Friday, February 16, 2007

VIE MONASTIQUE AU TIBET, nonnes et moines




"Le clergé, conformément aux lois de la religion, est considéré comme "en-dehors de la maison", de ce fait il est exempté d'impôts et se trouve uniquement soumis à l'administration du monastère. Toutefois, la dure réalité et la lutte permanente pour subsister conduisent les plus pauvres d'entre eux à retourner dans leur famille pour prendre part aux travaux des champs ou bien pour trouver quelque autre revenu. Même dans ce cas-là, les moines sont libres personnellement tant qu'ils ne transgressent pas les règles monastiques au point d'être bannis."
G.T. Tsybikov, "UN PELERIN BOUDDHISTE AU TIBET"

La journée d’un moine ordinaire, qui ne prétend pas devenir Guéshé (Docteur ès tantras), commence avec l’office matinal. Ensuite, plus tard dans la matinée, il assiste à l'enseignement collectif. Il déjeune dans le temple. Le soir, une cérémonie termine la journée vers six heures.
« Pratiquement ce sont là les seules obligations communautaires des lamas. En dehors de ces quelques heures, chacun est libre de disposer de son temps comme il le veut, étant bien entendu qu’il respectera l’ordre extérieur et ne constituera pas une gêne pour autrui. Chacun vit dans sa propre maison ou son propre appartement, et selon ses moyens. Les religieux trop pauvres pour être propriétaires louent des chambres chez leurs confrères plus fortunés, ou encore sont hébergés gratuitement dans les vastes demeures des lamas riches. Les plus démunis s’engagent au service d’un grand lama ou d’un des fonctionnaires élus de la gömpa. Les lettrés peuvent gagner leur vie en devenant professeurs, ceux qui ont des dons artistiques travaillent à la décoration du monastère, peignent des tankhas ou enseignent cet art difficile et assorti de règles extrêmement strictes ; certains gagnent leur vie comme chapelains auprès des familles laïques riches, ou en célébrant des cérémonies cultuelles demandées au monastère, enfin, beaucoup s’engagent dans la voie du négoce, soit au service de la communauté, soit même à leur propre compte. »
Alexandra David-Neel

Le moine est un philosophe.
Sept siècles après la mort du Bouddha, se produit la dérive religieuse du bouddhisme. Auparavant, les moines philosophes s’appliquaient à demeurer dans la Lucidité selon l’enseignement du sage Siddharta Gautama dit le Bouddha (l’ " Eveillé ").
Contrairement au prêtre, ministre d’un culte toujours idolâtre, le moine est un véritable philosophe. La philosophie, jamais réduite à la spéculation ni au discours, est la réalisation concrète de la PRAJNAPARAMITA, la Sagesse Transcendante.


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LES DANGERS DE LA MEDITATION

" Il y a quelques années, le pape prévint les catholiques que les états de conscience modifiés peuvent être pris à tort pour une authentique expérience spirituelle. Bien que cette déclaration ait donné lieu à des réactions négatives de certains groupes de méditation, il faut reconnaître que le même avertissement est une tradition dans le bouddhisme authentique.

Un grand nombre d’Occidentaux connaissent une confusion, voire des troubles mentaux et physiologiques en pratiquant de supposées techniques orientales de méditation. Ce n’est pas qu’ils soient de mauvais adeptes mais simplement qu’ils ne respectent pas les mises en garde habituelles des sciences méditatives traditionnelles. La psychopathologie des erreurs de pratique est connue et abondamment documentée dans le bouddhisme.
Certains cultes plongent leurs adeptes dans une méditation intensive sans leur donner une connaissance de base, une compréhension et une expérience suffisantes. Parfois, cet oubli est délibéré et sert des visées manipulatrices. L’esprit est particulièrement vulnérable au conditionnement lorsqu’il manque de bases solides.

C’est pour cette raison que l’école tibétaine Gelugpa, ou école vertueuse, dont l’autorité suprême est le Dalaï-lama, réforma l’exercice de la méditation pour prévenir tout abus. Dans cette école, le pratiquant est supposé accéder à une profonde connaissance des enseignements avant de plonger dans une intense concentration. Le maître Chan-Taoïste Liu I-ming, dans la même perspective, encourageait les adeptes à étudier pendant dix ans avant de commencer une pratique méditative intense. Le maître Zen japonais Kosen recommande une préparation de trois ans avant d’autoriser ses disciples à participer à la méditation.

L’étude préparatoire donne aussi la capacité aux étudiants d’évaluer la qualité d’un maître potentiel et de ne pas se laisser abuser, ce qui arrive souvent en Occident. D’autre part, rencontrer un maître authentique, sans préparation suffisante est une perte de temps et démontre la paresse et l’impatience de l’aspirant. Rencontrer un faux maître est une perte de temps qui peut vous mettre en danger, vous et vos proches.
Thomas Cleary , "Les secrets de la méditation", Editions JC Lattès, collection Pocket.

Dans la Chine du 5ème siècle, pour remédier aux troubles physiques et psychologiques provoqués par la méditation (dhyana), les moines bouddhistes avaient recours aux conseils thérapeutiques d’un ouvrage :
Les Fondements secrets du traitement des troubles dhyana (Tche tch’an-ping pi-yao fa).