lundi, avril 02, 2007

Les pratiques tantriques, art du bonheur ou lobotomie ?

La quête du bonheur est au centre des préoccupations d’une majorité de personnes. « L’art du bonheur » est le titre d’un livre du Dalaï-lama. « Venu d’exil, tel un Moïse asiate descendu de son Himalaya pour nous révéler des vérités essentielles, porteur d’une histoire et d’une culture extraordinaires, et d’une tradition merveilleuse il s’est transformé avec le temps eu un gourou mondain (comme avant lui les Rajnesh, les Mahesh-yogi, comme aujourd’hui Deepak Chopra, le maître à penser des stars hollywoodiennes), à mi-chemin du conseiller conjugal, du diététicien et du directeur de conscience, prodiguant ses réponses, car il a réponse à tout, avec tolérance et bonhomie. Comme s’il était devenu, probablement à son insu, un pur produit de marketing, une sorte de camelot spécialisé dans la sagesse et la sérénité, ponctuant chacune de ses interventions d’un éclat de rire légendaire. Supplément d’âme officiel d’un Occident matérialiste – le cœur serait plutôt réservé à l’abbé Pierre ou à feu Mère Teresa – il débite d’aimables fadaises exactement calibrées aux goûts du public européen et américain. Son talent propre aura été d’inventer comme Paolo Coelho un espéranto spirituel mondial accessible à tous sans barrière ni contraintes, un discours caméléon adaptable à n’importe quel auditoire. Ce champion de l’idéal monastique est l’objet d’un culte qui frise l’idolâtrie surtout chez ses disciples occidentaux ; ces ardents pourfendeurs de l’obscurantisme judéo-chrétien perdent face à lui tout sens critique, toute distance, se prosternent et s’extasient sans retenue. L’étonnant n’est pas que la Dalaï-lama séduise – il a de quoi et la geste tibétaine est aussi fabuleuse que l’occupation chinoise est abjecte – mais qu’il succombe à ce succès avec une jubilation quasi enfantine, avide de toujours plus de publicité, d’estrades, d’entretiens. On est très loin chez ce prophète cabotin, de l’exigence éthique et historique d’un mahatma Gandhi, d’un Martin Luther King, ces grands apôtres de la non violence. Il était venu annoncer l’Orient, nous en avons fait un histrion à notre image. Au supermarché de la foi, il s’est hissé à la toute première place, évacuant pape, pasteurs, rabbins, patriarches, imams, décidément trop rébarbatifs. Sans préjuger de l’avenir, je ne suis pas certain que le bouddhisme et le peuple tibétain aient beaucoup gagné à cette promotion.» (Pascal Bruckner « L’euphorie perpétuelle ».)

Ayant fait fi de l’exigence éthique, le bouddhisme tantrique prôné par le Dalaï-lama représente une part importante du marché du néo-spiritualisme. Le Vajrayana prétend apporter à sa clientèle bien-être, santé, richesse et, cerise sur le gâteau, l’extase dans les bras d’une karma-moudra experte.

LA SANTÉ
La panoplie des moyens tantriques est immense. Pour obtenir la santé, la sadhana de Sanghié Menla, la pratique de guérison du Bouddha de la médecine, est très prisée en Occident. Les lamas thérapeutes affirment que réciter le mantra de Sanghié Menla libère de toutes les souffrances. Les nombreux rituels de guérison du Vajrayana contredisent cette affirmation. Selon les croyances tibétaines, les nagas, esprits serpents des eaux sont responsables des maladies de peau. Il convient de les apaiser avec un rituel d’offrande (tchou-tor). Beaucoup de maladies sont provoquées par des entités, les Sinpos, Nyens, Sadaks, Mamos, Cho-zads… Les lamas ont recours aux rituels complexes de défense, d’attaque, de destruction. Les entité hostiles responsables des maladies exigent des rançons sous forme d’offrandes d’eau (tchou-tor), de nourriture (tsok), de tormas, offrandes confectionnées avec de la farine d’orge grillé, la tsampa… Les offrandes de nourriture sont parfois brûlées pour plaire aux entités qui se nourrissent par l’odorat. Pour leur part, les lamas se font payer pour confectionner des kyilkhors, pièges pour capturer les entités perturbatrices. Alexandra David-Neel fit remarquer à un lama : " Mais n’avez-vous pas, l’autre jour, chassé les démons de cette région, il ne devrait plus en exister. Ils ne sont donc pas détruits, ils reviennent ?
- Et de quoi vivrais-je s’ils ne revenaient pas ?" lui répondit son interlocuteur.

L’ARGENT
Dans le monde du Vajrayana, l’argent fait le bonheur. Des rituels propitiatoires comme faire cent mille tsa-tsa, petits stupas en terre, invoquer Jambhala, un dieu de la richesse, et réciter inlassablement son mantra favorisent l’obtention de biens.


LA SEXUALITE SACRÉE
Le chemin de la grande félicité tantrique passe par la pratique des préliminaires. C’est la clé qui ouvre la voie des initiations secrètes et secrétissimes des tantras supérieurs. Cette sorte de baptême du vajrayana est exigeante. Le nouveau converti doit réciter cent mille fois la formule rituelle de la prise de refuge en effectuant cent mille prosternations. Pour se purifier, il visualise le bouddha Dorjé Sempa et déclame cent mille fois son mantra de cent syllabes. Il fait cent mille offrandes du mandala. La prière du gourou yoga est également récitée cent mille fois.
Le demi million de rituels des préliminaires préfigurent les liturgies compliquées du Yidam, la déité tutélaire de méditation. Ces liturgies exigent également d’incessantes psalmodies de nombreux mantras. Après un tel régime, l’adepte occidental du tantrisme tibétain est transformé en imbécile heureux, ravi de se prosterner devant les hiérarques de l’église tantrique, les partenaires privilégiés des karma-moudras expertes.

Ces rites et ces méthodes artificielles sont des pratiques routinières sclérosantes. Ce sont des narcotiques spirituels qui annihilent les dernières velléités d’éveil.

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