Il n’est pas étonnant que les Etasuniens, peuple élu d’Ahriman, veuillent abattre l’Iran, pays où la sagesse antique survivrait dans la « hikmat ilâhîya » de l’Islam iranien. La « hikmat ilâhîya » est la fleur de la pensée de la communauté mystique millénaire, elle était l’objet de la quête du philosophe iranien Sohrawardî.

Le mythe d’une entité révoltée et déchue est quasi universel. Lucifer, le Kumarbi des Hourrites, le Phaéton des Grecs, le Loki des Germains, le Gukup Cakix des Mayas expriment le même mythe.

Ahriman (1) inspire les fausses religions et les sciences sans conscience. Il est l’instigateur de la religion scientiste qui sera imposée par le nouvel ordre mondial. « Le 21e siècle sera religieux ou ne sera pas. » La célèbre formule, attribuée à tort à André Malraux, est plus vraisemblablement un mot d’ordre des loges qui œuvrent à l’instauration d’une nouvelle religion et d’une synarchie d’hommes robotisés.

L’apocalypse égypto-grecque, rédigée à la basse époque gréco-romaine, sans doute à Memphis, par un prophète de l’école de Thôth-Hermès, annonçait la chute de l’humanité dans l’âge noir : « Les hommes préféreront les ténèbres à la lumière, et la mort à la vie… Un douloureux divorce séparera les dieux des hommes, et seuls demeureront les anges noirs ! »

Jean Louis Bernard reprend le thème des anges noirs de l’apocalypse égypto-grecque : « En fin de civilisation, écrit-il, quand la religion perd sa mysticité, les anges noirs s’y infiltrent par les brèches que l’absence de foi a ouvertes dans la doctrine ; par le doute suggéré et la dialectique, ils élargiront ces brèches, afin de se nourrir de la vaine effusion passionnelle qui résultera de cette situation. L’effusion passionnelle mènera à l’effusion de sang (guerres de religion), et l’essence du sang nourrit aussi les anges noirs. En tant qu’illusions métaphysiques, ils forment écran entre l’homme et les centres-Dieu du cosmos, le coupant ainsi de ses racines célestes. La présence latente d’anges noirs se décèle à l’arrière-plan de quantité de sectes modernes, tant néo-bibliques que pseudo-hindouistes, dont le pacifisme et le mondialisme traduisent seulement le manque de dynamisme et la démission, au bénéfice de l’utopie, c’est-à-dire d’un ange noir. Même observation quant aux philosophies dialecticiennes, jamais expérimentales (donc vaines), et aux idéologies sociales sans racines vivantes, car en marge de la spiritualité, de la nature et des masses. C’est à leur influence de longue échéance, influence psychique, que se trahissent les anges noirs, grimés en religions ou en idéologies : de l’ambiguïté mentale, leurs victimes passent à l’ambiguïté sexuelle, parfois à la drogue et toujours à la dégénérescence biologique. Entre-temps, leur jeunesse et leur vitalité se sont évaporées au profit de ces anges noirs ! »

Le nouvel ordre mondial est l’étape finale de la subversion qui placera l’humanité sous le contrôle d’une oligarchie maléfique. Selon Joël Labruyère, qui dénonce lui aussi le parasitisme spirituel des entités(ou anges noirs) du monde astral, le nouvel ordre mondial entrera dans une phase déterminante avec l’opération Antéchrist :

« […] Les fraternités occultes de l’invisible sont occupées à préparer une grande opération politique connue en Occident sous le nom d’Antéchrist ou d’Antichrist, opération qui a été prophétisée dans le livre de l’Apocalypse mais dont très peu ont compris le sens réel dans le monde chrétien.

Ils tenteront d’organiser une parodie du retour du Christ, pour amener l’humanité à augmenter la production d’éther-lumière au profit de la multitude de ces parasites. […]

Il est navrant de constater que très peu de personnes parmi celles qui prétendent être éveillées à la réalité politique mondiale sont informées de ce plan. Les informations que nous diffusons sur ce problème qui est d’une gravité immense pour notre avenir ne sont pas toujours bien comprises. Sans doute, est-ce un sujet trop brûlant, qui dérange notre tranquillité car il remet en cause nos croyances religieuses et notre espérance en l’avènement d’un âge d’or. Nous attendons un salut d’en haut, et on se dit que n’importe quel sauveur serait le bienvenu s’il pouvait stopper le cours de l’effondrement mondial, et remettre la civilisation sur un nouveau rail. C’est pourquoi, de manière inconsciente, nous appelons l’Antéchrist par notre désir de sécurité.

Nous allons creuser cette question afin d’éclairer la compréhension de ceux qui pressentent que l’heure de l’Antéchrist est proche. Tout ce que les autorités mondiales préparent avec zèle depuis des décennies n’a qu’un but : assurer la victoire de cette opération et rien d’autre. Pour comprendre les aspects politiques de cette affaire, il faut garder en mémoire les informations sur le monde occulte dont nous venons de parler, à savoir la crise énergétique des hiérarchies de l’invisible qui se maintiennent depuis des temps indéfinis sur des niveaux supérieurs de l’au-delà en vampirisant l’humanité.

C’est là l’explication de notre pénurie énergétique spirituelle et vitale car rien d’autre ne peut expliquer pourquoi nous nous traînons dans un état de dévitalisation avancée, sans pouvoir nous organiser pour vivre une vie décente, libre, dans la santé et le bonheur.

Peut-être, n’osons-nous pas nous avouer que nos difficultés, inhérentes à la vie matérielle, sont aggravées par la mainmise de puissances occultes sur les circuits de distribution de l’énergie cosmique.

Aucune voix ne s’élève pour dire ces choses, et bien au contraire, on nous gave d’enseignements new age qui nous préparent à la soumission aux puissances de l’au-delà.

Nous avons mis en garde contre les messages des channels, mais on nous répond que « tout n’est pas mauvais dans le channeling ». Mais il ne s’agit pas de « bon ou de mauvais ».

Soyons clair. Un être humain qui veut reconquérir son autonomie et sa dignité a-t-il besoin d’attendre quelque chose d’extérieur à lui-même ? N’est-ce pas une absurdité ?

Les « messages célestes » qui sont répandus avec profusion ne proposent jamais de solution pour un salut véritable. Ils ne servent qu’à nous bercer, à nous endormir.

Si on analyse l’escalade dans l’arnaque des messages transmis par channeling depuis une dizaine d’années, on constate qu’ils ne font qu’épouser les modes. Depuis les années 80, la tendance était aux « maîtres de la grande loge blanche », puis on a abandonné le concept ringard des « maîtres de sagesse » qui était une tarte à la crème pour le remplacer par de plus modernes « guides de lumière » ou de « maîtres ascensionnés ». Enfin, depuis la vague de révélations sur les extraterrestres, on parle à présent de « vaisseaux de lumière » qui nous attendraient pour un embarquement sécurisé. Tout va bien, dormez tranquille.

Depuis ces dernières années, il est apparu une nouvelle théorie, c’est la « grille de lumière » ou « grille christique » qui encerclerait la terre. La planète « mute dans la quatrième et cinquième dimension ». Ces idées nous renforcent dans notre impuissance intérieure. On peut rêver tranquille pendant que l’étau se resserre.

Bien entendu, il ne s’agit pas de nier la présence extraterrestre, mais de se rendre compte que les entités qui transmettent ces messages fantaisistes n'ont pas du tout l’intention de vous aider à transmuter, ni de vous emporter vers Sirius ou ailleurs sur leurs vaisseaux. Ces entités veulent simplement détourner notre attention vers des illusions pour nous vampiriser. Nous espérons que vous avez bien compris leur attention.

Comme dans la publicité d’une banque qui disait « votre argent nous intéresse », c’est notre lumière qui intéresse le « syndicat pour l’exploitation de l’énergie humaine ». » Undercover n° 7



(1) Pour Rudolf Steiner, Lucifer et Ahriman personnifient deux principes distincts. Un anthroposophe écrit : « Ahriman (appelé encore Satan ou Méphistophélès) est une entité d'une puissance supérieure à celle de Lucifer. C'est « l'esprit de division » et de haine, le seigneur de la mort. Son domaine de prédilection : les sciences matérialistes. »

Tuesday, October 06, 2009

La convergence de la science et de la spiritualité


Tenzin Gyatso, le 14ème dalaï-lama, est de retour aux USA depuis le lundi 5 octobre, mais Barack Obama ignore le chef tibétain pour ne pas déplaire aux Chinois.

Matthieu Ricard, le célèbre "French lama", est lui aussi à Washington où il est convié, avec l’acteur Richard Gere, Daniel Goleman et Lobsang Negi, à une discussion sur le thème "La convergence de la science et de la spiritualité" à Emory University, une des meilleures universités américaines.

Depuis plusieurs années, des moines tibétains participent à des expériences scientifiques qui utilisent la technologie neurocérébrale de pointe (IRM imagerie à résonance magnétique et EEG électroencéphalographe) afin de mieux comprendre les processus cérébraux en jeu lors de la méditation.
Si le rapprochement de la science et de la religion enchante toujours le public, des personnes sont moins enthousiastes. En effet, l’observation scientifique des processus cérébraux des méditants est en train de réduire la spiritualité à des mécanismes psychiques et de faire naître une technologie du contrôle mental. Des machines à méditer sont déjà commercialisées. Ces appareils provoquent chez leurs utilisateurs une modification de la conscience en appliquant au cerveau des impulsions appropriées. Les machines de stimulation des facultés psychiques caricaturent la véritable spiritualité.

Un courant scientifico-spirituel est en train de concevoir la spiritualité en termes matérialistes, d’ondes mentales et de chimie cérébrale. Ce courant est insufflé par la puissance qui est en train de mettre en place le nouvel ordre mondial.

Dans "Le meilleur des monde" Aldous Huxley écrit :

"Les anciens dictateurs sont tombés parce qu’ils n’ont jamais pu donner à leurs sujets assez de pain, assez de jeux, assez de miracles, ni assez de mystères. Et ils ne possédaient pas non plus un système réellement efficace de manipulation des esprits.

Sous un dictateur scientifique, l’éducation fonctionne bien – avec pour résultat que les hommes et les femmes en viennent à aimer leur servitude et ne rêveront jamais de révolution. Il ne semble y avoir aucune bonne raison pour laquelle une dictature vraiment scientifique en viendrait à être renversée."
Aldous Huxley avait fait le lien entre les expériences mystiques de l’Orient et les effets ressentis par les consommateurs de drogues psychédéliques. Parfois perçu comme un raccourci commode vers l'expérience spirituelle, le LSD, diéthylamide d'acide lysergique, est un puissant psychotrope hallucinogène qui modifie la chimie du cerveau. Les extases chimiques de la Beat-Generation et les électroencéphalogrammes des moines tibétains ont conduit à une techno-spiritualité qui réduit la recherche de l’Ultime à la stimulation du cerveau et au bien-être mental.

La participation des lamas tibétains à la techno-spiritualité et à la connaissance de la chimie cérébrale évoque Rudolf Steiner qui avait dit qu’au Tibet survivaient les restes décadents d’une ancienne chimie occulte (conférence du 1er novembre 1915). C’est aussi Steiner qui prédit l’incarnation d’Ahriman (l’esprit du mal) à l’Ouest (Etats-Unis ?) au début du troisième millénaire (dès le 21ème siècle). Ahriman développera un occultisme matérialiste que préfigure probablement la techno-spiritualité.

La majeure partie de l’humanité adoptera un mode de vie de plus en plus matérialiste. Les sujets du nouvel ordre mondial auront-ils sur le crâne une machine qui les rendra dociles mais heureux ?

http://www.tibet.emory.edu/scienceandspirituality .

http://www.project-meditation.org/ms/meditation_machine.html

Friday, October 02, 2009

La religion de la nature


La gouvernance mondiale, la dictature tapie dans l’ombre, ne tardera pas à surgir au grand jour. Depuis plusieurs années, elle utilise la peur du chômage, du terrorisme, du dérèglement climatique, des pandémies pour manipuler les populations. Le matraquage anxiogène des médias, la culpabilité et aussi l’espoir sont les « ingrédients » de l’endoctrinement de masse.

La dictature globale a besoin d’un mythe qui galvanise, subjugue et endoctrine comme le nazisme se servait, études soi-disant scientifiques à l’appui, de l’absurde mythe de la supériorité raciale des aryens. Un mythe est en passe de devenir la religion officielle de la tyrannie globale annoncée par Minc, Attali et les autres. Ce mythe se sert aussi de la science pour s’imposer. L’éco-catastrophisme et le mythe du retour au paradis terrestre ont la faveur des médias et de la gouvernance mondiale.

Il ne fait aucun doute que les graves problèmes environnementaux, générés par une minorité de profiteurs, sont utilisés pour angoisser et soumettre les populations à la religiosité de la nature, d’ailleurs présente dans le national-socialisme. Cette religiosité émergera de la mouvance du Nouvel Age et du « néo-bouddhisme ». Jacques brosse, auteur et pratiquant du Zazen (1) déclare : « L’engagement spirituel peut et doit être doublé par l’engagement écologique : ils sont complémentaires. […] Un vrai bouddhiste est de toute nécessité un écologiste ».

Prétendre qu’un vrai bouddhiste doit être un écologiste engagé est un mensonge. Le bouddhiste, qui vit le processus de déconditionnement de la véritable initiation, n’adhère à aucun système en vogue. Mais Jacques Brosse, qui est, comme beaucoup d’auteurs « néo-spiritualistes » prolixes, un agent conscient ou inconscient de la « contre-initiation », doit mettre en avant la nouvelle religiosité mondiale de la nature.

D’après les croyances et les pratiques du « néo-spiritualisme », la nouvelle religion exaltera le domaine psychique et le confondra avec la dimension spirituelle. La religion mondiale, ignorant la transcendance, glorifiera la déification de la nature, les pouvoirs surnaturels, le scientisme œuvrant à l’immortalité… Au sommet de la hiérarchie politique et religieuse siégera le prêtre-roi, une sorte de dalaï-lama. On comprend mieux l’intérêt des élites et des loges d’occultistes pour la théocratie lamaïste.

A l’instar du lamaïsme, l’occultisme sera la raison d’être de la nouvelle religiosité. En effet, des pratiques occultes renforcent les énergies du double subtil du corps physique, le corps-vajra des lamas tibétains, perceptible seulement par ceux qui ont déjà obtenu un tel double.

Qu’on ne s’y trompe pas, l’occultisme est élitiste. Et l’attention qu’il porte à la multitude est semblable à celle du prédateur pour sa victime. Ce sont bien des prédateurs qui mettent en place le nouveau féodalisme mondial et sa religion de la nature. Les nouveaux seigneurs sont aussi de redoutables occultistes dont le double énergétique insatiable vampirise les forces subtiles de leur cheptel humain.
Des humains subiront-ils le sort des animaux exploités par l’industrie alimentaire ? Dès à présent, le mode de vie de certains employés présente des similitudes avec la condition des animaux d’élevage à bien des égards (2).


(1) Le Zazen est une bâtardise du bouddhisme.

(2) Les souffrances que l’humanité inflige aux animaux auraient des répercussions sur son destin, c’est ce que croyait l’écrivain mystique Léon Tolstoï qui disait : " Tant qu'il y aura des abattoirs, il y aura des champs de bataille. "Bidoche", le livre de Fabrice Nicolino, dénonce l’industrie de la viande qui s’est considérablement pervertie depuis l’époque de Tolstoï :
http://bouddhanar-10.blogspot.com/2009/10/bidoche.html







Photo : T-shirt commercialisé par Green Planet Tees